Inde : pollution, le mal indolore | ARTE ReportageChaque hiver, la ville de Dehli est rongée par le « smog », qui atteint des taux de nanoparticules délirants : 1000 mg/m3, l'équivalent de 50 cigarettes par ... ... Voir plusVoir moins

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La tâche de la Renaissance indienne

Retrouver l’ancienne connaissance et l’expérience spirituelle dans toute leur splendeur, leur profondeur et leur plénitude est la tâche première, la plus essentielle

infuser cette spiritualité dans de nouvelles formes, en philosophie, littérature, art, science et connaissance critique est la seconde ;

traiter de manière originale les problèmes du monde moderne à la lumière de l’esprit indien et tenter de formuler une synthèse d’un ordre supérieur pour une société spiritualisée, sera la troisième et la plus difficile.

L’aide que l’Inde apportera à l’avenir de l’humanité se mesurera à sa réussite dans ces trois entreprises.

Sri Aurobindo
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La tâche de la Renaissance indienne

Retrouver l’ancienne connaissance et l’expérience spirituelle dans toute leur splendeur, leur profondeur et leur plénitude est la tâche première, la plus essentielle

infuser cette spiritualité dans de nouvelles formes, en philosophie, littérature, art, science et connaissance critique est la seconde ;

traiter de manière originale les problèmes du monde moderne à la lumière de l’esprit indien et tenter de formuler une synthèse d’un ordre supérieur pour une société spiritualisée, sera la troisième et la plus difficile.

L’aide que l’Inde apportera à l’avenir de l’humanité se mesurera à sa réussite dans ces trois entreprises.

Sri Aurobindo

La spiritualité est certes la clé fondamentale de l'esprit indien, mais ce n'est pas, ce ne pouvait être, tout ce à quoi se résumait sa mentalité. Ce qui frappe le plus quand on regarde le passé de l’Inde, c’est cette vitalité stupéfiante, cette puissance de vie et cette joie de vivre inépuisables, cette créativité d’une richesse à peine croyable. Pendant trois mille ans au moins —, et en réalité pendant bien plus longtemps — sans relâche, abondamment, avec une infinie diversité de talents, à profusion, elle a créé républiques et royaumes et empires, philosophies et cosmogonies et sciences, croyances et arts et poèmes, monuments de toutes sortes, palais et temples et édifices publics, communautés et sociétés et ordres religieux, lois et codes et rituels, sciences physiques, sciences psychiques, systèmes de yoga, systèmes politiques et administratifs, arts spirituels, arts temporels, commerces, industries, artisanats, — il n’y a pas de fin à cette liste et dans chaque domaine il y a une quasi pléthore d’activités. Elle crée et crée encore et ne se satisfait point et ne se lasse point ; elle n’entend pas s’arrêter, c’est à peine si elle semble avoir besoin d’un moment d’inertie et de repos pour reprendre son souffle...

Elle crée et crée encore...

Les critiques européens trouvent que l’architecture, la sculpture et les autres arts de l’Inde antique pèchent par manque de réserve; ils déplorent cette débauche de richesses, cette absence d’espace vide, cet acharnement à vouloir combler le moindre interstice, bourrer le moindre intervalle. Mais défaut ou pas, c’est ce qu’exigent la vie surabondante et l’Infini bouillonnant qui sont en elle. Elle prodigue ses richesses parce qu’elle le doit, de même que l’Infini se doit, parce qu’il est l’Infini, d’emplir le moindre espace avec le frémissement de la vie et de l’énergie.
Sri Aurobindo
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La spiritualité est certes la clé fondamentale de lesprit indien, mais ce nest pas, ce ne pouvait être, tout ce à quoi se résumait sa mentalité. Ce qui frappe le plus quand on regarde le passé de l’Inde, c’est cette vitalité stupéfiante, cette puissance de vie et cette joie de vivre inépuisables, cette créativité d’une richesse à peine croyable. Pendant trois mille ans au moins —, et en réalité pendant bien plus longtemps — sans relâche, abondamment, avec une infinie diversité de talents, à profusion, elle a créé républiques et royaumes et empires, philosophies et cosmogonies et sciences, croyances et arts et poèmes, monuments de toutes sortes, palais et temples et édifices publics, communautés et sociétés et ordres religieux, lois et codes et rituels, sciences physiques, sciences psychiques, systèmes de yoga, systèmes politiques et administratifs, arts spirituels, arts temporels, commerces, industries, artisanats, — il n’y a pas de fin à cette liste et dans chaque domaine il y a une quasi pléthore d’activités. Elle crée et crée encore et ne se satisfait point et ne se lasse point ; elle n’entend pas s’arrêter, c’est à peine si elle semble avoir besoin d’un moment d’inertie et de repos pour reprendre son souffle...

Elle crée et crée encore...

Les critiques européens trouvent que l’architecture, la sculpture et les autres arts de l’Inde antique pèchent par manque de réserve; ils déplorent cette débauche de richesses, cette absence d’espace vide, cet acharnement à vouloir combler le moindre interstice, bourrer le moindre intervalle. Mais défaut ou pas, c’est ce qu’exigent la vie surabondante et l’Infini bouillonnant qui sont en elle. Elle prodigue ses richesses parce qu’elle le doit, de même que l’Infini se doit, parce qu’il est l’Infini, d’emplir le moindre espace avec le frémissement de la vie et de l’énergie.
Sri Aurobindo

La spiritualité est la clé fondamentale de l’esprit indien ; le sens de l’infini lui est naturel. L’Inde dès le commencement a perçu, — et n'a jamais oublié, même durant ses époques de raison et d’ignorance croissante — que l'on ne pouvait correctement saisir la vie ni parfaitement la vivre à la seule lumière et par le seul pouvoir de ses manifestations extérieures. L’Inde était sensible à la grandeur des lois et des forces matérielles ; elle avait une conscience aiguë de l’importance des sciences physiques ; elle savait comment organiser les arts de la vie ordinaire. Mais elle voyait que le physique ne prend son sens plein que s’il se tient en juste relation avec le supraphysique ; elle voyait que la complexité de l’univers ne peut s’expliquer dans les termes actuels de l’homme ni être appréhendée par sa vision superficielle, qu’il est d’autres pouvoirs derrière, qu'il existe à l'intérieur de l'homme lui-même d’autres pouvoirs dont il n’est pas conscient dans son état normal, qu’il n’est conscient que d’une petite partie de lui-même, que toujours l’invisible entoure le visible, le suprasensible le sensible, de même que l’infini entoure toujours le fini. Elle voyait aussi que l’homme a le pouvoir de se dépasser, de devenir lui-même plus totalement et plus profondément que ce qu’il est...

Par delà l’homme, elle vit les dieux innombrables. Par delà les dieux, elle vit Dieu. Et par delà Dieu, sa propre éternité ineffable; elle vit qu’il y avait des étendues de vie au-delà de notre vie, des étendues mentales au-delà de notre mental actuel, et au-dessus de tout cela, elle vit les splendeurs de l’esprit.

Nous n'appartenons pas au passé, mais aux soleils éblouissants de l'avenir.

Il est certain que l'Inde conservera son esprit essentiel, elle conservera l'âme qui la caractérise, mais il y aura probablement un grand changement dans le corps extérieur.

L'âme qui la caractérise ?

Alors, avec cette calme audace d’une intuition qui ne connaissait ni peur ni petitesse, et ne reculait devant aucun acte de courage, fût-il spirituel, intellectuel, moral ou vital, elle déclara qu’il n’était aucune de ces choses que l’homme ne pût atteindre s’il entraînait sa volonté et sa connaissance ; il pouvait conquérir ces étendues de mental, devenir l’esprit, devenir un dieu, devenir un avec Dieu, devenir le Brahman ineffable. Et, avec la logique pratique, et le sens de la science et de la méthode organisée qui distinguaient sa mentalité, elle entreprit immédiatement de trouver le chemin.
Sri Aurobindo, Le génie indien
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La spiritualité est la clé fondamentale de l’esprit indien ; le sens de l’infini lui est naturel. L’Inde dès le commencement a perçu, — et na jamais oublié, même durant ses époques de raison et d’ignorance croissante — que lon ne pouvait correctement saisir la vie ni parfaitement la vivre à la seule lumière et par le seul pouvoir de ses manifestations extérieures. L’Inde était sensible à la grandeur des lois et des forces matérielles ; elle avait une conscience aiguë de l’importance des sciences physiques ; elle savait comment organiser les arts de la vie ordinaire. Mais elle voyait que le physique ne prend son sens plein que s’il se tient en juste relation avec le supraphysique ; elle voyait que la complexité de l’univers ne peut s’expliquer dans les termes actuels de l’homme ni être appréhendée par sa vision superficielle, qu’il est d’autres pouvoirs derrière, quil existe à lintérieur de lhomme lui-même d’autres pouvoirs dont il n’est pas conscient dans son état normal, qu’il n’est conscient que d’une petite partie de lui-même, que toujours l’invisible entoure le visible, le suprasensible le sensible, de même que l’infini entoure toujours le fini. Elle voyait aussi que l’homme a le pouvoir de se dépasser, de devenir lui-même plus totalement et plus profondément que ce qu’il est...

     Par delà l’homme, elle vit les dieux innombrables. Par delà les dieux, elle vit Dieu. Et par delà Dieu, sa propre éternité ineffable; elle vit qu’il y avait des étendues de vie au-delà de notre vie, des étendues mentales au-delà de notre mental actuel, et au-dessus de tout cela, elle vit les splendeurs de l’esprit.

Nous nappartenons pas au passé, mais aux soleils éblouissants de lavenir.

Il est certain que lInde conservera son esprit essentiel, elle conservera lâme qui la caractérise, mais il y aura probablement un grand changement dans le corps extérieur.

 Lâme qui la caractérise ?

 Alors, avec cette calme audace d’une intuition qui ne connaissait ni peur ni petitesse, et ne reculait devant aucun acte de courage, fût-il spirituel, intellectuel, moral ou vital, elle déclara qu’il n’était aucune de ces choses que l’homme ne pût atteindre s’il entraînait sa volonté et sa connaissance ; il pouvait conquérir ces étendues de mental, devenir l’esprit, devenir un dieu, devenir un avec Dieu, devenir le Brahman ineffable. Et, avec la logique pratique, et le sens de la science et de la méthode organisée qui distinguaient sa mentalité, elle entreprit immédiatement de trouver le chemin.
Sri Aurobindo, Le génie indien

Auroville Outreach MediaJoin us for a moment together in her light : ... Voir plusVoir moins

La psychanalyse de Freud est la dernière chose que l'on devrait associer au yoga. Elle se saisit d'une certaine partie de la nature, la plus sombre, la plus périlleuse, la plus malsaine, telles les couches subconscientes du vital inférieur, isole quelques-uns de ses phénomènes les plus morbides et leur attribue une action hors de toute proportion avec leur vrai rôle dans la nature. La psychologie moderne est une science dans l'enfance, à la fois imprudente, maladroite et grossière. Comme toutes les sciences primitives, c'est un débordement du mental humain et de son habitude universelle de s'emparer d'une vérité partielle ou locale et de la généraliser indûment en voulant expliquer toute l'étendue de la Nature par ses termes étroits. En outre, l'exagération de l'importance des complexes sexuels réprimés est une dangereuse fausseté qui peut avoir une influence néfaste et contribuer à rendre le mental et le vital, non pas moins mais plus foncièrement impurs qu'auparavant.

Il est vrai que le subliminal est la partie la plus importante de la nature humaine et qu'il contient le secret des dynamismes invisibles qui expliquent nos activités de surface. Mais le subconscient vital inférieur, et c'est tout ce que la psychanalyse de Freud semble connaître (et encore n'en connaît-elle que quelques coins mal éclairés), n'est rien de plus qu'une portion restreinte et très inférieure de l'ensemble subliminal. Le moi subliminal se tient en arrière et soutient tout l'homme superficiel; il contient un mental plus large et plus efficace derrière le mental de surface, un vital plus vaste et plus puissant derrière le vital de surface, une conscience physique plus subtile et plus libre derrière l'existence corporelle de surface. Et au-dessus d'eux, il s'ouvre à des régions supraconscientes supérieures, de même qu'au-dessous il s'ouvre à des régions subconscientes inférieures. Si l'on veut purifier et transformer la nature, c'est au pouvoir de ces régions supérieures qu'il faut s'ouvrir et s'élever, et, par elles, changer à la fois l'être subliminal et celui de surface. Même cela doit être fait avec soin, ni prématurément ni imprudemment, en suivant une direction supérieure et en gardant toujours l'attitude vraie, sinon la force attirée peut être trop forte pour l'obscure et faible charpente de notre nature. Mais commencer par ouvrir le subconscient inférieur et risquer ainsi de soulever tout ce qui est malpropre et obscur en lui, c'est s'écarter de son chemin et inviter les ennuis. D'abord on doit rendre le mental supérieur et le vital forts, solides et pleins de la lumière et de la paix d'en haut; après cela, on peut ouvrir le subconscient et même y plonger avec plus de sécurité et quelque chance de changement rapide et heureux.

Sri Aurobindo Lettres sur le Yoga Volume 3 Ch 5 La transformation du subconscient et de l'inconscient
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La psychanalyse de Freud est la dernière chose  que lon devrait associer au yoga. Elle se saisit dune certaine partie  de la nature, la plus sombre, la plus périlleuse, la plus malsaine,  telles les couches subconscientes du vital inférieur, isole quelques-uns  de ses phénomènes les plus morbides et leur attribue une action hors de  toute proportion avec leur vrai rôle dans la nature. La psychologie  moderne est une science dans lenfance, à la fois imprudente, maladroite  et grossière. Comme toutes les sciences primitives, cest un  débordement du mental humain et de son habitude universelle de semparer  dune vérité partielle ou locale et de la généraliser indûment en  voulant expliquer toute létendue de la Nature par ses termes étroits.  En outre, lexagération de limportance des complexes sexuels réprimés  est une dangereuse fausseté qui peut avoir une influence néfaste et  contribuer à rendre le mental et le vital, non pas moins mais plus  foncièrement impurs quauparavant.

Il est vrai que le subliminal est la partie la  plus importante de la nature humaine et quil contient le secret des  dynamismes invisibles qui expliquent nos activités de surface. Mais le  subconscient vital inférieur, et cest tout ce que la psychanalyse de  Freud semble connaître (et encore nen connaît-elle que quelques coins  mal éclairés), nest rien de plus quune portion restreinte et très  inférieure de lensemble subliminal. Le moi subliminal se tient en  arrière et soutient tout lhomme superficiel; il contient un mental plus  large et plus efficace derrière le mental de surface, un vital plus  vaste et plus puissant derrière le vital de surface, une conscience  physique plus subtile et plus libre derrière lexistence corporelle de  surface. Et au-dessus deux, il souvre à des régions supraconscientes  supérieures, de même quau-dessous il souvre à des régions  subconscientes inférieures. Si lon veut purifier et transformer la  nature, cest au pouvoir de ces régions supérieures quil faut souvrir  et sélever, et, par elles, changer à la fois lêtre subliminal et celui  de surface. Même cela doit être fait avec soin, ni prématurément ni  imprudemment, en suivant une direction supérieure et en gardant toujours  lattitude vraie, sinon la force attirée peut être trop forte pour  lobscure et faible charpente de notre nature. Mais commencer par ouvrir  le subconscient inférieur et risquer ainsi de soulever tout ce qui est  malpropre et obscur en lui, cest sécarter de son chemin et inviter les  ennuis. Dabord on doit rendre le mental supérieur et le vital forts,  solides et pleins de la lumière et de la paix den haut; après cela, on  peut ouvrir le subconscient et même y plonger avec plus de sécurité et  quelque chance de changement rapide et heureux.

Sri Aurobindo Lettres sur le Yoga Volume 3 Ch 5 La transformation du subconscient et de linconscient

 

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Qui peut et va Entendre cette dé- couverte là de nos jours, ou justement ces " bases" distordues sont tellement devenues références ?

« Il y a des moments où l'Esprit se meut parmi les hommes, où le souffle du Seigneur se répand sur les eaux de notre être. Il en est d'autres où il se retire et abandonne les hommes à leurs actes, dans la force ou la faiblesse de leur propre égoïsme. Les premiers sont des périodes où même un léger effort suffit à produire de grands résultats et à changer la destinée, les autres sont des espaces de temps où un grand labeur n'apporte que de maigres résultats. Il est vrai que ces moments-ci peuvent préparer les premiers; comme la fumée légère du sacrifice montant vers le ciel, ils peuvent appeler ici-bas la pluie de la magnificence divine.

Infortunés, l'homme ou la nation, qui se trouvent endormis lorsque arrive le divin moment ou qui ne sont pas prêts à s'en saisir parce que la lampe n'a pas été entretenue pour l'accueillir, parce que leurs oreilles sont restées sourdes à l'appel. Mais trois fois malheur à ceux qui sont forts et préparés, et qui cependant gaspillent leur force ou mésusent de ce moment ; pour ceux-là, la destruction est grande et la perte irréparable.

(...) L'heure est souvent terrible, telle un feu, un tourbillon, une tempête, telle les vendanges foulées sous la colère de Dieu. Mais celui qui peut se tenir debout à cette heure, soutenu par la vérité de son but, celui-là durera; même s'il tombe, il se relèvera; même s'il semble passer sur les ailes du vent, il reviendra. Ne laisse pas non plus la prudence du monde murmurer de trop près à tes oreilles, car c'est l'heure de l'inattendu, de l'incaculable, de l'incommensurable. Ne juge pas du pouvoir du Souffle à la mesure de tes minuscules instruments, mais aie confiance et avance. » Sri Aurobindo, The hour of God
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« Il y a des moments où lEsprit se meut parmi les hommes, où le souffle du Seigneur se répand sur les eaux de notre être. Il en est dautres où il se retire et abandonne les hommes à leurs actes, dans la force ou la faiblesse de leur propre égoïsme. Les premiers sont des périodes où même un léger effort suffit à produire de grands résultats et à changer la destinée, les autres sont des espaces de temps où un grand labeur napporte que de maigres résultats. Il est vrai que ces moments-ci peuvent préparer les premiers; comme la fumée légère du sacrifice montant vers le ciel, ils peuvent appeler ici-bas la pluie de la magnificence divine.

Infortunés, lhomme ou la nation, qui se trouvent endormis lorsque arrive le divin moment ou qui ne sont pas prêts à sen saisir parce que la lampe na pas été entretenue pour laccueillir, parce que leurs oreilles sont restées sourdes à lappel. Mais trois fois malheur à ceux qui sont forts et préparés, et qui cependant gaspillent leur force ou mésusent de ce moment ; pour ceux-là, la destruction est grande et la perte irréparable.

(...) Lheure est souvent terrible, telle un feu, un tourbillon, une tempête, telle les vendanges foulées sous la colère de Dieu. Mais celui qui peut se tenir debout à cette heure, soutenu par la vérité de son but, celui-là durera; même sil tombe, il se relèvera; même sil semble passer sur les ailes du vent, il reviendra. Ne laisse pas non plus la prudence du monde murmurer de trop près à tes oreilles, car cest lheure de linattendu, de lincaculable, de lincommensurable. Ne juge pas du pouvoir du Souffle à la mesure de tes minuscules instruments, mais aie confiance et avance. » Sri Aurobindo, The hour of God

214 — « Il y a toujours quelque chose d’anormal et
d’excentrique dans les hommes de génie »,
dites-vous. Et pourquoi pas ? Car le génie même est une naissance anormale hors du centre ordinaire de l’homme.

215 — Le génie est la première tentative de la Nature pour délivrer le dieu emprisonné dans le moule humain ; le moule doit souffrir dans le processus. Il est étonnant que les fêlures soient si peu nombreuses et si peu importantes.

216 — Parfois, la Nature entre en fureur contre sa
propre résistance, alors elle endommage le
cerveau afin de libérer l’inspiration, car, dans cet
effort, l’équilibre du cerveau matériel ordinaire est
son principal adversaire. Ne fais pas attention à la
folie de ceux-là et profite de leur inspiration.

Sri Aurobindo, Pensées et Aphorismes
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214 — « Il y a toujours quelque chose d’anormal et
d’excentrique dans les hommes de génie »,
dites-vous. Et pourquoi pas ? Car le génie même est une naissance anormale hors du centre ordinaire de l’homme.

215 — Le génie est la première tentative de la Nature pour délivrer le dieu emprisonné dans le moule humain ; le moule doit souffrir dans le processus. Il est étonnant que les fêlures soient si peu nombreuses et si peu importantes.

216 — Parfois, la Nature entre en fureur contre sa
propre résistance, alors elle endommage le
cerveau afin de libérer l’inspiration, car, dans cet
effort, l’équilibre du cerveau matériel ordinaire est
son principal adversaire. Ne fais pas attention à la
folie de ceux-là et profite de leur inspiration.

Sri Aurobindo, Pensées et Aphorismes

« L’athéisme est une protestation nécessaire
contre la perversité des Églises et l’étroitesse
des credo. Dieu s’en sert comme d’une pierre pour
écraser ces châteaux de cartes souillés. » Sri Aurobindo, Pensées et Aphorismes
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« L’athéisme est une protestation nécessaire
contre la perversité des Églises et l’étroitesse
des credo. Dieu s’en sert comme d’une pierre pour
écraser ces châteaux de cartes souillés. » Sri Aurobindo, Pensées et Aphorismes

LA MERE SUR LA QUESTION DE L'ECOLE

La Mère : Attends, il y a encore autre chose... Oh! pauvre K, il a fait des examens (ils sont fous avec leurs examens!), il a fait des examens sur un texte ou un sujet qu'il avait dicté en classe aux élèves. C'est-à-dire qu'ils avaient la réponse toute prête. Deux des garçons (il y en a un que K trouve très intelligent – qui l'est d'ailleurs – et il a de la sympathie pour lui, et l'autre qu'il n'aime pas), ils étaient en retard et il avait demandé au garçon qu'il n'aime pas d'apporter chez lui le résultat de leur travail. Il l'a apporté. Puis il le lit, et à l'une des questions, leur réponse n'était pas tout à fait identique mais extrêmement similaire. C'était justement le sujet qu'il leur avait dicté, alors il était assez naturel que ce soit similaire. K a immédiatement «senti» que celui-là avait copié l'autre, et puis il le lui a dit! Le garçon s'est mis en colère et lui a parlé assez rudement. Alors K m'écrit pour me dire toute l'histoire, à sa manière, et le garçon m'écrit pour me dire toute l'histoire, à sa manière, et en regrettant d'ailleurs d'avoir mal parlé à son professeur. Mais K reste persuadé qu'il a copié. Alors, flot de lettres... J'ai fini par écrire à K: «Envoyez-moi les deux textes, je verrai» (pas «voir» comme cela avec les yeux, mais comme cela, en «palpant»). Le garçon n'a PAS copié. Mais pour moi, c'est bien pire, c'est que K a mis une formation mentale faite de mots – de mots mis dans un certain ordre – et il a fourré cela dans leur cerveau. Et ils répètent comme des perroquets – naturellement, ça ressemble extraordinairement à son enseignement! Finalement, il m'a dit: «Si j'admets que ce garçon n'a pas copié, je suis obligé de lui donner une très bonne note, ce que je ne veux pas faire»! (Mère rit) Et il me demande: «Qu'est-ce que je dois faire?» Je lui ai répondu hier soir: «Il y a une chose très simple à faire: annulez la composition. Prenez toutes les copies, faites un paquet, ficelez et mettez dans votre armoire, et faites comme si cela n'avait jamais existé – et à l'avenir plus d'examens! Et à la fin de l'année, quand vous serez obligé de donner des notes aux élèves, eh bien, au lieu de vous servir d'un moyen si artificiel, vous serez obligé de regarder avec attention, de suivre le développement intérieur de l'enfant, d'avoir un contact plus profond (Mère rit avec moquerie) et de savoir si vraiment il a compris ou non! Alors vous pourrez donner des notes au lieu de vous baser sur une répétition comme un perroquet, de quelque chose qu'ils ont appris sans comprendre.» Et j'ai envoyé cela. Alors, maintenant, ils sont bien embêtés! (Mère rit) Ça m'amuse, ça m'amuse beaucoup!
Ils ont dû avoir une «réunion de professeurs» pour faire face à ma réponse! (Mère rit) Je bouleverse toute l'École!
L'un des professeurs m'a déjà répondu: «Il est impossible de connaître le progrès des élèves si l'on ne fait pas de compositions.» Alors là, je n'ai pas exactement dit ce que je pensais, mais j'ai pensé: évidemment, si le professeur est un imbécile, il ne peut pas juger du progrès des élèves à moins qu'il ne leur fasse faire des compositions, mais si c'est un homme intelligent et qui ait un sens psychique, il y a mille moyens de savoir si un élève a compris.
Alors ils se sont réunis.

Satprem : Mais au point de vue technique, il est plus difficile de juger du progrès.

La Mère : Ah! oui, c'est là-dessus qu'ils se basent. Mais cela ne fait rien! Deux des professeurs de technologie ont montré comment, au point de vue purement technique, on pouvait juger sans avoir besoin d'examen. Non, n'est-ce pas, je connais, j'ai fait mes études là-bas, en France, et il y avait des tas d'examens, et je sais ce que c'est, j'ai assisté (j'étais jeune en ce temps-là, mais cela ne fait rien), j'ai assisté à ces examens comme ceux que l'on passe pour les brevets, j'ai vu les élèves qui étaient là, j'ai vu comment elles répondaient... C'est l'une des expériences tout à fait concrètes: ce ne sont pas DU TOUT les plus intelligents qui passent! Jamais. Ce sont ceux qui répètent comme cela: les perroquets. Ils répètent très bien. Ils ne comprennent rien de ce qu'ils disent.
Enfin, je crois que l'on arrivera à quelque chose.
Mais hier soir, avec ce pauvre K, je me suis bien-bien-bien amusée!... C'est à prendre ou à laisser; j'ai dit: ou les professeurs ne m'écrivent plus, ils ne demandent plus rien (et moi, cela me donne du temps: je suis accablée de lettres), ou bien s'ils m'écrivent, eh bien tant pis, il faut qu'ils reçoivent. Je ne peux pas dire ce qui leur fait plaisir.
Et notre École se déclare suivre une «méthode nouvelle»... c'est bien le moins si elle la suit!

(Mère donne au disciple les trois lettres qu'elle a envoyées au professeur au sujet des examens à l'École:)

Question du professeur:

«À propos de cette fraude dans les examens, que dois-je faire? Faut-il faire comme au-dehors, mettre trois professeurs dans une salle qui surveilleront avec vigilance?
– Les professeurs n'aiment pas cette manière de faire les choses ici à l'Ashram.
«Ou doit-on abolir les tests? Cette dernière proposition me semble douteuse, car on fait la même chose dans les devoirs et les compositions.
«En tout cas, le problème est là, et pour vraiment résoudre le problème il faut comprendre pourquoi les enfants agissent comme cela.
«Je te prie de me dire la cause de cette perversion et la solution de ce problème.»

Réponse de Mère:
«C'est tout à fait simple. La majorité des enfants étudient parce qu'ils y sont contraints par la famille, l'habitude et les idées courantes, et non parce qu'ils veulent apprendre et savoir. Tant que le mobile de leurs études n'est pas rectifié, tant qu'ils ne travaillent pas parce qu'ils veulent savoir, ils feront toutes sortes de trucs pour rendre leur travail plus facile et pour obtenir des résultats avec le minimum d'effort.»
(le 13 juillet 1967)

(Quelques jours après, Mère a envoyé la lettre suivante:)
(traduction)
«La seule solution est d'annuler cet examen et tous ceux à venir. Gardez toutes les copies dans un paquet ficelé, comme si cela n'avait jamais existé, et continuez tranquillement vos classes.
«À la fin de l'année, vous donnerez aux étudiants des notes qui ne seront pas basées sur des examens écrits, mais sur leur comportement, leur concentration, leur régularité, la rapidité avec laquelle ils comprennent et l'ouverture de leur intelligence.
«Quant à vous-même, vous prendrez pour discipline de vous appuyer davantage sur le contact intérieur, l'observation aiguë et un point de vue impartial.
«Pour les étudiants, ils seront dans la nécessité de comprendre vraiment ce qu'ils apprennent au lieu de répéter comme des perroquets ce qu'ils n'ont pas complètement compris.
«Ainsi, un vrai progrès se fera dans l'enseignement.»
(le 21 juillet 1967)

(Puis, le lendemain, Mère a envoyé cette troisième note:)
(traduction)
«Je trouve que ces examens sont une manière périmée et inefficace de savoir si les élèves sont intelligents, de bonne volonté et attentifs.
«Un mental mécanique imbécile est parfaitement capable de passer un examen si la mémoire est bonne: ce ne sont pas là les qualités requises de l'homme de l'avenir.
«Par tolérance pour les vieilles habitudes, j'ai consenti à ce que ceux qui veulent des examens puissent les avoir. Mais j'espère que cette concession ne sera pas nécessaire à l'avenir.
«Pour savoir si un élève est bon, lorsque les examens sont abolis, il faut que le professeur ait un peu plus de contact intérieur et de connaissance psychologique. Mais nos professeurs sont censés faire un yoga, par conséquent cela ne devrait pas être difficile pour eux.»

(le 22 juillet 1967)
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LA MERE SUR LA QUESTION DE LECOLE

La Mère : Attends, il y a encore autre chose... Oh! pauvre K, il a fait des examens (ils sont fous avec leurs examens!), il a fait des examens sur un texte ou un sujet quil avait dicté en classe aux élèves. Cest-à-dire quils avaient la réponse toute prête. Deux des garçons (il y en a un que K trouve très intelligent – qui lest dailleurs – et il a de la sympathie pour lui, et lautre quil naime pas), ils étaient en retard et il avait demandé au garçon quil naime pas dapporter chez lui le résultat de leur travail. Il la apporté. Puis il le lit, et à lune des questions, leur réponse nétait pas tout à fait identique mais extrêmement similaire. Cétait justement le sujet quil leur avait dicté, alors il était assez naturel que ce soit similaire. K a immédiatement «senti» que celui-là avait copié lautre, et puis il le lui a dit! Le garçon sest mis en colère et lui a parlé assez rudement. Alors K mécrit pour me dire toute lhistoire, à sa manière, et le garçon mécrit pour me dire toute lhistoire, à sa manière, et en regrettant dailleurs davoir mal parlé à son professeur. Mais K reste persuadé quil a copié. Alors, flot de lettres... Jai fini par écrire à K: «Envoyez-moi les deux textes, je verrai» (pas «voir» comme cela avec les yeux, mais comme cela, en «palpant»). Le garçon na PAS copié. Mais pour moi, cest bien pire, cest que K a mis une formation mentale faite de mots – de mots mis dans un certain ordre – et il a fourré cela dans leur cerveau. Et ils répètent comme des perroquets – naturellement, ça ressemble extraordinairement à son enseignement! Finalement, il ma dit: «Si jadmets que ce garçon na pas copié, je suis obligé de lui donner une très bonne note, ce que je ne veux pas faire»! (Mère rit) Et il me demande: «Quest-ce que je dois faire?» Je lui ai répondu hier soir: «Il y a une chose très simple à faire: annulez la composition. Prenez toutes les copies, faites un paquet, ficelez et mettez dans votre armoire, et faites comme si cela navait jamais existé – et à lavenir plus dexamens! Et à la fin de lannée, quand vous serez obligé de donner des notes aux élèves, eh bien, au lieu de vous servir dun moyen si artificiel, vous serez obligé de regarder avec attention, de suivre le développement intérieur de lenfant, davoir un contact plus profond (Mère rit avec moquerie) et de savoir si vraiment il a compris ou non! Alors vous pourrez donner des notes au lieu de vous baser sur une répétition comme un perroquet, de quelque chose quils ont appris sans comprendre.» Et jai envoyé cela. Alors, maintenant, ils sont bien embêtés! (Mère rit) Ça mamuse, ça mamuse beaucoup!
Ils ont dû avoir une «réunion de professeurs» pour faire face à ma réponse! (Mère rit) Je bouleverse toute lÉcole!
Lun des professeurs ma déjà répondu: «Il est impossible de connaître le progrès des élèves si lon ne fait pas de compositions.» Alors là, je nai pas exactement dit ce que je pensais, mais jai pensé: évidemment, si le professeur est un imbécile, il ne peut pas juger du progrès des élèves à moins quil ne leur fasse faire des compositions, mais si cest un homme intelligent et qui ait un sens psychique, il y a mille moyens de savoir si un élève a compris.
Alors ils se sont réunis.

Satprem : Mais au point de vue technique, il est plus difficile de juger du progrès.

La Mère : Ah! oui, cest là-dessus quils se basent. Mais cela ne fait rien! Deux des professeurs de technologie ont montré comment, au point de vue purement technique, on pouvait juger sans avoir besoin dexamen. Non, nest-ce pas, je connais, jai fait mes études là-bas, en France, et il y avait des tas dexamens, et je sais ce que cest, jai assisté (jétais jeune en ce temps-là, mais cela ne fait rien), jai assisté à ces examens comme ceux que lon passe pour les brevets, jai vu les élèves qui étaient là, jai vu comment elles répondaient... Cest lune des expériences tout à fait concrètes: ce ne sont pas DU TOUT les plus intelligents qui passent! Jamais. Ce sont ceux qui répètent comme cela: les perroquets. Ils répètent très bien. Ils ne comprennent rien de ce quils disent.
Enfin, je crois que lon arrivera à quelque chose.
Mais hier soir, avec ce pauvre K, je me suis bien-bien-bien amusée!... Cest à prendre ou à laisser; jai dit: ou les professeurs ne mécrivent plus, ils ne demandent plus rien (et moi, cela me donne du temps: je suis accablée de lettres), ou bien sils mécrivent, eh bien tant pis, il faut quils reçoivent. Je ne peux pas dire ce qui leur fait plaisir.
Et notre École se déclare suivre une «méthode nouvelle»... cest bien le moins si elle la suit!

(Mère donne au disciple les trois lettres quelle a envoyées au professeur au sujet des examens à lÉcole:)

Question du professeur:

«À propos de cette fraude dans les examens, que dois-je faire? Faut-il faire comme au-dehors, mettre trois professeurs dans une salle qui surveilleront avec vigilance? 
– Les professeurs naiment pas cette manière de faire les choses ici à lAshram.
«Ou doit-on abolir les tests? Cette dernière proposition me semble douteuse, car on fait la même chose dans les devoirs et les compositions.
«En tout cas, le problème est là, et pour vraiment résoudre le problème il faut comprendre pourquoi les enfants agissent comme cela.
«Je te prie de me dire la cause de cette perversion et la solution de ce problème.»

Réponse de Mère:
«Cest tout à fait simple. La majorité des enfants étudient parce quils y sont contraints par la famille, lhabitude et les idées courantes, et non parce quils veulent apprendre et savoir. Tant que le mobile de leurs études nest pas rectifié, tant quils ne travaillent pas parce quils veulent savoir, ils feront toutes sortes de trucs pour rendre leur travail plus facile et pour obtenir des résultats avec le minimum deffort.»
(le 13 juillet 1967)

(Quelques jours après, Mère a envoyé la lettre suivante:)
(traduction)
«La seule solution est dannuler cet examen et tous ceux à venir. Gardez toutes les copies dans un paquet ficelé, comme si cela navait jamais existé, et continuez tranquillement vos classes.
«À la fin de lannée, vous donnerez aux étudiants des notes qui ne seront pas basées sur des examens écrits, mais sur leur comportement, leur concentration, leur régularité, la rapidité avec laquelle ils comprennent et louverture de leur intelligence.
«Quant à vous-même, vous prendrez pour discipline de vous appuyer davantage sur le contact intérieur, lobservation aiguë et un point de vue impartial.
«Pour les étudiants, ils seront dans la nécessité de comprendre vraiment ce quils apprennent au lieu de répéter comme des perroquets ce quils nont pas complètement compris.
«Ainsi, un vrai progrès se fera dans lenseignement.»
(le 21 juillet 1967)

(Puis, le lendemain, Mère a envoyé cette troisième note:)
(traduction)
«Je trouve que ces examens sont une manière périmée et inefficace de savoir si les élèves sont intelligents, de bonne volonté et attentifs.
«Un mental mécanique imbécile est parfaitement capable de passer un examen si la mémoire est bonne: ce ne sont pas là les qualités requises de lhomme de lavenir.
«Par tolérance pour les vieilles habitudes, jai consenti à ce que ceux qui veulent des examens puissent les avoir. Mais jespère que cette concession ne sera pas nécessaire à lavenir.
«Pour savoir si un élève est bon, lorsque les examens sont abolis, il faut que le professeur ait un peu plus de contact intérieur et de connaissance psychologique. Mais nos professeurs sont censés faire un yoga, par conséquent cela ne devrait pas être difficile pour eux.»

(le 22 juillet 1967)

 

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Comme j'aurai aimé avoir Mère comme professeur... Là au moins j'aurai été comprise étant enfant 🧒

[La Mère] Notre but n'est pas exclusivement un système national d'éducation pour l'Inde, mais une éducation essentielle et fondamentale pour toute l'humanité.

[Question] Mère sublime,
Notre but n'est pas exclusivement un système national d'éducation pour l'Inde, mais une éducation essentielle et fondamentale pour toute l'humanité. Mais, n'est-il pas vrai, Mère, que cette éducation, à laquelle l'Inde a été spécialement préparée par les efforts et les réalisations culturelles de son passé, est le privilège de l'Inde et sa responsabilité spéciale, envers elle-même et envers le monde ? Quoi qu'il en soit, à mon avis, cette éducation essentielle est l'éducation nationale de l'Inde. En fait, je la considère comme l'éducation nationale de tout grand pays, avec des variantes caractéristiques particulières à chaque nation.
Je me demande si cela est correct et si Mère y souscrirait.

[La Mère] Oui, c'est tout à fait correct, et c'est une partie de ce que j'aurais dit si j'avais eu le temps de répondre à vos questions.

L'Inde a ou plutôt a eu la connaissance de l'Esprit, mais elle a négligé la matière et en souffre.

L'Occident a la connaissance de la matière mais a rejeté l'Esprit et en souffre gravement.

Une éducation intégrale qui pourrait, avec quelques variantes, s'adapter à toutes les nations du monde, doit rétablir l'autorité légitime de l'Esprit sur une matière pleinement développée et utilisée.

Voilà, en bref, ce que je voulais dire.
Avec mes bénédictions.*

********

* En 1965, une délégation du gouvernement de l’Inde a visité l’Ashram afin d’évaluer les méthodes et principes éducatifs du Centre d’Éducation. A cette occasion, des professeurs ont soumis les questions suivantes à la Mère.

PRINCIPES DE BASE DE l’ÉDUCATION INDIENNE

1. Quels doivent être les objectifs pédagogiques de l’Inde, dans la perspective présente et future de la vie nationale et internationale ?

PRÉPARER les enfants à rejeter le mensonge et à manifester la Vérité.

2. Par quelles mesures le pays peut-il s’acheminer vers la réalisation de ce but élevé ? Comment amorcer un départ dans cette direction ?

En préparant la matière à manifester l’Esprit.

3. Quel est le véritable génie de l’Inde et quelle est sa destinée ?

Enseigner au monde que la matière est fausse et impuissante, à moins qu’elle ne devienne la manifestation de l’Esprit.

4. Comment la Mère voit-elle le progrès de la Science et de la Technologie dans l’Inde ? Quelle contribution celles-ci peuvent-elles apporter à la croissance de l’Esprit dans l’ homme ?

Leur seule utilité est de rendre la base matérielle plus forte, plus complète et plus efficace pour la manifestation de l’Esprit.

5. L’unité nationale est une cause d’inquiétude dans tout le pays. Quelle est la vision de la Mère à cet égard ? Comment l’Inde accomplira-t-elle son devoir envers elle-même et envers le monde ?

L’avenir du monde tend irrésistiblement vers l’unité de toutes les nations. Mais pour que l’unité de toutes les nations soit possible, chaque nation doit d’abord réaliser sa propre unité.

6. Le problème linguistique préoccupe beaucoup l’Inde. Quelle devrait être pour nous l’attitude correcte à cet égard ?

L’unité doit être un fait vivant et non une règle arbitrairement imposée. Quand l’Inde sera une, elle aura spontanément une langue comprise par tous.

7. Éducation signifie normalement, de nos jours, alphabétisation et situation sociale. Cette tendance n’est-elle pas malsaine ? Mais comment donner à l’éducation sa valeur intérieure et son attrait intrinsèque ?

Sortez des conventions et donnez la prépondérance à la croissance de l’âme.

8. De quelles illusions et de quels leurres notre enseignement actuel est-il menacé ? Comment pouvons-nous les éviter ?

(a) L’importance presque exclusive accordée au succès, à la carrière et à l’argent.(b) Donner priorité à l’importance capitale du contact avec l’Esprit, à la croissance et à la manifestation de la Vérité de l’être.

La Mère
5 août 1965
... Voir plusVoir moins

[La Mère] Notre but nest pas exclusivement un système national déducation pour lInde, mais une éducation essentielle et fondamentale pour toute lhumanité. 

[Question] Mère sublime,
Notre but nest pas exclusivement un système national déducation pour lInde, mais une éducation essentielle et fondamentale pour toute lhumanité. Mais, nest-il pas vrai, Mère, que cette éducation, à laquelle lInde a été spécialement préparée par les efforts et les réalisations culturelles de son passé, est le privilège de lInde et sa responsabilité spéciale, envers elle-même et envers le monde ? Quoi quil en soit, à mon avis, cette éducation essentielle est léducation nationale de lInde. En fait, je la considère comme léducation nationale de tout grand pays, avec des variantes caractéristiques particulières à chaque nation.
Je me demande si cela est correct et si Mère y souscrirait.
 
[La Mère] Oui, cest tout à fait correct, et cest une partie de ce que jaurais dit si javais eu le temps de répondre à vos questions.

LInde a ou plutôt a eu la connaissance de lEsprit, mais elle a négligé la matière et en souffre.

LOccident a la connaissance de la matière mais a rejeté lEsprit et en souffre gravement.

Une éducation intégrale qui pourrait, avec quelques variantes, sadapter à toutes les nations du monde, doit rétablir lautorité légitime de lEsprit sur une matière pleinement développée et utilisée.

Voilà, en bref, ce que je voulais dire.
Avec mes bénédictions.*

********

* En 1965, une délégation du gouvernement de l’Inde a visité l’Ashram afin d’évaluer les méthodes et principes éducatifs du Centre d’Éducation. A cette occasion, des professeurs ont soumis les questions suivantes à la Mère.

PRINCIPES DE BASE DE l’ÉDUCATION INDIENNE

1. Quels doivent être les objectifs pédagogiques de l’Inde, dans la perspective présente et future de la vie nationale et internationale ? 

PRÉPARER les enfants à rejeter le mensonge et à manifester la Vérité. 

2. Par  quelles  mesures  le  pays  peut-il  s’acheminer  vers  la  réalisation de ce but élevé ? Comment amorcer un départ dans cette direction ? 

En préparant la matière à manifester l’Esprit. 

3. Quel est le véritable génie de l’Inde et quelle est sa destinée ? 

Enseigner au monde que la matière est fausse et impuissante, à moins qu’elle ne devienne la manifestation de l’Esprit.

4. Comment la Mère voit-elle le progrès de la Science et de la Technologie dans l’Inde ? Quelle contribution celles-ci peuvent-elles apporter à la croissance de l’Esprit dans l’ homme ?

Leur  seule  utilité  est  de  rendre  la  base  matérielle  plus  forte,  plus  complète  et plus efficace pour la manifestation de l’Esprit. 

5. L’unité nationale est une cause d’inquiétude dans tout le pays. Quelle est la vision de la Mère à cet égard ? Comment l’Inde accomplira-t-elle son devoir envers elle-même et envers le monde ? 

L’avenir du monde tend irrésistiblement vers l’unité de toutes les nations. Mais pour que l’unité de toutes les nations soit possible, chaque nation doit d’abord réaliser sa propre unité. 

6. Le problème linguistique préoccupe beaucoup l’Inde. Quelle devrait être pour nous l’attitude correcte à cet égard ?

L’unité doit être un fait vivant et non une règle arbitrairement imposée. Quand l’Inde sera une, elle aura spontanément une langue comprise par tous. 

7. Éducation  signifie  normalement,  de  nos  jours,  alphabétisation  et situation sociale. Cette tendance n’est-elle pas malsaine ? Mais comment donner à l’éducation sa valeur intérieure et son attrait intrinsèque ? 

Sortez des conventions et donnez la prépondérance à la croissance de l’âme. 

8.  De  quelles  illusions  et  de  quels  leurres  notre  enseignement  actuel est-il menacé ? Comment pouvons-nous les éviter ?

 (a) L’importance presque exclusive accordée au succès, à la carrière et à l’argent.(b) Donner priorité à l’importance capitale du contact avec l’Esprit, à la croissance et à la manifestation de la Vérité de l’être. 

La Mère
5 août 1965

Our global connection is approaching! I am very happy to have been able to bring together a small international audience with Brazilians, French, Americans and others in Asia. Don’t hesitate to share the event yet. If people want to connect in consciousness for 10 minutes, that's fine, it is to do it that changes the game, regardless of the duration. Thank you to all who participate from near and far. It is more or less a question of meditating before entering the most important decade in the history of mankind, that where everything will be played out. Welcome to all the people on this planet who strive to make their contribution so that humanity evolves and overcomes the challenges of the century.

Ask your questions if you have any.
The event is also available in English, Portuguese and Spanish.
... Voir plusVoir moins

Enseignement de Sraddhalu Ranade - Le Yoga IntégralEnseignement de Sraddhalu Ranade - Le Yoga Intégral Sri Aurobindo et la Mère nous ont dit que « Toute la vie est yoga » ; par conséquent, le yoga intégral de... ... Voir plusVoir moins

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Merci pour la vidéo d'enseignement , tres riche !

Avec Sri Aurobindo et Douce MèreEn 1936, Sri Aurobindo écrivait dans un poème – c'est là qu'il cachait le mieux son cœur et son travail dans un monde qui ne le comprenait guère, on pouvait dire oh ! c'est « de la poésie », mais pour les Grecs, POÏEIN, c'était FAIRE :

J'ai creusé longtemps, profond
Dans une horreur de fange et de boue
Un passage pour la chanson d'une rivière d'or
Une demeure pour le feu immortel.
J'ai labouré et peiné dans la nuit de la Matière
Pour apporter le feu aux hommes...
La nuit et la mêlée m'entourent
Car les lampes que les hommes appellent soleils
Sont des lueurs à mi-chemin
Jetées sur cette vie trébuchante par les Immortels.
L'homme allume sa petite chandelle d'espoir
Qui conduit à un bord défaillant,
Un fragment de la Vérité est tout son horizon
Un mince logis, tout son voyage.
Ils craignent et nient la Vérité des vérités
Ils refusent la Lumière des lumières
Leur cri s'élève vers des dieux ignorants
Ou ils choisissent l'autel d'un démon.
Tout ce qui avait été trouvé est à trouver encore
Chaque ennemi vaincu revit encore
Chaque bataille gagnée est à livrer encore et encore
À travers des immensités de vies futiles.
Mes plaies béantes sont mille et une...
Une voix a crié : « Va où nul n'est allé
Creuse encore, creuse plus profond
Jusqu'à ce que tu touches l'inexorable roc du fond
Et frappe à la porte sans clef. »
J'ai vu un mensonge profondément planté
À la racine même des choses
Là où le Sphinx gris garde l'énigme du sommeil de Dieu...
J'ai quitté la surface des dieux du mental
Et les mers insatisfaites de la vie
Et plongé par les allées aveugles du corps
Jusqu'aux mystères infernaux.
J'ai creusé dans le terrible cœur muet de la Terre
Et entendu les cloches de sa messe noire.
J'ai vu la source d'où partent ses agonies
Et la raison profonde de l'enfer...
J'ai percé le Vide où la Pensée est née
J'ai marché dans le trou sans fond.
Mes pas ont taillé des marches désespérées...
Pour apporter les feux de la splendeur de Dieu
Dans les abysses humaines...
Tous les voiles se brisent maintenant...
Un pont est jeté entre les abîmes et les sommets
Et le torrent des eaux d'or a roulé

Extrait du poème « Le Labeur d'un Dieu » de Sri Aurobindo.

Cité par Satprem dans son livre « La Tragédie de la Terre ».
... Voir plusVoir moins

Enseignement de Sri Aurobindo - La libération du mentalEnseignement de Sri Aurobindo - la libération du mental Aurobindo ghose dit Sri Aurobindo (15 août 1872 à Calcutta – 5 décembre 1950 à Pondichéry) est un des... ... Voir plusVoir moins

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Auroville around India and the worldDid you know the Esalen Institute, California Institute of Integral Studies and Auroville were all founded on the basis of Sri Aurobindo’s Integral Yoga?

Pictured here: Michael Murphy, founder of Esalen and former member of the Auroville International Advisory Council, and Robert McDermott, former director of the California Institute of Integral Studies discuss the past, present and future of these progressive institutions, their nature, strengths and challenges.

#1968Revisited #SriAurobindo #IntegralYoga #Esalen #CIIS #Auroville #Auroville50th
... Voir plusVoir moins

Auroville, ville de progrès matériel et d'industries de pointe dans la vision de la Mère.

Charte d'Auroville:

3. Auroville veut être le pont entre le passé et l'avenir. Profitant de toutes les découvertes extérieures et intérieures, elle veut hardiment s'élancer vers les réalisations futures.
4. Auroville sera le lieu des recherches matérielles et spirituelles pour donner un corps vivant à une unité humaine concrète.

*******

Agenda, 30 août 1969
Il y a au Nord de Pondichéry, au bord de la mer, des endroits dont on n'a jamais rien pu faire (c'est constamment inondé) et on a le moyen d'utiliser cela, alors je suis en train d'essayer d'avoir du gouvernement la permission d'occuper tout cela. Si l'on peut avoir tout cela, alors on aura un port libre, un aéroport libre, un aérodrome (mais plus à l'intérieur), et puis des cultures selon les méthodes nouvelles avec arrosage à l'eau de mer, et naturellement la transformation de l'eau de mer – mais on a trouvé quelque chose pour transformer l'eau de mer en eau potable (Mère prend une brochure à côté d'elle). C'est français je crois, une méthode économique, c'est très intéressant. C'est en route, si l'on attend encore quelques années, on aura trouvé tout à fait bien.

*******

La Mère, 4 octobre 1958
Il y a, dans l’univers, une source inépuisable d’énergies qui ne demandent qu’à se récupérer; si vous savez faire les choses comme il faut, elles se récupèrent. Au lieu de drainer la vie et les énergies de votre terre et d’en faire quelque chose de desséché et d’inerte, il faut savoir faire l’exercice nécessaire pour que l’énergie se récupère, tout le temps. Et ce ne sont pas des mots: je sais comment il faut que ce soit fait, et la science est en train de le trouver parfaitement – elle l’a trouvé admirablement. Mais au lieu d’utiliser cela pour satisfaire les passions humaines, au lieu d’utiliser ce que la science a trouvé pour que les hommes puissent se détruire un petit peu mieux qu’ils ne le font, il faut utiliser cela pour enrichir la terre: enrichir la terre, rendre la terre de plus en plus riche, active, généreuse, productrice et que toute la vie aille croissant vers son maximum d’efficacité.

*******

30 décembre 1967
«Auroville subsistera par ses propres moyens. Tous ceux qui vivront là participeront à la vie de la ville et à son développement. Cette participation peut être active ou passive. Il n'y aura pas d'impôts comme tels, mais chacun contribuera au bien-être collectif par son travail, en nature ou en espèces. Les secteurs comme les industries, qui participent activement, feront contribution d'une partie de leurs revenus pour le développement de la cité. Ou bien s'ils produisent des articles ayant une utilité pour les habitants de la ville (comme les produits alimentaires), ils apporteront leur contribution en nature à la ville, laquelle est responsable de la nourriture des habitants. »

*******

30 décembre 1967
Oui... Auroville sera une cité qui essaiera d'être, ou qui tendra vers ou qui voudra être «self-supporting», c'est-à-dire...

Autonome?

«Autonome», on le comprend comme une sorte d'indépendance qui coupe les relations avec le dehors, ce n'est pas cela que je veux dire.
Par exemple, ceux qui produisent de la nourriture, une usine comme «Aurofood» (naturellement, quand on sera cinquante mille, ce sera difficile de suffire aux besoins, mais pour le moment nous ne serons que quelques milliers tout au plus), eh bien, une usine produit toujours beaucoup trop... Alors elle vendra au-dehors et recevra de l'argent. Et «Aurofood», par exemple, veut avoir une relation spéciale avec les ouvriers, pas du tout le vieux système – quelque chose qui soit une amélioration du système communiste, une organisation plus équilibrée que le soviétisme ou le communisme, c'est-à-dire qui ne pèse pas trop d'un côté par rapport à l'autre.
L'idée d'Aurofood est bonne et ils essayent de faire de la propagande parmi les industriels.
Et il y a une chose que je voulais dire. La participation au bien-être et à l'existence de la ville tout entière n'est pas une chose calculée individuellement: tel individu doit donner tant. Ce n'est pas comme cela. C'est calculé d'après les moyens, l'activité, les possibilités de production; ce n'est pas l'idée démocratique qui découpe tout en petits morceaux égaux, qui est une machine absurde – c'est calculé d'après les moyens: celui qui a beaucoup donne beaucoup, celui qui a peu donne peu; celui qui est fort travaille beaucoup, celui qui n'est pas fort fait autre chose. N'est-ce pas, c'est quelque chose de plus vrai, de plus profond. Et c'est pour cela que je n'essaye pas d'expliquer tout de suite parce que les gens vont se mettre à faire toutes sortes de protestations. Il faut que ça se crée automatiquement pour ainsi dire, avec la croissance de la ville, dans 1e vrai esprit. C'est pour cela que cette note est tout à fait succincte.
Par exemple, cette phrase:
«Tous ceux qui vivront là participeront à la vie de la ville et à son développement...»
... selon leurs capacités et leurs moyens, non pas mécaniquement: tant par unité. C'est cela. Il faut que ce soit une chose vivante et vraie, pas une chose mécanique. Et «selon les capacités», c'est-à-dire que celui qui a des moyens matériels comme ceux que donne une usine, devra fournir proportionnellement à sa production: pas tant par individu et par tête.

*******

23 juin 1965
Nous avons quatre grandes sections: la section culturelle au Nord, c'est-à-dire en allant vers Madras; à l'Est, section industrielle; au Sud, section internationale; et à l'Ouest, c'est-à-dire vers le lac, section résidentielle.
(…)
Puis la section industrielle... Déjà beaucoup de gens, y compris le gouvernement de Madras (le gouvernement de Madras prête de l'argent) veulent ouvrir des industries, qui seront sur une base spéciale. Et cette section industrielle est à l'Est, et elle est très grande: il y a beaucoup de place; et elle doit descendre vers la mer. En effet, au Nord de Pondichéry, il y a un espace assez grand qui est tout à fait inhabité et inculte; c'est au bord de la mer en remontant la côte vers le Nord. Alors cette section industrielle descendrait vers la mer et, si c'est possible, il y aurait une espèce de débarcadère (pas exactement un port, mais un endroit où les bateaux peuvent accoster), et toutes ces industries avec les moyens de transports intérieurs nécessaires auraient une possibilité d'exportation directe.
... Voir plusVoir moins

Auroville, ville de progrès matériel et dindustries de pointe dans la vision de la Mère.

Charte dAuroville: 

3. Auroville veut être le pont entre le passé et lavenir. Profitant de toutes les découvertes extérieures et intérieures, elle veut hardiment sélancer vers les réalisations futures.
4. Auroville sera le lieu des recherches matérielles et spirituelles pour donner un corps vivant à une unité humaine concrète.

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Agenda, 30 août 1969
Il y a au Nord de Pondichéry, au bord de la mer, des endroits dont on na jamais rien pu faire (cest constamment inondé) et on a le moyen dutiliser cela, alors je suis en train dessayer davoir du gouvernement la permission doccuper tout cela. Si lon peut avoir tout cela, alors on aura un port libre, un aéroport libre, un aérodrome (mais plus à lintérieur), et puis des cultures selon les méthodes nouvelles avec arrosage à leau de mer, et naturellement la transformation de leau de mer – mais on a trouvé quelque chose pour transformer leau de mer en eau potable (Mère prend une brochure à côté delle). Cest français je crois, une méthode économique, cest très intéressant. Cest en route, si lon attend encore quelques années, on aura trouvé tout à fait bien.

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La Mère, 4 octobre 1958
Il y a, dans l’univers, une source inépuisable d’énergies qui ne demandent qu’à se récupérer; si vous savez faire les choses comme il faut, elles se récupèrent. Au lieu de drainer la vie et les énergies de votre terre et d’en faire quelque chose de desséché et d’inerte, il faut savoir faire l’exercice nécessaire pour que l’énergie se récupère, tout le temps. Et ce ne sont pas des mots: je sais comment il faut que ce soit fait, et la science est en train de le trouver parfaitement – elle l’a trouvé admirablement. Mais au lieu d’utiliser cela pour satisfaire les passions humaines, au lieu d’utiliser ce que la science a trouvé pour que les hommes puissent se détruire un petit peu mieux qu’ils ne le font, il faut utiliser cela pour enrichir la terre: enrichir la terre, rendre la terre de plus en plus riche, active, généreuse, productrice et que toute la vie aille croissant vers son maximum d’efficacité.

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30 décembre 1967
«Auroville subsistera par ses propres moyens. Tous ceux qui vivront là participeront à la vie de la ville et à son développement. Cette participation peut être active ou passive. Il ny aura pas dimpôts comme tels, mais chacun contribuera au bien-être collectif par son travail, en nature ou en espèces. Les secteurs comme les industries, qui participent activement, feront contribution dune partie de leurs revenus pour le développement de la cité. Ou bien sils produisent des articles ayant une utilité pour les habitants de la ville (comme les produits alimentaires), ils apporteront leur contribution en nature à la ville, laquelle est responsable de la nourriture des habitants. »

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30 décembre 1967
Oui... Auroville sera une cité qui essaiera dêtre, ou qui tendra vers ou qui voudra être «self-supporting», cest-à-dire...

Autonome?

«Autonome», on le comprend comme une sorte dindépendance qui coupe les relations avec le dehors, ce nest pas cela que je veux dire.
Par exemple, ceux qui produisent de la nourriture, une usine comme «Aurofood» (naturellement, quand on sera cinquante mille, ce sera difficile de suffire aux besoins, mais pour le moment nous ne serons que quelques milliers tout au plus), eh bien, une usine produit toujours beaucoup trop... Alors elle vendra au-dehors et recevra de largent. Et «Aurofood», par exemple, veut avoir une relation spéciale avec les ouvriers, pas du tout le vieux système – quelque chose qui soit une amélioration du système communiste, une organisation plus équilibrée que le soviétisme ou le communisme, cest-à-dire qui ne pèse pas trop dun côté par rapport à lautre.
Lidée dAurofood est bonne et ils essayent de faire de la propagande parmi les industriels.
Et il y a une chose que je voulais dire. La participation au bien-être et à lexistence de la ville tout entière nest pas une chose calculée individuellement: tel individu doit donner tant. Ce nest pas comme cela. Cest calculé daprès les moyens, lactivité, les possibilités de production; ce nest pas lidée démocratique qui découpe tout en petits morceaux égaux, qui est une machine absurde – cest calculé daprès les moyens: celui qui a beaucoup donne beaucoup, celui qui a peu donne peu; celui qui est fort travaille beaucoup, celui qui nest pas fort fait autre chose. Nest-ce pas, cest quelque chose de plus vrai, de plus profond. Et cest pour cela que je nessaye pas dexpliquer tout de suite parce que les gens vont se mettre à faire toutes sortes de protestations. Il faut que ça se crée automatiquement pour ainsi dire, avec la croissance de la ville, dans 1e vrai esprit. Cest pour cela que cette note est tout à fait succincte.
Par exemple, cette phrase:
«Tous ceux qui vivront là participeront à la vie de la ville et à son développement...»
... selon leurs capacités et leurs moyens, non pas mécaniquement: tant par unité. Cest cela. Il faut que ce soit une chose vivante et vraie, pas une chose mécanique. Et «selon les capacités», cest-à-dire que celui qui a des moyens matériels comme ceux que donne une usine, devra fournir proportionnellement à sa production: pas tant par individu et par tête.

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23 juin 1965
Nous avons quatre grandes sections: la section culturelle au Nord, cest-à-dire en allant vers Madras; à lEst, section industrielle; au Sud, section internationale; et à lOuest, cest-à-dire vers le lac, section résidentielle.
(…) 
Puis la section industrielle... Déjà beaucoup de gens, y compris le gouvernement de Madras (le gouvernement de Madras prête de largent) veulent ouvrir des industries, qui seront sur une base spéciale. Et cette section industrielle est à lEst, et elle est très grande: il y a beaucoup de place; et elle doit descendre vers la mer. En effet, au Nord de Pondichéry, il y a un espace assez grand qui est tout à fait inhabité et inculte; cest au bord de la mer en remontant la côte vers le Nord. Alors cette section industrielle descendrait vers la mer et, si cest possible, il y aurait une espèce de débarcadère (pas exactement un port, mais un endroit où les bateaux peuvent accoster), et toutes ces industries avec les moyens de transports intérieurs nécessaires auraient une possibilité dexportation directe.

 

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j aime bien cette idée de non appartenabce cela libere

I Satprem - Sri Aurobindo ou l'aventure de la Conscience - chapitres 1 à 12 - Livre audioLu par Jean Naroun créateur de la chaine Mes Livres Audio Donation possible via paypal à l'ordre de: chaine.meslivresaudio@gmail.com ... Voir plusVoir moins

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Bonjour, et merci d'avoir partagé ma lecture sur votre page 🙏 la 2ème partie est également disponible. Je mets le lien ici. Belle journée - Jean

En plein dedans 👍🕉

The MotherMother's Darshan~7
Love You Maa... 🙂
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The MotherMother's Darshan~2
Love You Maa... 🙂
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The MotherMother's Darshan~4
Love You Maa... 🙂
... Voir plusVoir moins

La transformation et l’harmonisation terrestres peuvent s’accomplir à l’aide de deux procédés, opposés en apparence, qui doivent se combiner, c’est-à-dire réagir l’un sur l’autre et se compléter l’un par l’autre :

1) La transformation individuelle, le développement intérieur menant à l’union avec la divine Présence.

2) La transformation sociale, l’établissement d’un milieu d’ordre favorable à l’éclosion et au développement des individus.

Comme le milieu réagit sur l’individu et que, d’autre part, de la valeur de l’individu dépend la valeur du milieu, les deux œuvres doivent être menées de front.

(…)

Pour chaque individu aussi, le travail est double et doit être fait simultanément, l’un favorisant et complétant l’autre :

1) Le développement intérieur, l’union progressive avec la lumière divine, seul état qui permette à l’homme d’être toujours en harmonie avec le grand courant de vie universelle.

2) L’action extérieure que chacun doit choisir selon ses capacités et ses préférences personnelles. Il doit trouver sa propre place, celle qu’il est seul à pouvoir remplir, dans le concert général et s’y donner tout entier, sans ignorer pourtant qu’il ne joue qu’une note dans la symphonie terrestre, mais que sa note est indispensable à l’harmonie du tout, et que toute sa valeur réside dans sa justesse. »

La Mère, Paroles d’autrefois, Volume 2, 7 mai 1912
... Voir plusVoir moins

La transformation et l’harmonisation terrestres peuvent s’accomplir à l’aide de deux procédés, opposés en apparence, qui doivent se combiner, c’est-à-dire réagir l’un sur l’autre et se compléter l’un par l’autre : 

1) La transformation individuelle, le développement intérieur menant à l’union avec la divine Présence. 

2) La transformation sociale, l’établissement d’un milieu d’ordre favorable à l’éclosion et au développement des individus. 

Comme le milieu réagit sur l’individu et que, d’autre part, de la valeur de l’individu dépend la valeur du milieu, les deux œuvres doivent être menées de front. 

(…)

Pour chaque individu aussi, le travail est double et doit être fait simultanément, l’un favorisant et complétant l’autre : 

1) Le développement intérieur, l’union progressive avec la lumière divine, seul état qui permette à l’homme d’être toujours en harmonie avec le grand courant de vie universelle. 

2) L’action extérieure que chacun doit choisir selon ses capacités et ses préférences personnelles. Il doit trouver sa propre place, celle qu’il est seul à pouvoir remplir, dans le concert général et s’y donner tout entier, sans ignorer pourtant qu’il ne joue qu’une note dans la symphonie terrestre, mais que sa note est indispensable à l’harmonie du tout, et que toute sa valeur réside dans sa justesse. »

La Mère, Paroles d’autrefois, Volume 2, 7 mai 1912

J’ai eu la chance d’avoir François Chenet comme professeur de philosophie indienne à La Sorbonne et c’est un grand pédagogue qui sait introduire nos esprits d’occidentaux dans la jungle conceptuelle indienne avec une clarté et une exigence qui le caractérisent. 🙏Les Nouveaux chemins de la connaissance avec François Chenet Après les Upanishads, lundi dernier, présenté par Michel Hulin, la Bhagabad-Gita, mardi, . Philo... ... Voir plusVoir moins

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Merci Isabelle. Comment as-tu commencé le yoga intégral, le yoga de Sri Aurobindo et Douce Mère?

Pas de son dans la vidéo Dommage, ,,

Une lettre de Sri Aurobindo à son jeune frère Barin
Le 7 avril 1920

Mon cher Barin,

J'ai reçu ta lettre, mais je n'ai pas réussi à y répondre jusqu'à aujourd'hui. C'est même un miracle qu'en ce moment je sois assis pour t'écrire – écrire une lettre est pour moi un événement qui se produit tous les trente-six du mois; surtout en bengali, cela ne m'est pas arrivé depuis cinq ou six ans. Si j'arrive à terminer cette lettre et à la mettre à la poste, le miracle sera complet !
Parlons d'abord de ton yoga. Tu voudrais m'en remettre le soin. Je ne demande pas mieux, mais cela veut dire le remettre à Celui qui nous meut tous les deux, toi et moi, ouvertement ou secrètement, par sa divine Shakti [Énergie]. Et tu dois savoir que l'inévitable conséquence est qu'il te faudra marcher sur la voie particulière qu'il m'a ordonné de suivre et que j'appelle la voie du «Yoga Intégral». Ce avec quoi j'ai commencé – ce que Lélé (1) m'a donné – n'était qu'une recherche du Chemin, un tour d'horizon – un premier contact, une mise en route, une manipulation ou un examen rigoureux de tel ou tel point des anciens yogas partiels, une expérience complète (si l'on peut dire) de l'un d'eux, puis la poursuite d'un autre.
Plus tard, après mon arrivée à Pondichéry, cet état d'instabilité a pris fin. Le Gourou du monde, qui est en nous, me donna alors toutes les instructions nécessaires à mon chemin: sa théorie complète, les dix membres du corps de ce yoga. Ces dix dernières années, Il m'a fait défricher le chemin par l'expérience, et ce n'est pas encore terminé. Cela peut prendre encore deux ans et tant que ce n'est pas fini, je doute que je puisse retourner au Bengale. Pondichéry est le lieu qui m'a été désigné pour la siddhi [réalisation] de mon yoga, sauf en fait pour une partie, qui est l'action. Le centre de mon travail est le Bengale mais, je l'espère, sa circonférence s'étendra à toute l'Inde et à la terre entière.
Je t'écrirai plus tard ce qu'est cette voie de yoga. Ou, si tu viens ici, je te l'expliquerai de vive voix. Dans ce domaine, parler vaut mieux qu'écrire. Pour le moment, je ne puis dire qu'une chose: son principe fondamental est d'harmoniser et d'unifier la connaissance complète, les œuvres complètes et la bhakti [amour] complète, en les haussant au-dessus du mental et en leur donnant une perfection complète sur le plan supramental ou Vijnâna. Le défaut des anciens yogas était que, ayant la connaissance du mental et la connaissance de l'Esprit, ils se satisfaisaient de l'expérience de l'Esprit dans le mental. Mais le mental ne peut saisir que ce qui est divisé et partiel; il ne peut pas capter absolument l'infini, l'indivisible. Les moyens dont il dispose pour atteindre l'infini sont le Sannyâsa [renoncement], le Moksha [libération] et le Nirvana, et rien d'autre. En fait, n'importe qui peut parvenir au Moksha sans forme, mais quel est l'avantage ? Le Brahman, le Moi, Dieu, sont toujours là. Ce que Dieu veut dans l'homme, c'est s'incarner ici-bas dans l'individu et dans la collectivité, réaliser Dieu dans la vie.
Les anciennes voies de yoga n'ont pas réussi à harmoniser ni a unifier l'Esprit et la vie: au contraire, elles ont renié le monde, le considérant comme Mâyâ [illusion] ou comme un Jeu transitoire. Le résultat a été la perte de la puissance de vie et la dégénérescence de l'Inde. Selon la parole de la Guîtâ, « Ces peuples périront si je ne fais pas les œuvres. » Les peuples de l'Inde sont réellement tombés en ruine. Quelques sannyâsins et bairâguis [renonçants] devenus des saints parfaits et libérés, quelques bhaktas [amants de Dieu] qui dansent dans la folle extase de l'amour et dans l'émotion douce de l'Ananda [félicité], et puis une race tout entière devenue amorphe, vide d'intelligence, enfoncée dans un profond tamas [inertie] – est-ce là l'effet d'une spiritualité véritable ? Non. Certes, nous devons d'abord obtenir toutes les expériences partielles possibles sur le plan mental, et inonder, illuminer le mental par la lumière spirituelle; mais ensuite, il faut passer au-dessus. Si nous ne passons pas au-dessus, c'est-à-dire sur le plan supramental, nous ne pouvons pas connaître l'ultime secret du monde – le problème qu'il pose n'est pas résolu. Dans le Supramental, l'ignorance qui crée la dualité de l'Esprit et de la Matière, la contradiction de la vérité de l'Esprit et de la vérité de la vie, disparaît. Là, il n'est plus nécessaire de dire que le monde est Maya [une illusion]. Le monde est le Jeu éternel de Dieu, la manifestation éternelle du Moi. Alors il devient possible de connaître Dieu entièrement et de Le posséder entièrement – de faire comme dit la Guîtâ: « Me connaître intégralement. » Le corps physique, la vie, le mental et l'entendement, le Supramental, l'Ananda, tels sont les cinq plans de l'Esprit. Plus l'homme s'élève sur cette voie ascendante, plus il s'approche de l'état de perfection suprême qui s'offre à son évolution spirituelle.
Le Supramental trouvé, il devient facile de s'élever jusqu'à l'Ananda. Alors on acquiert la base solide, l'état de l'Ananda indivisible et infini non seulement dans le Parabrahman [Absolu] hors du temps, mais dans le corps même, dans la vie, dans le monde. L'être intégral, la conscience intégrale, la Joie intégrale s'épanouissent et prennent forme dans la vie. Telle est la clef centrale de mon yoga, son principe fondamental.
Ce changement n'est pas facile à effectuer. Au bout de quinze ans, je n'en suis encore qu'au plus bas des trois échelons du Supramental et j'essaye d'y hisser toutes les activités inférieures. Mais lorsque cette siddhi [réalisation] sera complète, je suis absolument certain que Dieu, à travers moi, donnera aux autres, avec moins d'efforts, la siddhi du Supramental. À ce moment-là, mon vrai travail commencera.
Je ne suis pas impatient du succès dans mon travail. Ce qui doit arriver arrivera au moment voulu par Dieu. Je ne suis pas porté à me hâter d'une façon désordonnée ni à me ruer dans le champ de l'action par la force du petit ego. Même si je n'avais aucun succès dans mon travail, je n'en serais pas troublé. Ce travail n'est pas le mien, c'est celui de Dieu. Je n'écouterai aucun autre appel. Quand Dieu me fait bouger, je bouge.
Je sais très bien que le Bengale n'est pas réellement prêt. Le flot spirituel qui est venu est en grande partie une forme nouvelle du vieux courant. Ce n'est pas la vraie transformation. Cependant, cela aussi était nécessaire. Le Bengale a retrouvé les anciens yogas et épuisé leurs sanskâras [vieilles tendances], extrayant leur essence et fertilisant ainsi le terrain. Ce fut d'abord le tour du Védanta: l'Advaïta, le Sannyâsa, la Mâyâ de Shankara, etc. Actuellement, c'est le tour du dharma vichnouite: la Lîlâ, l'amour, l'ivresse de l'expérience émotive. Tout cela est très vieux, inadapté à l'âge nouveau et ne durera pas – une excitation de ce genre est incapable de durer. Mais le mérite du bhâva [élan] vichnouite est qu'il garde un certain lien entre Dieu et le monde et qu'il donne un sens à la vie; cependant, comme c'est un bhâva partiel, il y manque le lien complet, le sens complet. La tendance à créer des sectes, comme tu l'as remarqué, était inévitable. Il est de la nature du mental de se saisir d'une partie et de l'appeler le tout, puis d'exclure tout le reste. Le Siddha [illuminé] qui apporte l'élan (bhâva), bien que s'appuyant sur un aspect partiel, garde tout de même une certaine connaissance de l'intégral, encore qu'il soit incapable de lui donner une forme. Mais ses disciples sont incapables d'avoir cette connaissance intégrale, justement parce qu'elle est sans forme – ils sont en train de lier leurs petites gerbes, laissons-les. Les gerbes se déferont d'elles-mêmes quand Dieu se manifestera Lui-même pleinement. Toutes ces choses sont le signe d'un manque d'intégralité et de maturité. Cela ne me trouble pas. Laissons la force spirituelle jouer librement dans le pays, sous n'importe quelle forme et en autant de sectes qu'on veut. Plus tard, nous verrons. C'est l'état infantile et embryonnaire de l'âge nouveau. Ce n'est qu'un premier aperçu, pas même un commencement.
La particularité de ce yoga est ainsi: tant que l'on n'a pas obtenu la siddhi [réalisation] au-dessus, la fondation ne peut pas être parfaite. Ceux qui m'ont suivi ont gardé beaucoup de vieilles empreintes (sanskâras) ; quelques-unes ont disparu mais certaines s'accrochent encore. Il y avait le sanskâra du Sannyâsa, et même le désir de créer un Aravinda Math [monastère de Sri Aurobindo]. Maintenant l'intellect a reconnu que le Sannyâsa [renoncement] n'est pas ce qu'il faut, mais l'empreinte de l'ancienne idée n'a pas encore été effacée du prâna [souffle]. Puis on parlait de rester au milieu du monde comme des hommes d'action mondaine, tout en pratiquant le renoncement. La nécessité de renoncer au désir a été comprise, mais le mental n'a pas réussi à harmoniser correctement la renonciation au désir et la joie de l'Ananda. On a accepté mon yoga parce qu'il s'accordait tout naturellement au tempérament bengali, mais moins sous l'angle de la connaissance que sous l'angle du karma [des œuvres] et de la bhakti [amour]. Un peu de connaissance est entrée, mais la plus grande partie a échappé; les brumes de la sentimentalité ne se sont pas dissipées; la routine du bhâva sattvique [esprit religieux] n'a pas été brisée. L'ego est encore là – en un mot, la connaissance n'a pas fleuri. Je ne suis pas pressé; je laisse chacun se développer selon sa nature. Je ne veux pas façonner tout le monde dans un moule unique. Ce qui est fondamental sera identique en tous, certes, mais s'exprimera en de multiples formes. Tout être se développe et se forme de l'intérieur. Je ne veux pas bâtir de l'extérieur. La base est là, le reste viendra.
Le but que je poursuis n'est pas une société enracinée dans la division, comme l'est la nôtre. Ce que j'ai en vue, c'est un Sangha [communauté] ayant sa base dans l'esprit et à l'image de son unité. C'est avec cette idée que le nom de Déva Sangha m'est venu, c'est-à-dire la communauté de ceux qui veulent la vie divine. Un Sangha de ce genre doit commencer par s'établir en un point, puis se répandre dans tout le pays. Mais si la moindre ombre d'égoïsme vient à s'abattre sur l'entreprise, le Sangha se changera en une secte. L'idée peut se glisser tout naturellement que telle ou telle organisation est le seul vrai Sangha et l'unique centre futur, que tout le reste doit être sa circonférence, et que tous ceux qui demeurent à l'extérieur de ses limites sont hors du bercail, ou même s'ils sont dedans, qu'ils se sont écartés du droit chemin parce qu'ils pensent différemment.
Tu peux dire: « Quel besoin avons-nous d'un Sangha ? L'important est que je sois libre et que je vive dans toutes les formes; devenons tous l'Un sans forme, et arrive ce qui peut au sein de cette immensité sans forme !» Il y a là une vérité, mais ce n'est qu'un aspect de la vérité. Nous n'avons pas seulement affaire à l'Esprit sans forme; nous devons aussi gouverner le mouvement de la vie. Et il ne peut y avoir aucun mouvement effectif de vie sans une forme. C'est le Sans-Forme qui a pris forme, et s'il s'est revêtu du nom et de la forme, ce n'est pas par un caprice de Mâyâ [l'Illusion]. La forme est là parce qu'elle est indispensable. Nous ne voulons exclure de notre domaine aucune des activités du monde. Politique, industrie, société, poésie, littérature, art – tout restera –, mais à chacune nous devons donner une âme nouvelle et une forme nouvelle.
Pourquoi ai-je abandonné la politique ? Parce que notre politique n'est pas quelque chose qui appartienne authentiquement à l'Inde; c'est une importation et une imitation européennes. Elle a été nécessaire à un certain moment. Nous aussi, nous avons fait une politique de type européen. Si nous ne l'avions pas faite, le pays ne se serait pas relevé et nous n'aurions pas acquis l'expérience qu'il faut pour nous développer complètement. Cette politique est encore nécessaire dans une certaine mesure, pas tellement au Bengale mais dans les autres États de l'Inde. Cependant, il est temps d'empêcher l'ombre de grandir et de s'emparer de la réalité. Nous devons trouver l'âme véritable de l'Inde et façonner toutes les œuvres à son image.
Les gens parlent maintenant de « spiritualiser la politique », mais en admettant que l'on arrive à quelque résultat durable, il en sortira une sorte de bolchevisme indianisé. Je n'ai aucune objection même à ce genre de travail – que chacun agisse selon son inspiration. Mais ce n'est pas la vraie chose. Si l'on verse la force spirituelle dans tous ces récipients impurs – les eaux de l'Océan originel dans des vases d'argile brute –, ou bien les vases seront brisés et l'eau gaspillée, ou bien le pouvoir spirituel s'évaporera et seule la forme impure restera. Il en est ainsi dans tous les domaines. Je puis donner le pouvoir spirituel, mais ce pouvoir sera utilisé à sculpter une statue de singe et à l'asseoir sur le trône dans le temple de Shiva. Si le singe est doué de vie et de puissance, il pourra jouer le rôle du fervent Hanoumân et accomplir de grandes œuvres pour Râma (2), aussi longtemps que la vie et le pouvoir demeureront en lui. Mais ce que nous voulons dans le temple de l'Inde, ce n'est pas un singe, Hanoumân, c'est le dieu, l'avatar, Râma lui-même.
Nous pouvons nous mêler aux autres, mais pour les attirer tous dans le vrai chemin et en gardant intacts l'esprit et la forme de notre idéal, sinon nous perdrons notre direction et le vrai travail ne sera pas fait. Si partout nous restons comme des individus séparés, quelque chose peut être accompli, c'est vrai; mais si partout nous restons comme les membres d'un même Sangha, nous pouvons accomplir cent fois plus. Cependant, le temps n'est pas encore venu pour cela. Si nous essayons trop tôt de donner une forme à notre communauté, cela risque de ne pas être la chose exacte que nous voulons. Au début, le Sangha n'aura pas une forme concentrée: ceux qui ont accepté l'idéal seront unis mais ils travailleront en différents endroits. Plus tard, ils pourront former une sorte de communauté spirituelle et constituer un Sangha compact. Ils donneront alors à toutes leurs œuvres une forme répondant à l'exigence de l'Esprit et au besoin de l'époque; non pas une forme ligotée et rigide, un achalâyatana [une prison3], mais une forme libre qui se répandra comme la mer, se modelant en vagues innombrables, ici englobant une chose, là inondant une autre, et finalement embrassant tout. Si nous procédons ainsi, une communauté spirituelle s'établira progressivement. Telle est mon idée actuelle. Jusqu'à présent, elle ne s'est pas complètement développée. Tout est entre les mains de Dieu; quoi qu'il nous fasse faire, c'est cela que nous ferons.
Relevons maintenant quelques points particuliers de ta lettre. Je ne veux pas m'étendre ici sur ce que tu as dit de ton yoga. Nous aurons une meilleure occasion de le faire quand nous nous rencontrerons. Considérer le corps comme une carcasse est la marque du Sannyâsa, de la voie du Nirvana. On ne peut pas vivre la vie du monde avec cette idée. On doit avoir la félicité en toutes choses – aussi bien dans le corps que dans l'Esprit. Le corps possède une conscience, il est la forme de Dieu. Lorsqu'on voit Dieu dans tout ce qui est au monde, lorsqu'on a cette vision:
« Tout ceci est Brahman, sarvam idam brahma ; Vâsoudeva est tout ceci, vâsoudeva sarva-miti », alors on a la félicité universelle. Le flot de cette félicité se précipite et se répand même à travers le corps. Lorsqu'on est dans cet état et rempli de la conscience spirituelle, on peut mener la vie conjugale et vivre dans le monde. Dans toutes les œuvres, on trouve l'expression de la félicité de Dieu. Jusqu'à présent, j'ai travaillé à transformer tous les objets et toutes les perceptions du mental et des sens en félicité sur le plan mental. Maintenant, ils prennent la forme de la félicité supramentale. Dans cet état, se trouvent la vision et la perception parfaites de Satchidânanda.
À propos du Déva Sangha, tu dis: « Je ne suis pas un dieu, je ne suis qu'un morceau de fer bien martelé et passé à la trempe. » Personne n'est un Dieu, mais en tout homme un Dieu réside, et Le manifester est le but de la vie divine. Cela, nous pouvons tous le faire. Je reconnais qu'il y a de grands et de petits âdhârs [récipients]. Je ne crois pas vraie cependant la description que tu fais de toi. Quelle que soit la nature du récipient, dès que le toucher de Dieu est là, dès que l'esprit est éveillé, grand ou petit, cela ne fait pas beaucoup de différence. Il peut y avoir davantage de difficultés, il peut falloir plus de temps, ou il peut y avoir une différence dans la manifestation – mais ce n'est même pas sûr. Le Dieu intérieur ne tient aucun compte de ces obstacles et de ces insuffisances. Il se fraye un passage malgré tout. N'avais-je moi-même que peu d'imperfections ? Dans mon mental, mon cœur, ma vie et mon corps, y avait-il moins d'obstacles ? Cela n'a-t-il pas pris du temps ? Dieu m'a-t-il moins martelé ? Jour après jour, minute après minute, j'ai été façonné en je ne sais quoi, dieu ou autre chose. Mais je suis devenu ou suis en train de devenir quelque chose. C'est suffisant, puisque c'est cela que Dieu a voulu bâtir. C'est la même chose pour tout le monde. Ce n'est pas notre force mais la Shakti [l'Énergie] de Dieu qui est le sâdhaka [l'ouvrier] de ce yoga.
Je vais te dire rapidement une ou deux choses que j'ai vues depuis longtemps. À mon avis, la principale cause de la faiblesse de l'Inde n'est pas la sujétion ni la pauvreté ni le manque de spiritualité ou de dharma [morale], mais le déclin de la puissance de pensée, la croissance de l'ignorance dans la patrie de la Connaissance. Partout, je vois l'incapacité ou la paresse de penser – l'impuissance de la pensée ou la phobie de la pensée. Quels que soient les mérites du Moyen âge, cet état de choses est à présent le signe d'une terrible dégénérescence. Le Moyen âge était la nuit, l'époque de la victoire de l'ignorance. Le monde moderne est l'époque de la victoire de la connaissance. Celui qui pense le plus, qui cherche le plus, qui travaille le plus, celui-là peut sonder et apprendre la vérité du monde et acquérir d'autant plus de Shakti [force]. Si tu regardes l'Europe, tu verras deux choses: un vaste océan de pensée et le jeu d'une force énorme, rapide, et pourtant disciplinée. Toute la Shakti de l'Europe tient à cela. Et par la force de cette Shakti, elle a dévoré le monde, comme nos tapaswins [ascètes] de jadis dont le pouvoir terrifiait même les dieux et les tenait dans l'inquiétude et la soumission. On dit que l'Europe court à sa perte. Je ne le pense pas. Toutes ces révolutions et ces bouleversements sont les conditions préliminaires d'une création nouvelle.
Maintenant, regarde l'Inde. À part quelques géants solitaires, on trouve partout notre « homme simple », c'est-à-dire l'homme moyen qui ne veut pas et ne peut pas penser, qui n'a pas la moindre Shakti sauf une excitation temporaire. Dans l'Inde, on veut la pensée simple, le mot facile. En Europe, on veut la pensée profonde, le mot profond. Là-bas, même l'ouvrier ordinaire ou l'artisan pense, veut savoir, ne se satisfait pas de choses superficielles, il veut aller derrière les choses. Pourtant, il y a une différence: la force et la pensée de l'Europe recèlent une limitation fatale. Quand elle pénètre dans le domaine spirituel, son pouvoir de pensée ne peut plus se mouvoir. Là, l'Europe ne voit que des énigmes, des métaphysiques nébuleuses, des hallucinations yoguiques. Ils se frottent les yeux comme dans un nuage de fumée et n'arrivent pas à voir clair. Cependant, en Europe, on commence à faire quelque effort pour surmonter même cette limitation. Nous, nous avons déjà le sens spirituel – nous le devons à nos ancêtres – et quiconque possède ce sens tient à sa disposition une telle Connaissance et une telle Shakti que d'un souffle il pourrait balayer toute cette force prodigieuse de l'Europe comme un fétu de paille. Mais pour obtenir cette Shakti, il faut être un adorateur de la Shakti. Nous ne sommes pas des adorateurs de la Shakti: nous sommes des adorateurs de la voie facile. Mais la Shakti ne peut s'obtenir par la voie facile. Nos ancêtres ont plongé dans un océan de vastes pensées, ils ont acquis une immense Connaissance et édifié une puissante civilisation. Chemin faisant, la fatigue et la lassitude se sont abattues sur eux. La force de pensée a diminué; avec elle, le puissant courant de la Shakti. Notre civilisation est devenue un achalâyatan [une prison], notre religion une bigoterie de pratiques extérieures, notre spiritualité une lueur confuse ou une vague passagère d'ivresse religieuse. Tant que cela dure, toute résurrection permanente de l'Inde est improbable.
Au Bengale, cette faiblesse atteint son paroxysme. Le Bengali a une intelligence vive, de la sensibilité et de l'intuition. Ces qualités se sont davantage développées chez lui que dans le reste de l'Inde. Toutes sont nécessaires, mais elles ne sont pas suffisantes. Si, à cela, on ajoutait la profondeur de pensée, la force tranquille, le courage héroïque, la capacité et la joie d'un travail régulier, le Bengali pourrait être un chef, non seulement de l'Inde mais de l'humanité. Mais il ne le désire pas, il veut tout obtenir facilement: la connaissance sans l'effort de penser, les fruits sans le labeur, la siddhi [réalisation] après une sâdhanâ [pratique] facile. Sa ressource, c'est l'excitation du mental émotif. Mais l'excès d'émotion sans la connaissance est le symptôme même de la maladie. Cela aboutit finalement à la fatigue et à l'inertie. Le pays a constamment et progressivement décliné. Le pouvoir de vie a décru. À quoi le Bengali est-il arrivé dans son propre pays ? Il ne gagne pas assez pour se nourrir et s'habiller, ce ne sont que lamentations de tous côtés; sa richesse, ses affaires, son commerce, ses terres, son agriculture même passent aux mains des autres. Nous avons abandonné la sâdhanâ de la Shakti, et la Shakti nous a abandonnés. Nous faisons la sâdhanâ de l'Amour, mais quand il n'y a ni Connaissance ni Shakti, l'amour ne peut pas demeurer, l'étroitesse et la mesquinerie prennent la place, et dans un mental étroit et mesquin il n'y a pas de place pour l'amour. Où est l'amour au Bengale ? Il y a plus de querelles, de jalousies, d'antipathies mutuelles, d'incompréhensions et de factions que partout ailleurs, même en cette Inde si affligée par la division.
À l'époque héroïque et noble du peuple aryen (4), il n'y avait pas tant de bruit, de cris et de gesticulations, mais leurs entreprises restaient inébranlables pendant des siècles. Les entreprises des Bengalis ne durent qu'un jour ou deux.
Tu dis qu'il faut un fol enthousiasme et remplir le pays d'excitation émotive. Au temps du Swadeshi [lutte pour l'indépendance, boycott des produits anglais], nous avons eu tout cela dans le domaine politique, mais ce que nous avons fait est maintenant tombé en poussière. Y aura-t-il un meilleur résultat dans le domaine spirituel ? Je ne dis pas qu'il n'y ait pas eu de résultat. Il y en a eu. Tout mouvement produit un résultat, mais c'est surtout de l'ordre d'un accroissement des potentialités. Mais ce n'est pas la bonne méthode pour réaliser la chose stablement. Par conséquent je ne veux plus prendre pour base l'excitation émotive ni quelque ivresse du mental. Je veux fonder le yoga sur une vaste et puissante équanimité. Sur cette égalité, je veux que s'établisse une Shakti complète, ferme, inébranlable, dans l'organisme et dans tous ses mouvements. Je veux une large manifestation de la lumière de la Connaissance au sein d'un océan de Shakti. Et je veux, dans cette lumineuse immensité, la tranquille extase de l'amour, de la félicité et de l'unité infinis. Je ne veux pas avoir des centaines de milliers de disciples. Si je puis trouver une centaine d'hommes complets, purifiés du petit égoïsme, et qui seront les instruments de Dieu, ce sera suffisant. Je n'ai aucune foi en le vieux métier de gourou. Je ne veux pas être un gourou. Si quelqu'un éveille et manifeste de l'intérieur sa divinité endormie et s'il arrive à la vie divine, que ce soit par mon contact ou celui de quiconque, c'est tout ce que je veux. Ce sont ces hommes-là qui relèveront le pays.
Ne t'imagine pas, d'après ce discours, que je désespère de l'avenir du Bengale. Moi aussi, comme ils le disent, j'ai l'espoir qu'une grande lumière se manifestera cette fois au Bengale. Mais j'ai essayé de montrer le revers de la médaille, où est la faille, l'erreur, la déficience. Si cela persiste, la lumière ne sera pas une grande lumière et elle ne sera pas permanente.
La raison de cette lettre extraordinairement longue est que, moi aussi, je boucle mon sac. Mais je crois que ce sac-là sera comme le filet de Saint-Pierre, plein à craquer des seules captures de l'Infini. Je ne vais pas ouvrir mon sac maintenant. Si je le faisais avant le temps, tout s'échapperait. Je n'ai pas non plus l'intention d'aller au Bengale pour le moment, non pas parce que le Bengale n'est pas prêt mais parce que moi, je ne suis pas prêt. Un homme insuffisamment mûr parmi des hommes insuffisamment mûrs, quel travail peut-il faire ?

Ton Sejdâ

Sri Aurobindo

1.Vishnu Bhaskar Lélé, un gourou tantrique rencontré par Sri Aurobindo en 1908 et qui lui donna la réalisation du silence mental et du Nirvana.
2. Râma, l'avatar divin qui a tué le démon Râvana avec l'aide des singes, dont Hanoumân.
3. Achalâyatana: lieu où tout est réglementé dans les moindres détails.
4. Aux temps védiques.
5. Sejdâ: frère aîné.
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Une lettre de Sri Aurobindo à son jeune frère Barin
Le 7 avril 1920

Mon cher Barin,

Jai reçu ta lettre, mais je nai pas réussi à y répondre jusquà aujourdhui. Cest même un miracle quen ce moment je sois assis pour técrire – écrire une lettre est pour moi un événement qui se produit tous les trente-six du mois; surtout en bengali, cela ne mest pas arrivé depuis cinq ou six ans. Si jarrive à terminer cette lettre et à la mettre à la poste, le miracle sera complet !
Parlons dabord de ton yoga. Tu voudrais men remettre le soin. Je ne demande pas mieux, mais cela veut dire le remettre à Celui qui nous meut tous les deux, toi et moi, ouvertement ou secrètement, par sa divine Shakti [Énergie]. Et tu dois savoir que linévitable conséquence est quil te faudra marcher sur la voie particulière quil ma ordonné de suivre et que jappelle la voie du «Yoga Intégral». Ce avec quoi jai commencé – ce que Lélé (1) ma donné – nétait quune recherche du Chemin, un tour dhorizon – un premier contact, une mise en route, une manipulation ou un examen rigoureux de tel ou tel point des anciens yogas partiels, une expérience complète (si lon peut dire) de lun deux, puis la poursuite dun autre.
Plus tard, après mon arrivée à Pondichéry, cet état dinstabilité a pris fin. Le Gourou du monde, qui est en nous, me donna alors toutes les instructions nécessaires à mon chemin: sa théorie complète, les dix membres du corps de ce yoga. Ces dix dernières années, Il ma fait défricher le chemin par lexpérience, et ce nest pas encore terminé. Cela peut prendre encore deux ans et tant que ce nest pas fini, je doute que je puisse retourner au Bengale. Pondichéry est le lieu qui ma été désigné pour la siddhi [réalisation] de mon yoga, sauf en fait pour une partie, qui est laction. Le centre de mon travail est le Bengale mais, je lespère, sa circonférence sétendra à toute lInde et à la terre entière.
Je técrirai plus tard ce quest cette voie de yoga. Ou, si tu viens ici, je te lexpliquerai de vive voix. Dans ce domaine, parler vaut mieux quécrire. Pour le moment, je ne puis dire quune chose: son principe fondamental est dharmoniser et dunifier la connaissance complète, les œuvres complètes et la bhakti [amour] complète, en les haussant au-dessus du mental et en leur donnant une perfection complète sur le plan supramental ou Vijnâna. Le défaut des anciens yogas était que, ayant la connaissance du mental et la connaissance de lEsprit, ils se satisfaisaient de lexpérience de lEsprit dans le mental. Mais le mental ne peut saisir que ce qui est divisé et partiel; il ne peut pas capter absolument linfini, lindivisible. Les moyens dont il dispose pour atteindre linfini sont le Sannyâsa [renoncement], le Moksha [libération] et le Nirvana, et rien dautre. En fait, nimporte qui peut parvenir au Moksha sans forme, mais quel est lavantage ? Le Brahman, le Moi, Dieu, sont toujours là. Ce que Dieu veut dans lhomme, cest sincarner ici-bas dans lindividu et dans la collectivité, réaliser Dieu dans la vie.
Les anciennes voies de yoga nont pas réussi à harmoniser ni a unifier lEsprit et la vie: au contraire, elles ont renié le monde, le considérant comme Mâyâ [illusion] ou comme un Jeu transitoire. Le résultat a été la perte de la puissance de vie et la dégénérescence de lInde. Selon la parole de la Guîtâ, « Ces peuples périront si je ne fais pas les œuvres. » Les peuples de lInde sont réellement tombés en ruine. Quelques sannyâsins et bairâguis [renonçants] devenus des saints parfaits et libérés, quelques bhaktas [amants de Dieu] qui dansent dans la folle extase de lamour et dans lémotion douce de lAnanda [félicité], et puis une race tout entière devenue amorphe, vide dintelligence, enfoncée dans un profond tamas [inertie] – est-ce là leffet dune spiritualité véritable ? Non. Certes, nous devons dabord obtenir toutes les expériences partielles possibles sur le plan mental, et inonder, illuminer le mental par la lumière spirituelle; mais ensuite, il faut passer au-dessus. Si nous ne passons pas au-dessus, cest-à-dire sur le plan supramental, nous ne pouvons pas connaître lultime secret du monde – le problème quil pose nest pas résolu. Dans le Supramental, lignorance qui crée la dualité de lEsprit et de la Matière, la contradiction de la vérité de lEsprit et de la vérité de la vie, disparaît. Là, il nest plus nécessaire de dire que le monde est Maya [une illusion]. Le monde est le Jeu éternel de Dieu, la manifestation éternelle du Moi. Alors il devient possible de connaître Dieu entièrement et de Le posséder entièrement – de faire comme dit la Guîtâ: « Me connaître intégralement. » Le corps physique, la vie, le mental et lentendement, le Supramental, lAnanda, tels sont les cinq plans de lEsprit. Plus lhomme sélève sur cette voie ascendante, plus il sapproche de létat de perfection suprême qui soffre à son évolution spirituelle.
Le Supramental trouvé, il devient facile de sélever jusquà lAnanda. Alors on acquiert la base solide, létat de lAnanda indivisible et infini non seulement dans le Parabrahman [Absolu] hors du temps, mais dans le corps même, dans la vie, dans le monde. Lêtre intégral, la conscience intégrale, la Joie intégrale sépanouissent et prennent forme dans la vie. Telle est la clef centrale de mon yoga, son principe fondamental.
Ce changement nest pas facile à effectuer. Au bout de quinze ans, je nen suis encore quau plus bas des trois échelons du Supramental et jessaye dy hisser toutes les activités inférieures. Mais lorsque cette siddhi [réalisation] sera complète, je suis absolument certain que Dieu, à travers moi, donnera aux autres, avec moins defforts, la siddhi du Supramental. À ce moment-là, mon vrai travail commencera.
Je ne suis pas impatient du succès dans mon travail. Ce qui doit arriver arrivera au moment voulu par Dieu. Je ne suis pas porté à me hâter dune façon désordonnée ni à me ruer dans le champ de laction par la force du petit ego. Même si je navais aucun succès dans mon travail, je nen serais pas troublé. Ce travail nest pas le mien, cest celui de Dieu. Je nécouterai aucun autre appel. Quand Dieu me fait bouger, je bouge.
Je sais très bien que le Bengale nest pas réellement prêt. Le flot spirituel qui est venu est en grande partie une forme nouvelle du vieux courant. Ce nest pas la vraie transformation. Cependant, cela aussi était nécessaire. Le Bengale a retrouvé les anciens yogas et épuisé leurs sanskâras [vieilles tendances], extrayant leur essence et fertilisant ainsi le terrain. Ce fut dabord le tour du Védanta: lAdvaïta, le Sannyâsa, la Mâyâ de Shankara, etc. Actuellement, cest le tour du dharma vichnouite: la Lîlâ, lamour, livresse de lexpérience émotive. Tout cela est très vieux, inadapté à lâge nouveau et ne durera pas – une excitation de ce genre est incapable de durer. Mais le mérite du bhâva [élan] vichnouite est quil garde un certain lien entre Dieu et le monde et quil donne un sens à la vie; cependant, comme cest un bhâva partiel, il y manque le lien complet, le sens complet. La tendance à créer des sectes, comme tu las remarqué, était inévitable. Il est de la nature du mental de se saisir dune partie et de lappeler le tout, puis dexclure tout le reste. Le Siddha [illuminé] qui apporte lélan (bhâva), bien que sappuyant sur un aspect partiel, garde tout de même une certaine connaissance de lintégral, encore quil soit incapable de lui donner une forme. Mais ses disciples sont incapables davoir cette connaissance intégrale, justement parce quelle est sans forme – ils sont en train de lier leurs petites gerbes, laissons-les. Les gerbes se déferont delles-mêmes quand Dieu se manifestera Lui-même pleinement. Toutes ces choses sont le signe dun manque dintégralité et de maturité. Cela ne me trouble pas. Laissons la force spirituelle jouer librement dans le pays, sous nimporte quelle forme et en autant de sectes quon veut. Plus tard, nous verrons. Cest létat infantile et embryonnaire de lâge nouveau. Ce nest quun premier aperçu, pas même un commencement.
La particularité de ce yoga est ainsi: tant que lon na pas obtenu la siddhi [réalisation] au-dessus, la fondation ne peut pas être parfaite. Ceux qui mont suivi ont gardé beaucoup de vieilles empreintes (sanskâras) ; quelques-unes ont disparu mais certaines saccrochent encore. Il y avait le sanskâra du Sannyâsa, et même le désir de créer un Aravinda Math [monastère de Sri Aurobindo]. Maintenant lintellect a reconnu que le Sannyâsa [renoncement] nest pas ce quil faut, mais lempreinte de lancienne idée na pas encore été effacée du prâna [souffle]. Puis on parlait de rester au milieu du monde comme des hommes daction mondaine, tout en pratiquant le renoncement. La nécessité de renoncer au désir a été comprise, mais le mental na pas réussi à harmoniser correctement la renonciation au désir et la joie de lAnanda. On a accepté mon yoga parce quil saccordait tout naturellement au tempérament bengali, mais moins sous langle de la connaissance que sous langle du karma [des œuvres] et de la bhakti [amour]. Un peu de connaissance est entrée, mais la plus grande partie a échappé; les brumes de la sentimentalité ne se sont pas dissipées; la routine du bhâva sattvique [esprit religieux] na pas été brisée. Lego est encore là – en un mot, la connaissance na pas fleuri. Je ne suis pas pressé; je laisse chacun se développer selon sa nature. Je ne veux pas façonner tout le monde dans un moule unique. Ce qui est fondamental sera identique en tous, certes, mais sexprimera en de multiples formes. Tout être se développe et se forme de lintérieur. Je ne veux pas bâtir de lextérieur. La base est là, le reste viendra.
Le but que je poursuis nest pas une société enracinée dans la division, comme lest la nôtre. Ce que jai en vue, cest un Sangha [communauté] ayant sa base dans lesprit et à limage de son unité. Cest avec cette idée que le nom de Déva Sangha mest venu, cest-à-dire la communauté de ceux qui veulent la vie divine. Un Sangha de ce genre doit commencer par sétablir en un point, puis se répandre dans tout le pays. Mais si la moindre ombre dégoïsme vient à sabattre sur lentreprise, le Sangha se changera en une secte. Lidée peut se glisser tout naturellement que telle ou telle organisation est le seul vrai Sangha et lunique centre futur, que tout le reste doit être sa circonférence, et que tous ceux qui demeurent à lextérieur de ses limites sont hors du bercail, ou même sils sont dedans, quils se sont écartés du droit chemin parce quils pensent différemment.
Tu peux dire: « Quel besoin avons-nous dun Sangha ? Limportant est que je sois libre et que je vive dans toutes les formes; devenons tous lUn sans forme, et arrive ce qui peut au sein de cette immensité sans forme !» Il y a là une vérité, mais ce nest quun aspect de la vérité. Nous navons pas seulement affaire à lEsprit sans forme; nous devons aussi gouverner le mouvement de la vie. Et il ne peut y avoir aucun mouvement effectif de vie sans une forme. Cest le Sans-Forme qui a pris forme, et sil sest revêtu du nom et de la forme, ce nest pas par un caprice de Mâyâ [lIllusion]. La forme est là parce quelle est indispensable. Nous ne voulons exclure de notre domaine aucune des activités du monde. Politique, industrie, société, poésie, littérature, art – tout restera –, mais à chacune nous devons donner une âme nouvelle et une forme nouvelle.
Pourquoi ai-je abandonné la politique ? Parce que notre politique nest pas quelque chose qui appartienne authentiquement à lInde; cest une importation et une imitation européennes. Elle a été nécessaire à un certain moment. Nous aussi, nous avons fait une politique de type européen. Si nous ne lavions pas faite, le pays ne se serait pas relevé et nous naurions pas acquis lexpérience quil faut pour nous développer complètement. Cette politique est encore nécessaire dans une certaine mesure, pas tellement au Bengale mais dans les autres États de lInde. Cependant, il est temps dempêcher lombre de grandir et de semparer de la réalité. Nous devons trouver lâme véritable de lInde et façonner toutes les œuvres à son image.
Les gens parlent maintenant de « spiritualiser la politique », mais en admettant que lon arrive à quelque résultat durable, il en sortira une sorte de bolchevisme indianisé. Je nai aucune objection même à ce genre de travail – que chacun agisse selon son inspiration. Mais ce nest pas la vraie chose. Si lon verse la force spirituelle dans tous ces récipients impurs – les eaux de lOcéan originel dans des vases dargile brute –, ou bien les vases seront brisés et leau gaspillée, ou bien le pouvoir spirituel sévaporera et seule la forme impure restera. Il en est ainsi dans tous les domaines. Je puis donner le pouvoir spirituel, mais ce pouvoir sera utilisé à sculpter une statue de singe et à lasseoir sur le trône dans le temple de Shiva. Si le singe est doué de vie et de puissance, il pourra jouer le rôle du fervent Hanoumân et accomplir de grandes œuvres pour Râma (2), aussi longtemps que la vie et le pouvoir demeureront en lui. Mais ce que nous voulons dans le temple de lInde, ce nest pas un singe, Hanoumân, cest le dieu, lavatar, Râma lui-même.
Nous pouvons nous mêler aux autres, mais pour les attirer tous dans le vrai chemin et en gardant intacts lesprit et la forme de notre idéal, sinon nous perdrons notre direction et le vrai travail ne sera pas fait. Si partout nous restons comme des individus séparés, quelque chose peut être accompli, cest vrai; mais si partout nous restons comme les membres dun même Sangha, nous pouvons accomplir cent fois plus. Cependant, le temps nest pas encore venu pour cela. Si nous essayons trop tôt de donner une forme à notre communauté, cela risque de ne pas être la chose exacte que nous voulons. Au début, le Sangha naura pas une forme concentrée: ceux qui ont accepté lidéal seront unis mais ils travailleront en différents endroits. Plus tard, ils pourront former une sorte de communauté spirituelle et constituer un Sangha compact. Ils donneront alors à toutes leurs œuvres une forme répondant à lexigence de lEsprit et au besoin de lépoque; non pas une forme ligotée et rigide, un achalâyatana [une prison3], mais une forme libre qui se répandra comme la mer, se modelant en vagues innombrables, ici englobant une chose, là inondant une autre, et finalement embrassant tout. Si nous procédons ainsi, une communauté spirituelle sétablira progressivement. Telle est mon idée actuelle. Jusquà présent, elle ne sest pas complètement développée. Tout est entre les mains de Dieu; quoi quil nous fasse faire, cest cela que nous ferons.
Relevons maintenant quelques points particuliers de ta lettre. Je ne veux pas métendre ici sur ce que tu as dit de ton yoga. Nous aurons une meilleure occasion de le faire quand nous nous rencontrerons. Considérer le corps comme une carcasse est la marque du Sannyâsa, de la voie du Nirvana. On ne peut pas vivre la vie du monde avec cette idée. On doit avoir la félicité en toutes choses – aussi bien dans le corps que dans lEsprit. Le corps possède une conscience, il est la forme de Dieu. Lorsquon voit Dieu dans tout ce qui est au monde, lorsquon a cette vision:
« Tout ceci est Brahman, sarvam idam brahma ; Vâsoudeva est tout ceci, vâsoudeva sarva-miti », alors on a la félicité universelle. Le flot de cette félicité se précipite et se répand même à travers le corps. Lorsquon est dans cet état et rempli de la conscience spirituelle, on peut mener la vie conjugale et vivre dans le monde. Dans toutes les œuvres, on trouve lexpression de la félicité de Dieu. Jusquà présent, jai travaillé à transformer tous les objets et toutes les perceptions du mental et des sens en félicité sur le plan mental. Maintenant, ils prennent la forme de la félicité supramentale. Dans cet état, se trouvent la vision et la perception parfaites de Satchidânanda.
À propos du Déva Sangha, tu dis: « Je ne suis pas un dieu, je ne suis quun morceau de fer bien martelé et passé à la trempe. » Personne nest un Dieu, mais en tout homme un Dieu réside, et Le manifester est le but de la vie divine. Cela, nous pouvons tous le faire. Je reconnais quil y a de grands et de petits âdhârs [récipients]. Je ne crois pas vraie cependant la description que tu fais de toi. Quelle que soit la nature du récipient, dès que le toucher de Dieu est là, dès que lesprit est éveillé, grand ou petit, cela ne fait pas beaucoup de différence. Il peut y avoir davantage de difficultés, il peut falloir plus de temps, ou il peut y avoir une différence dans la manifestation – mais ce nest même pas sûr. Le Dieu intérieur ne tient aucun compte de ces obstacles et de ces insuffisances. Il se fraye un passage malgré tout. Navais-je moi-même que peu dimperfections ? Dans mon mental, mon cœur, ma vie et mon corps, y avait-il moins dobstacles ? Cela na-t-il pas pris du temps ? Dieu ma-t-il moins martelé ? Jour après jour, minute après minute, jai été façonné en je ne sais quoi, dieu ou autre chose. Mais je suis devenu ou suis en train de devenir quelque chose. Cest suffisant, puisque cest cela que Dieu a voulu bâtir. Cest la même chose pour tout le monde. Ce nest pas notre force mais la Shakti [lÉnergie] de Dieu qui est le sâdhaka [louvrier] de ce yoga.
Je vais te dire rapidement une ou deux choses que jai vues depuis longtemps. À mon avis, la principale cause de la faiblesse de lInde nest pas la sujétion ni la pauvreté ni le manque de spiritualité ou de dharma [morale], mais le déclin de la puissance de pensée, la croissance de lignorance dans la patrie de la Connaissance. Partout, je vois lincapacité ou la paresse de penser – limpuissance de la pensée ou la phobie de la pensée. Quels que soient les mérites du Moyen âge, cet état de choses est à présent le signe dune terrible dégénérescence. Le Moyen âge était la nuit, lépoque de la victoire de lignorance. Le monde moderne est lépoque de la victoire de la connaissance. Celui qui pense le plus, qui cherche le plus, qui travaille le plus, celui-là peut sonder et apprendre la vérité du monde et acquérir dautant plus de Shakti [force]. Si tu regardes lEurope, tu verras deux choses: un vaste océan de pensée et le jeu dune force énorme, rapide, et pourtant disciplinée. Toute la Shakti de lEurope tient à cela. Et par la force de cette Shakti, elle a dévoré le monde, comme nos tapaswins [ascètes] de jadis dont le pouvoir terrifiait même les dieux et les tenait dans linquiétude et la soumission. On dit que lEurope court à sa perte. Je ne le pense pas. Toutes ces révolutions et ces bouleversements sont les conditions préliminaires dune création nouvelle.
Maintenant, regarde lInde. À part quelques géants solitaires, on trouve partout notre « homme simple », cest-à-dire lhomme moyen qui ne veut pas et ne peut pas penser, qui na pas la moindre Shakti sauf une excitation temporaire. Dans lInde, on veut la pensée simple, le mot facile. En Europe, on veut la pensée profonde, le mot profond. Là-bas, même louvrier ordinaire ou lartisan pense, veut savoir, ne se satisfait pas de choses superficielles, il veut aller derrière les choses. Pourtant, il y a une différence: la force et la pensée de lEurope recèlent une limitation fatale. Quand elle pénètre dans le domaine spirituel, son pouvoir de pensée ne peut plus se mouvoir. Là, lEurope ne voit que des énigmes, des métaphysiques nébuleuses, des hallucinations yoguiques. Ils se frottent les yeux comme dans un nuage de fumée et narrivent pas à voir clair. Cependant, en Europe, on commence à faire quelque effort pour surmonter même cette limitation. Nous, nous avons déjà le sens spirituel – nous le devons à nos ancêtres – et quiconque possède ce sens tient à sa disposition une telle Connaissance et une telle Shakti que dun souffle il pourrait balayer toute cette force prodigieuse de lEurope comme un fétu de paille. Mais pour obtenir cette Shakti, il faut être un adorateur de la Shakti. Nous ne sommes pas des adorateurs de la Shakti: nous sommes des adorateurs de la voie facile. Mais la Shakti ne peut sobtenir par la voie facile. Nos ancêtres ont plongé dans un océan de vastes pensées, ils ont acquis une immense Connaissance et édifié une puissante civilisation. Chemin faisant, la fatigue et la lassitude se sont abattues sur eux. La force de pensée a diminué; avec elle, le puissant courant de la Shakti. Notre civilisation est devenue un achalâyatan [une prison], notre religion une bigoterie de pratiques extérieures, notre spiritualité une lueur confuse ou une vague passagère divresse religieuse. Tant que cela dure, toute résurrection permanente de lInde est improbable.
Au Bengale, cette faiblesse atteint son paroxysme. Le Bengali a une intelligence vive, de la sensibilité et de lintuition. Ces qualités se sont davantage développées chez lui que dans le reste de lInde. Toutes sont nécessaires, mais elles ne sont pas suffisantes. Si, à cela, on ajoutait la profondeur de pensée, la force tranquille, le courage héroïque, la capacité et la joie dun travail régulier, le Bengali pourrait être un chef, non seulement de lInde mais de lhumanité. Mais il ne le désire pas, il veut tout obtenir facilement: la connaissance sans leffort de penser, les fruits sans le labeur, la siddhi [réalisation] après une sâdhanâ [pratique] facile. Sa ressource, cest lexcitation du mental émotif. Mais lexcès démotion sans la connaissance est le symptôme même de la maladie. Cela aboutit finalement à la fatigue et à linertie. Le pays a constamment et progressivement décliné. Le pouvoir de vie a décru. À quoi le Bengali est-il arrivé dans son propre pays ? Il ne gagne pas assez pour se nourrir et shabiller, ce ne sont que lamentations de tous côtés; sa richesse, ses affaires, son commerce, ses terres, son agriculture même passent aux mains des autres. Nous avons abandonné la sâdhanâ de la Shakti, et la Shakti nous a abandonnés. Nous faisons la sâdhanâ de lAmour, mais quand il ny a ni Connaissance ni Shakti, lamour ne peut pas demeurer, létroitesse et la mesquinerie prennent la place, et dans un mental étroit et mesquin il ny a pas de place pour lamour. Où est lamour au Bengale ? Il y a plus de querelles, de jalousies, dantipathies mutuelles, dincompréhensions et de factions que partout ailleurs, même en cette Inde si affligée par la division.
À lépoque héroïque et noble du peuple aryen (4), il ny avait pas tant de bruit, de cris et de gesticulations, mais leurs entreprises restaient inébranlables pendant des siècles. Les entreprises des Bengalis ne durent quun jour ou deux.
Tu dis quil faut un fol enthousiasme et remplir le pays dexcitation émotive. Au temps du Swadeshi [lutte pour lindépendance, boycott des produits anglais], nous avons eu tout cela dans le domaine politique, mais ce que nous avons fait est maintenant tombé en poussière. Y aura-t-il un meilleur résultat dans le domaine spirituel ? Je ne dis pas quil ny ait pas eu de résultat. Il y en a eu. Tout mouvement produit un résultat, mais cest surtout de lordre dun accroissement des potentialités. Mais ce nest pas la bonne méthode pour réaliser la chose stablement. Par conséquent je ne veux plus prendre pour base lexcitation émotive ni quelque ivresse du mental. Je veux fonder le yoga sur une vaste et puissante équanimité. Sur cette égalité, je veux que sétablisse une Shakti complète, ferme, inébranlable, dans lorganisme et dans tous ses mouvements. Je veux une large manifestation de la lumière de la Connaissance au sein dun océan de Shakti. Et je veux, dans cette lumineuse immensité, la tranquille extase de lamour, de la félicité et de lunité infinis. Je ne veux pas avoir des centaines de milliers de disciples. Si je puis trouver une centaine dhommes complets, purifiés du petit égoïsme, et qui seront les instruments de Dieu, ce sera suffisant. Je nai aucune foi en le vieux métier de gourou. Je ne veux pas être un gourou. Si quelquun éveille et manifeste de lintérieur sa divinité endormie et sil arrive à la vie divine, que ce soit par mon contact ou celui de quiconque, cest tout ce que je veux. Ce sont ces hommes-là qui relèveront le pays.
Ne timagine pas, daprès ce discours, que je désespère de lavenir du Bengale. Moi aussi, comme ils le disent, jai lespoir quune grande lumière se manifestera cette fois au Bengale. Mais jai essayé de montrer le revers de la médaille, où est la faille, lerreur, la déficience. Si cela persiste, la lumière ne sera pas une grande lumière et elle ne sera pas permanente.
La raison de cette lettre extraordinairement longue est que, moi aussi, je boucle mon sac. Mais je crois que ce sac-là sera comme le filet de Saint-Pierre, plein à craquer des seules captures de lInfini. Je ne vais pas ouvrir mon sac maintenant. Si je le faisais avant le temps, tout séchapperait. Je nai pas non plus lintention daller au Bengale pour le moment, non pas parce que le Bengale nest pas prêt mais parce que moi, je ne suis pas prêt. Un homme insuffisamment mûr parmi des hommes insuffisamment mûrs, quel travail peut-il faire ?

Ton Sejdâ

Sri Aurobindo

1.Vishnu Bhaskar Lélé, un gourou tantrique rencontré par Sri Aurobindo en 1908 et qui lui donna la réalisation du silence mental et du Nirvana.
2. Râma, lavatar divin qui a tué le démon Râvana avec laide des singes, dont Hanoumân.
3. Achalâyatana: lieu où tout est réglementé dans les moindres détails.
4. Aux temps védiques.
5. Sejdâ: frère aîné.

 

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J aimerais votre avis par rapport à Shri Ramana Maharshi ?son travail sa réalisation n est t elle pas une de celles dont Shri Aurobindo parle... réaliser le Soi sans forme ect..j espère m être fais comprendre je ne sais pas trop comment dire, comparer, Satprem allais quelques fois voir Ramana si j ai bien compris et s il voulait comparer le travail de Shri Aurobindo et le sien il lui disait de retourner voir Shri Aurobindo... merci

De l’air dans ce vieux pays malmené !

Quelques passages que je relève : « Les anciennes voies de yoga n'ont pas réussi à harmoniser ni a unifier l'Esprit et la vie: au contraire, elles ont renié le monde, le considérant comme Mâyâ [illusion] ou comme un Jeu transitoire. Le résultat a été la perte de la puissance de vie et la dégénérescence de l'Inde. Selon la parole de la Guîtâ, « Ces peuples périront si je ne fais pas les œuvres. » Les peuples de l'Inde sont réellement tombés en ruine. Quelques sannyâsins et bairâguis [renonçants] devenus des saints parfaits et libérés, quelques bhaktas [amants de Dieu] qui dansent dans la folle extase de l'amour et dans l'émotion douce de l'Ananda [félicité], et puis une race tout entière devenue amorphe, vide d'intelligence, enfoncée dans un profond tamas [inertie] – est-ce là l'effet d'une spiritualité véritable ? Non. » « Par conséquent je ne veux plus prendre pour base l'excitation émotive ni quelque ivresse du mental. Je veux fonder le yoga sur une vaste et puissante équanimité. Sur cette égalité, je veux que s'établisse une Shakti complète, ferme, inébranlable, dans l'organisme et dans tous ses mouvements. Je veux une large manifestation de la lumière de la Connaissance au sein d'un océan de Shakti. Et je veux, dans cette lumineuse immensité, la tranquille extase de l'amour, de la félicité et de l'unité infinis. Je ne veux pas avoir des centaines de milliers de disciples. Si je puis trouver une centaine d'hommes complets, purifiés du petit égoïsme, et qui seront les instruments de Dieu, ce sera suffisant. Je n'ai aucune foi en le vieux métier de gourou. Je ne veux pas être un gourou. Si quelqu'un éveille et manifeste de l'intérieur sa divinité endormie et s'il arrive à la vie divine, que ce soit par mon contact ou celui de quiconque, c'est tout ce que je veux. Ce sont ces hommes-là qui relèveront le pays. » « Maintenant, regarde l'Inde. À part quelques géants solitaires, on trouve partout notre « homme simple », c'est-à-dire l'homme moyen qui ne veut pas et ne peut pas penser, qui n'a pas la moindre Shakti sauf une excitation temporaire. Dans l'Inde, on veut la pensée simple, le mot facile. En Europe, on veut la pensée profonde, le mot profond. Là-bas, même l'ouvrier ordinaire ou l'artisan pense, veut savoir, ne se satisfait pas de choses superficielles, il veut aller derrière les choses. Pourtant, il y a une différence: la force et la pensée de l'Europe recèlent une limitation fatale. Quand elle pénètre dans le domaine spirituel, son pouvoir de pensée ne peut plus se mouvoir. Là, l'Europe ne voit que des énigmes, des métaphysiques nébuleuses, des hallucinations yoguiques. Ils se frottent les yeux comme dans un nuage de fumée et n'arrivent pas à voir clair. Cependant, en Europe, on commence à faire quelque effort pour surmonter même cette limitation. Nous, nous avons déjà le sens spirituel – nous le devons à nos ancêtres – et quiconque possède ce sens tient à sa disposition une telle Connaissance et une telle Shakti que d'un souffle il pourrait balayer toute cette force prodigieuse de l'Europe comme un fétu de paille. Mais pour obtenir cette Shakti, il faut être un adorateur de la Shakti. Nous ne sommes pas des adorateurs de la Shakti: nous sommes des adorateurs de la voie facile. Mais la Shakti ne peut s'obtenir par la voie facile. Nos ancêtres ont plongé dans un océan de vastes pensées, ils ont acquis une immense Connaissance et édifié une puissante civilisation. Chemin faisant, la fatigue et la lassitude se sont abattues sur eux. La force de pensée a diminué; avec elle, le puissant courant de la Shakti. Notre civilisation est devenue un achalâyatan [une prison], notre religion une bigoterie de pratiques extérieures, notre spiritualité une lueur confuse ou une vague passagère d'ivresse religieuse. Tant que cela dure, toute résurrection permanente de l'Inde est improbable. » « Nous ne voulons exclure de notre domaine aucune des activités du monde. Politique, industrie, société, poésie, littérature, art – tout restera –, mais à chacune nous devons donner une âme nouvelle et une forme nouvelle. » « Considérer le corps comme une carcasse est la marque du Sannyâsa, de la voie du Nirvana. On ne peut pas vivre la vie du monde avec cette idée. On doit avoir la félicité en toutes choses – aussi bien dans le corps que dans l'Esprit. Le corps possède une conscience, il est la forme de Dieu. Lorsqu'on voit Dieu dans tout ce qui est au monde, lorsqu'on a cette vision: « Tout ceci est Brahman, sarvam idam brahma ; Vâsoudeva est tout ceci, vâsoudeva sarva-miti », alors on a la félicité universelle. Le flot de cette félicité se précipite et se répand même à travers le corps. Lorsqu'on est dans cet état et rempli de la conscience spirituelle, on peut mener la vie conjugale et vivre dans le monde. Dans toutes les œuvres, on trouve l'expression de la félicité de Dieu. »

Quelquefois, vous avez fait de beaux projets et si cela avait réussi, vous seriez de plus en plus encroûté dans votre ignorance extérieure, dans votre petite ambition imbécile et votre activité sans but. Tandis que si vous recevez un bon choc et que le poste que vous convoitiez vous soit refusé, que le projet que vous aviez fait soit brisé, et que vous vous trouviez tout à fait contrarié, alors, quelquefois, cette contrariété vous ouvre une porte sur quelque chose de plus vrai et de plus profond. Et quand vous êtes un peu éveillé et que vous regardez en arrière, si vous êtes le moins du monde sincère, vous dites : "Ah ! ce n’était pas moi qui avais raison – c’était la Nature, ou la Grâce divine, ou mon être psychique qui l’ont fait." C’est l’être psychique qui a organisé cela.

La Mère, Entretiens 1953
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Quelquefois, vous avez fait de beaux projets et si cela avait réussi, vous seriez de plus en plus encroûté dans votre ignorance extérieure, dans votre petite ambition imbécile et votre activité sans but. Tandis que si vous recevez un bon choc et que le poste que vous convoitiez vous soit refusé, que le projet que vous aviez fait soit brisé, et que vous vous trouviez tout à fait contrarié, alors, quelquefois, cette contrariété vous ouvre une porte sur quelque chose de plus vrai et de plus profond. Et quand vous êtes un peu éveillé et que vous regardez en arrière, si vous êtes le moins du monde sincère, vous dites : Ah ! ce n’était pas moi qui avais raison – c’était la Nature, ou la Grâce divine, ou mon être psychique qui l’ont fait. C’est l’être psychique qui a organisé cela.

La Mère, Entretiens 1953

 

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Alyson Drevet

C'est tellement vrai...merci Mère.

Le 7 mai 1912

[Question] Quelle est l’œuvre la plus utile à faire actuellement ?

[Mère] Le but général à atteindre est l’avènement de l’harmonie universelle progressive. En ce qui concerne la terre, le moyen d’atteindre ce but est dans la réalisation de l’unité humaine par l’éveil en tous et la manifestation par tous de la Divinité intérieure qui est une.En d’autres mots : créer l’unité en établissant le royaume de Dieu qui est en tous.

Par suite, l’œuvre la plus utile à faire est :

1) Pour chacun individuellement la prise de conscience en soi de la divine Présence et son identification avec elle.

2) L’individualisation d’états d’être qui ne furent encore jamais conscients dans l’homme et, par suite, la mise en rapport de la terre avec une ou plusieurs sources de force universelle qui sont encore scellées pour elle.

3) Redire au monde, sous une forme nouvelle adaptée à l’état actuel de sa mentalité, la parole éternelle.Ce sera la synthèse de toutes les connaissances humaines.

4) Collectivement, fonder la société idéale dans le lieu pro-pice à l’éclosion de la nouvelle race, celle des « Fils de Dieu ».

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La transformation et l’harmonisation terrestres peuvent s’accomplir à l’aide de deux procédés, opposés en apparence, qui doivent se combiner, c’est-à-dire réagir l’un sur l’autre et se compléter l’un par l’autre :

1) La transformation individuelle, le développement intérieur menant à l’union avec la divine Présence.

2) La transformation sociale, l’établissement d’un milieu d’ordre favorable à l’éclosion et au développement des individus.Comme le milieu réagit sur l’individu et que, d’autre part, de la valeur de l’individu dépend la valeur du milieu, les deux œuvres doivent être menées de front. Mais cela ne peut se faire que grâce à la division du travail, ce qui nécessite la formation d’un groupement, hiérarchisé si possible.L’action des membres du groupement serait triple :

- 1) Réalisation en soi de l’idéal à atteindre : devenir de parfaits représentants terrestres de la première manifestation de l’Impensable dans ses trois modes, ses sept attributs et ses douze qualités.

- 2) Prédication de cet idéal par la parole et surtout par l’exemple, afin de trouver ceux qui sont à même de le réaliser à leur tour et de devenir aussi des annonciateurs de la délivrance.

- 3) Fondation d’une société type ou réorganisation de celles déjà existantes.

***************

Pour chaque individu aussi, le travail est double et doit être fait simultanément, l’un favorisant et complétant l’autre :

1) Le développement intérieur, l’union progressive avec la lumière divine, seul état qui permette à l’homme d’être toujours en harmonie avec le grand courant de vie universelle.

2) L’action extérieure que chacun doit choisir selon ses capacités et ses préférences personnelles. Il doit trouver sa propre place, celle qu’il est seul à pouvoir remplir, dans le concert général, et s’y donner tout entier, sans ignorer pourtant qu’il ne joue qu’une note dans la symphonie terrestre, mais que sa note est indispensable à l’harmonie du tout, et que toute sa valeur réside dans sa justesse.

La Mère, Paroles d'Autrefois, Le 7 mai 1912
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Le 7 mai 1912

[Question] Quelle est l’œuvre la plus utile à faire actuellement ?

[Mère] Le but général à atteindre est l’avènement de l’harmonie universelle progressive. En ce qui concerne la terre, le moyen d’atteindre ce but est dans la réalisation de l’unité humaine par l’éveil en tous et la manifestation par tous de la Divinité intérieure qui est une.En d’autres mots : créer l’unité en établissant le royaume de Dieu qui est en tous.

Par suite, l’œuvre la plus utile à faire est :

1) Pour chacun individuellement la prise de conscience en soi de la divine Présence et son identification avec elle.

2) L’individualisation d’états d’être qui ne furent encore jamais conscients dans l’homme et, par suite, la mise en rapport de la terre avec une ou plusieurs sources de force universelle qui sont encore scellées pour elle.

3) Redire au monde, sous une forme nouvelle adaptée à l’état actuel de sa mentalité, la parole éternelle.Ce sera la synthèse de toutes les connaissances humaines.

4) Collectivement, fonder la société idéale dans le lieu pro-pice à l’éclosion de la nouvelle race, celle des « Fils de Dieu ».

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La transformation et l’harmonisation terrestres peuvent s’accomplir à l’aide de deux procédés, opposés en apparence, qui doivent se combiner, c’est-à-dire réagir l’un sur l’autre et se compléter l’un par l’autre :

1) La transformation individuelle, le développement intérieur menant à l’union avec la divine Présence.

2) La transformation sociale, l’établissement d’un milieu d’ordre favorable à l’éclosion et au développement des individus.Comme le milieu réagit sur l’individu et que, d’autre part, de la valeur de l’individu dépend la valeur du milieu, les deux œuvres doivent être menées de front. Mais cela ne peut se faire que grâce à la division du travail, ce qui nécessite la formation d’un groupement, hiérarchisé si possible.L’action des membres du groupement serait triple :

      - 1) Réalisation en soi de l’idéal à atteindre : devenir de parfaits représentants terrestres de la première manifestation de l’Impensable dans ses trois modes, ses sept attributs et ses douze qualités.

      - 2) Prédication de cet idéal par la parole et surtout par l’exemple, afin de trouver ceux qui sont à même de le réaliser à leur tour et de devenir aussi des annonciateurs de la délivrance.

      - 3) Fondation d’une société type ou réorganisation de celles déjà existantes.

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Pour chaque individu aussi, le travail est double et doit être fait simultanément, l’un favorisant et complétant l’autre :

1) Le développement intérieur, l’union progressive avec la lumière divine, seul état qui permette à l’homme d’être toujours en harmonie avec le grand courant de vie universelle.

2) L’action extérieure que chacun doit choisir selon ses capacités et ses préférences personnelles. Il doit trouver sa propre place, celle qu’il est seul à pouvoir remplir, dans le concert général, et s’y donner tout entier, sans ignorer pourtant qu’il ne joue qu’une note dans la symphonie terrestre, mais que sa note est indispensable à l’harmonie du tout, et que toute sa valeur réside dans sa justesse.

La Mère, Paroles dAutrefois, Le 7 mai 1912

 

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Oh Mère , bienvenue dans tous les coeurs aimants.

Ho Mère soit la bienvenue dans tous les coeurs aimants.

"On ne peut rien faire dans les circonstances actuelles et avec la politique telle qu’elle est pratiquée actuellement. (…) Le monde est organisé de telle façon qu’on ne peut pas être autrement. si on était un homme qui n’acceptait aucune espèce de compromis, on ne pourrait pas rester dans la politique ; on serait tout simple-ment poussé dehors par la force même des choses. il y aura un moment où tout cela changera, mais pas encore. La politique, c’est peut-être la dernière chose qui changera. il y en a beau-coup d’autres qui doivent changer avant. C’est certainement une des choses les plus récalcitrantes.il y a deux choses qui sont très difficiles à changer : c’est la finance et la politique ; le domaine de l’argent et le domaine du gouvernement sont les deux points où l’homme est le plus faible et le plus attaché au mensonge. Alors, probablement, la transformation viendra là en dernier. On peut espérer une transformation sociale, une transformation économique, une transformation de l’éducation ; on peut espérer tout ça long-temps avant la transformation politique et la transformation financière. J’ai écrit ça justement pour montrer aux gens quel est l’état véritable du monde, et pour donner une indication de la porte de sortie. Mais quand nous en serons à la porte de sortie, vous verrez que ce n’est pas si facile. Peut-être que la première chose qui se transformera, ce sera le monde scientifique, c’est possible ; parce que là on exige une sincérité très grande et un effort très persévérant, et que ce sont déjà des qualités qui vous ouvrent la porte vers une vie supérieure..."

La Mère, Entretiens, 14 septembre 1955
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On ne peut rien faire dans les circonstances actuelles et avec la politique telle qu’elle est pratiquée actuellement. (…) Le monde est organisé de telle façon qu’on ne peut pas être autrement. si on était un homme qui n’acceptait aucune espèce de compromis, on ne pourrait pas rester dans la politique ; on serait tout simple-ment poussé dehors par la force même des choses. il y aura un moment où tout cela changera, mais pas encore. La politique, c’est peut-être la dernière chose qui changera. il y en a beau-coup d’autres qui doivent changer avant. C’est certainement une des choses les plus récalcitrantes.il y a deux choses qui sont très difficiles à changer : c’est la finance et la politique ; le domaine de l’argent et le domaine du gouvernement sont les deux points où l’homme est le plus faible et le plus attaché au mensonge. Alors, probablement, la transformation viendra là en dernier. On peut espérer une transformation sociale, une transformation économique, une transformation de l’éducation ; on peut espérer tout ça long-temps avant la transformation politique et la transformation financière. J’ai écrit ça justement pour montrer aux gens quel est l’état véritable du monde, et pour donner une indication de la porte de sortie. Mais quand nous en serons à la porte de sortie, vous verrez que ce n’est pas si facile. Peut-être que la première chose qui se transformera, ce sera le monde scientifique, c’est possible ; parce que là on exige une sincérité très grande et un effort très persévérant, et que ce sont déjà des qualités qui vous ouvrent la porte vers une vie supérieure... 

La Mère, Entretiens, 14 septembre 1955

 

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Le monde de la Finance et celui du Gouvernement: les plus difficiles a changer; liés au mensonge - et a l’avidité- CONFIRMED...!

"Les traditions du passé sont très grandes à leur place, dans le passé, mais je ne vois pas pourquoi nous devrions simplement les répéter sans aller plus loin. Dans le développement spirituel de la conscience sur terre le grand passé devrait être suivi par un plus grand futur." Sri Aurobindo ... Voir plusVoir moins

Les traditions du passé sont très grandes à leur place, dans le passé, mais je ne vois pas pourquoi nous devrions simplement les répéter sans aller plus loin. Dans le développement spirituel de la conscience sur terre le grand passé devrait être suivi par un plus grand futur. Sri Aurobindo

 

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À lire; L, AVENTURE DE LA CONSCIENCE.

A

"Dans cet endroit, les enfants pourraient croître et se développer intégralement sans perdre le contact avec leur âme; l'instruction serait donnée, non en vue de passer des examens ou d'obtenir des certificats et des postes, mais pour enrichir les facultés existantes et en faire naître de nouvelles. Dans ce lieu, les titres et les situations seraient remplacés par des occasions de servir et d'organiser ; il y serait pourvu aux besoins du corps également pour tous, et la supériorité intellectuelle, morale et spirituelle se traduirait dans l'organisation générale, non par une augmentation des plaisirs et des pouvoirs de la vie, mais par un accroissement des devoirs et des responsabilités. La beauté sous toutes ses formes artistiques: peinture, sculpture, musique, littérature, serait accessible à tous également, la faculté de participer aux joies qu'elle donne étant limitée uniquement par la capacité de chacun et non par la position sociale ou financière.
Car dans ce lieu idéal, l'argent ne serait plus le souverain seigneur ; la valeur individuelle aurait une importance très supérieure à celle des richesses matérielles et de la position sociale. Le travail n'y serait pas le moyen de gagner sa vie, mais le moyen de s'exprimer et de développer ses capacités et ses possibilités, tout en rendant service à l'ensemble du groupe qui, de son côté, pourvoirait aux besoins de l'existence et au cadre d'action de chacun.
En résumé, ce serait un endroit où les relations entre êtres humains, qui sont d'ordinaire presque exclusivement basées sur la concurrence et la lutte, seraient remplacées par des relations d'émulation pour bien faire, de collaboration et de réelle fraternité."

La Mère, Un rêve
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Dans cet endroit, les enfants pourraient croître et se développer intégralement sans perdre le contact avec leur âme; linstruction serait donnée, non en vue de passer des examens ou dobtenir des certificats et des postes, mais pour enrichir les facultés existantes et en faire naître de nouvelles. Dans ce lieu, les titres et les situations seraient remplacés par des occasions de servir et dorganiser ; il y serait pourvu aux besoins du corps également pour tous, et la supériorité intellectuelle, morale et spirituelle se traduirait dans lorganisation générale, non par une augmentation des plaisirs et des pouvoirs de la vie, mais par un accroissement des devoirs et des responsabilités. La beauté sous toutes ses formes artistiques: peinture, sculpture, musique, littérature, serait accessible à tous également, la faculté de participer aux joies quelle donne étant limitée uniquement par la capacité de chacun et non par la position sociale ou financière.
 Car dans ce lieu idéal, largent ne serait plus le souverain seigneur ; la valeur individuelle aurait une importance très supérieure à celle des richesses matérielles et de la position sociale. Le travail ny serait pas le moyen de gagner sa vie, mais le moyen de sexprimer et de développer ses capacités et ses possibilités, tout en rendant service à lensemble du groupe qui, de son côté, pourvoirait aux besoins de lexistence et au cadre daction de chacun.
 En résumé, ce serait un endroit où les relations entre êtres humains, qui sont dordinaire presque exclusivement basées sur la concurrence et la lutte, seraient remplacées par des relations démulation pour bien faire, de collaboration et de réelle fraternité.

La Mère, Un rêve

 

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Un endroit comme celui-là se répandra à la surface de la terre, et l humanité redeviendra SAINE.

Fny ça serait bien....

La spiritualité de Sri Aurobindo et Mère22 mai 1968

(Satprem) Douce Mère, et ce qui se passe en France en ce moment, qu'est-ce que cela veut dire?

(Mère) C'est clairement l'avenir qui s'éveille et qui veut chasser le passé.

Tu as lu les lettres des enfants de S? Ils sont là-bas. Par exemple, tous les étudiants et toute la classe ouvrière se sont unis. Il y a naturellement, mentalement, tout le mélange de toutes sortes d'idées, mais la Force derrière... Par exemple, les étudiants veulent changer complètement le mode d'instruction: ils réclament violemment la suppression de tous les examens. Et ils ne le savent pas eux-mêmes, mais ils sont poussés par une force qui veut la manifestation d'une vérité plus vraie.

Eux-mêmes ne voudraient pas de violence – il paraît que ce ne sont pas eux qui ont commencé la violence, mais la police. Et ça, c'est très intéressant, parce que la police représente la défense du passé. Et quand j'ai lu les lettres de ces enfants, puis que l'on m'a donné les nouvelles, alors est venu en moi (cela a été dit très-très clairement, une vision très claire): l'avenir. C'est la Puissance supérieure qui contraint les gens à faire ce qu'ils doivent faire. Entre maintenant et ça (qui est très en avant), ce doit être la puissance d'un nombre immobile. Et alors la vision était claire: si des millions – pas des milliers: des millions – de gens s'assemblent, occupent, absolument pacifiques (simplement s'assemblent et occupent, avec des représentants naturellement qui diront ce qu'ils veulent), alors ça aura le pouvoir. Mais il ne faut pas de violence; dès que l'on se laisse aller à la violence, c'est le retour au passé, c'est l'ouverture à tous les conflits... À ce moment-là, je ne savais pas que c'était la police qui avait commencé la violence; je ne savais pas, je ne connaissais pas les détails de l'histoire. Mais c'était une vision très claire: une occupation par la masse, mais une masse toute-puissante dans son immobilité, qui impose sa volonté par le nombre, avec des représentants intellectuels pour les négociations.

Je ne sais pas... De Gaulle est ouvert à quelque chose de plus que la force purement matérielle. Est-il de taille? Je ne sais pas. Mais en tout cas, il est parmi les meilleurs instruments.
C'est clairement (pas dans le détail, mais dans la direction du mouvement), c'est clairement la volonté d'en avoir fini du passé, de laisser la porte à l'avenir.

C'est comme une sorte d'écœurement de la stagnation. Voilà. Soif de quelque chose qui est en avant, qui paraît plus lumineux et meilleur. Et en effet, il Y A quelque chose – ce n'est pas seulement une imagination: il Y A quelque chose. C'est cela, la beauté, c'est qu'IL Y A quelque chose. Il Y A une Réponse. Il Y A une Force qui veut... qui veut s'exprimer.
La France est dans une situation privilégiée: l'Inde d'abord, la France après, pour des raisons... simplement de réceptivité. La France a toujours essayé d'être en avant – c'est d'ailleurs pour cela que ce corps est né là.
(silence)
Les journaux parlent d'une grève de plusieurs millions là-bas (ces enfants ont écrit). Ça n'a pas du tout le caractère d'une grève, ça a le caractère d'une révolution.

Je connais cela. Je ne sais pas si je te l'ai jamais dit, mais il y a eu – il y a toujours eu – identification de la conscience de ce corps avec tous les mouvements de révolution. Je les ai toujours connus et guidés avant même que les nouvelles ne viennent: en Russie, en Italie, en Espagne et ailleurs – toujours, partout –, et c'était essentiellement, toujours, cette même Force qui veut hâter la venue de l'avenir – toujours –, mais qui est obligée d'adapter ses moyens d'action suivant l'état dans lequel se trouve la masse.

Et maintenant, justement, il semblerait que l'état de la terre soit tel que tout au moins se prépare (si ce n'est pas encore comme cela), se prépare la manifestation de la masse dans une espèce de volonté silencieuse et immobile... Et ça, c'est une période intermédiaire pour arriver à l'état où cette masse sera tenue sous contrôle et mise en mouvement directement par la Puissance d'en haut.

C'est vers cela que l'on marche.

1. Une sorte de grève générale de quelque huit millions d'individus, qui a commencé par une révolte des étudiants et l'occupation de la Sorbonne.

Agenda de Mère, 22 mai 1968
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Ce que Mère prédit, la nouvelle vie, elle existe, je lai expérimentée, l ai vécu afin de témoigner de sa véracité .

C'est très dangereux de faire cette comparaison !

Mais les masses non violentes?

C'est ce qui se passe avec les gilets jaunes?

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