Auroville m'appelle a partagé la photo de Laboratoire de l'Évolution Nouvelle/Laboratory of the New Evolution. ... Voir plusVoir moins

Le Seigneur se sert de toutes choses, et Il n'a pas peur. Il se sert de toutes choses. C'est intéressant, très intéressant. Comme Il s'est servi des dieux, comme Il se sert de tout, comme Il s'es...

3 semaines auparavant

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Jean-Guy Besnard, Pascale Pascalou Pierson et 4 autres aiment ça

Henri-Noël Fischer...comme il nous prête nos corps avec un soupçon d'âme et d'esprit pour que nous nous regardions vivre mais sans être capable d'agir ou d'Être dans le véritable sens... Déjà le simple fait de vivre est une magie incommensurable !2 semaines auparavant

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Auroville m'appelle a partagé la photo de Laboratoire de l'Évolution Nouvelle/Laboratory of the New Evolution. ... Voir plusVoir moins

"Mais puisque le corps terrestre est unique, le remède est unique, comme la Vérité, et un seul point transmué, transmuera tous les autres. Or, ce point-là, il ne se trouve dans aucune de nos lois...

3 semaines auparavant

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Max, de l'association Fleur de vie, a séjourné à Auroville cet été et a eu l'occasion d'interviewer Krishna, le musicien-permaculteur de Solitude Farm. ... Voir plusVoir moins

Veuillez nous excuser: Suite à un problème lors de notre voyage, le matériel de tournage a été détérioré. Ce qui explique la mauvaise qualité du son et de l'...

3 semaines auparavant

J’avais passé ces années à matérialiser le Message de Mère et à tenter d’en donner le Sens, puis, à me battre pour garder intact et libre son Agenda. Mais l’essentiel restait à faire : renouer le fil de la vraie histoire, l’Aventure de l’espèce dans les cellules du corps, et comment peut-on changer tout ce système « humain » ? le prochain pas de l’Évolution avant que notre Terre ne soit détruite une fois de plus par ses habitants actuels.

Satprem
12 Octobre 2000
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3 semaines auparavant

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Auroville m'appelle a partagé un lien. ... Voir plusVoir moins

Sept jours en Inde

4 semaines auparavant

Photos de la publication de Auroville m'appelle (12 photos) ... Voir plusVoir moins

2 mois auparavant

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En essence, toute évolution est une ascension de la force de conscience dans l'être manifesté, de sorte que celui-ci puisse être soulevé jusqu'en la plus haute intensité de ce qui n'est pas encore manifesté, de la matière en la vie, de la vie en le mental, du mental en l'esprit. Tel doit être le mode de notre croissance d'une manifestation mentale à une manifestation spirituelle et supra-mentale, d'une humanité encore à demi animale à un être divin et une vie divine. Il faut parvenir à de nouvelles hauteurs, ampleur, profondeur, subtilité et intensité spirituelles de notre conscience, de sa substance, sa force et sa sensibilité, à une élévation, une expansion, une plasticité, une capacité intégrale de notre être, et à une absorption du mental et de tout ce qui est au-dessous de lui dans cette existence plus vaste. (...) Le passage en une conscience ou un état d'âme plus haut n'est pas seulement le but et le processus entiers de la religion, de toute ascèse supérieure, du Yoga; il est aussi la tendance même de notre vie, le but secret que l'on découvre dans la somme de ses efforts.
Sri Aurobindo, La Vie Divine, III, 47
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3 mois auparavant

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La liberté, l'égalité et la fraternité sont trois divinités de l'âme ; elles ne peuvent pas vraiment se réaliser par les mécanismes extérieurs de la société, ni par l'homme tant qu'il vit seulement dans l'égo individuel et dans celui de la communauté .
Quand l'égo réclame la liberté, il arrive à un individualisme compétitif. Quand il revendique l'égalité, il arrive d'abord au conflit, puis il tente de fermer les yeux sur les variations de la Nature et ne connait d'autre moyen que de bâtir une société artificielle et mécanique .
Une société qui cherche la liberté comme idéal, est incapable d'arriver à l'égalité ; une société qui cherche l'égalité sera obligée de sacrifier la liberté . Et parler de fraternité à l'égo, c'est parler d'une chose contraire à sa nature. Tout ce qu'il connait, c'est une association à la poursuite de fins égoïstes communes ; tout ce qu'il est capable de réaliser, c'est une organisation plus rigoureuse afin de répartir également le travail, la production, la consommation et les plaisirs .
Et pourtant, la fraternité est la clef du triple évangile de l'idée d'humanité. L'union de la liberté et de l'égalité ne peut s'accomplir que par le pouvoir de la fraternité humaine ; elle ne peut se fonder sur rien d'autre. Mais la fraternité n'existe que dans l'âme et par l'âme ; elle ne peut exister par rien d'autre . Car cette fraternité n'est pas affaire de parenté physique ni d'association vitale ni d'accord intellectuel .
Quand l'âme réclame la liberté, c'est la liberté de se développer, de développer le divin dans l'homme et dans tout son être. Quand elle réclame l'égalité, ce qu'elle veut, c'est cette même liberté également pour tous, et la reconnaissance d'une même âme , une même divinité dans tous les êtres humains. Quand elle cherche la fraternité, elle fonde cette égale liberté de développement sur un but commun, une vie commune, une unité de pensée et de sentiment, elle-même fondée sur la reconnaissance de l'unité spirituelle intérieure .
En fait, cette trinité constitue la nature même de l'âme ; car la liberté, l'égalité et l'unité sont les attributs éternels de l'Esprit . Reconnaître pratiquement cette vérité, éveiller l'âme dans l'homme et tenter de le faire vivre dans son âme et non dans son égo, tel est le sens intérieur de la religion, et c'est à cela que la religion de l'humanité doit parvenir également si elle veut se réaliser dans la vie de l'espèce.

Sri Aurobindo, L'idéal de l'Unité humaine, Éditions Buchet Chastel, Paris, 1996, pp. 440-441
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3 mois auparavant

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La Vanguardia
Auroville m'appelle a partagé la Descubre la ciudad del futuro de La Vanguardia.
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Aunque parezca un cuento, este 'mundo paralelo' existe en la India.

3 mois auparavant

Une grande conscience lumineuse plane au-dessus de la terre et produit une sorte de remous dans son atmosphère. Tous ceux qui sont ouverts reçoivent une vague de ce remous, un rayon de cette lumière et, selon leurs capacités, ils essayent de lui donner une forme. La Mère, Education, Aux Elèves Petits ou Grands ... Voir plusVoir moins

4 mois auparavant

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Claudine Zambernardi, Trini Âditya et 6 autres aiment ça

Catherine GaillotMagiques et beaux les écrits de Mère 💛4 mois auparavant

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De quelle sorte d'énergie Mère pouvait-elle bien parler? ... Voir plusVoir moins

Il y a, dans l’univers, une source inépuisable d’énergies qui ne demandent qu’à se récupérer; si vous savez faire les choses comme il faut, elles se récupèrent. Au lieu de drainer la vie ...

4 mois auparavant

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Trini Âditya, Catherine Saurel et 14 autres aiment ça

Gilbert MichelDouce Mère parle de la source inépuisable d'énergies. Lorsque nous vivrons pleinement, intégralement, reconnectés à cette source, alors nous serons capables, de façon impersonnelle, d'être des purs véhicules de cette source et cela servira directement la vie de la terre ... Pour l'instant ce n'est pas le cas, car nous plaçons un moi personnel entre ce que la source manifeste d'énergies et la vie sur terre et cela donne lieu à une déviation autant qu'a une corruption de la pureté des énergies manifestes de la source... C'est ce que Douce Mère indique aussi lorsqu'elle dit que ce qui fait la différence entre le Titan et le Dieu c'est que le Titan se saisit de la Shakti pour l'utiliser alors que le Dieu laisse la Shakti œuvrer ... L'être-corps supramental vivant, une fois matérialisé sur terre, sera le lien, conscient, entre la source inépuisable de ces énergies et la terre ...4 mois auparavant
Catherine Capuano Kumar BhorodiaElle parle du Quantique ☺️ Ces merveilleuses énergies qui sont à notre disposition pour créer .. Mais comme elle le dit , faut il encore bien s'en servir4 mois auparavant

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Dans cinquante ans, le monde, toute la partie réceptive (je ne dis pas intellectuelle, je dis réceptive), toute la partie réceptive du monde sera comme englobée – pas «englobée»: ABSORBÉE par la puissance de la pensée de Sri Aurobindo.

Ceux qui le sont maintenant, ils ont l’avantage d’être les premiers. Voilà tout.

(silence)

Tu sais, c’est très intéressant: la majorité des hommes vivent en arrière; il y en a un bon nombre (et ce sont les plus intéressants) qui vivent dans le moment présent; et il y en a (peut-être un nombre infinitésimal) qui vivent en avant. Voilà.

Moi, j’ai l’impression – j’ai toujours l’impression quand je regarde les gens et les choses, de faire marche arrière! (Mère fait te geste de se retourner). Et je sais (ce n’est pas même «je sais» ni «je sens», ce n’est pas cela), je SUIS – je suis en avant. Dans ma conscience, je suis en l’an 2000. Alors je sais comment ce sera et... (Mère rit) c’est très intéressant!

(long silence)

Les trois quarts de l’humanité sont périmés.

Oui! (rire général)

Agenda de Mère, 16 février 1972
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4 mois auparavant

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Claudine Zambernardi, Vâniananda Frietas et 11 autres aiment ça

Catherine GaillotUn texte plein d'espoir de Mère 🌻🐞🌻4 mois auparavant   ·  1

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Une chose paraît évidente, c’est que l’humanité est arrivée à un certain état de tension générale – tension dans l’effort, tension dans l’action, tension même dans la vie quotidienne – , avec une suractivité si excessive, une trépidation si généralisée, que l’ensemble de l’espèce semble être arrivé à un point où il faille faire éclater une résistance et surgir dans une conscience nouvelle, ou bien retomber dans un abîme d’obscurité et d’inertie.

Cette tension est si totale et si généralisée que quelque chose doit évidemment se briser. Cela ne peut pas continuer ainsi. On peut prendre cela comme un signe certain de l’infusion dans la matière d’un principe nouveau de force, de conscience, de pouvoir, qui, par sa pression même, produit cet état aigu. Extérieurement, on pourrait s’attendre aux vieux moyens employés par la Nature quand elle veut produire un bouleversement; mais il y a un caractère nouveau, qui n’est visible évidemment que dans une élite, mais même cette élite est suffisamment généralisée – ce n’est pas localisé en un point, un endroit du monde, on en trouve des signes dans tous les pays, sur toute la terre: la volonté de trouver une solution ascendante, nouvelle, plus haute, un effort pour surgir vers une perfection plus vaste, plus compréhensive.

Certaines idées d’une nature plus générale, plus étendue, plus collective pourrait-on dire, sont en train de s’élaborer et d’agir dans le monde. Et les deux vont de pair: une possibilité de destruction plus grande et plus totale, une invention qui augmente éperdument la possibilité de la catastrophe, une catastrophe qui serait beaucoup plus massive qu’elle ne l’a jamais été; et en même temps, la naissance, ou plutôt la manifestation d’idées et de volontés beaucoup plus hautes et plus compréhensives qui, lorsqu’elles seront entendues, apporteront un remède plus étendu, plus vaste, plus complet, plus parfait qu’auparavant.

Cette lutte, ce conflit entre les forces constructives d’évolution ascendante, de réalisation de plus en plus parfaite et divine, et des forces de plus en plus destructives – puissamment destructives, des forces d’une folie qui échappe à tout contrôle – , est de plus en plus évident, marqué, visible, et c’est une sorte de course ou de lutte à qui arrivera le premier à son but. Il semblerait que toutes les forces adverses, anti-divines, les forces du monde vital, soient descendues sur la terre, qu’elles s’en servent comme de leur champ d’action, et qu’en même temps une force spirituelle plus haute, plus puissante, nouvelle, soit aussi descendue sur la terre pour y amener une vie nouvelle. Cela rend la lutte plus aiguë, plus violente, plus visible, mais il semble aussi, plus définitive, et c’est pourquoi l’on peut espérer arriver à une solution prochaine.

Il y avait un temps, pas si lointain, où l’aspiration spirituelle de l’homme était tournée vers une paix silencieuse, inactive, détachée de toutes les choses de ce monde, une fuite hors de la vie, justement pour éviter le combat, pour monter au-dessus de la lutte, pour se libérer de l’effort; c’était une paix spirituelle où, avec la cessation de la tension, de la lutte, de l’effort, cessait aussi la souffrance sous toutes ses formes, et c’était considéré comme la vraie, l’unique expression de la vie spirituelle et divine. C’était cela que l’on considérait comme la grâce divine, l’aide divine, l’intervention divine. Et encore maintenant, à cette époque d’angoisse, de tension, de surtension, cette paix souveraine est de toutes les aides la mieux reçue, la bienvenue, le soulagement que l’on demande et que l’on espère. Encore, pour beaucoup, c’est le vrai signe de l’intervention divine, de la grâce divine.
En fait, quoi que l’on veuille réaliser, il faut commencer par établir cette paix, parfaite et immuable, c’est la base sur laquelle on doit travailler; mais à moins que l’on ne songe à une libération exclusive, personnelle et égoïste, on ne peut pas s’en tenir là. Il y a un autre aspect de la grâce divine, l’aspect de progrès qui remportera la victoire sur tous les obstacles, l’aspect qui projettera l’humanité dans une réalisation nouvelle, qui ouvrira les portes d’un monde nouveau, qui fera que non seulement quelques élus pourront bénéficier de la réalisation divine, mais que leur influence, leur exemple, leur pouvoir, apportera au reste de l’humanité une condition nouvelle et meilleure.

Cela ouvre des routes de réalisation dans l’avenir, des possibilités qui sont déjà prévues, où toute une partie de l’humanité, toute celle qui s’est ouverte consciemment ou inconsciemment aux forces nouvelles, sera comme soulevée vers une vie plus haute, plus harmonieuse, plus parfaite… Si les transformations individuelles n’y sont pas toujours permises ni possibles, il y aura une sorte de soulèvement de l’ensemble, d’harmonisation du tout, qui fera qu’un ordre nouveau, une harmonie nouvelle pourront s’établir et que l’angoisse du désordre et des luttes actuelles pourra disparaître et être remplacée par un ordre pour permettre un fonctionnement harmonieux du tout.

Il y aura d’autres conséquences, qui tendront par un moyen opposé à faire disparaître ce que l’intervention du mental dans la vie a créé de perversion, de laideur, tout un ensemble de déformations qui ont aggravé la souffrance, la misère, la pauvreté morale, toute une zone de misère sordide et repoussante qui fait de toute une part de la vie humaine quelque chose de si effroyable. Ça, cela doit disparaître. Ça, c’est ce qui fait que l’humanité, sur tant de points, est infiniment inférieure à la vie animale dans sa simplicité et dans ce qu’elle a de spontanément naturel, d’harmonieux malgré tout. Jamais la souffrance chez les animaux n’est aussi misérable, sordide, qu’elle ne l’est dans toute une section de l’humanité qui a été pervertie par l’emploi d’une mentalité exclusivement utilisée pour des besoins égoïstes.
Il faut monter au-dessus, surgir dans la Lumière et l’Harmonie, ou retomber au-dessous dans la simplicité d’une vie animale et saine, sans perversion.
(Après un temps de silence, Mère ajoute ceci:)

Mais ceux qui ne pourront pas être soulevés, ceux qui se refusent au progrès, perdront automatiquement l’usage de la conscience mentale et retomberont à un échelon infra-humain.

Je vais te dire une expérience qui m’est venue et qui t’aidera à mieux comprendre. C’était peu de temps après l’expérience supramentale du 3 février et j’étais encore dans cet état où les choses du monde physique semblaient si loin, si absurdes. Un groupe de visiteurs avait demandé la permission de me saluer et ils sont venus un soir au Terrain de Jeu. C’étaient des gens riches, c’est-à-dire qu’ils avaient plus d’argent qu’il ne leur en fallait pour vivre. Parmi eux, il y avait une femme en sari; elle était très grosse, son sari était arrangé de manière à cacher son corps. Quand elle a voulu se pencher pour recevoir mes bénédictions, un coin du sari s’est ouvert, découvrant une partie du corps, un ventre nu. Un ventre énorme. J’ai reçu cela comme un choc… Il y a des gens obèses qui n’ont rien de répugnant, mais j’ai vu tout à coup la perversion, la pourriture que cachait ce ventre, c’était comme un énorme abcès qui exprimait l’avidité, le vice, la dépravation du goût, le désir sordide et qui se satisfait comme aucun animal ne le ferait, avec grossièreté, et surtout avec perversité. J’ai vu la perversion d’un mental dépravé mis au service des appétits les plus bas. Alors tout d’un coup, quelque chose a jailli de moi, une prière, comme un Véda: «O Seigneur, c’est cela qui doit disparaître!»

On comprend très bien que la misère physique, l’inégalité de la répartition des biens de ce monde, pourrait être changée, on imagine des solutions économiques et sociales qui pourraient y remédier, mais cette misère-là, la misère mentale, la perversion vitale, c’est cela qui ne peut pas changer, qui ne veut pas changer. Et ceux qui appartiendront à cette sorte d’humanité, d’avance ils sont condamnés à la désintégration.
C’est cela, le sens du péché originel: la perversion qui a commencé avec le mental.
La partie de l’humanité, de la conscience humaine, qui est capable de s’unir au supramental et de se libérer, sera complètement transformée: elle avance vers une réalité future qui n’est pas encore exprimée dans sa forme extérieure; la partie qui est toute proche de la simplicité animale, de la Nature, sera réabsorbée dans la Nature et étroitement assimilée. Mais cette partie corrompue de la conscience humaine, qui par son mauvais usage du mental permet la perversion, sera abolie.

Cette sorte d’humanité fait partie d’un essai infructueux – à supprimer. Comme il y a eu d’autres espèces avortées qui ont disparu au cours de l’histoire universelle.

Certains prophètes du passé ont eu cette vision apocalyptique, mais comme d’habitude les choses ont été mélangées, et ils n’ont pas eu, en même temps que leur vision de l’apocalypse, la vision du monde supramental qui viendra soulever la partie consentante de l’humanité et transformer ce monde physique. Alors, pour donner un espoir à ceux qui sont nés là-dedans, dans cette partie pervertie de la conscience humaine, ils ont enseigné la rédemption par la foi: ceux qui ont foi en le sacrifice du Divin dans la matière seront automatiquement sauvés, dans un autre monde – la foi toute seule, sans la compréhension, sans l’intelligence. Ils n’ont pas vu le monde supramental, ni que le grand Sacrifice du Divin dans la matière est celui de l’involution qui doit aboutir à la totale révélation du Divin dans la matière elle-même.

La Mère, Entretiens 1957-58, 19 mars 1958
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4 mois auparavant

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Catherine Saurel, Vâniananda Frietas et 3 autres aiment ça

Catherine GaillotMagnifique écrit de Mère💜4 mois auparavant

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La personnalité psychique ou personnalité vraie exprime le destin unique de chaque être (peut-être devrions-nous dire l’angle unique), derrière ses revêtements culturels, sociaux ou religieux. Ainsi, tel individu pourra être successivement navigateur, musicien ou révolutionnaire, chrétien, musulman ou athée, mais chaque fois il exprimera un même angle d’amour, par exemple ou de pouvoir conquérant, ou de joie, de pureté, qui donnera une teinte spéciale à tout ce qu’il entreprend, et chaque fois cet angle ira se précisant, s’épurant, s’élargissant.
Satprem, Sri Aurobindo ou l'Aventure de la Conscience, p. 116
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4 mois auparavant

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Chaque fois que la lumière a essayé de descendre, elle s'est heurtée à la résistance et à l'opposition. Le Christ a été crucifié. On peut se demander pourquoi il devait en être ainsi, puisqu'il était innocent. Cependant, sa crucifixion même était décrétée par le Divin. Le Bouddha a été renié. Les Fils de la Lumière viennent, la terre les renie, les rejette, puis honore leur nom et rejette leur message. Seule une petite minorité progresse vers une naissance spirituelle et c'est par elle que se produit la manifestation divine.

Nirodbaran, Entretiens avec Sri Aurobindo.
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4 mois auparavant

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Q: Mère, l'apparition de l'homme mental, c'était graduel, n'est-ce pas, de l'animal à l'homme?

R: Ça... Il y a eu tout de même un moment où c'est devenu un homme, non ? Je vous ai dit ça, au point de vue évolutif ça paraît comme cela. Moi je ne suis pas très calée, n'est-ce pas, je ne peux pas vous raconter comment ça s'est passé, du moins ce que la Science pense savoir sur ce qui s'est passé. Je peux vous raconter seulement ce que je sais.

Eh bien, il y a un moment où ce que nous appelons forme humaine (c'est-à-dire avec des capacités humaines), était suffisamment prêt pour qu'un être de conscience mentale, entièrement conscient, puisse s'incarner en lui — et ça, ça a été vraiment le premier homme. Maintenant historiquement, à quel moment ça s'est produit, ça je ne peux pas vous dire ; mais il y a fort longtemps. Il y a quelque temps j'ai eu des chiffres sous les yeux, qui m'ont paru être tout à fait raisonnables et véridiques — mais il y a extrêmement longtemps. Et pendant très long-temps ça a été comme... une espèce d'état étale, comme quand la mer est arrivée au sommet de la marée, que ça se répand et que ça reste tranquille. C'est resté tranquille comme ça pendant très, très, très, très, très longtemps ; et ce n'est qu'après très longtemps que ce que nous appelons activité humaine et civilisation humaine a commencé à prendre place, et ça, même depuis le commencement de ça jusqu'à maintenant... On a des chiffres, n'est-ce pas, approximatifs. (Se tournant vers Pavitra) Pavitra, vous les connaissez ?

(Pavitra) Je ne m'en souviens plus.

(Mère) Il y a des chiffres, mais c'est assez considérable. Et ça, c'est seulement la période que l'on peut appeler historique — quoi-qu'elle ne le soit pas à la façon ordinaire, mais enfin, on a retrouvé des signes, des documents, des indications, quelque chose qui peut vous donner une idée du temps. Eh bien ça, ça ne s'est produit que très longtemps après que la première conscience mentale s'est incarnée dans une forme humaine, qui était devenue suffisamment humaine, n'est-ce pas, pour devenir un homme ; et probablement, avant que cette forme soit produite il a dû y avoir des quantités de tentatives de la Nature qui se sont répandues, peut-être pendant des milliers, des milliers et des milliards d'années. Je ne sais pas. Mais il y a eu un moment, comme je dis, où cette conscience mentale a été capable de venir et de prendre possession d'une forme. Après ça, comme je vous l'ai dit aussi, pendant très, très longtemps... pour que cette forme puisse s'adapter et se perfectionner suffisamment pour exprimer complètement cette conscience, il a fallu très, très, très longtemps. Ça, c'est entendu. Eh bien, il est plus que probable (pas plus que probable, c'est certain) que cela se reproduira de la même façon. Il y aura un moment où une conscience humaine sera dans un état suffisant pour qu'une conscience indiscrètes puisse entrer dans cette conscience humaine et se manifester.

Mais il se peut qu'avant que ça devienne une espèce nouvelle comme l'espèce humaine, cela prenne très, très longtemps. Et ça, ça se fera progressivement. Mais comme je le dis, il y a une chose : quand ça se produira, ça se produira. Ça ne se produit pas, ça ne s'étale pas comme un caoutchouc, n'est-ce pas ; il y a un moment où ça se produit, où la descente se produit, où la fusion se produit, où l'identification se produit. Ça peut se faire dans un éclair. Il y a un moment où ça se produit. Après, ça pourra prendre très, très, très longtemps ; il ne faut pas espérer que du jour au lendemain on va voir des surhommes jaillir ici et là. Non, ce ne sera pas comme ça. Seulement, ceux qui auront fait ce que j'ai dit, ceux qui se seront précipités tout entiers, qui auront risqué le tout pour le tout, ceux-là ils le sauront. Mais ils seront les seuls à savoir ; ils sauront quand ça se produira.

Q: Les autres, ils ne pourront pas même voir ?

R: Les autres ? Ils ne s'en apercevront même pas ! Ils continueront leur vie stupide, sans savoir ce qui est arrivé.


Q: Mais tout de même, ils pourront voir ce surhomme devant eux. (rires)
Douce Mère, quelle sera l'attitude du surhomme vis-à-vis de l'homme ?


R: Quelle est l'attitude de l'homme vis-à-vis de l'animal? Non, espérons qu'il sera un peu plus gentil ! (rires)

Mais il ne faut pas vous faire d'illusions. Pour la conscience indiscrètes, l'homme est vraiment stupide. Même avec toutes ses perfections, toutes ses réalisations, tout ça, même avec tous ses accomplissements, eh bien, il paraît for-mi-da-ble-ment stupide. Seulement, ce n'est pas une raison pour le maltraiter. Mais je ne crois pas que le surhomme maltraitera personne, justement parce qu'il aura une conscience qui sera capable de passer derrière les apparences. Espérons qu'il sera bien gentil.

Voilà. C'est tout ?

Je crois que c'est fini, à moins que quelqu'un n'ait une question très importante à me poser. Pavitra ?

(Pavitra) Quelle sera l'attitude de l'homme vis-à-vis du surhomme ?


Ah ! (rires) Espérons que cela ne sera pas la même attitude que l'homme a prise vis-à-vis de tous ses dieux ; parce qu'il les a plutôt maltraités. Ses prophètes et ses dieux, il les a mis en croix, il les a lapidés, il les a brûlés vifs — enfin l'homme s'est plutôt mal conduit vis-à-vis de tous ceux qui sont venus lui prêcher une vie nouvelle. Espérons que l'homme sera un peu plus raisonnable... Maintenant il les mettrait en prison.

Q: Mais l'homme les a installés dans les temples aussi!

R: Non, pas l'être lui-même : l'image qu'il a fabriquée après coup, et dont il a fait une... action politique. Pardon ! c'est le dieu à l'image de l'homme qui a été mis dans les temples et adoré, pour des raisons purement politiques. Mais ceux qui étaient en relation avec... ceux qui manifestaient en eux-mêmes la Réalité divine, on les a très mal reçus, toujours. D'ailleurs l'histoire est là pour le prouver. Maintenant, n'est-ce pas, on ne lapide plus, excepté les pauvres Nègres quelquefois, en Amérique ; on ne brûle plus vivant, ce n'est plus à la mode — mais on met en prison, ça arrive. Et au fond (j'ai dit ça déjà plusieurs fois), ce qui sauve les hommes qui ne sont pas tout à fait des hommes, c'est que maintenant le monde est dans un tel état d'ignorance qu'on ne croit même plus à la réalité de leur pouvoir. Mais certainement que si les gouvernements croyaient à la réalité de leur pouvoir, ils auraient du mauvais temps...

Mais espérons que... je dirai alors (comme j'ai dit pour les hommes : espérons que le surhomme sera bien gentil), eh bien, espérons pour le surhomme qu'il saura se défendre, qu'il aura des moyens de défense, pas trop visibles, mais suffisants.


Q: Mais, Mère, si l'homme ne peut le voir, il n'a pas besoin de se défendre, non ?

R: Non. C'est peut-être son plus grand moyen — c'est le don d'invisibilité. (Mère rit)

N'est-ce pas, on demande toujours : "Mais pourquoi est-ce qu'on ne devient pas un être qui manifeste les forces supramentales ? Pourquoi tout d'un coup il ne devient pas lumineux physiquement ? Alors nous saurions que c'est lui." Eh bien, vous verriez ce qui lui arriverait, le pauvre ! Et ce ne serait qu'une petite chose, être un peu lumineux, ce n'est qu'une toute petite chose !
Mère, Entretiens, 12 octobre 1955
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5 mois auparavant

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Catherine GaillotToujours resplendissante de beauté, d'amour et de rire ,ce que c'est juste ...💙💜💚💐4 mois auparavant

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SUR LA QUESTION DU VÉGÉTARISME

"Q: Est-ce que l'on contrôle mieux les sens en mangeant très peu ?

R : Non, cela les exaspère simplement — il vaut mieux prendre une quantité modérée de nourriture. Les gens qui jeûnent s'exaltent facilement et peuvent perdre leur équilibre.

Q : Si l'on prend seulement la nourriture végétarienne, est-ce une aide au contrôle des sens ?

R : Cela évite quelques-unes des difficultés que rencontrent ceux qui mangent de la viande, mais cela ne suffit pas. "

Des questions ?

Q: Qu'est-ce qui arrive si on mange de la viande ?

R: Voulez-vous que je vous raconte une histoire ? Je connaissais une dame, une jeune femme suédoise, qui faisait la sâdhanâ ; et elle était habituellement végétarienne, par goût et par habitude. Un jour, elle a été invitée par des amis qui lui ont donné du poulet à manger. Elle ne voulait pas faire une histoire, elle a mangé son poulet. Mais après, dans la nuit, voilà que tout d'un coup elle se trouve dans un panier avec la tête entre deux morceaux d'osier, secouée, secouée, secouée, et se sentant malheureuse, misérable ; et puis après, elle se sent la tête en bas, les pieds en l'air, et secouée, secouée, secouée... (rires) Elle se sent tout à fait misérable ; et puis tout d'un coup, voilà qu'on commence à arracher des choses de son corps, et ça lui fait terriblement mal, et puis quelqu'un arrive avec un couteau et lui coupe le cou ; et alors elle se réveille. Elle m'a raconté ça ; elle m'a dit que jamais elle n'avait eu un cauchemar aussi affreux, qu'elle n'avait pensé à rien avant de s'endormir, que c'était simplement la conscience de cette pauvre poule qui était entrée en elle, et qu'elle avait eu en rêve toutes les angoisses que cette pauvre poule avait eues quand elle avait été portée au marché, vendue, les plumes arrachées et le cou coupé ! (rires)

Voilà ce qui arrive ! C'est-à-dire que dans une proportion plus ou moins grande, vous avalez en même temps que la viande un peu de la conscience de l'animal que vous avez mangé. Ce n'est pas très grave, mais ce n'est pas toujours très agréable. Et, évidemment, ça ne vous aide pas à être plutôt du côté de l'homme que du côté de la bête ! Il est évident que les hommes primitifs, ceux qui étaient encore beaucoup plus près de la bête que de l'esprit, il paraît qu'ils mangeaient de la viande crue ; et ça donne beaucoup plus de force que la viande cuite. Ils tuaient la bête, ils la dépeçaient et puis ils mordaient dedans, et ils étaient très forts. Et c'est pour cela, d'ailleurs, que dans leurs intestins il y avait ce petit morceau d'appendice, qui à ce moment-là était beaucoup plus grand, et qui servait à digérer cette viande crue. Et alors, l'homme a commencé à faire de la cuisine. Il a trouvé que ça avait meilleur goût, et il a mangé la viande cuite, et, petit à petit, l'appendice est devenu plus petit, et puis il ne servait plus à rien. Alors maintenant, c'est un encombrement qui, quelquefois, est cause d'une maladie.

C'est pour vous dire que peut-être, maintenant, il est temps de changer sa nourriture et de passer à quelque chose d'un peu moins bestial ! Cela dépend absolument de l'état de conscience de chacun. Pour un homme ordinaire, vivant la vie ordinaire, ayant les activités ordinaires, ne pensant pas du tout à autre chose qu'à gagner sa vie, à se bien porter et peut-être à prendre soin de sa famille, il est bon qu'il mange de la viande, il est bon qu'il mange n'importe quoi, ce qui lui réussit, ce qui lui fait du bien.

Mais si on veut passer de cette vie ordinaire à une vie supérieure, le problème commence à avoir de l'intérêt ; et si, après avoir passé à une vie supérieure on essaye de se préparer à la transformation, alors cela devient très important. Parce qu'il y a certainement des nourritures qui aident le corps à se subtiliser, et d'autres qui le maintiennent dans un état de bestialité. Mais c'est seulement à ce moment-là que c'est très important, pas avant ; et avant d'être arrivé à ce moment-là, il y a beaucoup d'autres choses à faire. Il vaut certainement mieux purifier son mental, et purifier son vital, avant de songer à purifier son corps. Parce que, même si vous prenez toutes les précautions possibles et que vous vivez physiquement en ayant soin de n'absorber que ce qui aidera à subtiliser votre corps, si votre mental et votre vital restent dans des états de désir, d'inconscience, d'obscurité, de passion et de tout le reste, cela ne servira à rien du tout. Simplement votre corps deviendra faible, disloqué d'avec la vie intérieure et il tombera malade un beau matin.

Il faut commencer par le dedans, je vous ai dit ça déjà une fois. Il faut commencer par en haut, il faut d'abord purifier le haut et puis purifier le bas. Je ne dis pas qu'il faut se livrer à toutes sortes de choses dégradantes dans le corps. Ce n'est pas ça que je vous dis. Ne le prenez pas pour un conseil de manque de contrôle sur vos désirs ! Ce n'est pas du tout ça. Mais je veux dire : n'essayez pas d'être un ange dans le corps si vous n'avez pas déjà été un petit peu un ange dans votre mental et votre vital ; parce que ça vous disloquerait d'une façon opposée à la façon ordinaire, mais qui n'est pas meilleure. Nous avons dit l'autre jour que ce qui est tout à fait important, c'est de garder l'équilibre. Eh bien, pour garder l'équilibre, il faut que tout progresse en même temps.

Il ne faut pas que vous laissiez une partie de votre être dans l'obscurité, et que vous essayiez d'amener l'autre à la lumière. Il faut prendre grand soin de ne laisser aucun coin obscur. Voilà.

Q: Pourquoi avant était-il défendu de manger des œufs à l'Ashram ? Maintenant, tu donnes des œufs !

R: C'était défendu de manger des œufs ?

Q: Je ne sais pas. C'est ce qu'on nous disait.

R: Ah, on dit beaucoup de choses, mais je ne suis pas responsable de toutes les choses qu'on dit ! (rires) Je ne me souviens pas d'avoir jamais refusé un œuf à quelqu'un qui en avait besoin au point de vue de la santé. Mais si les gens viennent demander quelque chose simplement par gourmandise, pour leur plaisir, je leur refuse toujours, aussi bien maintenant qu'avant. C'est seulement, n'est-ce pas, au point de vue de la santé, de l'équilibre physique, que certaines choses sont admises. Tout est admis. Je n'ai pas refusé de viande à quelqu'un qui en avait besoin. Il y a eu des gens qui en ont mangé, parce qu'ils en avaient besoin. Mais si on vient me demander n'importe quoi, simplement pour satisfaire un désir, je dis non, quoi que ce soit, même des ice-creams ! (rires)

Q: Quand on mange l'œuf, on ne mange pas la poule dedans ?

R: Pas encore formée, la conscience de la poule ! Surtout qu'il faut prendre soin de manger l'œuf frais, avant que le poulet ne commence à être formé.

Q: Douce Mère, si l'agonie d'une poule peut nous attaquer, de même celle d'une betterave ou d'une carotte peut aussi nous attaquer ?

R: Je crois tout de même que la poule est plus consciente que la betterave, (rires) Mais je dois vous dire ma propre expérience. Seulement je croyais que ça, ce n'était pas courant.

À Tokyo j'avais un jardin, et dans ce jardin je cultivais des légumes moi-même. J'avais un assez grand jardin et j'avais beaucoup de légumes. Et alors, tous les matins, j'allais me promener après leur avoir donné de l'eau et tout ça ; je me promenais pour choisir quels étaient les légumes que j'allais prendre pour manger.

Eh bien, figurez-vous qu'il y en avait qui me disaient : "Non, non, non, non, non..." et puis, il y en avait d'autres qui appelaient, et je les voyais de loin, et qui me disaient : "Prends-moi, prends-moi, prends-moi!" Alors c'était très simple, j'allais chercher celles qui voulaient être prises et jamais je ne touchais à celles qui ne voulaient pas. Je pensais que c'était quelque chose d'exceptionnel. J'aimais beaucoup mes plantes, je m'en occupais, j'avais mis beaucoup de conscience dedans en les arrosant, en les nettoyant, alors je supposais qu'elles avaient peut-être une capacité spéciale.

Mais en France, c'était la même chose. J'avais aussi un jardin dans le midi de la France où je cultivais des petits pois, des radis, des carottes. Eh bien, il y en avait qui étaient contents, qui demandaient à ce qu'on les prenne et qu'on les mange, et il y en avait qui disaient : "Non, non, non, ne touchez pas, ne touchez pas !" (rires)

Q: Pourquoi, Douce Mère, disaient-ils ça ?

R: Eh bien, j'ai fait l'expérience, pour savoir justement ; et le résultat n'était pas toujours le même. Certaines fois, c'était vraiment que la plante n'était pas mangeable ; elle n'était pas bonne, c'était dur ou c'était amer, elle n'était pas bonne à manger. D'autres fois, c'était qu'elle n'était pas prête, que c'était trop tôt ; elle n'était pas mûre. En attendant un ou deux jours, un ou deux jours après, elle me disait : "Prends, prends, prends!" (rires)

Mère, Entretiens, 23 juin 1954

Pendant longtemps, nous avons mangé de la viande; c'était même très amusant: Pavitra était végétarien à tous crins quand il est arrivé, et à ce moment-là, non seulement nous n'étions pas végétariens mais on tuait les poulets dans la cour (!) et... (riant) Pavitra avait juste la chambre à côté de la cuisine – on lui tuait les poulets sous le nez! Oh! pauvre Pavitra! Puis ça a cessé pour une raison très simple (pas du tout par principe): pour entretenir des gens avec de la nourriture carnée, c'est beaucoup plus coûteux que d'être végétarien! Cela représentait des complications. Moi, j'étais végétarienne par goût – tout est par goût, ce n'est pas par principe. Je suis devenue végétarienne au commencement du siècle, oh! il y a longtemps... (oui, il doit y avoir plus de soixante ans), parce que dans mon enfance, on m'obligeait à manger de la viande, et cela me dégoûtait (pas l'idée: c'était le goût que je n'aimais pas, ça me dégoûtait!) et le docteur demandait que l'on me donne des pickles [condiments] et toutes sortes de choses pour couvrir le goût. Alors dès que j'ai été indépendante et libre, j'ai dit: «Fini! (riant) Ah! non, je ne mange plus» – pas comme une règle puisque de temps en temps je prends encore du foie gras (ce n'est pas végétarien!) et longtemps j'ai encore mangé de la langouste ou du homard, comme cela – pas de règles, oh! surtout pas de règles, mais le goût.
Mère, Agenda, 14 juin 1965
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5 mois auparavant

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Ma Rie, Vâniananda Frietas et 6 autres aiment ça

Bruno GazinFormidable d'écouter Mère5 mois auparavant   ·  1

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L'ÉNERGIE

Une des aides les plus puissantes que la discipline yoguique peut fournir à l'homme de sport, est de lui apprendre à renouveler ses énergies en les puisant à la source de l'énergie universelle qui ne tarit point.

La science moderne a fait de grands progrès dans l'art de se nourrir, qui est le moyen le plus connu de récupérer ses énergies. Mais au mieux le procédé est précaire et soumis à toutes sortes de limitations. Nous n'en parlerons pas ici, car c'est un sujet déjà très rebattu. Mais il est bien entendu que tant que le monde et les individus sont ce qu'ils sont, la nourriture est un facteur indispensable. La science yoguique connaît d'autres moyens d'acquérir l'énergie, parmi lesquels nous en mentionnerons deux des plus importants.

Le premier est de se mettre en rapport avec les énergies accumulées dans le monde matériel terrestre et de s'approvisionner librement à cette source inépuisable. Ces énergies matérielles sont obscures et à demi inconscientes ; elles encouragent l'animalité dans l'homme, mais, en même temps, elles établissent une sorte de relation harmonieuse entre l'être humain et la nature matérielle. Ceux qui savent recevoir et utiliser ces énergies, rencontrent généralement le succès dans la vie et réussissent dans tout ce qu'ils entreprennent. Mais ils dépendent encore beaucoup des conditions de leur existence et de l'état de santé de leur corps. L'harmonie créée en eux n'est pas à l'abri de toute attaque, et elle disparaît généralement quand les circonstances deviennent adverses. L'enfant reçoit spontanément cette énergie de la Nature matérielle lorsqu'il dépense toutes ses forces sans compter, joyeusement et librement. Mais chez la plupart des êtres humains, à mesure qu'ils grandissent, cette faculté s'émousse par suite des soucis de la vie et de la place prédominante que les activités mentales prennent dans la conscience.

Pourtant il y a une source d'énergie qui, une fois découverte, ne tarit jamais quelles que soient les circonstances extérieures et les conditions physiques de la vie. C'est l'énergie qui peut être qualifiée de spirituelle, celle qui est reçue non plus d'en bas, des profondeurs inconscientes, mais d'en haut, de l'origine suprême de l'univers et de l'homme, des splendeurs supraconscientes, toutes-puissantes et éternelles. Elle est là, partout autour de nous, pénétrant tout, et pour entrer en contact avec elle et la recevoir, il suffit d'y aspirer sincèrement, de s'ouvrir à elle avec foi et confiance, d'élargir sa conscience afin de l'identifier à la Conscience universelle.

Au premier abord cela peut paraître bien difficile sinon impossible. Cependant en considérant le phénomène de plus près on peut voir qu'il n'est pas si étranger, si éloigné de la conscience humaine normalement développée. En effet, il est peu de gens qui ne se soient sentis, au moins une fois dans leur vie, comme soulevés au-dessus d'eux-mêmes, remplis par une force inattendue et peu commune qui les a rendus, pour un temps, capables de faire n'importe quoi ; à ces moments-là rien n'est trop difficile et le mot "impossible" perd son sens.

Cette expérience, si fugitive soit-elle, donne un aperçu de ce que peut être le contact obtenu et maintenu avec l'énergie supérieure grâce à la discipline yoguique.

La méthode pour acquérir ce contact ne peut guère être donnée ici. C'est d'ailleurs une chose individuelle propre à chacun, le prenant là où il en est, s'adaptant à ses besoins personnels et l'aidant à faire un pas de plus. Le chemin est parfois long et lent, mais le résultat vaut la peine qu'on se donne. On peut facilement s'imaginer quelles sont les conséquences du pouvoir de puiser à volonté et en toutes circonstances à la source sans limite d'une énergie toute-puissante dans sa lumineuse pureté. La fatigue, l'épuisement, la maladie, l'âge, et même la mort deviennent de simples obstacles sur le chemin qu'une volonté persistante est sûre de surmonter.

Mère, Education, Bulletin, août 1949.
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5 mois auparavant

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Ce n'est pas le nombre d'années vécues qui vous rend vieux ; vous devenez vieux dès que vous cessez de progresser.

Quand vous sentez que vous avez fait tout ce que vous aviez à faire, quand vous pensez que vous savez tout ce que vous devez savoir, quand vous voulez vous asseoir et jouir du résultat de votre effort avec le sentiment que vous avez assez travaillé dans la vie, alors immédiatement vous devenez vieux et vous commencez à décliner.

Quand, au contraire, vous êtes convaincu que ce que vous savez n'est rien en comparaison de tout ce qui reste à savoir, quand vous sentez que ce que vous avez fait est juste le point de départ de tout ce qui reste à faire, quand vous voyez l'avenir comme un soleil attrayant, rayonnant de toutes les innombrables possibilités qui restent à accomplir, alors vous êtes jeune, quel que soit le nombre d'années que vous avez passées sur la terre, jeune et riche de toutes les réalisations de demain.

Et si vous ne voulez pas que votre corps vous trahisse, évitez de gaspiller vos énergies en agitation inutile. Quoi que vous fassiez, faites-le dans le calme et l'équilibre. La plus grande force est dans la paix et le silence.

La Mère, Education, 21 février 1958
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5 mois auparavant

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Catherine Saurel, Nicole Ory et 18 autres aiment ça

Catherine Capuano Kumar BhorodiaUn très beau message de Mère 💜5 mois auparavant   ·  2
Catherine GaillotDe toute beauté, Mère 💚💜💙🌹4 mois auparavant
Clara Lopez MartinezOui une bonne philosofie!!! A retenir...!3 mois auparavant

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L'éducation d'un être humain doit commencer à sa naissance et se prolonger pendant toute la durée de sa vie.

À dire vrai, si l'on veut que cette éducation ait son maximum d'effet, il faut la commencer avant la naissance ; et dans ce cas, c'est la mère elle-même qui procède à cette éducation au moyen d'une double action : une sur elle-même, pour son propre perfectionnement, une sur l'enfant qu'elle est en train de former physiquement. Car il est certain que la nature de l'enfant qui va naître dépend considérablement de la mère qui le forme, de son aspiration et de sa volonté, ainsi que de l'entourage matériel dans lequel elle vit. Veiller à ce que les pensées soient toujours belles et pures, les sentiments nobles et beaux, et l'entourage matériel aussi harmonieux que possible, dans une grande simplicité, est la part de l'éducation qui doit s'appliquer à la mère elle-même, et si elle ajoute à cela une volonté consciente et précise de former l'enfant suivant le plus haut idéal qu'elle peut concevoir, alors seront réalisées les conditions les meilleures pour que l'enfant fasse son apparition dans le monde avec son maximum de possibilités. Combien d'efforts difficiles et de complications inutiles seront ainsi évités.

Pour être complète, une éducation doit avoir cinq aspects principaux, s'adressant aux activités principales de l'être humain: le physique, le vital, le mental, le psychique et le spirituel. Généralement ces phases de l'éducation se succèdent dans un ordre chronologique accompagnant la croissance de l'individu ; mais l'une n'est pas faite pour remplacer l'autre, et toutes doivent continuer, se complétant l'une l'autre, jusqu'à la fin de la vie.

La Mère, Éducation
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5 mois auparavant

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Que vous unissiez vos existences physiques, vos intérêts matériels, que vous vous associez pour faire face ensemble aux difficultés et aux succès, aux défaites et aux victoires de la vie, c'est la base même du mariage, mais vous savez déjà que cela ne suffit pas.

Que vous soyez unis dans les sensations, que vous ayez les mêmes goûts et les mêmes jouissances esthétiques, que vous vibriez en commun aux mêmes choses, et l'un par l'autre, et l'un pour l'autre, c'est bien, c'est nécessaire, mais ce n'est pas assez.

Que vous soyez un dans les sentiments profonds, que votre affection, votre tendresse réciproques ne varient pas en dépit de tous les heurts de l'existence, qu'elles résistent aux fatigues, aux énervements, aux déceptions ; que vous soyez toujours et dans tous les cas heureux, les plus heureux, d'être ensemble ; que vous trouviez, en toute circonstance, l'un auprès de l'autre, le repos, la paix et la joie, c'est bien, c'est très bien, c'est indispensable, mais ce n'est pas assez.

Que vous unissiez vos mentalités, que vos pensées s'accordent et se complètent, que vos préoccupations et vos découvertes intellectuelles soient partagées ; en résumé, que votre sphère d'activité mentale se fasse identique par un élargissement et un enrichissement acquis par les deux à la fois, c'est bien, c'est tout à fait nécessaire, mais ce n'est pas assez.

Par-delà tout cela, au fond, au centre, au sommet de l'être, il est une Vérité Suprême de l'être. Lumière Éternelle, indépendante de toute circonstance de naissance, de pays, de milieu, d'éducation, origine, cause et maître de notre développement spirituel, c'est Cela qui donne à notre existence son orientation définitive ; c'est Cela qui décide de notre destinée ; c'est dans la conscience de Cela qu'il faut s'unir. Être un dans l'aspiration et l'ascension, avancer du même pas sur le même chemin spirituel, tel est le secret de l'union durable.
La Mère, mars 1933, Paroles de la Mère, II
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5 mois auparavant

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La liberté, l'égalité et la fraternité sont trois divinités de l'âme ; elles ne peuvent pas vraiment se réaliser par les mécanismes extérieurs de la société, ni par l'homme tant qu'il vit seulement dans l'égo individuel et dans celui de la communauté .

Quand l'égo réclame la liberté, il arrive à un individualisme compétitif. Quand il revendique l'égalité, il arrive d'abord au conflit, puis il tente de fermer les yeux sur les variations de la Nature et ne connait d'autre moyen que de bâtir une société artificielle et mécanique .

Une société qui cherche la liberté comme idéal, est incapable d'arriver à l'égalité ; une société qui cherche l'égalité sera obligée de sacrifier la liberté . Et parler de fraternité à l'égo, c'est parler d'une chose contraire à sa nature. Tout ce qu'il connait, c'est une association à la poursuite de fins égoïstes communes ; tout ce qu'il est capable de réaliser, c'est une organisation plus rigoureuse afin de répartir également le travail, la production, la consommation et les plaisirs .

Et pourtant, la fraternité est la clef du triple évangile de l'idée d'humanité. L'union de la liberté et de l'égalité ne peut s'accomplir que par le pouvoir de la fraternité humaine ; elle ne peut se fonder sur rien d'autre. Mais la fraternité n'existe que dans l'âme et par l'âme ; elle ne peut exister par rien d'autre . Car cette fraternité n'est pas affaire de parenté physique ni d'association vitale ni d'accord intellectuel .

Quand l'âme réclame la liberté, c'est la liberté de se développer, de développer le divin dans l'homme et dans tout son être. Quand elle réclame l'égalité, ce qu'elle veut, c'est cette même liberté également pour tous, et la reconnaissance d'une même âme , une même divinité dans tous les êtres humains. Quand elle cherche la fraternité, elle fonde cette égale liberté de développement sur un but commun, une vie commune, une unité de pensée et de sentiment, elle-même fondée sur la reconnaissance de l'unité spirituelle intérieure .

En fait, cette trinité constitue la nature même de l'âme ; car la liberté, l'égalité et l'unité sont les attributs éternels de l'Esprit . Reconnaître pratiquement cette vérité, éveiller l'âme dans l'homme et tenter de le faire vivre dans son âme et non dans son égo, tel est le sens intérieur de la religion, et c'est à cela que la religion de l'humanité doit parvenir également si elle veut se réaliser dans la vie de l'espèce.''

Sri Aurobindo, L'idéal de l'Unité humaine, 1919
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5 mois auparavant

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Lalit Kumar, Joséphine Syren et 5 autres aiment ça

Nicole OryMagnifique!5 mois auparavant   ·  2
Catherine GaillotSuperbe texte de Sri Aurobindo 🍀💚🍀💚🍀4 mois auparavant

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Le nationalisme est une vérité, et l'unité humaine est une vérité : c'est l'harmonie de ces vérités qui peut amener le bien de l'humanité ; si notre intelligence nous rend incapables de cette synthèse, si elle met en conflit des principes qui sont au-dessus des conflits, cette intelligence ne peut être que sujette à l'erreur, égarée par rajas.
Sri Aurobindo, Dharma (Calcutta) 1909-1910
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5 mois auparavant

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Il est tout à fait possible qu'une personne commence à se sentir déprimée en parlant avec une autre. La conversation entraîne un échange vital; c'est donc toujours possible. Quant à savoir si leur observation était exacte dans tel cas particulier, c'est une autre affaire.

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Tout cela [harmonie, joie et amour] est en vous et quand il en est ainsi, cela se répand dans l'atmosphère; mais naturellement seuls peuvent en avoir leur part ceux qui sont ouverts et sensibles à cette influence. Néanmoins chacun de ceux qui portent en eux la paix ou l'amour y ajoute sa propre influence, de sorte que la paix, ou l'amour, augmente dans l'atmosphère.

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Lorsqu'on reste un moment à s'entretenir, etc., avec quelqu'un, il se produit toujours un certain échange vital, à moins que l'on ne rejette, instinctivement ou de propos délibéré, ce qui vient des autres. Si l'on est impressionnable, on peut recevoir de l'autre une forte impression ou une forte influence. Ensuite, lorsqu'on rencontre une autre personne, il se peut qu'on lui transmette cette impression ou cette influence. Cela arrive constamment. Mais la transmission se fait à l'insu de l'intermédiaire. Quand on est conscient, on peut l'empêcher de se produire.

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Il est très possible qu'il tire [l'énergie vitale] sans s'en rendre compte, puisque son vital est faible et que ceux dont le vital est faible tirent inconsciemment et automatiquement sur l'énergie des autres.

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Quand des gens se rencontrent il y a en général un échange de forces vitales qui est tout à fait involontaire... Le vampirisme est un phénomène particulier: une personne vit du vital des autres et s'épanouit vitalement à leurs dépens.

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Je suppose que cela dépend de l'individu et de votre manière de réagir à lui. S'il émet des vibrations sexuelles ou s'approprie de l'énergie vitale, alors s'ouvrir à lui peut ne pas être bon. Mais dans les échanges superficiels ordinaires, on ne perd pas forcément quelque chose, ou ce que l'on perd est si peu et se répare si automatiquement que c'est sans importance.

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La sensation de fatigue que les gens ont ressentie après avoir vu ce X est un signe de vampirisme; très souvent, cependant, cette sensation n'apparaît pas, mais l'être dans son ensemble en subit un contre-coup. Les nerfs se dérèglent peu à peu; ce que l'on appelle l'enveloppe nerveuse s'affaiblit, ou d'une manière ou d'une autre la vitalité s'amoindrit ou devient anormale, fébrile et irritable. L'effet se manifeste de bien des manières similaires. Le vampirisme sexuel est une autre affaire: dans l'échange sexuel, il est normal de donner et de recevoir, mais le vampire sexuel dévore le vital de l'autre et ne donne rien ou très peu.

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Tant de prudence n'est pas nécessaire. Les échanges vitaux ordinaires sont superficiels. Personne ne peut s'approprier le vital de quelqu'un d'autre, pour l'excellente raison que si cela arrivait, la personne ainsi dépossédée mourrait. Il est bien sûr possible qu'une personne draine les forces vitales d'une autre au point de la laisser abattue, faible ou étiolée, mais seule l'espèce vampire agit ainsi. Il est possible aussi que quelqu'un dépense ses forces vitales à l'excès, au point de s'affaiblir ou d'épuiser son énergie, ce qu'il ne faut pas faire; seuls ceux qui savent comment puiser dans la Force vitale universelle ou peuvent y puiser en abondance et refaire le plein de leurs énergies de vie peuvent donner à profusion. Tous, bien sûr, y puisent dans une certaine mesure, autrement ils ne resteraient pas en vie, car la dépense d'énergie vitale est constante et il faut la compenser; mais pour la plupart, la capacité de puiser est limitée et la capacité de donner sans épuisement est, elle aussi, limitée.

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Mais les échanges ordinaires sont inoffensifs pourvu qu'ils soient maintenus dans des limites raisonnables. Ce qui crée une difficulté dans la sâdhanâ, c'est qu'il est facile d'attirer des influences indésirables ou de les transmettre aux autres. C'est la raison pour laquelle à certains stades, il est souvent recommandé de restreindre la parole, les échanges, etc. Mais le vrai remède est de devenir intérieurement conscient, de reconnaître toute incursion ou influence indésirable et d'être capable de la repousser, d'être capable, quand on parle, qu'on est en compagnie, etc., de conserver autour de soi une défense et de ne laisser passer que ce que l'on peut accepter et rien d'autre. Il faut aussi pouvoir mesurer ce que l'on peut donner en toute sécurité et ce que l'on ne peut pas. Quand on a la conscience et la pratique, cette manière d'agir devient quasi automatique.

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Non, les gens ne sont pas conscients de ces choses, seuls quelques-uns le sont. L'échange vital est là, mais ils ne s'en rendent pas compte, parce qu'ils vivent dans le mental extérieur (physique) et que tout cela se passe à l'arrière-plan. Même s'ils se sentent plus énergiques après un échange, ou déprimés, ou fatigués, ils n'attribueront pas cela à la conversation ou au contact, parce que l'échange est inconscient; leur mental extérieur, dans lequel ils vivent, ne s'en rend pas compte.

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Il est vrai que des relations trop étroites avec les autres tendent à abaisser l'état de conscience, s'ils ne sont pas eux-mêmes dans l'attitude juste et vivent beaucoup dans le vital. Dans tous les contacts, ce que vous devez faire, c'est rester intériorisé, garder une attitude détachée et ne pas vous laisser troubler par les difficultés qui apparaissent dans le travail ou dans les mouvements des gens, mais rester vous-même dans le mouvement vrai. Ne vous laissez pas prendre par le désir d'"aider" les autres: faites et dites vous-même la chose juste dictée par votre équilibre intérieur, et laissez l'aide venir à eux du Divin. Nul ne peut vraiment aider; seule la Grâce divine peut le faire.

Sri Aurobindo, Lettres sur le Yoga, Les relations humaines dans le Yoga
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5 mois auparavant

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C'est aussi une erreur de croire que seul le vital est chaleureux et que le psychique serait quelque chose de glacé qui ne contiendrait aucune flamme. Une bienveillance claire et limpide est une bonne et belle chose. Mais ce n'est pas ce que l'on entend par amour psychique. L'amour est amour et pas seulement bienveillance. L'amour psychique peut avoir une chaleur et une flamme aussi intenses et même plus intenses que l'amour vital, seulement son feu est pur, il n'a pas besoin, pour subsister, de satisfaire le désir de l'ego ou de dévorer le combustible qu'il étreint. Sa flamme est blanche et non rouge; mais la chaleur blanche n'est pas moins ardente que la rouge. Il est vrai que l'amour psychique n'a pas, en général, la possibilité de se donner libre cours dans les relations humaines et la nature humaine; il lui est plus facile de trouver la plénitude de son feu et de son extase quand il est soulevé vers le Divin. Dans les relations humaines, l'amour psychique se mêle à d'autres éléments qui cherchent aussitôt à s'en servir et à l'éclipser. Rares sont les moments où il trouve un exutoire pour libérer pleinement ses intensités. Autrement il n'interviendra que comme un élément de l'amour; même ainsi, cependant, il introduit dans un amour fondamentalement vital tous les sentiments élevés; c'est du psychique que viennent tous ces beaux sentiments: douceur, tendresse, fidélité, don de soi, sacrifice, rencontre d'âme à âme, sublimations idéalisantes qui soulèvent l'amour humain au-dessus de lui-même. S'il pouvait dominer, gouverner, transmuer les autres éléments mentaux, vitaux, physiques de l'amour humain, alors l'amour pourrait être sur terre un reflet ou une préparation du véritable amour, une union intégrale de l'âme et de ses instruments en une existence duelle. Mais il est rare de rencontrer ne serait-ce qu'une apparence, même imparfaite, d'un tel amour.

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Le yoga n'exclut pas l'amitié ou l'affection. L'amitié avec le Divin est une relation reconnue dans la sâdhanâ. Les amitiés entre sâdhak existent et la Mère les encourage. Seulement nous cherchons à les établir sur une base plus sûre que la fondation précaire qui est celle de la plupart des amitiés humaines. C'est précisément parce que nous tenons pour sacrés ces sentiments d'amitié, de fraternité et d'amour que nous voulons cette transformation: parce que nous ne voulons pas les voir brisés à tout moment par les mouvements de l'ego, souillés, gâtés et détruits par les passions, les jalousies, les traîtrises auxquelles le vital est prédisposé: c'est pour les rendre véritablement sacrés et sûrs que nous les voulons enracinés dans l'âme, fondés sur le roc du Divin. Notre yoga n'est pas une ascèse: il a pour but la pureté, non une austérité froide. L'amitié et l'amour sont des notes indispensables dans l'harmonie à laquelle nous aspirons. Ce n'est pas un vain rêve, car nous avons vu que même dans des conditions imparfaites, quand un petit peu de l'élément indispensable est là à la racine même, la chose est possible. C'est difficile? Les vieux obstacles se cramponnent avec obstination? Mais aucune victoire ne peut être remportée sans une fidélité stable au but et un long effort. Il n'y a rien d'autre à faire que de persévérer.

Sri Aurobindo, Lettres sur le Yoga, Les relations humaines dans le Yoga
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5 mois auparavant

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AVANT DE S’ENDORMIR

Une chose que l'on peut faire en toute sécurité, c'est, avant de s'endormir, de se concentrer, de relâcher toute tension dans l’être physique, de tâcher - c’est-à-dire dans le corps - de faire que le corps soit comme un chiffon sur le lit, que ce ne soit plus quelque chose qui soit avec des crispations et des crampes; le relâcher complètement comme si c’était une espèce de chose comme un chiffon. Et puis le vital: le calmer autant que vous pouvez, le rendre aussi tranquille, aussi paisible que possible. Et puis le mental aussi: le mental, tâcher de le garder comme ça, sans activité. Il faut mettre sur le cerveau une force de grande paix, de grande tranquillité, de silence si possible, et puis ne pas suivre activement des idées, ne pas faire d’efforts, rien, rien; il faut relâcher le m mouvement aussi là, mais le relâcher dans une sorte de silence et de tranquillité aussi grands que possible.
Une fois que vous avez fait tout ça, vous pouvez ajouter soit une prière, soit une aspiration, suivant la nature de chacun, pour demander la conscience, la paix, et à être protégé contre toutes les forces adverses pendant tout le sommeil, être dans une concentration d’aspiration tranquille et dans une protection; demander à la Grâce de veiller sur votre sommeil; et puis vous vous endormez. Ça, c’est s’endormir dans les meilleures conditions possibles. Ce qui arrive après dépend de vos impulsions intérieures, mais si vous faites cela obstinément, nuit après nuit, nuit après nuit, après quelque temps ça a son effet.

Mère, La Voie ensoleillée
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5 mois auparavant

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Cecile Chalot Wuttké, Catherine Saurel et 10 autres aiment ça

Danièle RitschQuelles perles de sagesse, d'évolution, d'ouverture Auroville nous offre....5 mois auparavant   ·  1
Alfonso Chaney5 mois auparavant

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L’homme est un anormal qui n’a pas trouvé sa normalité. Il peut s’imaginer l’avoir trouvée ; il peut paraître normal dans son espèce; mais cette normalité n’est qu’une sorte d’ordre provisoire, et, par suite, bien que l’homme soit infiniment supérieur à la plante ou à l’animal, il n’est pas parfait dans sa propre nature comme le sont la plante et l’animal. Il ne faut pas du tout déplorer cette imperfection; au contraire, c’est un privilège et une promesse, car elle ouvre devant nous une perspective immense de développement et de surpassement. A son sommet, l’homme est un demi-dieu surgi de la Nature animale où il est splendidement anormal; mais l’être qu’il a commencé de devenir, le dieu complet, est tellement plus grand que ce qu’il est, que cette divinité lui semble aussi anormale qu’il est lui-même anormal pour l’animal. Ceci le met en face d’un labeur de croissance énorme et ardu, mais lui promet aussi le couronnement d’une victoire splendide pour son espèce. Un royaume lui est offert, auprès duquel ses triomphes actuels dans le domaine mental et sur la Nature extérieure apparaîtront comme une grossière ébauche et un pauvre début.

Quel est exactement le défaut originel de toute l’imperfection humaine? (...) A première vue, l’homme semble doté d’une double nature: la nature animale de l’être vital et physique qui vit selon ses instincts, ses impulsions, ses désirs et qui suit une orientation et une méthode automatiques, et en même temps, la nature semi-divine de l’être intellectuel, éthique, esthétique, intelligemment émotif, intelligemment dynamique, conscient de lui-même, capable de découvrir et de comprendre la loi de sa propre action, de s’en servir et de l’améliorer consciemment, doté d’un mental réfléchissant qui comprend la Nature, d’une volonté qui utilise, élève et perfectionne cette Nature, et d’une perception qui en jouit intelligemment. Le but de la partie animale de notre être est d’accroître ses possessions vitales et sa jouissance vitale; le but de la partie semi-divine en nous est aussi de croître, de posséder et de jouir, mais d’abord, de posséder et de jouir intelligemment, esthétiquement, éthiquement, par les pouvoirs du mental plus que par les pouvoirs de la vie et du corps; ensuite, de posséder et de jouir, non pas tant des choses vitales et physiques - sauf dans la mesure où c’est nécessaire comme fondement et point de départ, comme une nécessité ou une condition préliminaires, une base, un point d’appui -, mais surtout des choses intellectuelles, éthiques et esthétiques, et de croître, non pas tant dans la vie extérieure - sauf dans la mesure où c’est nécessaire à la sécurité, à l’aisance et à la dignité de notre existence humaine -, mais dans le vrai, le bien et le beau. Telle est l’humanité véritable de l’homme, son unique distinction et sa seule anomalie dans la norme de cette Nature matérielle inconsciente.

Cela signifie que l’homme a fait apparaître un nouveau pouvoir d’être ( que nous pouvons appeler un pouvoir d’âme, à condition de considérer la vie et le corps aussi comme des pouvoirs de l’âme), et l’être qui a développé ce pouvoir est de ce fait obligé, non seulement de regarder le monde de sa nouvelle hauteur et de tout réévaluer de ce point de vue nouveau, mais de contraindre sa nature entière à obéir à ce pouvoir et, en un sens, à se refaçonner dans son moule, voire même à remodeler autant qu’il le peut la vie qui l’entoure à l’image de cette vérité et de cette loi plus hautes. C’est en cela que réside son swadharma, sa vraie loi et sa vraie manière d’être, la voie de sa perfection et de son bonheur réel. S’il échoue, il manque le but de sa natre et de son être, et il doit recommencer jusqu’à ce qu’il trouver le vrai chemin et arrive à un tournant favorable, à une crise de transformation décisive. Or, c’est justement ce que l’homme n’a pas su faire. Il a accompli quelque chose, il a franchi une certaine étape de son voyage. Il a, jusqu’à un certain point, mis le joug d’une règle intellectuelle, éthique et esthétique sur les parties vitales et physiques de son existence, et fait en sorte qu’il lui soit impossible d’être ou de se contenter d’être le pur animal humain. Mais il n’a pas été capable d’en faire plus. La transformation de sa vie à l’image du vrai, du bien et du beau, semble aussi lointaine que jamais; s’il s’en approche parfois sous quelque forme imparfaite (et même alors, s’agit-il d’une classe seulement ou d’un petit nombre d’individus, avec une action réflexe sur la vie de la masse), il retombe bientôt en arrière dans une décadence générale de sa vie, à moins qu’il ne se précipite dans quelque bouleversement déroutant, pour en sortir avec de nouveaux gains, sans doute, mais non sans de sérieuses pertes. Il n’est jamais arrivé au grand tournant, jamais à la crise de transformation décisive.

L’échec principal - en fait la source même de tout cet échec - vient de ce que l’homme n’a pas été capable de déplacer vers le haut ce que nous avons appelé la « volonté implicite » au centre de sa vie, la force et la foi sûre inhérentes à son principal pouvoir d’action. La volonté centrale de sa vie se situe encore dans son être vital et physique, et elle reste naturellement portée aux jouissances vitales et physiques - des jouissances éclairées, certes, et dont les impulsions sont réfrénées jusqu’à un certain point par les pouvoirs supérieurs; mais éclairées très partiellement seulement, et non soulevées à un plan supérieur. La vie supérieure est encore seulement superposée à l’inférieure comme une sorte d’intruse permanente dans notre existence habituelle. L’intruse intervient constamment dans la vie normale; elle gronde, encourage, décourage, sermonne, manipule, réajuste, mais ne soulève que pour laisser retomber; elle n’a pas le pouvoir de transformer, pas le pouvoir de transmuer et de recréer. A vrai dire, elle semble ne pas très bien savoir elle-même vers quoi tend tout cet effet, cette lutte pénible; parfois, elle croit que c’est vers une vie humaine tout à fait tolérable sur la terre, mais la norme de cette vie, elle n’arrive jamais à la fixer; et parfois elle imagine que le voyage la conduit à un autre monde où, par sa vie religieuse sinon par une mort édifiante, elle échappera à tous les tracas et les tourments de l’être mortel. Ainsi, ces deux éléments, supérieur et inférieur, vivent-ils ensemble dans une mutuelle et constante perplexité, perpétuellement mal à l’aise, perpétuellement gênés et contredis l’un par l’autre, un peu comme une femme et un mari mal assortis, toujours en désaccord et pourtant à moitié amoureux l’un de l’autre, ou du moins nécessaires l’un à l’autre, incapables d’arriver à une harmonie et pourtant condamnés à être accouplés par une laisse malheureuse jusqu’à ce que la mort les sépare. Tout le malaise, l’insatisfaction, la désillusion, la lassitude, la mélancolie, le pessimisme du mental humain, viennent de la faillite de l’homme à résoudre pratiquement l’énigme et la difficulté de sa double nature.

Nous avons dit que la faillite venait de ce que le pouvoir supérieur, mental, n’était qu’un médiateur, et que de transformer complètement la vie vitale et physique à son image, n’était peut-être pas possible, ou en tout cas n’était pas l’intention de la Nature en nous. On pourrait peut-être arguer que certains individus ont malgré tout réussi à effectuer un semblant de transformation, qu’ils ont vécu une vie entièrement éthique, artistique ou intellectuelle, qu’ils ont même façon leur vie selon un certain idéal du vrai, du bien et du beau; or, ce que l’individu a accompli, l’espèce le peut aussi et doit finalement réussir à l’accomplir; car l’individu exceptionnel est le type futur, le précurseur. Mais à quoi revient leur succès, vraiment? - Ou bien ils ont appauvri la vie vitale et physique en eux afin de donner libre essor à un seul élément de leur être, et ils ont vécu un seul côté de l’existence, une vie limitée; ou bien ils sont arrivés à un compromis, qui donnait certes à la vie supérieure une grande prépondérance, mais laissait la vie inférieure pâturer dans son propre champ sous l’oeil plus ou moins sévère ou la bride plus ou moins indulgente du ou des pouvoirs supérieurs; et la vie elle-même, en ses instincts et ses exigences propres, restait inchangée. Il y avait domination, mais non transformation.

La vie ne peut pas être entièrement rationnelle, elle ne peut pas se conformer entièrement à la mentalité éthique ni esthétique ni scientifique ni philosophique; le mental n’est pas l’archange prédestiné de la transformation. Toutes les apparences qui pourraient nous faire croire au contraire sont toujours un trompe-l’oeil, une illusion intellectuelle, esthétique ou éthique. On peut dominer la vie, peut-être, ou la refouler, mais elle réserve ses droits; et même si certains individus ou une classe parviennent à établir cette domination pendant un temps et à en imposer le simulacre à la société, la Vie finit toujours par circonvenir l’intelligence; elle trouver des éléments forts dans l’intelligence - qui passent de son côté et l’aident à rétablir ses instincts et à reprendre possession de son domaine; ou, si elle n’y réussit pas, elle se venge par sa propre déchéance, qui entraîne la déchéance de la société et déçoit l’espoir éternel. Ceci est si vrai qu’il est des époques où l’humanité s’est aperçue de ce fait et, renonçant à vouloir dominer l’instinct vital, s’est décidée à mettre l’intelligence au service de cet instinct et à lui donner de la lumière sur son propre terrain au lieu de l’asservir à un idéal plus élevé, mais chimérique.

L’âge matérialiste récent a été une période de ce genre.

Sri Aurobindo, Le Cycle Humain, chapitre XXII, La nécessité de la transformation spirituelle.
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5 mois auparavant

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Vâniananda Frietas, Nicole Ory et 11 autres aiment ça

Auroville m'appelleLa clé de l'équation humaine...5 mois auparavant   ·  1
Catherine GaillotSuperbe texte 💛💛💛💛💛5 mois auparavant
Bruno GazinMerci pour ce partage5 mois auparavant

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Pour qu'un âge subjectif, dernière étape d'un cycle social, puisse aboutir à une société spiritualisée et amener l'émergence de l'humanité à un niveau évolutif supérieur, il ne suffit pas que certaines idées favorables à cette tournure de la vie humaine se saisissent du mental collectif de l'espèce et imprègnent les mobiles ordinaires de sa pensée, de son art, son éthique, ses idéaux politiques, son effort social, ni même qu'elles entrent profondément dans sa manière intérieure de penser et de sentir. Il ne suffit pas non plus que l'idée du royaume de Dieu sur la terre, d'un règne de spi­ritualité, de liberté et d'unité, d'une égalité et d'une harmonie réelles et intérieures (et pas seulement d'une égalisation et d'une association extérieures et mécaniques) deviennent définitivement l'idéal de la vie; il ne suffit pas de professer activement que cet idéal est possible et désirable, digne d'être recherché, et que l'on doit lutter pour y atteindre; il ne suffit même pas qu'il devienne la préoccupation directrice du mental humain. Tout cela serait évidemment un très grand pas en avant — un énorme pas si l'on considère ce que sont à présent les idéaux de l'humanité. Ce serait le commencement nécessaire, le milieu mental indispensable à une rénovation vivante de la société humaine en un type plus élevé. Mais en soi, ceci n'aboutirait qu'à une timide entreprise pour introduire dans la vie humaine et ses institutions quelque reflet de l'esprit manifesté; ou à une entreprise vigoureuse peut-être, mais dont le succès resterait partiel et temporaire. Jusqu'à présent, l'humanité n'a jamais tenté d'aller plus loin sur cette voie. Elle n'a même jamais tenté d'aller jusqu'au bout de ce petit commencement, excepté dans les limites d'un ordre religieux ou d'une communauté particulière, et encore était-ce avec des défauts si sérieux et des limitations si formidables que l'expérience en restait sans effet et sans rapport avec la vie humaine en général. Si nous nous contentons simplement de professer l'idéal et d'admettre son influence générale sur la vie humaine, l'humanité en restera encore à ce petit commencement dans l'avenir. Il faut davantage. Certes, un éveil spirituel général et une aspiration générale dans l'humanité sont le grand pouvoir moteur nécessaire, mais le pouvoir d'effectuation doit être plus grand. Il faut une recréation dynamique de notre humanité individuelle en un type spirituel.

En fait, l'humanité est satisfaite de traiter l'idéal comme une aspiration, qui reste presque totalement à l'état d'aspiration, et elle n'admet l'idéal que comme une influence partielle. On ne permet pas à l'idéal de modeler la vie tout entière, on lui permet seulement de la colorer plus ou moins; on s'en sert même souvent comme d'un paravent ou d'une excuse pour couvrir des activités qui sont diamétralement opposées à son esprit réel. On crée des institutions avec l'intention de donner corps à cet esprit, mais l'intention reste trop légère et l'on considère comme suffisant le fait d'avoir un idéal et de vivre selon ses institutions. Professer un idéal, devient presque une excuse pour ne pas vivre, selon l'idéal; l'existence des institutions suffit à dispenser que l'on insiste sur l'esprit qui a engendré les institutions. Mais de par sa nature même, la spiritualité est subjective et non mécanique; elle n'est rien si elle n'est pas vécue intérieurement, rien si la vie extérieure ne découle pas de cette existence intérieure. Les symboles, les types, les conventions, les idées ne suffisent pas. Un symbole spirituel n'est qu'une étiquette dépourvue de sens si la chose symbolisée n'est pas réalisée en esprit. Une convention spirituelle peut perdre ou répudier son esprit et devenir un mensonge. Il se peut qu'un type spirituel soit un moule temporaire où coule la vie spirituelle, mais c'est aussi une limitation qui peut devenir une prison où elle se fossilise et périt. Une idée spirituelle est un pouvoir, mais seulement quand elle est créatrice intérieurement et extérieurement. Nous sommes ici devant un principe pragmatique qu'il nous faut élargir et approfondir, à savoir que la vérité est ce que nous créons, mais en ce sens d'abord qu'elle est ce que nous créons en nous-mêmes, C'est-à-dire ce que nous devenons. Sans doute, la vérité spirituelle existe-t-elle éternellement au-delà, indépendante de nous, dans les cieux de l'esprit; mais elle n'est d'aucune utilité pour l'humanité ici-bas, elle ne devient pas vérité de la terre, pas vérité de la vie tant qu'elle n'est pas vécue. La perfection divine est toujours là, au-dessus de nous, mais par spiritualité nous entendons que l'homme devienne divin en conscience et en actes, et qu'intérieurement et extérieurement il vive la vie divine; toute signification moindre donnée à ce terme est une ineptie inadéquate ou une imposture.

Pareil accomplissement n'est possible que par un changement individuel de chaque vie humaine, comme le reconnaissent les religions subjectives. L'âme collective est seulement la grande source semi subconsciente de l'existence individuelle, et si elle doit prends une forme psychologique précise ou assumer un nouveau genre de vie collective, ce ne peut être que par la croissance des individus et par leur pouvoir formateur. L'esprit manifesté par la collectivité et le pouvoir vrai de sa vie seront à l'image de l'esprit et de la vie des individus qui la composent. Une société qui vit par ses institutions et non par ses hommes, n'est pas une âme collective mais une machine; sa vie devient un produit mécanique et cesse d'être une croissance vivante. Par conséquent, l'avènement d'un âge spirituel doit être précédé par l'apparition d'individus de plus en plus nombreux qui ne seront plus satisfaits de l'existence normale, intellectuelle, vitale et physique de l'homme, et qui percevront qu'une évolution supérieure est le but réel de l'humanité et tenteront de la réaliser en eux-mêmes, puis d'y conduire les autres et d'en faire le but reconnu de l'espèce. Dans la mesure où ils réussiront et selon le degré auquel ils pousseront cette évolution, la potentialité encore irréalisée qu'ils représentent, deviendra une possibilité pratique de l'avenir.

Dans le passé, les grands accès de spiritualité se traduisaient généralement par l'avènement d'une religion nouvelle d'un type ou d'un autre qui s'efforçait de s'imposer à l'humanité comme un ordre nouveau universel. Mais cette cristallisation a toujours été, non seulement prématurée mais fausse aussi; elle a empêché plutôt qu'elle n'a favorisé une réalisation profonde et sérieuse. Certes, le but d'un âge spirituel de l'humanité doit s'accorder au but essentiel des religions subjectives, c'est-à-dire une nouvelle naissance, une nouvelle conscience, une évolution ascendante de l'être humain, une descente de l'esprit dans toutes les parties de notre être, une réorganisation spirituelle de notre vie; mais si cet effort se laisse limiter par le vieil appareil familier et les moyens imparfaits d'un mouvement religieux, il enregistrera très probablement un nouvel échec. Un mouvement religieux apporte généralement une Vague d'excitation et d'aspiration spirituelles qui se communique a un grand nombre d'individus et se traduit par une élévation temporaire et une formation pratique, en partie spirituelle, en partie morale, en partie dogmatique. Mais au bout d'une génération ou deux, ou de quelques générations tout au plus, la vague commence à se retirer et la formation reste. Si le mouvement a été très puissant, parce que, à sa source, il y avait une grande personnalité spirituelle, il est possible qu'il laisse derrière lui une influence centrale et une discipline intérieure qui peuvent très bien servir de point de départ à, de nouvelles vagues; mais celles-ci seront de moins en moins puissantes et de moins en moins durables à mesure que le mouvement s'éloignera de sa Source. Car, dans l'intervalle, pour relier les fidèles entre eux et en même temps les distinguer du monde extérieur non régénéré, un ordre religieux se sera mis à grandir, une Église, une hiérarchie, un type de vie éthique fixe et non progressif, une collection de dogmes cristallisés, de cérémonies, d'ostentations et de superstitions sanctifiées, bref une mécanique compliquée pour le salut de l'humanité. Ainsi, la spiritualité se subordonne de plus en plus à une croyance intellectuelle, à des règles extérieures de conduite et à un rituel de surface; les motifs supérieurs se subordonnent aux motifs inférieurs, et la seule chose essentielle, à des supports, des instruments, des accidents. La tentative initiale, spontanée et puissante, qui voulait convertir la vie entière à une existence spirituelle, cède la place à un système fixe de croyances et de morale avec une teinte d'émotion spirituelle; finalement, même cet élément sauveur est dominé par la mécanique extérieure — l'édifice protecteur devient un tombeau. L'Église prend la place de l'esprit et exige que l'on souscrive universellement et formellement à son credo, à son rituel et son ordre; la vie spirituelle n'est plus pratiquée que par les élus, et encore dans les limites prescrites par leur croyance et leur ordre figés. La majorité néglige même cet effort étroit et se contente de remplacer l'appel d'une vie plus profonde par une piété soigneuse, ou négligente. Finalement, on s'aperçoit que l'esprit de la religion est devenu un maigre ruisseau obstrué par les sables; au mieux, quelques brèves submersions occasionnelles du lit desséché de ses conventions, l'empêchent-elles encore de devenir un simple souvenir dans les chapitres défunts du Temps.

Sri Aurobindo, Le Cycle Humain, L’AVÈNEMENT DE L'AGE SPIRITUEL
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5 mois auparavant

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224 – «Si je ne peux pas être Râma, alors je voudrais être Râvana, car il est le côté sombre de Vichnou.» (Râma est une incarnation divine, tandis que Râvana est l'incarnation d'un démon.) Mère avait commenté ce dernier Aphorisme en disant: «Ceci veut dire que la douceur sans la force, et la bonté sans la puissance, sont incomplètes et ne peuvent exprimer totalement le Divin. Je pourrais dire que la charité et la générosité d'un Asoura converti sont infiniment plus efficaces que celles d'un ange innocent.»
Agenda de Mère, 13 décembre 1969
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5 mois auparavant

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" Dans la nature, il y a une évolution ascendante de la pierre à la plante, de la plante à l’animal, de l’animal à l’homme. Puisque que l’homme contemporain est le dernier échelon au sommet de l’évolution ascendante, il se considère comme le dernier stade de cette ascension et croit qu’il y ne peut rien y avoir de plus haut que lui sur terre. Il se trompe en pensant cela. Selon sa nature physique, il est encore presque un animal, bien qu’il soit un animal pensant et parlant, il a pourtant les habitudes corporelles d’un animal. La nature ne peut sans aucun doute être satisfaite d’un résultat si imparfait; elle cherche à produire une être qui sera pour l’homme ce que l’homme est pour l’animal, un être qui restera un homme selon sa forme extérieure, mais dont la conscience surpassera cependant de loin le mental et son asservissement à l’ignorance." Mère ... Voir plusVoir moins

5 mois auparavant

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Jean Rodney Jacques SimonPerfecto5 mois auparavant
Yoldy Yol Jacques Simon5 mois auparavant   ·  1

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