5 jours auparavant

Auroville m'appelle

The Mother
Mother's Darshan~2
Love You Maa... 🙂
... Voir plusVoir moins

5 jours auparavant

Auroville m'appelle

The Mother
Mother's Darshan~4
Love You Maa... 🙂
... Voir plusVoir moins

 

Commenter sur Facebook

j'aurais bien aimer y etre Ă  cette Ă©poque!!

2 semaines auparavant

Auroville m'appelle

La transformation et l’harmonisation terrestres peuvent s’accomplir Ă  l’aide de deux procĂ©dĂ©s, opposĂ©s en apparence, qui doivent se combiner, c’est-Ă -dire rĂ©agir l’un sur l’autre et se complĂ©ter l’un par l’autre :

1) La transformation individuelle, le dĂ©veloppement intĂ©rieur menant Ă  l’union avec la divine PrĂ©sence.

2) La transformation sociale, l’établissement d’un milieu d’ordre favorable Ă  l’éclosion et au dĂ©veloppement des individus.

Comme le milieu rĂ©agit sur l’individu et que, d’autre part, de la valeur de l’individu dĂ©pend la valeur du milieu, les deux Ɠuvres doivent ĂȘtre menĂ©es de front.

(
)

Pour chaque individu aussi, le travail est double et doit ĂȘtre fait simultanĂ©ment, l’un favorisant et complĂ©tant l’autre :

1) Le dĂ©veloppement intĂ©rieur, l’union progressive avec la lumiĂšre divine, seul Ă©tat qui permette Ă  l’homme d’ĂȘtre toujours en harmonie avec le grand courant de vie universelle.

2) L’action extĂ©rieure que chacun doit choisir selon ses capacitĂ©s et ses prĂ©fĂ©rences personnelles. Il doit trouver sa propre place, celle qu’il est seul Ă  pouvoir remplir, dans le concert gĂ©nĂ©ral et s’y donner tout entier, sans ignorer pourtant qu’il ne joue qu’une note dans la symphonie terrestre, mais que sa note est indispensable Ă  l’harmonie du tout, et que toute sa valeur rĂ©side dans sa justesse. »

La Mùre, Paroles d’autrefois, Volume 2, 7 mai 1912
... Voir plusVoir moins

La transformation et l’harmonisation terrestres peuvent s’accomplir Ă  l’aide de deux procĂ©dĂ©s, opposĂ©s en apparence, qui doivent se combiner, c’est-Ă -dire rĂ©agir l’un sur l’autre et se complĂ©ter l’un par l’autre : 

1) La transformation individuelle, le dĂ©veloppement intĂ©rieur menant Ă  l’union avec la divine PrĂ©sence. 

2) La transformation sociale, l’établissement d’un milieu d’ordre favorable Ă  l’éclosion et au dĂ©veloppement des individus. 

Comme le milieu rĂ©agit sur l’individu et que, d’autre part, de la valeur de l’individu dĂ©pend la valeur du milieu, les deux Ɠuvres doivent ĂȘtre menĂ©es de front. 

(
)

Pour chaque individu aussi, le travail est double et doit ĂȘtre fait simultanĂ©ment, l’un favorisant et complĂ©tant l’autre : 

1) Le dĂ©veloppement intĂ©rieur, l’union progressive avec la lumiĂšre divine, seul Ă©tat qui permette Ă  l’homme d’ĂȘtre toujours en harmonie avec le grand courant de vie universelle. 

2) L’action extĂ©rieure que chacun doit choisir selon ses capacitĂ©s et ses prĂ©fĂ©rences personnelles. Il doit trouver sa propre place, celle qu’il est seul Ă  pouvoir remplir, dans le concert gĂ©nĂ©ral et s’y donner tout entier, sans ignorer pourtant qu’il ne joue qu’une note dans la symphonie terrestre, mais que sa note est indispensable Ă  l’harmonie du tout, et que toute sa valeur rĂ©side dans sa justesse. »

La Mùre, Paroles d’autrefois, Volume 2, 7 mai 1912

3 mois auparavant

Auroville m'appelle

J’ai eu la chance d’avoir François Chenet comme professeur de philosophie indienne Ă  La Sorbonne et c’est un grand pĂ©dagogue qui sait introduire nos esprits d’occidentaux dans la jungle conceptuelle indienne avec une clartĂ© et une exigence qui le caractĂ©risent. 🙏Les Nouveaux chemins de la connaissance avec François Chenet AprĂšs les Upanishads, lundi dernier, prĂ©sentĂ© par Michel Hulin, la Bhagabad-Gita, mardi, . Philo... ... Voir plusVoir moins

Video image

 

Commenter sur Facebook

Merci Isabelle. Comment as-tu commencé le yoga intégral, le yoga de Sri Aurobindo et Douce MÚre?

Pas de son dans la vidéo Dommage, ,,

3 mois auparavant

Auroville m'appelle

Une lettre de Sri Aurobindo Ă  son jeune frĂšre Barin
Le 7 avril 1920

Mon cher Barin,

J'ai reçu ta lettre, mais je n'ai pas rĂ©ussi Ă  y rĂ©pondre jusqu'Ă  aujourd'hui. C'est mĂȘme un miracle qu'en ce moment je sois assis pour t'Ă©crire – Ă©crire une lettre est pour moi un Ă©vĂ©nement qui se produit tous les trente-six du mois; surtout en bengali, cela ne m'est pas arrivĂ© depuis cinq ou six ans. Si j'arrive Ă  terminer cette lettre et Ă  la mettre Ă  la poste, le miracle sera complet !
Parlons d'abord de ton yoga. Tu voudrais m'en remettre le soin. Je ne demande pas mieux, mais cela veut dire le remettre Ă  Celui qui nous meut tous les deux, toi et moi, ouvertement ou secrĂštement, par sa divine Shakti [Énergie]. Et tu dois savoir que l'inĂ©vitable consĂ©quence est qu'il te faudra marcher sur la voie particuliĂšre qu'il m'a ordonnĂ© de suivre et que j'appelle la voie du «Yoga IntĂ©gral». Ce avec quoi j'ai commencĂ© – ce que LĂ©lĂ© (1) m'a donnĂ© – n'Ă©tait qu'une recherche du Chemin, un tour d'horizon – un premier contact, une mise en route, une manipulation ou un examen rigoureux de tel ou tel point des anciens yogas partiels, une expĂ©rience complĂšte (si l'on peut dire) de l'un d'eux, puis la poursuite d'un autre.
Plus tard, aprÚs mon arrivée à Pondichéry, cet état d'instabilité a pris fin. Le Gourou du monde, qui est en nous, me donna alors toutes les instructions nécessaires à mon chemin: sa théorie complÚte, les dix membres du corps de ce yoga. Ces dix derniÚres années, Il m'a fait défricher le chemin par l'expérience, et ce n'est pas encore terminé. Cela peut prendre encore deux ans et tant que ce n'est pas fini, je doute que je puisse retourner au Bengale. Pondichéry est le lieu qui m'a été désigné pour la siddhi [réalisation] de mon yoga, sauf en fait pour une partie, qui est l'action. Le centre de mon travail est le Bengale mais, je l'espÚre, sa circonférence s'étendra à toute l'Inde et à la terre entiÚre.
Je t'Ă©crirai plus tard ce qu'est cette voie de yoga. Ou, si tu viens ici, je te l'expliquerai de vive voix. Dans ce domaine, parler vaut mieux qu'Ă©crire. Pour le moment, je ne puis dire qu'une chose: son principe fondamental est d'harmoniser et d'unifier la connaissance complĂšte, les Ɠuvres complĂštes et la bhakti [amour] complĂšte, en les haussant au-dessus du mental et en leur donnant une perfection complĂšte sur le plan supramental ou VijnĂąna. Le dĂ©faut des anciens yogas Ă©tait que, ayant la connaissance du mental et la connaissance de l'Esprit, ils se satisfaisaient de l'expĂ©rience de l'Esprit dans le mental. Mais le mental ne peut saisir que ce qui est divisĂ© et partiel; il ne peut pas capter absolument l'infini, l'indivisible. Les moyens dont il dispose pour atteindre l'infini sont le SannyĂąsa [renoncement], le Moksha [libĂ©ration] et le Nirvana, et rien d'autre. En fait, n'importe qui peut parvenir au Moksha sans forme, mais quel est l'avantage ? Le Brahman, le Moi, Dieu, sont toujours lĂ . Ce que Dieu veut dans l'homme, c'est s'incarner ici-bas dans l'individu et dans la collectivitĂ©, rĂ©aliser Dieu dans la vie.
Les anciennes voies de yoga n'ont pas rĂ©ussi Ă  harmoniser ni a unifier l'Esprit et la vie: au contraire, elles ont reniĂ© le monde, le considĂ©rant comme MĂąyĂą [illusion] ou comme un Jeu transitoire. Le rĂ©sultat a Ă©tĂ© la perte de la puissance de vie et la dĂ©gĂ©nĂ©rescence de l'Inde. Selon la parole de la GuĂźtĂą, « Ces peuples pĂ©riront si je ne fais pas les Ɠuvres. » Les peuples de l'Inde sont rĂ©ellement tombĂ©s en ruine. Quelques sannyĂąsins et bairĂąguis [renonçants] devenus des saints parfaits et libĂ©rĂ©s, quelques bhaktas [amants de Dieu] qui dansent dans la folle extase de l'amour et dans l'Ă©motion douce de l'Ananda [fĂ©licitĂ©], et puis une race tout entiĂšre devenue amorphe, vide d'intelligence, enfoncĂ©e dans un profond tamas [inertie] – est-ce lĂ  l'effet d'une spiritualitĂ© vĂ©ritable ? Non. Certes, nous devons d'abord obtenir toutes les expĂ©riences partielles possibles sur le plan mental, et inonder, illuminer le mental par la lumiĂšre spirituelle; mais ensuite, il faut passer au-dessus. Si nous ne passons pas au-dessus, c'est-Ă -dire sur le plan supramental, nous ne pouvons pas connaĂźtre l'ultime secret du monde – le problĂšme qu'il pose n'est pas rĂ©solu. Dans le Supramental, l'ignorance qui crĂ©e la dualitĂ© de l'Esprit et de la MatiĂšre, la contradiction de la vĂ©ritĂ© de l'Esprit et de la vĂ©ritĂ© de la vie, disparaĂźt. LĂ , il n'est plus nĂ©cessaire de dire que le monde est Maya [une illusion]. Le monde est le Jeu Ă©ternel de Dieu, la manifestation Ă©ternelle du Moi. Alors il devient possible de connaĂźtre Dieu entiĂšrement et de Le possĂ©der entiĂšrement – de faire comme dit la GuĂźtĂą: « Me connaĂźtre intĂ©gralement. » Le corps physique, la vie, le mental et l'entendement, le Supramental, l'Ananda, tels sont les cinq plans de l'Esprit. Plus l'homme s'Ă©lĂšve sur cette voie ascendante, plus il s'approche de l'Ă©tat de perfection suprĂȘme qui s'offre Ă  son Ă©volution spirituelle.
Le Supramental trouvĂ©, il devient facile de s'Ă©lever jusqu'Ă  l'Ananda. Alors on acquiert la base solide, l'Ă©tat de l'Ananda indivisible et infini non seulement dans le Parabrahman [Absolu] hors du temps, mais dans le corps mĂȘme, dans la vie, dans le monde. L'ĂȘtre intĂ©gral, la conscience intĂ©grale, la Joie intĂ©grale s'Ă©panouissent et prennent forme dans la vie. Telle est la clef centrale de mon yoga, son principe fondamental.
Ce changement n'est pas facile Ă  effectuer. Au bout de quinze ans, je n'en suis encore qu'au plus bas des trois Ă©chelons du Supramental et j'essaye d'y hisser toutes les activitĂ©s infĂ©rieures. Mais lorsque cette siddhi [rĂ©alisation] sera complĂšte, je suis absolument certain que Dieu, Ă  travers moi, donnera aux autres, avec moins d'efforts, la siddhi du Supramental. À ce moment-lĂ , mon vrai travail commencera.
Je ne suis pas impatient du succĂšs dans mon travail. Ce qui doit arriver arrivera au moment voulu par Dieu. Je ne suis pas portĂ© Ă  me hĂąter d'une façon dĂ©sordonnĂ©e ni Ă  me ruer dans le champ de l'action par la force du petit ego. MĂȘme si je n'avais aucun succĂšs dans mon travail, je n'en serais pas troublĂ©. Ce travail n'est pas le mien, c'est celui de Dieu. Je n'Ă©couterai aucun autre appel. Quand Dieu me fait bouger, je bouge.
Je sais trĂšs bien que le Bengale n'est pas rĂ©ellement prĂȘt. Le flot spirituel qui est venu est en grande partie une forme nouvelle du vieux courant. Ce n'est pas la vraie transformation. Cependant, cela aussi Ă©tait nĂ©cessaire. Le Bengale a retrouvĂ© les anciens yogas et Ă©puisĂ© leurs sanskĂąras [vieilles tendances], extrayant leur essence et fertilisant ainsi le terrain. Ce fut d'abord le tour du VĂ©danta: l'AdvaĂŻta, le SannyĂąsa, la MĂąyĂą de Shankara, etc. Actuellement, c'est le tour du dharma vichnouite: la LĂźlĂą, l'amour, l'ivresse de l'expĂ©rience Ă©motive. Tout cela est trĂšs vieux, inadaptĂ© Ă  l'Ăąge nouveau et ne durera pas – une excitation de ce genre est incapable de durer. Mais le mĂ©rite du bhĂąva [Ă©lan] vichnouite est qu'il garde un certain lien entre Dieu et le monde et qu'il donne un sens Ă  la vie; cependant, comme c'est un bhĂąva partiel, il y manque le lien complet, le sens complet. La tendance Ă  crĂ©er des sectes, comme tu l'as remarquĂ©, Ă©tait inĂ©vitable. Il est de la nature du mental de se saisir d'une partie et de l'appeler le tout, puis d'exclure tout le reste. Le Siddha [illuminĂ©] qui apporte l'Ă©lan (bhĂąva), bien que s'appuyant sur un aspect partiel, garde tout de mĂȘme une certaine connaissance de l'intĂ©gral, encore qu'il soit incapable de lui donner une forme. Mais ses disciples sont incapables d'avoir cette connaissance intĂ©grale, justement parce qu'elle est sans forme – ils sont en train de lier leurs petites gerbes, laissons-les. Les gerbes se dĂ©feront d'elles-mĂȘmes quand Dieu se manifestera Lui-mĂȘme pleinement. Toutes ces choses sont le signe d'un manque d'intĂ©gralitĂ© et de maturitĂ©. Cela ne me trouble pas. Laissons la force spirituelle jouer librement dans le pays, sous n'importe quelle forme et en autant de sectes qu'on veut. Plus tard, nous verrons. C'est l'Ă©tat infantile et embryonnaire de l'Ăąge nouveau. Ce n'est qu'un premier aperçu, pas mĂȘme un commencement.
La particularitĂ© de ce yoga est ainsi: tant que l'on n'a pas obtenu la siddhi [rĂ©alisation] au-dessus, la fondation ne peut pas ĂȘtre parfaite. Ceux qui m'ont suivi ont gardĂ© beaucoup de vieilles empreintes (sanskĂąras) ; quelques-unes ont disparu mais certaines s'accrochent encore. Il y avait le sanskĂąra du SannyĂąsa, et mĂȘme le dĂ©sir de crĂ©er un Aravinda Math [monastĂšre de Sri Aurobindo]. Maintenant l'intellect a reconnu que le SannyĂąsa [renoncement] n'est pas ce qu'il faut, mais l'empreinte de l'ancienne idĂ©e n'a pas encore Ă©tĂ© effacĂ©e du prĂąna [souffle]. Puis on parlait de rester au milieu du monde comme des hommes d'action mondaine, tout en pratiquant le renoncement. La nĂ©cessitĂ© de renoncer au dĂ©sir a Ă©tĂ© comprise, mais le mental n'a pas rĂ©ussi Ă  harmoniser correctement la renonciation au dĂ©sir et la joie de l'Ananda. On a acceptĂ© mon yoga parce qu'il s'accordait tout naturellement au tempĂ©rament bengali, mais moins sous l'angle de la connaissance que sous l'angle du karma [des Ɠuvres] et de la bhakti [amour]. Un peu de connaissance est entrĂ©e, mais la plus grande partie a Ă©chappĂ©; les brumes de la sentimentalitĂ© ne se sont pas dissipĂ©es; la routine du bhĂąva sattvique [esprit religieux] n'a pas Ă©tĂ© brisĂ©e. L'ego est encore lĂ  – en un mot, la connaissance n'a pas fleuri. Je ne suis pas pressĂ©; je laisse chacun se dĂ©velopper selon sa nature. Je ne veux pas façonner tout le monde dans un moule unique. Ce qui est fondamental sera identique en tous, certes, mais s'exprimera en de multiples formes. Tout ĂȘtre se dĂ©veloppe et se forme de l'intĂ©rieur. Je ne veux pas bĂątir de l'extĂ©rieur. La base est lĂ , le reste viendra.
Le but que je poursuis n'est pas une sociĂ©tĂ© enracinĂ©e dans la division, comme l'est la nĂŽtre. Ce que j'ai en vue, c'est un Sangha [communautĂ©] ayant sa base dans l'esprit et Ă  l'image de son unitĂ©. C'est avec cette idĂ©e que le nom de DĂ©va Sangha m'est venu, c'est-Ă -dire la communautĂ© de ceux qui veulent la vie divine. Un Sangha de ce genre doit commencer par s'Ă©tablir en un point, puis se rĂ©pandre dans tout le pays. Mais si la moindre ombre d'Ă©goĂŻsme vient Ă  s'abattre sur l'entreprise, le Sangha se changera en une secte. L'idĂ©e peut se glisser tout naturellement que telle ou telle organisation est le seul vrai Sangha et l'unique centre futur, que tout le reste doit ĂȘtre sa circonfĂ©rence, et que tous ceux qui demeurent Ă  l'extĂ©rieur de ses limites sont hors du bercail, ou mĂȘme s'ils sont dedans, qu'ils se sont Ă©cartĂ©s du droit chemin parce qu'ils pensent diffĂ©remment.
Tu peux dire: « Quel besoin avons-nous d'un Sangha ? L'important est que je sois libre et que je vive dans toutes les formes; devenons tous l'Un sans forme, et arrive ce qui peut au sein de cette immensitĂ© sans forme !» Il y a lĂ  une vĂ©ritĂ©, mais ce n'est qu'un aspect de la vĂ©ritĂ©. Nous n'avons pas seulement affaire Ă  l'Esprit sans forme; nous devons aussi gouverner le mouvement de la vie. Et il ne peut y avoir aucun mouvement effectif de vie sans une forme. C'est le Sans-Forme qui a pris forme, et s'il s'est revĂȘtu du nom et de la forme, ce n'est pas par un caprice de MĂąyĂą [l'Illusion]. La forme est lĂ  parce qu'elle est indispensable. Nous ne voulons exclure de notre domaine aucune des activitĂ©s du monde. Politique, industrie, sociĂ©tĂ©, poĂ©sie, littĂ©rature, art – tout restera –, mais Ă  chacune nous devons donner une Ăąme nouvelle et une forme nouvelle.
Pourquoi ai-je abandonnĂ© la politique ? Parce que notre politique n'est pas quelque chose qui appartienne authentiquement Ă  l'Inde; c'est une importation et une imitation europĂ©ennes. Elle a Ă©tĂ© nĂ©cessaire Ă  un certain moment. Nous aussi, nous avons fait une politique de type europĂ©en. Si nous ne l'avions pas faite, le pays ne se serait pas relevĂ© et nous n'aurions pas acquis l'expĂ©rience qu'il faut pour nous dĂ©velopper complĂštement. Cette politique est encore nĂ©cessaire dans une certaine mesure, pas tellement au Bengale mais dans les autres États de l'Inde. Cependant, il est temps d'empĂȘcher l'ombre de grandir et de s'emparer de la rĂ©alitĂ©. Nous devons trouver l'Ăąme vĂ©ritable de l'Inde et façonner toutes les Ɠuvres Ă  son image.
Les gens parlent maintenant de « spiritualiser la politique », mais en admettant que l'on arrive Ă  quelque rĂ©sultat durable, il en sortira une sorte de bolchevisme indianisĂ©. Je n'ai aucune objection mĂȘme Ă  ce genre de travail – que chacun agisse selon son inspiration. Mais ce n'est pas la vraie chose. Si l'on verse la force spirituelle dans tous ces rĂ©cipients impurs – les eaux de l'OcĂ©an originel dans des vases d'argile brute –, ou bien les vases seront brisĂ©s et l'eau gaspillĂ©e, ou bien le pouvoir spirituel s'Ă©vaporera et seule la forme impure restera. Il en est ainsi dans tous les domaines. Je puis donner le pouvoir spirituel, mais ce pouvoir sera utilisĂ© Ă  sculpter une statue de singe et Ă  l'asseoir sur le trĂŽne dans le temple de Shiva. Si le singe est douĂ© de vie et de puissance, il pourra jouer le rĂŽle du fervent HanoumĂąn et accomplir de grandes Ɠuvres pour RĂąma (2), aussi longtemps que la vie et le pouvoir demeureront en lui. Mais ce que nous voulons dans le temple de l'Inde, ce n'est pas un singe, HanoumĂąn, c'est le dieu, l'avatar, RĂąma lui-mĂȘme.
Nous pouvons nous mĂȘler aux autres, mais pour les attirer tous dans le vrai chemin et en gardant intacts l'esprit et la forme de notre idĂ©al, sinon nous perdrons notre direction et le vrai travail ne sera pas fait. Si partout nous restons comme des individus sĂ©parĂ©s, quelque chose peut ĂȘtre accompli, c'est vrai; mais si partout nous restons comme les membres d'un mĂȘme Sangha, nous pouvons accomplir cent fois plus. Cependant, le temps n'est pas encore venu pour cela. Si nous essayons trop tĂŽt de donner une forme Ă  notre communautĂ©, cela risque de ne pas ĂȘtre la chose exacte que nous voulons. Au dĂ©but, le Sangha n'aura pas une forme concentrĂ©e: ceux qui ont acceptĂ© l'idĂ©al seront unis mais ils travailleront en diffĂ©rents endroits. Plus tard, ils pourront former une sorte de communautĂ© spirituelle et constituer un Sangha compact. Ils donneront alors Ă  toutes leurs Ɠuvres une forme rĂ©pondant Ă  l'exigence de l'Esprit et au besoin de l'Ă©poque; non pas une forme ligotĂ©e et rigide, un achalĂąyatana [une prison3], mais une forme libre qui se rĂ©pandra comme la mer, se modelant en vagues innombrables, ici englobant une chose, lĂ  inondant une autre, et finalement embrassant tout. Si nous procĂ©dons ainsi, une communautĂ© spirituelle s'Ă©tablira progressivement. Telle est mon idĂ©e actuelle. Jusqu'Ă  prĂ©sent, elle ne s'est pas complĂštement dĂ©veloppĂ©e. Tout est entre les mains de Dieu; quoi qu'il nous fasse faire, c'est cela que nous ferons.
Relevons maintenant quelques points particuliers de ta lettre. Je ne veux pas m'Ă©tendre ici sur ce que tu as dit de ton yoga. Nous aurons une meilleure occasion de le faire quand nous nous rencontrerons. ConsidĂ©rer le corps comme une carcasse est la marque du SannyĂąsa, de la voie du Nirvana. On ne peut pas vivre la vie du monde avec cette idĂ©e. On doit avoir la fĂ©licitĂ© en toutes choses – aussi bien dans le corps que dans l'Esprit. Le corps possĂšde une conscience, il est la forme de Dieu. Lorsqu'on voit Dieu dans tout ce qui est au monde, lorsqu'on a cette vision:
« Tout ceci est Brahman, sarvam idam brahma ; VĂąsoudeva est tout ceci, vĂąsoudeva sarva-miti », alors on a la fĂ©licitĂ© universelle. Le flot de cette fĂ©licitĂ© se prĂ©cipite et se rĂ©pand mĂȘme Ă  travers le corps. Lorsqu'on est dans cet Ă©tat et rempli de la conscience spirituelle, on peut mener la vie conjugale et vivre dans le monde. Dans toutes les Ɠuvres, on trouve l'expression de la fĂ©licitĂ© de Dieu. Jusqu'Ă  prĂ©sent, j'ai travaillĂ© Ă  transformer tous les objets et toutes les perceptions du mental et des sens en fĂ©licitĂ© sur le plan mental. Maintenant, ils prennent la forme de la fĂ©licitĂ© supramentale. Dans cet Ă©tat, se trouvent la vision et la perception parfaites de SatchidĂąnanda.
À propos du DĂ©va Sangha, tu dis: « Je ne suis pas un dieu, je ne suis qu'un morceau de fer bien martelĂ© et passĂ© Ă  la trempe. » Personne n'est un Dieu, mais en tout homme un Dieu rĂ©side, et Le manifester est le but de la vie divine. Cela, nous pouvons tous le faire. Je reconnais qu'il y a de grands et de petits ĂądhĂąrs [rĂ©cipients]. Je ne crois pas vraie cependant la description que tu fais de toi. Quelle que soit la nature du rĂ©cipient, dĂšs que le toucher de Dieu est lĂ , dĂšs que l'esprit est Ă©veillĂ©, grand ou petit, cela ne fait pas beaucoup de diffĂ©rence. Il peut y avoir davantage de difficultĂ©s, il peut falloir plus de temps, ou il peut y avoir une diffĂ©rence dans la manifestation – mais ce n'est mĂȘme pas sĂ»r. Le Dieu intĂ©rieur ne tient aucun compte de ces obstacles et de ces insuffisances. Il se fraye un passage malgrĂ© tout. N'avais-je moi-mĂȘme que peu d'imperfections ? Dans mon mental, mon cƓur, ma vie et mon corps, y avait-il moins d'obstacles ? Cela n'a-t-il pas pris du temps ? Dieu m'a-t-il moins martelĂ© ? Jour aprĂšs jour, minute aprĂšs minute, j'ai Ă©tĂ© façonnĂ© en je ne sais quoi, dieu ou autre chose. Mais je suis devenu ou suis en train de devenir quelque chose. C'est suffisant, puisque c'est cela que Dieu a voulu bĂątir. C'est la mĂȘme chose pour tout le monde. Ce n'est pas notre force mais la Shakti [l'Énergie] de Dieu qui est le sĂądhaka [l'ouvrier] de ce yoga.
Je vais te dire rapidement une ou deux choses que j'ai vues depuis longtemps. À mon avis, la principale cause de la faiblesse de l'Inde n'est pas la sujĂ©tion ni la pauvretĂ© ni le manque de spiritualitĂ© ou de dharma [morale], mais le dĂ©clin de la puissance de pensĂ©e, la croissance de l'ignorance dans la patrie de la Connaissance. Partout, je vois l'incapacitĂ© ou la paresse de penser – l'impuissance de la pensĂ©e ou la phobie de la pensĂ©e. Quels que soient les mĂ©rites du Moyen Ăąge, cet Ă©tat de choses est Ă  prĂ©sent le signe d'une terrible dĂ©gĂ©nĂ©rescence. Le Moyen Ăąge Ă©tait la nuit, l'Ă©poque de la victoire de l'ignorance. Le monde moderne est l'Ă©poque de la victoire de la connaissance. Celui qui pense le plus, qui cherche le plus, qui travaille le plus, celui-lĂ  peut sonder et apprendre la vĂ©ritĂ© du monde et acquĂ©rir d'autant plus de Shakti [force]. Si tu regardes l'Europe, tu verras deux choses: un vaste ocĂ©an de pensĂ©e et le jeu d'une force Ă©norme, rapide, et pourtant disciplinĂ©e. Toute la Shakti de l'Europe tient Ă  cela. Et par la force de cette Shakti, elle a dĂ©vorĂ© le monde, comme nos tapaswins [ascĂštes] de jadis dont le pouvoir terrifiait mĂȘme les dieux et les tenait dans l'inquiĂ©tude et la soumission. On dit que l'Europe court Ă  sa perte. Je ne le pense pas. Toutes ces rĂ©volutions et ces bouleversements sont les conditions prĂ©liminaires d'une crĂ©ation nouvelle.
Maintenant, regarde l'Inde. À part quelques gĂ©ants solitaires, on trouve partout notre « homme simple », c'est-Ă -dire l'homme moyen qui ne veut pas et ne peut pas penser, qui n'a pas la moindre Shakti sauf une excitation temporaire. Dans l'Inde, on veut la pensĂ©e simple, le mot facile. En Europe, on veut la pensĂ©e profonde, le mot profond. LĂ -bas, mĂȘme l'ouvrier ordinaire ou l'artisan pense, veut savoir, ne se satisfait pas de choses superficielles, il veut aller derriĂšre les choses. Pourtant, il y a une diffĂ©rence: la force et la pensĂ©e de l'Europe recĂšlent une limitation fatale. Quand elle pĂ©nĂštre dans le domaine spirituel, son pouvoir de pensĂ©e ne peut plus se mouvoir. LĂ , l'Europe ne voit que des Ă©nigmes, des mĂ©taphysiques nĂ©buleuses, des hallucinations yoguiques. Ils se frottent les yeux comme dans un nuage de fumĂ©e et n'arrivent pas Ă  voir clair. Cependant, en Europe, on commence Ă  faire quelque effort pour surmonter mĂȘme cette limitation. Nous, nous avons dĂ©jĂ  le sens spirituel – nous le devons Ă  nos ancĂȘtres – et quiconque possĂšde ce sens tient Ă  sa disposition une telle Connaissance et une telle Shakti que d'un souffle il pourrait balayer toute cette force prodigieuse de l'Europe comme un fĂ©tu de paille. Mais pour obtenir cette Shakti, il faut ĂȘtre un adorateur de la Shakti. Nous ne sommes pas des adorateurs de la Shakti: nous sommes des adorateurs de la voie facile. Mais la Shakti ne peut s'obtenir par la voie facile. Nos ancĂȘtres ont plongĂ© dans un ocĂ©an de vastes pensĂ©es, ils ont acquis une immense Connaissance et Ă©difiĂ© une puissante civilisation. Chemin faisant, la fatigue et la lassitude se sont abattues sur eux. La force de pensĂ©e a diminuĂ©; avec elle, le puissant courant de la Shakti. Notre civilisation est devenue un achalĂąyatan [une prison], notre religion une bigoterie de pratiques extĂ©rieures, notre spiritualitĂ© une lueur confuse ou une vague passagĂšre d'ivresse religieuse. Tant que cela dure, toute rĂ©surrection permanente de l'Inde est improbable.
Au Bengale, cette faiblesse atteint son paroxysme. Le Bengali a une intelligence vive, de la sensibilitĂ© et de l'intuition. Ces qualitĂ©s se sont davantage dĂ©veloppĂ©es chez lui que dans le reste de l'Inde. Toutes sont nĂ©cessaires, mais elles ne sont pas suffisantes. Si, Ă  cela, on ajoutait la profondeur de pensĂ©e, la force tranquille, le courage hĂ©roĂŻque, la capacitĂ© et la joie d'un travail rĂ©gulier, le Bengali pourrait ĂȘtre un chef, non seulement de l'Inde mais de l'humanitĂ©. Mais il ne le dĂ©sire pas, il veut tout obtenir facilement: la connaissance sans l'effort de penser, les fruits sans le labeur, la siddhi [rĂ©alisation] aprĂšs une sĂądhanĂą [pratique] facile. Sa ressource, c'est l'excitation du mental Ă©motif. Mais l'excĂšs d'Ă©motion sans la connaissance est le symptĂŽme mĂȘme de la maladie. Cela aboutit finalement Ă  la fatigue et Ă  l'inertie. Le pays a constamment et progressivement dĂ©clinĂ©. Le pouvoir de vie a dĂ©cru. À quoi le Bengali est-il arrivĂ© dans son propre pays ? Il ne gagne pas assez pour se nourrir et s'habiller, ce ne sont que lamentations de tous cĂŽtĂ©s; sa richesse, ses affaires, son commerce, ses terres, son agriculture mĂȘme passent aux mains des autres. Nous avons abandonnĂ© la sĂądhanĂą de la Shakti, et la Shakti nous a abandonnĂ©s. Nous faisons la sĂądhanĂą de l'Amour, mais quand il n'y a ni Connaissance ni Shakti, l'amour ne peut pas demeurer, l'Ă©troitesse et la mesquinerie prennent la place, et dans un mental Ă©troit et mesquin il n'y a pas de place pour l'amour. OĂč est l'amour au Bengale ? Il y a plus de querelles, de jalousies, d'antipathies mutuelles, d'incomprĂ©hensions et de factions que partout ailleurs, mĂȘme en cette Inde si affligĂ©e par la division.
À l'Ă©poque hĂ©roĂŻque et noble du peuple aryen (4), il n'y avait pas tant de bruit, de cris et de gesticulations, mais leurs entreprises restaient inĂ©branlables pendant des siĂšcles. Les entreprises des Bengalis ne durent qu'un jour ou deux.
Tu dis qu'il faut un fol enthousiasme et remplir le pays d'excitation Ă©motive. Au temps du Swadeshi [lutte pour l'indĂ©pendance, boycott des produits anglais], nous avons eu tout cela dans le domaine politique, mais ce que nous avons fait est maintenant tombĂ© en poussiĂšre. Y aura-t-il un meilleur rĂ©sultat dans le domaine spirituel ? Je ne dis pas qu'il n'y ait pas eu de rĂ©sultat. Il y en a eu. Tout mouvement produit un rĂ©sultat, mais c'est surtout de l'ordre d'un accroissement des potentialitĂ©s. Mais ce n'est pas la bonne mĂ©thode pour rĂ©aliser la chose stablement. Par consĂ©quent je ne veux plus prendre pour base l'excitation Ă©motive ni quelque ivresse du mental. Je veux fonder le yoga sur une vaste et puissante Ă©quanimitĂ©. Sur cette Ă©galitĂ©, je veux que s'Ă©tablisse une Shakti complĂšte, ferme, inĂ©branlable, dans l'organisme et dans tous ses mouvements. Je veux une large manifestation de la lumiĂšre de la Connaissance au sein d'un ocĂ©an de Shakti. Et je veux, dans cette lumineuse immensitĂ©, la tranquille extase de l'amour, de la fĂ©licitĂ© et de l'unitĂ© infinis. Je ne veux pas avoir des centaines de milliers de disciples. Si je puis trouver une centaine d'hommes complets, purifiĂ©s du petit Ă©goĂŻsme, et qui seront les instruments de Dieu, ce sera suffisant. Je n'ai aucune foi en le vieux mĂ©tier de gourou. Je ne veux pas ĂȘtre un gourou. Si quelqu'un Ă©veille et manifeste de l'intĂ©rieur sa divinitĂ© endormie et s'il arrive Ă  la vie divine, que ce soit par mon contact ou celui de quiconque, c'est tout ce que je veux. Ce sont ces hommes-lĂ  qui relĂšveront le pays.
Ne t'imagine pas, d'aprĂšs ce discours, que je dĂ©sespĂšre de l'avenir du Bengale. Moi aussi, comme ils le disent, j'ai l'espoir qu'une grande lumiĂšre se manifestera cette fois au Bengale. Mais j'ai essayĂ© de montrer le revers de la mĂ©daille, oĂč est la faille, l'erreur, la dĂ©ficience. Si cela persiste, la lumiĂšre ne sera pas une grande lumiĂšre et elle ne sera pas permanente.
La raison de cette lettre extraordinairement longue est que, moi aussi, je boucle mon sac. Mais je crois que ce sac-lĂ  sera comme le filet de Saint-Pierre, plein Ă  craquer des seules captures de l'Infini. Je ne vais pas ouvrir mon sac maintenant. Si je le faisais avant le temps, tout s'Ă©chapperait. Je n'ai pas non plus l'intention d'aller au Bengale pour le moment, non pas parce que le Bengale n'est pas prĂȘt mais parce que moi, je ne suis pas prĂȘt. Un homme insuffisamment mĂ»r parmi des hommes insuffisamment mĂ»rs, quel travail peut-il faire ?

Ton SejdĂą

Sri Aurobindo

1.Vishnu Bhaskar Lélé, un gourou tantrique rencontré par Sri Aurobindo en 1908 et qui lui donna la réalisation du silence mental et du Nirvana.
2. Rùma, l'avatar divin qui a tué le démon Rùvana avec l'aide des singes, dont Hanoumùn.
3. AchalĂąyatana: lieu oĂč tout est rĂ©glementĂ© dans les moindres dĂ©tails.
4. Aux temps védiques.
5. Sejdù: frÚre aßné.
... Voir plusVoir moins

Une lettre de Sri Aurobindo Ă  son jeune frĂšre Barin
Le 7 avril 1920

Mon cher Barin,

Jai reçu ta lettre, mais je nai pas rĂ©ussi Ă  y rĂ©pondre jusquĂ  aujourdhui. Cest mĂȘme un miracle quen ce moment je sois assis pour tĂ©crire – Ă©crire une lettre est pour moi un Ă©vĂ©nement qui se produit tous les trente-six du mois; surtout en bengali, cela ne mest pas arrivĂ© depuis cinq ou six ans. Si jarrive Ă  terminer cette lettre et Ă  la mettre Ă  la poste, le miracle sera complet !
Parlons dabord de ton yoga. Tu voudrais men remettre le soin. Je ne demande pas mieux, mais cela veut dire le remettre Ă  Celui qui nous meut tous les deux, toi et moi, ouvertement ou secrĂštement, par sa divine Shakti [Énergie]. Et tu dois savoir que linĂ©vitable consĂ©quence est quil te faudra marcher sur la voie particuliĂšre quil ma ordonnĂ© de suivre et que jappelle la voie du «Yoga IntĂ©gral». Ce avec quoi jai commencĂ© – ce que LĂ©lĂ© (1) ma donnĂ© – nĂ©tait quune recherche du Chemin, un tour dhorizon – un premier contact, une mise en route, une manipulation ou un examen rigoureux de tel ou tel point des anciens yogas partiels, une expĂ©rience complĂšte (si lon peut dire) de lun deux, puis la poursuite dun autre.
Plus tard, aprÚs mon arrivée à Pondichéry, cet état dinstabilité a pris fin. Le Gourou du monde, qui est en nous, me donna alors toutes les instructions nécessaires à mon chemin: sa théorie complÚte, les dix membres du corps de ce yoga. Ces dix derniÚres années, Il ma fait défricher le chemin par lexpérience, et ce nest pas encore terminé. Cela peut prendre encore deux ans et tant que ce nest pas fini, je doute que je puisse retourner au Bengale. Pondichéry est le lieu qui ma été désigné pour la siddhi [réalisation] de mon yoga, sauf en fait pour une partie, qui est laction. Le centre de mon travail est le Bengale mais, je lespÚre, sa circonférence sétendra à toute lInde et à la terre entiÚre.
Je tĂ©crirai plus tard ce quest cette voie de yoga. Ou, si tu viens ici, je te lexpliquerai de vive voix. Dans ce domaine, parler vaut mieux quĂ©crire. Pour le moment, je ne puis dire quune chose: son principe fondamental est dharmoniser et dunifier la connaissance complĂšte, les Ɠuvres complĂštes et la bhakti [amour] complĂšte, en les haussant au-dessus du mental et en leur donnant une perfection complĂšte sur le plan supramental ou VijnĂąna. Le dĂ©faut des anciens yogas Ă©tait que, ayant la connaissance du mental et la connaissance de lEsprit, ils se satisfaisaient de lexpĂ©rience de lEsprit dans le mental. Mais le mental ne peut saisir que ce qui est divisĂ© et partiel; il ne peut pas capter absolument linfini, lindivisible. Les moyens dont il dispose pour atteindre linfini sont le SannyĂąsa [renoncement], le Moksha [libĂ©ration] et le Nirvana, et rien dautre. En fait, nimporte qui peut parvenir au Moksha sans forme, mais quel est lavantage ? Le Brahman, le Moi, Dieu, sont toujours lĂ . Ce que Dieu veut dans lhomme, cest sincarner ici-bas dans lindividu et dans la collectivitĂ©, rĂ©aliser Dieu dans la vie.
Les anciennes voies de yoga nont pas rĂ©ussi Ă  harmoniser ni a unifier lEsprit et la vie: au contraire, elles ont reniĂ© le monde, le considĂ©rant comme MĂąyĂą [illusion] ou comme un Jeu transitoire. Le rĂ©sultat a Ă©tĂ© la perte de la puissance de vie et la dĂ©gĂ©nĂ©rescence de lInde. Selon la parole de la GuĂźtĂą, « Ces peuples pĂ©riront si je ne fais pas les Ɠuvres. » Les peuples de lInde sont rĂ©ellement tombĂ©s en ruine. Quelques sannyĂąsins et bairĂąguis [renonçants] devenus des saints parfaits et libĂ©rĂ©s, quelques bhaktas [amants de Dieu] qui dansent dans la folle extase de lamour et dans lĂ©motion douce de lAnanda [fĂ©licitĂ©], et puis une race tout entiĂšre devenue amorphe, vide dintelligence, enfoncĂ©e dans un profond tamas [inertie] – est-ce lĂ  leffet dune spiritualitĂ© vĂ©ritable ? Non. Certes, nous devons dabord obtenir toutes les expĂ©riences partielles possibles sur le plan mental, et inonder, illuminer le mental par la lumiĂšre spirituelle; mais ensuite, il faut passer au-dessus. Si nous ne passons pas au-dessus, cest-Ă -dire sur le plan supramental, nous ne pouvons pas connaĂźtre lultime secret du monde – le problĂšme quil pose nest pas rĂ©solu. Dans le Supramental, lignorance qui crĂ©e la dualitĂ© de lEsprit et de la MatiĂšre, la contradiction de la vĂ©ritĂ© de lEsprit et de la vĂ©ritĂ© de la vie, disparaĂźt. LĂ , il nest plus nĂ©cessaire de dire que le monde est Maya [une illusion]. Le monde est le Jeu Ă©ternel de Dieu, la manifestation Ă©ternelle du Moi. Alors il devient possible de connaĂźtre Dieu entiĂšrement et de Le possĂ©der entiĂšrement – de faire comme dit la GuĂźtĂą: « Me connaĂźtre intĂ©gralement. » Le corps physique, la vie, le mental et lentendement, le Supramental, lAnanda, tels sont les cinq plans de lEsprit. Plus lhomme sĂ©lĂšve sur cette voie ascendante, plus il sapproche de lĂ©tat de perfection suprĂȘme qui soffre Ă  son Ă©volution spirituelle.
Le Supramental trouvĂ©, il devient facile de sĂ©lever jusquĂ  lAnanda. Alors on acquiert la base solide, lĂ©tat de lAnanda indivisible et infini non seulement dans le Parabrahman [Absolu] hors du temps, mais dans le corps mĂȘme, dans la vie, dans le monde. LĂȘtre intĂ©gral, la conscience intĂ©grale, la Joie intĂ©grale sĂ©panouissent et prennent forme dans la vie. Telle est la clef centrale de mon yoga, son principe fondamental.
Ce changement nest pas facile Ă  effectuer. Au bout de quinze ans, je nen suis encore quau plus bas des trois Ă©chelons du Supramental et jessaye dy hisser toutes les activitĂ©s infĂ©rieures. Mais lorsque cette siddhi [rĂ©alisation] sera complĂšte, je suis absolument certain que Dieu, Ă  travers moi, donnera aux autres, avec moins defforts, la siddhi du Supramental. À ce moment-lĂ , mon vrai travail commencera.
Je ne suis pas impatient du succĂšs dans mon travail. Ce qui doit arriver arrivera au moment voulu par Dieu. Je ne suis pas portĂ© Ă  me hĂąter dune façon dĂ©sordonnĂ©e ni Ă  me ruer dans le champ de laction par la force du petit ego. MĂȘme si je navais aucun succĂšs dans mon travail, je nen serais pas troublĂ©. Ce travail nest pas le mien, cest celui de Dieu. Je nĂ©couterai aucun autre appel. Quand Dieu me fait bouger, je bouge.
Je sais trĂšs bien que le Bengale nest pas rĂ©ellement prĂȘt. Le flot spirituel qui est venu est en grande partie une forme nouvelle du vieux courant. Ce nest pas la vraie transformation. Cependant, cela aussi Ă©tait nĂ©cessaire. Le Bengale a retrouvĂ© les anciens yogas et Ă©puisĂ© leurs sanskĂąras [vieilles tendances], extrayant leur essence et fertilisant ainsi le terrain. Ce fut dabord le tour du VĂ©danta: lAdvaĂŻta, le SannyĂąsa, la MĂąyĂą de Shankara, etc. Actuellement, cest le tour du dharma vichnouite: la LĂźlĂą, lamour, livresse de lexpĂ©rience Ă©motive. Tout cela est trĂšs vieux, inadaptĂ© Ă  lĂąge nouveau et ne durera pas – une excitation de ce genre est incapable de durer. Mais le mĂ©rite du bhĂąva [Ă©lan] vichnouite est quil garde un certain lien entre Dieu et le monde et quil donne un sens Ă  la vie; cependant, comme cest un bhĂąva partiel, il y manque le lien complet, le sens complet. La tendance Ă  crĂ©er des sectes, comme tu las remarquĂ©, Ă©tait inĂ©vitable. Il est de la nature du mental de se saisir dune partie et de lappeler le tout, puis dexclure tout le reste. Le Siddha [illuminĂ©] qui apporte lĂ©lan (bhĂąva), bien que sappuyant sur un aspect partiel, garde tout de mĂȘme une certaine connaissance de lintĂ©gral, encore quil soit incapable de lui donner une forme. Mais ses disciples sont incapables davoir cette connaissance intĂ©grale, justement parce quelle est sans forme – ils sont en train de lier leurs petites gerbes, laissons-les. Les gerbes se dĂ©feront delles-mĂȘmes quand Dieu se manifestera Lui-mĂȘme pleinement. Toutes ces choses sont le signe dun manque dintĂ©gralitĂ© et de maturitĂ©. Cela ne me trouble pas. Laissons la force spirituelle jouer librement dans le pays, sous nimporte quelle forme et en autant de sectes quon veut. Plus tard, nous verrons. Cest lĂ©tat infantile et embryonnaire de lĂąge nouveau. Ce nest quun premier aperçu, pas mĂȘme un commencement.
La particularitĂ© de ce yoga est ainsi: tant que lon na pas obtenu la siddhi [rĂ©alisation] au-dessus, la fondation ne peut pas ĂȘtre parfaite. Ceux qui mont suivi ont gardĂ© beaucoup de vieilles empreintes (sanskĂąras) ; quelques-unes ont disparu mais certaines saccrochent encore. Il y avait le sanskĂąra du SannyĂąsa, et mĂȘme le dĂ©sir de crĂ©er un Aravinda Math [monastĂšre de Sri Aurobindo]. Maintenant lintellect a reconnu que le SannyĂąsa [renoncement] nest pas ce quil faut, mais lempreinte de lancienne idĂ©e na pas encore Ă©tĂ© effacĂ©e du prĂąna [souffle]. Puis on parlait de rester au milieu du monde comme des hommes daction mondaine, tout en pratiquant le renoncement. La nĂ©cessitĂ© de renoncer au dĂ©sir a Ă©tĂ© comprise, mais le mental na pas rĂ©ussi Ă  harmoniser correctement la renonciation au dĂ©sir et la joie de lAnanda. On a acceptĂ© mon yoga parce quil saccordait tout naturellement au tempĂ©rament bengali, mais moins sous langle de la connaissance que sous langle du karma [des Ɠuvres] et de la bhakti [amour]. Un peu de connaissance est entrĂ©e, mais la plus grande partie a Ă©chappĂ©; les brumes de la sentimentalitĂ© ne se sont pas dissipĂ©es; la routine du bhĂąva sattvique [esprit religieux] na pas Ă©tĂ© brisĂ©e. Lego est encore lĂ  – en un mot, la connaissance na pas fleuri. Je ne suis pas pressĂ©; je laisse chacun se dĂ©velopper selon sa nature. Je ne veux pas façonner tout le monde dans un moule unique. Ce qui est fondamental sera identique en tous, certes, mais sexprimera en de multiples formes. Tout ĂȘtre se dĂ©veloppe et se forme de lintĂ©rieur. Je ne veux pas bĂątir de lextĂ©rieur. La base est lĂ , le reste viendra.
Le but que je poursuis nest pas une sociĂ©tĂ© enracinĂ©e dans la division, comme lest la nĂŽtre. Ce que jai en vue, cest un Sangha [communautĂ©] ayant sa base dans lesprit et Ă  limage de son unitĂ©. Cest avec cette idĂ©e que le nom de DĂ©va Sangha mest venu, cest-Ă -dire la communautĂ© de ceux qui veulent la vie divine. Un Sangha de ce genre doit commencer par sĂ©tablir en un point, puis se rĂ©pandre dans tout le pays. Mais si la moindre ombre dĂ©goĂŻsme vient Ă  sabattre sur lentreprise, le Sangha se changera en une secte. LidĂ©e peut se glisser tout naturellement que telle ou telle organisation est le seul vrai Sangha et lunique centre futur, que tout le reste doit ĂȘtre sa circonfĂ©rence, et que tous ceux qui demeurent Ă  lextĂ©rieur de ses limites sont hors du bercail, ou mĂȘme sils sont dedans, quils se sont Ă©cartĂ©s du droit chemin parce quils pensent diffĂ©remment.
Tu peux dire: « Quel besoin avons-nous dun Sangha ? Limportant est que je sois libre et que je vive dans toutes les formes; devenons tous lUn sans forme, et arrive ce qui peut au sein de cette immensitĂ© sans forme !» Il y a lĂ  une vĂ©ritĂ©, mais ce nest quun aspect de la vĂ©ritĂ©. Nous navons pas seulement affaire Ă  lEsprit sans forme; nous devons aussi gouverner le mouvement de la vie. Et il ne peut y avoir aucun mouvement effectif de vie sans une forme. Cest le Sans-Forme qui a pris forme, et sil sest revĂȘtu du nom et de la forme, ce nest pas par un caprice de MĂąyĂą [lIllusion]. La forme est lĂ  parce quelle est indispensable. Nous ne voulons exclure de notre domaine aucune des activitĂ©s du monde. Politique, industrie, sociĂ©tĂ©, poĂ©sie, littĂ©rature, art – tout restera –, mais Ă  chacune nous devons donner une Ăąme nouvelle et une forme nouvelle.
Pourquoi ai-je abandonnĂ© la politique ? Parce que notre politique nest pas quelque chose qui appartienne authentiquement Ă  lInde; cest une importation et une imitation europĂ©ennes. Elle a Ă©tĂ© nĂ©cessaire Ă  un certain moment. Nous aussi, nous avons fait une politique de type europĂ©en. Si nous ne lavions pas faite, le pays ne se serait pas relevĂ© et nous naurions pas acquis lexpĂ©rience quil faut pour nous dĂ©velopper complĂštement. Cette politique est encore nĂ©cessaire dans une certaine mesure, pas tellement au Bengale mais dans les autres États de lInde. Cependant, il est temps dempĂȘcher lombre de grandir et de semparer de la rĂ©alitĂ©. Nous devons trouver lĂąme vĂ©ritable de lInde et façonner toutes les Ɠuvres Ă  son image.
Les gens parlent maintenant de « spiritualiser la politique », mais en admettant que lon arrive Ă  quelque rĂ©sultat durable, il en sortira une sorte de bolchevisme indianisĂ©. Je nai aucune objection mĂȘme Ă  ce genre de travail – que chacun agisse selon son inspiration. Mais ce nest pas la vraie chose. Si lon verse la force spirituelle dans tous ces rĂ©cipients impurs – les eaux de lOcĂ©an originel dans des vases dargile brute –, ou bien les vases seront brisĂ©s et leau gaspillĂ©e, ou bien le pouvoir spirituel sĂ©vaporera et seule la forme impure restera. Il en est ainsi dans tous les domaines. Je puis donner le pouvoir spirituel, mais ce pouvoir sera utilisĂ© Ă  sculpter une statue de singe et Ă  lasseoir sur le trĂŽne dans le temple de Shiva. Si le singe est douĂ© de vie et de puissance, il pourra jouer le rĂŽle du fervent HanoumĂąn et accomplir de grandes Ɠuvres pour RĂąma (2), aussi longtemps que la vie et le pouvoir demeureront en lui. Mais ce que nous voulons dans le temple de lInde, ce nest pas un singe, HanoumĂąn, cest le dieu, lavatar, RĂąma lui-mĂȘme.
Nous pouvons nous mĂȘler aux autres, mais pour les attirer tous dans le vrai chemin et en gardant intacts lesprit et la forme de notre idĂ©al, sinon nous perdrons notre direction et le vrai travail ne sera pas fait. Si partout nous restons comme des individus sĂ©parĂ©s, quelque chose peut ĂȘtre accompli, cest vrai; mais si partout nous restons comme les membres dun mĂȘme Sangha, nous pouvons accomplir cent fois plus. Cependant, le temps nest pas encore venu pour cela. Si nous essayons trop tĂŽt de donner une forme Ă  notre communautĂ©, cela risque de ne pas ĂȘtre la chose exacte que nous voulons. Au dĂ©but, le Sangha naura pas une forme concentrĂ©e: ceux qui ont acceptĂ© lidĂ©al seront unis mais ils travailleront en diffĂ©rents endroits. Plus tard, ils pourront former une sorte de communautĂ© spirituelle et constituer un Sangha compact. Ils donneront alors Ă  toutes leurs Ɠuvres une forme rĂ©pondant Ă  lexigence de lEsprit et au besoin de lĂ©poque; non pas une forme ligotĂ©e et rigide, un achalĂąyatana [une prison3], mais une forme libre qui se rĂ©pandra comme la mer, se modelant en vagues innombrables, ici englobant une chose, lĂ  inondant une autre, et finalement embrassant tout. Si nous procĂ©dons ainsi, une communautĂ© spirituelle sĂ©tablira progressivement. Telle est mon idĂ©e actuelle. JusquĂ  prĂ©sent, elle ne sest pas complĂštement dĂ©veloppĂ©e. Tout est entre les mains de Dieu; quoi quil nous fasse faire, cest cela que nous ferons.
Relevons maintenant quelques points particuliers de ta lettre. Je ne veux pas mĂ©tendre ici sur ce que tu as dit de ton yoga. Nous aurons une meilleure occasion de le faire quand nous nous rencontrerons. ConsidĂ©rer le corps comme une carcasse est la marque du SannyĂąsa, de la voie du Nirvana. On ne peut pas vivre la vie du monde avec cette idĂ©e. On doit avoir la fĂ©licitĂ© en toutes choses – aussi bien dans le corps que dans lEsprit. Le corps possĂšde une conscience, il est la forme de Dieu. Lorsquon voit Dieu dans tout ce qui est au monde, lorsquon a cette vision:
« Tout ceci est Brahman, sarvam idam brahma ; VĂąsoudeva est tout ceci, vĂąsoudeva sarva-miti », alors on a la fĂ©licitĂ© universelle. Le flot de cette fĂ©licitĂ© se prĂ©cipite et se rĂ©pand mĂȘme Ă  travers le corps. Lorsquon est dans cet Ă©tat et rempli de la conscience spirituelle, on peut mener la vie conjugale et vivre dans le monde. Dans toutes les Ɠuvres, on trouve lexpression de la fĂ©licitĂ© de Dieu. JusquĂ  prĂ©sent, jai travaillĂ© Ă  transformer tous les objets et toutes les perceptions du mental et des sens en fĂ©licitĂ© sur le plan mental. Maintenant, ils prennent la forme de la fĂ©licitĂ© supramentale. Dans cet Ă©tat, se trouvent la vision et la perception parfaites de SatchidĂąnanda.
À propos du DĂ©va Sangha, tu dis: « Je ne suis pas un dieu, je ne suis quun morceau de fer bien martelĂ© et passĂ© Ă  la trempe. » Personne nest un Dieu, mais en tout homme un Dieu rĂ©side, et Le manifester est le but de la vie divine. Cela, nous pouvons tous le faire. Je reconnais quil y a de grands et de petits ĂądhĂąrs [rĂ©cipients]. Je ne crois pas vraie cependant la description que tu fais de toi. Quelle que soit la nature du rĂ©cipient, dĂšs que le toucher de Dieu est lĂ , dĂšs que lesprit est Ă©veillĂ©, grand ou petit, cela ne fait pas beaucoup de diffĂ©rence. Il peut y avoir davantage de difficultĂ©s, il peut falloir plus de temps, ou il peut y avoir une diffĂ©rence dans la manifestation – mais ce nest mĂȘme pas sĂ»r. Le Dieu intĂ©rieur ne tient aucun compte de ces obstacles et de ces insuffisances. Il se fraye un passage malgrĂ© tout. Navais-je moi-mĂȘme que peu dimperfections ? Dans mon mental, mon cƓur, ma vie et mon corps, y avait-il moins dobstacles ? Cela na-t-il pas pris du temps ? Dieu ma-t-il moins martelĂ© ? Jour aprĂšs jour, minute aprĂšs minute, jai Ă©tĂ© façonnĂ© en je ne sais quoi, dieu ou autre chose. Mais je suis devenu ou suis en train de devenir quelque chose. Cest suffisant, puisque cest cela que Dieu a voulu bĂątir. Cest la mĂȘme chose pour tout le monde. Ce nest pas notre force mais la Shakti [lÉnergie] de Dieu qui est le sĂądhaka [louvrier] de ce yoga.
Je vais te dire rapidement une ou deux choses que jai vues depuis longtemps. À mon avis, la principale cause de la faiblesse de lInde nest pas la sujĂ©tion ni la pauvretĂ© ni le manque de spiritualitĂ© ou de dharma [morale], mais le dĂ©clin de la puissance de pensĂ©e, la croissance de lignorance dans la patrie de la Connaissance. Partout, je vois lincapacitĂ© ou la paresse de penser – limpuissance de la pensĂ©e ou la phobie de la pensĂ©e. Quels que soient les mĂ©rites du Moyen Ăąge, cet Ă©tat de choses est Ă  prĂ©sent le signe dune terrible dĂ©gĂ©nĂ©rescence. Le Moyen Ăąge Ă©tait la nuit, lĂ©poque de la victoire de lignorance. Le monde moderne est lĂ©poque de la victoire de la connaissance. Celui qui pense le plus, qui cherche le plus, qui travaille le plus, celui-lĂ  peut sonder et apprendre la vĂ©ritĂ© du monde et acquĂ©rir dautant plus de Shakti [force]. Si tu regardes lEurope, tu verras deux choses: un vaste ocĂ©an de pensĂ©e et le jeu dune force Ă©norme, rapide, et pourtant disciplinĂ©e. Toute la Shakti de lEurope tient Ă  cela. Et par la force de cette Shakti, elle a dĂ©vorĂ© le monde, comme nos tapaswins [ascĂštes] de jadis dont le pouvoir terrifiait mĂȘme les dieux et les tenait dans linquiĂ©tude et la soumission. On dit que lEurope court Ă  sa perte. Je ne le pense pas. Toutes ces rĂ©volutions et ces bouleversements sont les conditions prĂ©liminaires dune crĂ©ation nouvelle.
Maintenant, regarde lInde. À part quelques gĂ©ants solitaires, on trouve partout notre « homme simple », cest-Ă -dire lhomme moyen qui ne veut pas et ne peut pas penser, qui na pas la moindre Shakti sauf une excitation temporaire. Dans lInde, on veut la pensĂ©e simple, le mot facile. En Europe, on veut la pensĂ©e profonde, le mot profond. LĂ -bas, mĂȘme louvrier ordinaire ou lartisan pense, veut savoir, ne se satisfait pas de choses superficielles, il veut aller derriĂšre les choses. Pourtant, il y a une diffĂ©rence: la force et la pensĂ©e de lEurope recĂšlent une limitation fatale. Quand elle pĂ©nĂštre dans le domaine spirituel, son pouvoir de pensĂ©e ne peut plus se mouvoir. LĂ , lEurope ne voit que des Ă©nigmes, des mĂ©taphysiques nĂ©buleuses, des hallucinations yoguiques. Ils se frottent les yeux comme dans un nuage de fumĂ©e et narrivent pas Ă  voir clair. Cependant, en Europe, on commence Ă  faire quelque effort pour surmonter mĂȘme cette limitation. Nous, nous avons dĂ©jĂ  le sens spirituel – nous le devons Ă  nos ancĂȘtres – et quiconque possĂšde ce sens tient Ă  sa disposition une telle Connaissance et une telle Shakti que dun souffle il pourrait balayer toute cette force prodigieuse de lEurope comme un fĂ©tu de paille. Mais pour obtenir cette Shakti, il faut ĂȘtre un adorateur de la Shakti. Nous ne sommes pas des adorateurs de la Shakti: nous sommes des adorateurs de la voie facile. Mais la Shakti ne peut sobtenir par la voie facile. Nos ancĂȘtres ont plongĂ© dans un ocĂ©an de vastes pensĂ©es, ils ont acquis une immense Connaissance et Ă©difiĂ© une puissante civilisation. Chemin faisant, la fatigue et la lassitude se sont abattues sur eux. La force de pensĂ©e a diminuĂ©; avec elle, le puissant courant de la Shakti. Notre civilisation est devenue un achalĂąyatan [une prison], notre religion une bigoterie de pratiques extĂ©rieures, notre spiritualitĂ© une lueur confuse ou une vague passagĂšre divresse religieuse. Tant que cela dure, toute rĂ©surrection permanente de lInde est improbable.
Au Bengale, cette faiblesse atteint son paroxysme. Le Bengali a une intelligence vive, de la sensibilitĂ© et de lintuition. Ces qualitĂ©s se sont davantage dĂ©veloppĂ©es chez lui que dans le reste de lInde. Toutes sont nĂ©cessaires, mais elles ne sont pas suffisantes. Si, Ă  cela, on ajoutait la profondeur de pensĂ©e, la force tranquille, le courage hĂ©roĂŻque, la capacitĂ© et la joie dun travail rĂ©gulier, le Bengali pourrait ĂȘtre un chef, non seulement de lInde mais de lhumanitĂ©. Mais il ne le dĂ©sire pas, il veut tout obtenir facilement: la connaissance sans leffort de penser, les fruits sans le labeur, la siddhi [rĂ©alisation] aprĂšs une sĂądhanĂą [pratique] facile. Sa ressource, cest lexcitation du mental Ă©motif. Mais lexcĂšs dĂ©motion sans la connaissance est le symptĂŽme mĂȘme de la maladie. Cela aboutit finalement Ă  la fatigue et Ă  linertie. Le pays a constamment et progressivement dĂ©clinĂ©. Le pouvoir de vie a dĂ©cru. À quoi le Bengali est-il arrivĂ© dans son propre pays ? Il ne gagne pas assez pour se nourrir et shabiller, ce ne sont que lamentations de tous cĂŽtĂ©s; sa richesse, ses affaires, son commerce, ses terres, son agriculture mĂȘme passent aux mains des autres. Nous avons abandonnĂ© la sĂądhanĂą de la Shakti, et la Shakti nous a abandonnĂ©s. Nous faisons la sĂądhanĂą de lAmour, mais quand il ny a ni Connaissance ni Shakti, lamour ne peut pas demeurer, lĂ©troitesse et la mesquinerie prennent la place, et dans un mental Ă©troit et mesquin il ny a pas de place pour lamour. OĂč est lamour au Bengale ? Il y a plus de querelles, de jalousies, dantipathies mutuelles, dincomprĂ©hensions et de factions que partout ailleurs, mĂȘme en cette Inde si affligĂ©e par la division.
À lĂ©poque hĂ©roĂŻque et noble du peuple aryen (4), il ny avait pas tant de bruit, de cris et de gesticulations, mais leurs entreprises restaient inĂ©branlables pendant des siĂšcles. Les entreprises des Bengalis ne durent quun jour ou deux.
Tu dis quil faut un fol enthousiasme et remplir le pays dexcitation Ă©motive. Au temps du Swadeshi [lutte pour lindĂ©pendance, boycott des produits anglais], nous avons eu tout cela dans le domaine politique, mais ce que nous avons fait est maintenant tombĂ© en poussiĂšre. Y aura-t-il un meilleur rĂ©sultat dans le domaine spirituel ? Je ne dis pas quil ny ait pas eu de rĂ©sultat. Il y en a eu. Tout mouvement produit un rĂ©sultat, mais cest surtout de lordre dun accroissement des potentialitĂ©s. Mais ce nest pas la bonne mĂ©thode pour rĂ©aliser la chose stablement. Par consĂ©quent je ne veux plus prendre pour base lexcitation Ă©motive ni quelque ivresse du mental. Je veux fonder le yoga sur une vaste et puissante Ă©quanimitĂ©. Sur cette Ă©galitĂ©, je veux que sĂ©tablisse une Shakti complĂšte, ferme, inĂ©branlable, dans lorganisme et dans tous ses mouvements. Je veux une large manifestation de la lumiĂšre de la Connaissance au sein dun ocĂ©an de Shakti. Et je veux, dans cette lumineuse immensitĂ©, la tranquille extase de lamour, de la fĂ©licitĂ© et de lunitĂ© infinis. Je ne veux pas avoir des centaines de milliers de disciples. Si je puis trouver une centaine dhommes complets, purifiĂ©s du petit Ă©goĂŻsme, et qui seront les instruments de Dieu, ce sera suffisant. Je nai aucune foi en le vieux mĂ©tier de gourou. Je ne veux pas ĂȘtre un gourou. Si quelquun Ă©veille et manifeste de lintĂ©rieur sa divinitĂ© endormie et sil arrive Ă  la vie divine, que ce soit par mon contact ou celui de quiconque, cest tout ce que je veux. Ce sont ces hommes-lĂ  qui relĂšveront le pays.
Ne timagine pas, daprĂšs ce discours, que je dĂ©sespĂšre de lavenir du Bengale. Moi aussi, comme ils le disent, jai lespoir quune grande lumiĂšre se manifestera cette fois au Bengale. Mais jai essayĂ© de montrer le revers de la mĂ©daille, oĂč est la faille, lerreur, la dĂ©ficience. Si cela persiste, la lumiĂšre ne sera pas une grande lumiĂšre et elle ne sera pas permanente.
La raison de cette lettre extraordinairement longue est que, moi aussi, je boucle mon sac. Mais je crois que ce sac-lĂ  sera comme le filet de Saint-Pierre, plein Ă  craquer des seules captures de lInfini. Je ne vais pas ouvrir mon sac maintenant. Si je le faisais avant le temps, tout sĂ©chapperait. Je nai pas non plus lintention daller au Bengale pour le moment, non pas parce que le Bengale nest pas prĂȘt mais parce que moi, je ne suis pas prĂȘt. Un homme insuffisamment mĂ»r parmi des hommes insuffisamment mĂ»rs, quel travail peut-il faire ?

Ton SejdĂą

Sri Aurobindo

1.Vishnu Bhaskar Lélé, un gourou tantrique rencontré par Sri Aurobindo en 1908 et qui lui donna la réalisation du silence mental et du Nirvana.
2. Rùma, lavatar divin qui a tué le démon Rùvana avec laide des singes, dont Hanoumùn.
3. AchalĂąyatana: lieu oĂč tout est rĂ©glementĂ© dans les moindres dĂ©tails.
4. Aux temps védiques.
5. Sejdù: frÚre aßné.

 

Commenter sur Facebook

De l’air dans ce vieux pays malmenĂ© !

J aimerais votre avis par rapport Ă  Shri Ramana Maharshi ?son travail sa rĂ©alisation n est t elle pas une de celles dont Shri Aurobindo parle... rĂ©aliser le Soi sans forme ect..j espĂšre m ĂȘtre fais comprendre je ne sais pas trop comment dire, comparer, Satprem allais quelques fois voir Ramana si j ai bien compris et s il voulait comparer le travail de Shri Aurobindo et le sien il lui disait de retourner voir Shri Aurobindo... merci

Quelques passages que je relĂšve : « Les anciennes voies de yoga n'ont pas rĂ©ussi Ă  harmoniser ni a unifier l'Esprit et la vie: au contraire, elles ont reniĂ© le monde, le considĂ©rant comme MĂąyĂą [illusion] ou comme un Jeu transitoire. Le rĂ©sultat a Ă©tĂ© la perte de la puissance de vie et la dĂ©gĂ©nĂ©rescence de l'Inde. Selon la parole de la GuĂźtĂą, « Ces peuples pĂ©riront si je ne fais pas les Ɠuvres. » Les peuples de l'Inde sont rĂ©ellement tombĂ©s en ruine. Quelques sannyĂąsins et bairĂąguis [renonçants] devenus des saints parfaits et libĂ©rĂ©s, quelques bhaktas [amants de Dieu] qui dansent dans la folle extase de l'amour et dans l'Ă©motion douce de l'Ananda [fĂ©licitĂ©], et puis une race tout entiĂšre devenue amorphe, vide d'intelligence, enfoncĂ©e dans un profond tamas [inertie] – est-ce lĂ  l'effet d'une spiritualitĂ© vĂ©ritable ? Non. » « Par consĂ©quent je ne veux plus prendre pour base l'excitation Ă©motive ni quelque ivresse du mental. Je veux fonder le yoga sur une vaste et puissante Ă©quanimitĂ©. Sur cette Ă©galitĂ©, je veux que s'Ă©tablisse une Shakti complĂšte, ferme, inĂ©branlable, dans l'organisme et dans tous ses mouvements. Je veux une large manifestation de la lumiĂšre de la Connaissance au sein d'un ocĂ©an de Shakti. Et je veux, dans cette lumineuse immensitĂ©, la tranquille extase de l'amour, de la fĂ©licitĂ© et de l'unitĂ© infinis. Je ne veux pas avoir des centaines de milliers de disciples. Si je puis trouver une centaine d'hommes complets, purifiĂ©s du petit Ă©goĂŻsme, et qui seront les instruments de Dieu, ce sera suffisant. Je n'ai aucune foi en le vieux mĂ©tier de gourou. Je ne veux pas ĂȘtre un gourou. Si quelqu'un Ă©veille et manifeste de l'intĂ©rieur sa divinitĂ© endormie et s'il arrive Ă  la vie divine, que ce soit par mon contact ou celui de quiconque, c'est tout ce que je veux. Ce sont ces hommes-lĂ  qui relĂšveront le pays. » « Maintenant, regarde l'Inde. À part quelques gĂ©ants solitaires, on trouve partout notre « homme simple », c'est-Ă -dire l'homme moyen qui ne veut pas et ne peut pas penser, qui n'a pas la moindre Shakti sauf une excitation temporaire. Dans l'Inde, on veut la pensĂ©e simple, le mot facile. En Europe, on veut la pensĂ©e profonde, le mot profond. LĂ -bas, mĂȘme l'ouvrier ordinaire ou l'artisan pense, veut savoir, ne se satisfait pas de choses superficielles, il veut aller derriĂšre les choses. Pourtant, il y a une diffĂ©rence: la force et la pensĂ©e de l'Europe recĂšlent une limitation fatale. Quand elle pĂ©nĂštre dans le domaine spirituel, son pouvoir de pensĂ©e ne peut plus se mouvoir. LĂ , l'Europe ne voit que des Ă©nigmes, des mĂ©taphysiques nĂ©buleuses, des hallucinations yoguiques. Ils se frottent les yeux comme dans un nuage de fumĂ©e et n'arrivent pas Ă  voir clair. Cependant, en Europe, on commence Ă  faire quelque effort pour surmonter mĂȘme cette limitation. Nous, nous avons dĂ©jĂ  le sens spirituel – nous le devons Ă  nos ancĂȘtres – et quiconque possĂšde ce sens tient Ă  sa disposition une telle Connaissance et une telle Shakti que d'un souffle il pourrait balayer toute cette force prodigieuse de l'Europe comme un fĂ©tu de paille. Mais pour obtenir cette Shakti, il faut ĂȘtre un adorateur de la Shakti. Nous ne sommes pas des adorateurs de la Shakti: nous sommes des adorateurs de la voie facile. Mais la Shakti ne peut s'obtenir par la voie facile. Nos ancĂȘtres ont plongĂ© dans un ocĂ©an de vastes pensĂ©es, ils ont acquis une immense Connaissance et Ă©difiĂ© une puissante civilisation. Chemin faisant, la fatigue et la lassitude se sont abattues sur eux. La force de pensĂ©e a diminuĂ©; avec elle, le puissant courant de la Shakti. Notre civilisation est devenue un achalĂąyatan [une prison], notre religion une bigoterie de pratiques extĂ©rieures, notre spiritualitĂ© une lueur confuse ou une vague passagĂšre d'ivresse religieuse. Tant que cela dure, toute rĂ©surrection permanente de l'Inde est improbable. » « Nous ne voulons exclure de notre domaine aucune des activitĂ©s du monde. Politique, industrie, sociĂ©tĂ©, poĂ©sie, littĂ©rature, art – tout restera –, mais Ă  chacune nous devons donner une Ăąme nouvelle et une forme nouvelle. » « ConsidĂ©rer le corps comme une carcasse est la marque du SannyĂąsa, de la voie du Nirvana. On ne peut pas vivre la vie du monde avec cette idĂ©e. On doit avoir la fĂ©licitĂ© en toutes choses – aussi bien dans le corps que dans l'Esprit. Le corps possĂšde une conscience, il est la forme de Dieu. Lorsqu'on voit Dieu dans tout ce qui est au monde, lorsqu'on a cette vision: « Tout ceci est Brahman, sarvam idam brahma ; VĂąsoudeva est tout ceci, vĂąsoudeva sarva-miti », alors on a la fĂ©licitĂ© universelle. Le flot de cette fĂ©licitĂ© se prĂ©cipite et se rĂ©pand mĂȘme Ă  travers le corps. Lorsqu'on est dans cet Ă©tat et rempli de la conscience spirituelle, on peut mener la vie conjugale et vivre dans le monde. Dans toutes les Ɠuvres, on trouve l'expression de la fĂ©licitĂ© de Dieu. »

3 mois auparavant

Auroville m'appelle

Quelquefois, vous avez fait de beaux projets et si cela avait rĂ©ussi, vous seriez de plus en plus encroĂ»tĂ© dans votre ignorance extĂ©rieure, dans votre petite ambition imbĂ©cile et votre activitĂ© sans but. Tandis que si vous recevez un bon choc et que le poste que vous convoitiez vous soit refusĂ©, que le projet que vous aviez fait soit brisĂ©, et que vous vous trouviez tout Ă  fait contrariĂ©, alors, quelquefois, cette contrariĂ©tĂ© vous ouvre une porte sur quelque chose de plus vrai et de plus profond. Et quand vous ĂȘtes un peu Ă©veillĂ© et que vous regardez en arriĂšre, si vous ĂȘtes le moins du monde sincĂšre, vous dites : "Ah ! ce n’était pas moi qui avais raison – c’était la Nature, ou la GrĂące divine, ou mon ĂȘtre psychique qui l’ont fait." C’est l’ĂȘtre psychique qui a organisĂ© cela.

La MĂšre, Entretiens 1953
... Voir plusVoir moins

Quelquefois, vous avez fait de beaux projets et si cela avait rĂ©ussi, vous seriez de plus en plus encroĂ»tĂ© dans votre ignorance extĂ©rieure, dans votre petite ambition imbĂ©cile et votre activitĂ© sans but. Tandis que si vous recevez un bon choc et que le poste que vous convoitiez vous soit refusĂ©, que le projet que vous aviez fait soit brisĂ©, et que vous vous trouviez tout Ă  fait contrariĂ©, alors, quelquefois, cette contrariĂ©tĂ© vous ouvre une porte sur quelque chose de plus vrai et de plus profond. Et quand vous ĂȘtes un peu Ă©veillĂ© et que vous regardez en arriĂšre, si vous ĂȘtes le moins du monde sincĂšre, vous dites : Ah ! ce n’était pas moi qui avais raison – c’était la Nature, ou la GrĂące divine, ou mon ĂȘtre psychique qui l’ont fait. C’est l’ĂȘtre psychique qui a organisĂ© cela.

La MĂšre, Entretiens 1953

 

Commenter sur Facebook

C'est tellement vrai...merci MĂšre.

Alyson Drevet

3 mois auparavant

Auroville m'appelle

Le 7 mai 1912

[Question] Quelle est l’Ɠuvre la plus utile à faire actuellement ?

[MĂšre] Le but gĂ©nĂ©ral Ă  atteindre est l’avĂšnement de l’harmonie universelle progressive. En ce qui concerne la terre, le moyen d’atteindre ce but est dans la rĂ©alisation de l’unitĂ© humaine par l’éveil en tous et la manifestation par tous de la DivinitĂ© intĂ©rieure qui est une.En d’autres mots : crĂ©er l’unitĂ© en Ă©tablissant le royaume de Dieu qui est en tous.

Par suite, l’Ɠuvre la plus utile à faire est :

1) Pour chacun individuellement la prise de conscience en soi de la divine Présence et son identification avec elle.

2) L’individualisation d’états d’ĂȘtre qui ne furent encore jamais conscients dans l’homme et, par suite, la mise en rapport de la terre avec une ou plusieurs sources de force universelle qui sont encore scellĂ©es pour elle.

3) Redire au monde, sous une forme nouvelle adaptĂ©e Ă  l’état actuel de sa mentalitĂ©, la parole Ă©ternelle.Ce sera la synthĂšse de toutes les connaissances humaines.

4) Collectivement, fonder la sociĂ©tĂ© idĂ©ale dans le lieu pro-pice Ă  l’éclosion de la nouvelle race, celle des « Fils de Dieu ».

**************

La transformation et l’harmonisation terrestres peuvent s’accomplir Ă  l’aide de deux procĂ©dĂ©s, opposĂ©s en apparence, qui doivent se combiner, c’est-Ă -dire rĂ©agir l’un sur l’autre et se complĂ©ter l’un par l’autre :

1) La transformation individuelle, le dĂ©veloppement intĂ©rieur menant Ă  l’union avec la divine PrĂ©sence.

2) La transformation sociale, l’établissement d’un milieu d’ordre favorable Ă  l’éclosion et au dĂ©veloppement des individus.Comme le milieu rĂ©agit sur l’individu et que, d’autre part, de la valeur de l’individu dĂ©pend la valeur du milieu, les deux Ɠuvres doivent ĂȘtre menĂ©es de front. Mais cela ne peut se faire que grĂące Ă  la division du travail, ce qui nĂ©cessite la formation d’un groupement, hiĂ©rarchisĂ© si possible.L’action des membres du groupement serait triple :

- 1) RĂ©alisation en soi de l’idĂ©al Ă  atteindre : devenir de parfaits reprĂ©sentants terrestres de la premiĂšre manifestation de l’Impensable dans ses trois modes, ses sept attributs et ses douze qualitĂ©s.

- 2) PrĂ©dication de cet idĂ©al par la parole et surtout par l’exemple, afin de trouver ceux qui sont Ă  mĂȘme de le rĂ©aliser Ă  leur tour et de devenir aussi des annonciateurs de la dĂ©livrance.

- 3) Fondation d’une sociĂ©tĂ© type ou rĂ©organisation de celles dĂ©jĂ  existantes.

***************

Pour chaque individu aussi, le travail est double et doit ĂȘtre fait simultanĂ©ment, l’un favorisant et complĂ©tant l’autre :

1) Le dĂ©veloppement intĂ©rieur, l’union progressive avec la lumiĂšre divine, seul Ă©tat qui permette Ă  l’homme d’ĂȘtre toujours en harmonie avec le grand courant de vie universelle.

2) L’action extĂ©rieure que chacun doit choisir selon ses capacitĂ©s et ses prĂ©fĂ©rences personnelles. Il doit trouver sa propre place, celle qu’il est seul Ă  pouvoir remplir, dans le concert gĂ©nĂ©ral, et s’y donner tout entier, sans ignorer pourtant qu’il ne joue qu’une note dans la symphonie terrestre, mais que sa note est indispensable Ă  l’harmonie du tout, et que toute sa valeur rĂ©side dans sa justesse.

La MĂšre, Paroles d'Autrefois, Le 7 mai 1912
... Voir plusVoir moins

Le 7 mai 1912

[Question] Quelle est l’Ɠuvre la plus utile à faire actuellement ?

[MĂšre] Le but gĂ©nĂ©ral Ă  atteindre est l’avĂšnement de l’harmonie universelle progressive. En ce qui concerne la terre, le moyen d’atteindre ce but est dans la rĂ©alisation de l’unitĂ© humaine par l’éveil en tous et la manifestation par tous de la DivinitĂ© intĂ©rieure qui est une.En d’autres mots : crĂ©er l’unitĂ© en Ă©tablissant le royaume de Dieu qui est en tous.

Par suite, l’Ɠuvre la plus utile à faire est :

1) Pour chacun individuellement la prise de conscience en soi de la divine Présence et son identification avec elle.

2) L’individualisation d’états d’ĂȘtre qui ne furent encore jamais conscients dans l’homme et, par suite, la mise en rapport de la terre avec une ou plusieurs sources de force universelle qui sont encore scellĂ©es pour elle.

3) Redire au monde, sous une forme nouvelle adaptĂ©e Ă  l’état actuel de sa mentalitĂ©, la parole Ă©ternelle.Ce sera la synthĂšse de toutes les connaissances humaines.

4) Collectivement, fonder la sociĂ©tĂ© idĂ©ale dans le lieu pro-pice Ă  l’éclosion de la nouvelle race, celle des « Fils de Dieu ».

**************

La transformation et l’harmonisation terrestres peuvent s’accomplir Ă  l’aide de deux procĂ©dĂ©s, opposĂ©s en apparence, qui doivent se combiner, c’est-Ă -dire rĂ©agir l’un sur l’autre et se complĂ©ter l’un par l’autre :

1) La transformation individuelle, le dĂ©veloppement intĂ©rieur menant Ă  l’union avec la divine PrĂ©sence.

2) La transformation sociale, l’établissement d’un milieu d’ordre favorable Ă  l’éclosion et au dĂ©veloppement des individus.Comme le milieu rĂ©agit sur l’individu et que, d’autre part, de la valeur de l’individu dĂ©pend la valeur du milieu, les deux Ɠuvres doivent ĂȘtre menĂ©es de front. Mais cela ne peut se faire que grĂące Ă  la division du travail, ce qui nĂ©cessite la formation d’un groupement, hiĂ©rarchisĂ© si possible.L’action des membres du groupement serait triple :

      - 1) RĂ©alisation en soi de l’idĂ©al Ă  atteindre : devenir de parfaits reprĂ©sentants terrestres de la premiĂšre manifestation de l’Impensable dans ses trois modes, ses sept attributs et ses douze qualitĂ©s.

      - 2) PrĂ©dication de cet idĂ©al par la parole et surtout par l’exemple, afin de trouver ceux qui sont Ă  mĂȘme de le rĂ©aliser Ă  leur tour et de devenir aussi des annonciateurs de la dĂ©livrance.

      - 3) Fondation d’une sociĂ©tĂ© type ou rĂ©organisation de celles dĂ©jĂ  existantes.

***************

Pour chaque individu aussi, le travail est double et doit ĂȘtre fait simultanĂ©ment, l’un favorisant et complĂ©tant l’autre :

1) Le dĂ©veloppement intĂ©rieur, l’union progressive avec la lumiĂšre divine, seul Ă©tat qui permette Ă  l’homme d’ĂȘtre toujours en harmonie avec le grand courant de vie universelle.

2) L’action extĂ©rieure que chacun doit choisir selon ses capacitĂ©s et ses prĂ©fĂ©rences personnelles. Il doit trouver sa propre place, celle qu’il est seul Ă  pouvoir remplir, dans le concert gĂ©nĂ©ral, et s’y donner tout entier, sans ignorer pourtant qu’il ne joue qu’une note dans la symphonie terrestre, mais que sa note est indispensable Ă  l’harmonie du tout, et que toute sa valeur rĂ©side dans sa justesse.

La MĂšre, Paroles dAutrefois, Le 7 mai 1912

 

Commenter sur Facebook

Oh MĂšre , bienvenue dans tous les coeurs aimants.

Ho MĂšre soit la bienvenue dans tous les coeurs aimants.

3 mois auparavant

Auroville m'appelle

"On ne peut rien faire dans les circonstances actuelles et avec la politique telle qu’elle est pratiquĂ©e actuellement. (
) Le monde est organisĂ© de telle façon qu’on ne peut pas ĂȘtre autrement. si on Ă©tait un homme qui n’acceptait aucune espĂšce de compromis, on ne pourrait pas rester dans la politique ; on serait tout simple-ment poussĂ© dehors par la force mĂȘme des choses. il y aura un moment oĂč tout cela changera, mais pas encore. La politique, c’est peut-ĂȘtre la derniĂšre chose qui changera. il y en a beau-coup d’autres qui doivent changer avant. C’est certainement une des choses les plus rĂ©calcitrantes.il y a deux choses qui sont trĂšs difficiles Ă  changer : c’est la finance et la politique ; le domaine de l’argent et le domaine du gouvernement sont les deux points oĂč l’homme est le plus faible et le plus attachĂ© au mensonge. Alors, probablement, la transformation viendra lĂ  en dernier. On peut espĂ©rer une transformation sociale, une transformation Ă©conomique, une transformation de l’éducation ; on peut espĂ©rer tout ça long-temps avant la transformation politique et la transformation financiĂšre. J’ai Ă©crit ça justement pour montrer aux gens quel est l’état vĂ©ritable du monde, et pour donner une indication de la porte de sortie. Mais quand nous en serons Ă  la porte de sortie, vous verrez que ce n’est pas si facile. Peut-ĂȘtre que la premiĂšre chose qui se transformera, ce sera le monde scientifique, c’est possible ; parce que lĂ  on exige une sincĂ©ritĂ© trĂšs grande et un effort trĂšs persĂ©vĂ©rant, et que ce sont dĂ©jĂ  des qualitĂ©s qui vous ouvrent la porte vers une vie supĂ©rieure..."

La MĂšre, Entretiens, 14 septembre 1955
... Voir plusVoir moins

On ne peut rien faire dans les circonstances actuelles et avec la politique telle qu’elle est pratiquĂ©e actuellement. (
) Le monde est organisĂ© de telle façon qu’on ne peut pas ĂȘtre autrement. si on Ă©tait un homme qui n’acceptait aucune espĂšce de compromis, on ne pourrait pas rester dans la politique ; on serait tout simple-ment poussĂ© dehors par la force mĂȘme des choses. il y aura un moment oĂč tout cela changera, mais pas encore. La politique, c’est peut-ĂȘtre la derniĂšre chose qui changera. il y en a beau-coup d’autres qui doivent changer avant. C’est certainement une des choses les plus rĂ©calcitrantes.il y a deux choses qui sont trĂšs difficiles Ă  changer : c’est la finance et la politique ; le domaine de l’argent et le domaine du gouvernement sont les deux points oĂč l’homme est le plus faible et le plus attachĂ© au mensonge. Alors, probablement, la transformation viendra lĂ  en dernier. On peut espĂ©rer une transformation sociale, une transformation Ă©conomique, une transformation de l’éducation ; on peut espĂ©rer tout ça long-temps avant la transformation politique et la transformation financiĂšre. J’ai Ă©crit ça justement pour montrer aux gens quel est l’état vĂ©ritable du monde, et pour donner une indication de la porte de sortie. Mais quand nous en serons Ă  la porte de sortie, vous verrez que ce n’est pas si facile. Peut-ĂȘtre que la premiĂšre chose qui se transformera, ce sera le monde scientifique, c’est possible ; parce que lĂ  on exige une sincĂ©ritĂ© trĂšs grande et un effort trĂšs persĂ©vĂ©rant, et que ce sont dĂ©jĂ  des qualitĂ©s qui vous ouvrent la porte vers une vie supĂ©rieure... 

La MĂšre, Entretiens, 14 septembre 1955

 

Commenter sur Facebook

Le monde de la Finance et celui du Gouvernement: les plus difficiles a changer; liĂ©s au mensonge - et a l’aviditĂ©- CONFIRMED...!

3 mois auparavant

Auroville m'appelle

"Les traditions du passĂ© sont trĂšs grandes Ă  leur place, dans le passĂ©, mais je ne vois pas pourquoi nous devrions simplement les rĂ©pĂ©ter sans aller plus loin. Dans le dĂ©veloppement spirituel de la conscience sur terre le grand passĂ© devrait ĂȘtre suivi par un plus grand futur." Sri Aurobindo ... Voir plusVoir moins

Les traditions du passĂ© sont trĂšs grandes Ă  leur place, dans le passĂ©, mais je ne vois pas pourquoi nous devrions simplement les rĂ©pĂ©ter sans aller plus loin. Dans le dĂ©veloppement spirituel de la conscience sur terre le grand passĂ© devrait ĂȘtre suivi par un plus grand futur. Sri Aurobindo

 

Commenter sur Facebook

À lire; L, AVENTURE DE LA CONSCIENCE.

A

4 mois auparavant

Auroville m'appelle

"Dans cet endroit, les enfants pourraient croßtre et se développer intégralement sans perdre le contact avec leur ùme; l'instruction serait donnée, non en vue de passer des examens ou d'obtenir des certificats et des postes, mais pour enrichir les facultés existantes et en faire naßtre de nouvelles. Dans ce lieu, les titres et les situations seraient remplacés par des occasions de servir et d'organiser ; il y serait pourvu aux besoins du corps également pour tous, et la supériorité intellectuelle, morale et spirituelle se traduirait dans l'organisation générale, non par une augmentation des plaisirs et des pouvoirs de la vie, mais par un accroissement des devoirs et des responsabilités. La beauté sous toutes ses formes artistiques: peinture, sculpture, musique, littérature, serait accessible à tous également, la faculté de participer aux joies qu'elle donne étant limitée uniquement par la capacité de chacun et non par la position sociale ou financiÚre.
Car dans ce lieu idéal, l'argent ne serait plus le souverain seigneur ; la valeur individuelle aurait une importance trÚs supérieure à celle des richesses matérielles et de la position sociale. Le travail n'y serait pas le moyen de gagner sa vie, mais le moyen de s'exprimer et de développer ses capacités et ses possibilités, tout en rendant service à l'ensemble du groupe qui, de son cÎté, pourvoirait aux besoins de l'existence et au cadre d'action de chacun.
En rĂ©sumĂ©, ce serait un endroit oĂč les relations entre ĂȘtres humains, qui sont d'ordinaire presque exclusivement basĂ©es sur la concurrence et la lutte, seraient remplacĂ©es par des relations d'Ă©mulation pour bien faire, de collaboration et de rĂ©elle fraternitĂ©."

La MĂšre, Un rĂȘve
... Voir plusVoir moins

Dans cet endroit, les enfants pourraient croßtre et se développer intégralement sans perdre le contact avec leur ùme; linstruction serait donnée, non en vue de passer des examens ou dobtenir des certificats et des postes, mais pour enrichir les facultés existantes et en faire naßtre de nouvelles. Dans ce lieu, les titres et les situations seraient remplacés par des occasions de servir et dorganiser ; il y serait pourvu aux besoins du corps également pour tous, et la supériorité intellectuelle, morale et spirituelle se traduirait dans lorganisation générale, non par une augmentation des plaisirs et des pouvoirs de la vie, mais par un accroissement des devoirs et des responsabilités. La beauté sous toutes ses formes artistiques: peinture, sculpture, musique, littérature, serait accessible à tous également, la faculté de participer aux joies quelle donne étant limitée uniquement par la capacité de chacun et non par la position sociale ou financiÚre.
 Car dans ce lieu idéal, largent ne serait plus le souverain seigneur ; la valeur individuelle aurait une importance trÚs supérieure à celle des richesses matérielles et de la position sociale. Le travail ny serait pas le moyen de gagner sa vie, mais le moyen de sexprimer et de développer ses capacités et ses possibilités, tout en rendant service à lensemble du groupe qui, de son cÎté, pourvoirait aux besoins de lexistence et au cadre daction de chacun.
 En rĂ©sumĂ©, ce serait un endroit oĂč les relations entre ĂȘtres humains, qui sont dordinaire presque exclusivement basĂ©es sur la concurrence et la lutte, seraient remplacĂ©es par des relations dĂ©mulation pour bien faire, de collaboration et de rĂ©elle fraternitĂ©.

La MĂšre, Un rĂȘve

 

Commenter sur Facebook

Un endroit comme celui-là se répandra à la surface de la terre, et l humanité redeviendra SAINE.

Fny ça serait bien....

4 mois auparavant

Auroville m'appelle

22 mai 1968

(Satprem) Douce MĂšre, et ce qui se passe en France en ce moment, qu'est-ce que cela veut dire?

(MÚre) C'est clairement l'avenir qui s'éveille et qui veut chasser le passé.

Tu as lu les lettres des enfants de S? Ils sont lĂ -bas. Par exemple, tous les Ă©tudiants et toute la classe ouvriĂšre se sont unis. Il y a naturellement, mentalement, tout le mĂ©lange de toutes sortes d'idĂ©es, mais la Force derriĂšre... Par exemple, les Ă©tudiants veulent changer complĂštement le mode d'instruction: ils rĂ©clament violemment la suppression de tous les examens. Et ils ne le savent pas eux-mĂȘmes, mais ils sont poussĂ©s par une force qui veut la manifestation d'une vĂ©ritĂ© plus vraie.

Eux-mĂȘmes ne voudraient pas de violence – il paraĂźt que ce ne sont pas eux qui ont commencĂ© la violence, mais la police. Et ça, c'est trĂšs intĂ©ressant, parce que la police reprĂ©sente la dĂ©fense du passĂ©. Et quand j'ai lu les lettres de ces enfants, puis que l'on m'a donnĂ© les nouvelles, alors est venu en moi (cela a Ă©tĂ© dit trĂšs-trĂšs clairement, une vision trĂšs claire): l'avenir. C'est la Puissance supĂ©rieure qui contraint les gens Ă  faire ce qu'ils doivent faire. Entre maintenant et ça (qui est trĂšs en avant), ce doit ĂȘtre la puissance d'un nombre immobile. Et alors la vision Ă©tait claire: si des millions – pas des milliers: des millions – de gens s'assemblent, occupent, absolument pacifiques (simplement s'assemblent et occupent, avec des reprĂ©sentants naturellement qui diront ce qu'ils veulent), alors ça aura le pouvoir. Mais il ne faut pas de violence; dĂšs que l'on se laisse aller Ă  la violence, c'est le retour au passĂ©, c'est l'ouverture Ă  tous les conflits... À ce moment-lĂ , je ne savais pas que c'Ă©tait la police qui avait commencĂ© la violence; je ne savais pas, je ne connaissais pas les dĂ©tails de l'histoire. Mais c'Ă©tait une vision trĂšs claire: une occupation par la masse, mais une masse toute-puissante dans son immobilitĂ©, qui impose sa volontĂ© par le nombre, avec des reprĂ©sentants intellectuels pour les nĂ©gociations.

Je ne sais pas... De Gaulle est ouvert à quelque chose de plus que la force purement matérielle. Est-il de taille? Je ne sais pas. Mais en tout cas, il est parmi les meilleurs instruments.
C'est clairement (pas dans le détail, mais dans la direction du mouvement), c'est clairement la volonté d'en avoir fini du passé, de laisser la porte à l'avenir.

C'est comme une sorte d'Ă©cƓurement de la stagnation. VoilĂ . Soif de quelque chose qui est en avant, qui paraĂźt plus lumineux et meilleur. Et en effet, il Y A quelque chose – ce n'est pas seulement une imagination: il Y A quelque chose. C'est cela, la beautĂ©, c'est qu'IL Y A quelque chose. Il Y A une RĂ©ponse. Il Y A une Force qui veut... qui veut s'exprimer.
La France est dans une situation privilĂ©giĂ©e: l'Inde d'abord, la France aprĂšs, pour des raisons... simplement de rĂ©ceptivitĂ©. La France a toujours essayĂ© d'ĂȘtre en avant – c'est d'ailleurs pour cela que ce corps est nĂ© lĂ .
(silence)
Les journaux parlent d'une grĂšve de plusieurs millions lĂ -bas (ces enfants ont Ă©crit). Ça n'a pas du tout le caractĂšre d'une grĂšve, ça a le caractĂšre d'une rĂ©volution.

Je connais cela. Je ne sais pas si je te l'ai jamais dit, mais il y a eu – il y a toujours eu – identification de la conscience de ce corps avec tous les mouvements de rĂ©volution. Je les ai toujours connus et guidĂ©s avant mĂȘme que les nouvelles ne viennent: en Russie, en Italie, en Espagne et ailleurs – toujours, partout –, et c'Ă©tait essentiellement, toujours, cette mĂȘme Force qui veut hĂąter la venue de l'avenir – toujours –, mais qui est obligĂ©e d'adapter ses moyens d'action suivant l'Ă©tat dans lequel se trouve la masse.

Et maintenant, justement, il semblerait que l'Ă©tat de la terre soit tel que tout au moins se prĂ©pare (si ce n'est pas encore comme cela), se prĂ©pare la manifestation de la masse dans une espĂšce de volontĂ© silencieuse et immobile... Et ça, c'est une pĂ©riode intermĂ©diaire pour arriver Ă  l'Ă©tat oĂč cette masse sera tenue sous contrĂŽle et mise en mouvement directement par la Puissance d'en haut.

C'est vers cela que l'on marche.

1. Une sorte de grÚve générale de quelque huit millions d'individus, qui a commencé par une révolte des étudiants et l'occupation de la Sorbonne.

Agenda de MĂšre, 22 mai 1968
... Voir plusVoir moins

 

Commenter sur Facebook

Mais les masses non violentes?

C'est ce qui se passe avec les gilets jaunes?

C'est trĂšs dangereux de faire cette comparaison !

Ce que MÚre prédit, la nouvelle vie, elle existe, je lai expérimentée, l ai vécu afin de témoigner de sa véracité .

4 mois auparavant

Auroville m'appelle

La liberté, l'égalité et la fraternité sont trois divinités de l'ùme ; elles ne peuvent pas vraiment se réaliser par les mécanismes extérieurs de la société, ni par l'homme tant qu'il vit seulement dans l'égo individuel et dans celui de la communauté .

Quand l'égo réclame la liberté, il arrive à un individualisme compétitif. Quand il revendique l'égalité, il arrive d'abord au conflit, puis il tente de fermer les yeux sur les variations de la Nature et ne connait d'autre moyen que de bùtir une société artificielle et mécanique .

Une société qui cherche la liberté comme idéal, est incapable d'arriver à l'égalité ; une société qui cherche l'égalité sera obligée de sacrifier la liberté . Et parler de fraternité à l'égo, c'est parler d'une chose contraire à sa nature. Tout ce qu'il connait, c'est une association à la poursuite de fins égoïstes communes ; tout ce qu'il est capable de réaliser, c'est une organisation plus rigoureuse afin de répartir également le travail, la production, la consommation et les plaisirs .

Et pourtant, la fraternité est la clef du triple évangile de l'idée d'humanité. L'union de la liberté et de l'égalité ne peut s'accomplir que par le pouvoir de la fraternité humaine ; elle ne peut se fonder sur rien d'autre. Mais la fraternité n'existe que dans l'ùme et par l'ùme ; elle ne peut exister par rien d'autre . Car cette fraternité n'est pas affaire de parenté physique ni d'association vitale ni d'accord intellectuel .

Quand l'Ăąme rĂ©clame la libertĂ©, c'est la libertĂ© de se dĂ©velopper, de dĂ©velopper le divin dans l'homme et dans tout son ĂȘtre. Quand elle rĂ©clame l'Ă©galitĂ©, ce qu'elle veut, c'est cette mĂȘme libertĂ© Ă©galement pour tous, et la reconnaissance d'une mĂȘme Ăąme , une mĂȘme divinitĂ© dans tous les ĂȘtres humains. Quand elle cherche la fraternitĂ©, elle fonde cette Ă©gale libertĂ© de dĂ©veloppement sur un but commun, une vie commune, une unitĂ© de pensĂ©e et de sentiment, elle-mĂȘme fondĂ©e sur la reconnaissance de l'unitĂ© spirituelle intĂ©rieure .

En fait, cette trinitĂ© constitue la nature mĂȘme de l'Ăąme ; car la libertĂ©, l'Ă©galitĂ© et l'unitĂ© sont les attributs Ă©ternels de l'Esprit . ReconnaĂźtre pratiquement cette vĂ©ritĂ©, Ă©veiller l'Ăąme dans l'homme et tenter de le faire vivre dans son Ăąme et non dans son Ă©go, tel est le sens intĂ©rieur de la religion, et c'est Ă  cela que la religion de l'humanitĂ© doit parvenir Ă©galement si elle veut se rĂ©aliser dans la vie de l'espĂšce.''

Sri Aurobindo, L'idéal de l'Unité humaine, 1919
... Voir plusVoir moins

 

Commenter sur Facebook

Et laintenant les gilets jaunes

4 mois auparavant

Auroville m'appelle

Jamais, en vĂ©ritĂ©, sans la richesse de sa vitalitĂ© et de son intellect, l’Inde n’aurait pu, comme elle l’a fait, dĂ©velopper Ă  ce point ses tendances spirituelles. C’est une grande erreur de croire que la fleur de la spiritualitĂ© s’épanouit d’autant mieux que le sol est appauvri, la vie Ă  moitiĂ© morte, l’intellect dĂ©couragĂ© et intimidĂ©. Cette spiritualitĂ©-lĂ  a quelque chose de morbide, de fiĂ©vreux, et s’expose Ă  de pĂ©rilleuses rĂ©actions. C’est quand la vie d’un peuple a Ă©tĂ© des plus intense et sa pensĂ©e des plus profonde, que sa spiritualitĂ© rĂ©vĂšle sa hauteur et sa profondeur, et donne ses fruits les plus divers et les plus durables. L’Europe actuelle a dĂ» attendre une longue explosion de ses forces vitales, une activitĂ© stupĂ©fiante de son intellect, pour que la spiritualitĂ© consente vraiment Ă  Ă©merger, promettant de n’ĂȘtre plus, comme naguĂšre, le triste mĂ©decin de la maladie de la vie, mais les prĂ©mices d’une vaste et profonde lumiĂšre.

Ce qui frappe le plus les EuropĂ©ens dans la pensĂ©e spirituelle de l’Inde, c’est la nĂ©gation de la vie, propre au bouddhisme et Ă  l’illusionnisme. Il ne faut pourtant pas oublier que c’est lĂ  un aspect seulement de sa philosophie, qui ne s’exagĂ©ra qu’à l’heure du dĂ©clin.

Sri Aurobindo, Les Fondements de la Culture Indienne, p. 18-19
... Voir plusVoir moins

Jamais, en vĂ©ritĂ©, sans la richesse de sa vitalitĂ© et de son intellect, l’Inde n’aurait pu, comme elle l’a fait, dĂ©velopper Ă  ce point ses tendances spirituelles. C’est une grande erreur de croire que la fleur de la spiritualitĂ© s’épanouit d’autant mieux que le sol est appauvri, la vie Ă  moitiĂ© morte, l’intellect dĂ©couragĂ© et intimidĂ©. Cette spiritualitĂ©-lĂ  a quelque chose de morbide, de fiĂ©vreux, et s’expose Ă  de pĂ©rilleuses rĂ©actions. C’est quand la vie d’un peuple a Ă©tĂ© des plus intense et sa pensĂ©e des plus profonde, que sa spiritualitĂ© rĂ©vĂšle sa hauteur et sa profondeur, et donne ses fruits les plus divers et les plus durables. L’Europe actuelle a dĂ» attendre une longue explosion de ses forces vitales, une activitĂ© stupĂ©fiante de son intellect, pour que la spiritualitĂ© consente vraiment Ă  Ă©merger, promettant de n’ĂȘtre plus, comme naguĂšre, le triste mĂ©decin de la maladie de la vie, mais les prĂ©mices d’une vaste et profonde lumiĂšre.

Ce qui frappe le plus les EuropĂ©ens dans la pensĂ©e spirituelle de l’Inde, c’est la nĂ©gation de la vie, propre au bouddhisme et Ă  l’illusionnisme. Il ne faut pourtant pas oublier que c’est lĂ  un aspect seulement de sa philosophie, qui ne s’exagĂ©ra qu’à l’heure du dĂ©clin.

Sri Aurobindo, Les Fondements de la Culture Indienne, p. 18-19

 

Commenter sur Facebook

Vous savez qui Ă©tait Sri Aurobindo, moi OUI.

6 mois auparavant

Auroville m'appelle

AuroMaa
Sri Aurobindo and the Evolution of the Human Species
... Voir plusVoir moins

7 mois auparavant

Auroville m'appelle

Le cƓur de la consĂ©cration intĂ©rieure est la confiance en le Divin et le sentiment de certitude qui l'accompagne. L'attitude Ă  prendre est: "Je veux le Divin et rien d'autre. Je veux me donner entiĂšrement Ă  lui et puisque c'est ce que veut mon Ăąme, je le rencontrerai et le rĂ©aliserai: il ne peut en ĂȘtre autrement. Je ne demande rien de plus sinon qu'il agisse en moi pour m'amener Ă  lui par une action cachĂ©e ou visible, voilĂ©e ou manifeste. Je n'insiste pas pour que cela arrive Ă  mon heure et Ă  ma maniĂšre; qu'il fasse tout Ă  sa maniĂšre et Ă  son heure; je croirai en lui, j'accepterai sa volontĂ©, j'aspirerai sans relĂąche Ă  sa lumiĂšre, Ă  sa prĂ©sence, Ă  sa joie, j'irai Ă  travers toutes les difficultĂ©s, tous les retards, m'en remettant Ă  Lui, n'abandonnant jamais. Que mon mental soit calme, qu'il fasse confiance au Divin et lui permette de l'ouvrir Ă  sa lumiĂšre; que mon vital soit tranquille et se tourne vers lui seul, qu'il lui permette de l'ouvrir Ă  son calme et Ă  sa joie. Tout pour lui et moi pour lui. Quoi qu'il arrive, je me tiendrai Ă  cette aspiration et Ă  ce don de moi-mĂȘme et je continuerai, m'en remettant Ă  lui, parfaitement confiant que tout sera fait. Sri Aurobindo, Lettres sur le Yoga, II, 2 ... Voir plusVoir moins

Le cƓur de la consĂ©cration intĂ©rieure est la confiance en le Divin et le sentiment de certitude qui laccompagne. Lattitude Ă  prendre est: Je veux le Divin et rien dautre. Je veux me donner entiĂšrement Ă  lui et puisque cest ce que veut mon Ăąme, je le rencontrerai et le rĂ©aliserai: il ne peut en ĂȘtre autrement. Je ne demande rien de plus sinon quil agisse en moi pour mamener Ă  lui par une action cachĂ©e ou visible, voilĂ©e ou manifeste. Je ninsiste pas pour que cela arrive Ă  mon heure et Ă  ma maniĂšre; quil fasse tout Ă  sa maniĂšre et Ă  son heure; je croirai en lui, jaccepterai sa volontĂ©, jaspirerai sans relĂąche Ă  sa lumiĂšre, Ă  sa prĂ©sence, Ă  sa joie, jirai Ă  travers toutes les difficultĂ©s, tous les retards, men remettant Ă  Lui, nabandonnant jamais. Que mon mental soit calme, quil fasse confiance au Divin et lui permette de louvrir Ă  sa lumiĂšre; que mon vital soit tranquille et se tourne vers lui seul, quil lui permette de louvrir Ă  son calme et Ă  sa joie. Tout pour lui et moi pour lui. Quoi quil arrive, je me tiendrai Ă  cette aspiration et Ă  ce don de moi-mĂȘme et je continuerai, men remettant Ă  lui, parfaitement confiant que tout sera fait. Sri Aurobindo, Lettres sur le Yoga, II, 2

 

Commenter sur Facebook

De qui est la peinture?

Réalité SuprÚme pour en avoir vécu l,espérience

7 mois auparavant

Auroville m'appelle

"Sri Aurobindo a fait tout un tableau de la Manifestation dans le livre The Hour of God[2]: il y a d’abord ceci qui vient, puis ça, puis ça, puis ça, etc. – toute une sĂ©rie. Je dois dire qu’ils ont imprimĂ© cela trĂšs sĂ©rieusement dans le livre, mais il l’a fait (je l’ai vu le faire) comme un amusement. Quelqu’un lui avait parlĂ© justement des diffĂ©rentes religions, des diffĂ©rentes mĂ©thodes philosophiques, et puis de la ThĂ©osophie, Mme Blavatski, tous ces gens (il y avait aussi l’histoire de ThĂ©on: chacun a fait son tableau). Alors Sri Aurobindo a dit: «Moi aussi, je peux faire un tableau! et mon tableau sera beaucoup plus complet!» Et quand cela a Ă©tĂ© fini, il a ri et il a dit: «Mais ce n’est qu’un tableau, c’est pour s’amuser.» On l’a mis trĂšs sĂ©rieusement dans le livre comme s’il l’avait dĂ©clarĂ© comme une chose trĂšs sĂ©rieuse. Oh! c’est trĂšs compliquĂ©!" La MĂšre, Agenda, 28 juillet 1961

Note: Les images ci-dessous sont tirées du livre The Hour of God, de Sri Aurobindo
... Voir plusVoir moins

 

Commenter sur Facebook

Jai en ma possession le TOME 2 de MERE ou L,ESPÈCE NOUVELLE et je ne cesse de le lire et relire et encore.Tout le travail est là, dans notre corps. Merci MERE, Merci au Maitre Sri Aurobindo

8 mois auparavant

Auroville m'appelle

[Question] Quand un ĂȘtre est possĂ©dĂ© par la force hostile, que devient son psychique ?

[MĂšre] Cela dĂ©pend du degrĂ© de la possession. GĂ©nĂ©ralement, c'est une chose progressive. Il y a d'abord une influence que l'on subit, et que l'on subit de façon fragmentaire, mĂȘme pas totalement dans son ĂȘtre, dans certains morceaux, et pour un temps. Ça, c'est le premier stade. Le second, l'influence devient permanente et il y a une partie de l'ĂȘtre qui est dĂ©tĂ©riorĂ©e, qui subit constamment cette influence et l'exprime. AprĂšs, l'ĂȘtre qui a mis cette influence essaye d'entrer dans cette partie. Alors, gĂ©nĂ©ralement, cela produit un conflit, une sorte de bataille intĂ©rieure. Les gens ont des crises, quelquefois mĂȘme des crises nerveuses, maladives. Pour essayer de rĂ©sister, les deux parties de l'ĂȘtre sont constamment en conflit, et cela produit de grands dĂ©sĂ©quilibres, mĂȘme des dĂ©sĂ©quilibres physiques. Mais si on ne sait pas rĂ©sister, et si on n'arrive pas Ă  secouer cette emprise, alors, petit Ă  petit, l'ĂȘtre qui s'est saisi d'une partie de vous-mĂȘme agit comme une pieuvre, et rĂ©pand ses tentacules, comme ça, lentement et partout ; et Ă  la fin, c'est une possession totale. Au moment de la possession totale, ou l'ĂȘtre qui est possĂ©dĂ© devient tout Ă  fait dĂ©sĂ©quilibrĂ©, ou bien il devient une espĂšce de monstre et son ĂȘtre psychique le quitte.

Ce sont des cas extrĂȘmement rares, heureusement. GĂ©nĂ©ralement, dans l'ĂȘtre humain, le psychique est assez fort pour pouvoir rĂ©sister, et le cas le plus frĂ©quent est un cas de constant conflit entre les deux parties, jusqu'Ă  ce que — si l'ĂȘtre psychique est assez fort et s'il sait s'appuyer sur une force plus grande que la sienne — il soit capable de rejeter cette influence et de se libĂ©rer. Ce n'est que dans le cas extrĂȘme d'une possession totale que l'ĂȘtre psychique s'en va. Mais ça, ce sont des cas extrĂȘmement rares, extrĂȘmement rares.

Il arrive quelquefois qu'un enfant est mort-nĂ©, c'est-Ă -dire que, juste au moment de la naissance, il meurt, ou quelques minutes aprĂšs, ou une ou deux heures aprĂšs, n'est-ce pas, juste Ă  ce moment-lĂ . Ça, dans ces cas-lĂ , il est arrivĂ© que ce soit l'ĂȘtre psychique qui a dĂ©cidĂ© de ne pas se servir de ce corps. Mais si, par exemple, le docteur qui soigne est un homme habile, ou l'infirmiĂšre qui est lĂ  est une personne habile, et qu'ils peuvent ramener la vie dans le corps par des respirations artificielles ou n'importe quoi, le plus souvent, c'est un ĂȘtre hostile qui s'empare de ce corps-lĂ . Il y a eu des cas comme ça, d'enfants qui paraissaient ĂȘtre morts, c'est-Ă -dire que l'ĂȘtre psychique avait quittĂ© le corps, et avant qu'ils ne meurent tout Ă  fait, un ĂȘtre vital Ă©tait entrĂ©, et avait pris la place. Il y a eu des cas comme ça. Et ce sont des ĂȘtres qui sont des dĂ©mons. Dans la vie, ils deviennent de vĂ©ritables dĂ©mons. Il n'y en a pas beaucoup.

Il y a des ĂȘtres du vital, mais alors d'un degrĂ© supĂ©rieur, des Ă©manations d'asoura par exemple, qui ont dĂ©cidĂ©, pour une raison ou une autre, qu'ils allaient essayer de se convertir, de ne plus ĂȘtre antidivins, et d'arriver Ă  rentrer en relation avec le Divin. Ils savent que la meilleure façon est de s'identifier Ă  un corps humain pour ĂȘtre sous le contrĂŽle d'un ĂȘtre psychique. Et ils s'incarnent dans des corps humains, mais non pas avec l'intention de chasser l'ĂȘtre psychique, au contraire : pour essayer de se mettre sous l'influence de l'ĂȘtre psychique et d'ĂȘtre convertis par lui. Ce sont des cas qui ne sont pas frĂ©quents non plus, mais enfin qui se sont vus ; et dans ces cas-lĂ , ces ĂȘtres humains sont douĂ©s de capacitĂ©s trĂšs exceptionnelles; mais ils ont aussi gĂ©nĂ©ralement des difficultĂ©s trĂšs exceptionnelles, parce que la puissance qui est incarnĂ©e en eux est une puissance qui au moins a Ă©tĂ©, si elle n'est pas encore, une puissance hostile, et que tous ces mouvements de rĂ©volte, n'est-ce pas, c'est difficile de les guĂ©rir immĂ©diatement et cela prend quelquefois toute une vie pour arriver Ă  le faire. . Il y a de ces ĂȘtres asouriques qui ont essayĂ© de se convertir, et qui n'ont pas rĂ©ussi. Ils ont dĂ» quitter le corps qu'ils avaient choisi, parce qu'ils n'avaient pas pu se convertir. C'Ă©tait une tĂąche trop difficile pour eux, qui demandait des efforts trop grands.

Mais tous ces cas-là, dont je viens de vous parler, sont des cas trÚs rares, n'est-ce pas. Il ne faut pas dire que ce soit des choses qui se passent et que l'on rencontre à tout bout de champ : un monsieur qui est une incarnation d'une force adverse, ou un autre qui est possédé. Ce sont des cas trÚs rares, trÚs rares.

Tandis que le cas d'influence — d'ĂȘtre sous une influence, et d'exprimer cette influence —, ça, c'est malheureusement trĂšs frĂ©quent. Surtout chez les gens qui entreprennent le yoga sans ĂȘtre suffisamment purifiĂ©s auparavant, ou, alors, avec des intentions Ă©goĂŻstes ; les gens qui commencent Ă  faire le yoga avec des raisons d'ambition ou de vanitĂ©, ça, ça leur arrive trĂšs souvent qu'ils se mettent sous l'influence de certaines forces adverses.

Et il y a beaucoup de gens aussi qui sont sous certaines influences d'une façon... comment dire... on ne peut appeler cela accidentel, mais... Par exemple, il y a des ĂȘtres psychiques qui choisissent un certain milieu pour s'incarner, parce qu'ils pensent qu'ils auront lĂ  les expĂ©riences qu'ils veulent avoir et que, par suite des circonstances dans ce milieu-lĂ , il y a une influence hostile qui s'exerce ; alors, le corps dont ils se revĂȘtent est dans une certaine mesure sous cette influence hostile et ils ont Ă  lutter contre cela d'une façon terrible pendant toute leur vie. Ils peuvent Ă  un moment donnĂ©, comme j'ai dit — s'ils savent s'appuyer sur des forces plus grandes que les leurs —, ils peuvent vaincre et remporter une grande victoire. C'est une grande victoire de se dĂ©barrasser de l'influence d'une force adverse. C'est vraiment une victoire qui dĂ©passe la personnalitĂ© de l'individu, qui a une rĂ©percussion sur l'Ă©tat terrestre tout entier. Chaque victoire remportĂ©e comme cela par un individu sur une force hostile qui l'influence, est un grand pas de fait vers le moment oĂč la terre sera dĂ©barrassĂ©e complĂštement de cette prĂ©sence des forces hostiles. Cela reprĂ©sente un grand progrĂšs terrestre.

[Question] Douce MĂšre, comment les forces hostiles peuvent-elles se convertir?

[MĂšre] Mais si elles le veulent, pourquoi ne pourraient-elles pas ? Il n'y a rien dans l'univers qui n'ait une origine unique, c'est-Ă -dire une origine suprĂȘme, les forces hostiles comme le reste ; et si elles renoncent Ă  leur rĂ©volte et Ă  leur sĂ©paration, et qu'elles aspirent vers le retour Ă  leur origine, elles peuvent se convertir trĂšs bien. Cela peut leur demander plus d'efforts qu'il n'est nĂ©cessaire Ă  un ĂȘtre humain pour changer ses dĂ©fauts, ça, c'est Ă©vident. C'est un effort beaucoup plus considĂ©rable et surtout beaucoup plus profond, parce que l'origine de leur rĂ©volte est trĂšs profonde, elle n'est pas superficielle. Mais enfin, ils peuvent y arriver. Ils ont le pouvoir aussi ; ce sont des ĂȘtres trĂšs puissants qui... s'ils prennent la rĂ©solution de se convertir, ils peuvent le faire ; et alors ils deviennent parmi les plus merveilleux instruments de l'ƒuvre divine. Ceux-lĂ  mĂȘmes qui Ă©taient parmi les plus grands adversaires.

Je suis en train de chercher quelqu'un qui m'a dit qu'il me poserait une question. C'est Sujata. OĂč est-ce qu'elle perche? Au bout du monde ! Je n'entendrai jamais. Qu'est-ce que tu voulais demander ?

[Sujata] Est-ce qu'il y a une autre question que je peux vous poser ? Est-ce que le dĂ©sĂ©quilibre mental est dĂ» Ă  la mĂȘme cause, Douce MĂšre ?

(Pavitra rĂ©pĂšte) Est-ce que le dĂ©sĂ©quilibre mental est dĂ» Ă  la mĂȘme cause ?

[MĂšre] TrĂšs souvent, mais pas toujours. Le dĂ©sĂ©quilibre mental peut ĂȘtre dĂ» Ă  beaucoup de causes diffĂ©rentes. Il y en a une qui peut ĂȘtre simplement une fabrication physique qui est dĂ©fectueuse, une insuffisance cĂ©rĂ©brale. Maintenant, on peut dire que cette insuffisance cĂ©rĂ©brale est probablement l'expression d'un dĂ©sĂ©quilibre vital intĂ©rieur. Mais dans le cas d'insuffisance cĂ©rĂ©brale, c'est gĂ©nĂ©ralement une chose hĂ©rĂ©ditaire ou organique, enfin... c'est-Ă -dire qui a Ă©tĂ© produite Ă  la conception. Alors on ne peut pas dire que c'est dĂ» Ă  une influence qui s'ajoute : c'Ă©tait une influence qui agissait avant la naissance, et celui qui souffre de ce dĂ©sĂ©quilibre mental n'est pas forcĂ©ment sous une influence adverse directe. Cela peut ĂȘtre une consĂ©quence de malformation.

Maintenant, quand il y a des gens qui sont divisĂ©s dans leur mental et qui, dans une partie de leur mental aspirent Ă  la vĂ©ritĂ© et Ă  la transformation, et dans une autre n'en veulent pas, et non seulement rĂ©sistent mais se rĂ©voltent — ce qui arrive souvent —, ça, ça crĂ©e une terrible lutte cĂ©rĂ©brale intĂ©rieure, mentale d'abord et cĂ©rĂ©brale aprĂšs, et cela peut produire un dĂ©sĂ©quilibre mental sĂ©rieux.

Maintenant, il y a des cas oĂč c'est justement l'ouverture Ă  une suggestion, Ă  une influence adverse, une ouverture qui est le rĂ©sultat d'un mouvement faux — un mouvement de rĂ©volte, ou un mouvement de haine, ou un mouvement de dĂ©sir violent. On peut, dans un mauvais mouvement, s'ouvrir — dans une fureur par exemple —, on peut s'ouvrir Ă  une force adverse et commencer une influence qui pourra se terminer par une possession. Au dĂ©but, ces choses-lĂ  sont relativement faciles Ă  guĂ©rir, s'il y a une partie consciente de l'ĂȘtre et une trĂšs forte volontĂ© de se dĂ©barrasser de ce mauvais mouvement et de cette influence. On y rĂ©ussit relativement assez facilement si l'aspiration est sincĂšre ; mais si on regarde cela avec complaisance, et puis qu'on se dise : "Ah, c'est comme ça, ça ne peut pas ĂȘtre autrement", alors, cela devient dangereux. Il ne faut pas tolĂ©rer l'ennemi dans la place. DĂšs que l'on s'aperçoit de sa prĂ©sence, il faut le rejeter bien loin, aussi loin que l'on peut, sans pitiĂ©.

MÚre, Entretiens, 22 décembre 1954
... Voir plusVoir moins

[Question] Quand un ĂȘtre est possĂ©dĂ© par la force hostile, que devient son psychique ? 
  
[MĂšre] Cela dĂ©pend du degrĂ© de la possession. GĂ©nĂ©ralement, cest une chose progressive. Il y a dabord une influence que lon subit, et que lon subit de façon fragmentaire, mĂȘme pas totalement dans son ĂȘtre, dans certains morceaux, et pour un temps. Ça, cest le premier stade. Le second, linfluence devient permanente et il y a une partie de lĂȘtre qui est dĂ©tĂ©riorĂ©e, qui subit constamment cette influence et lexprime. AprĂšs, lĂȘtre qui a mis cette influence essaye dentrer dans cette partie. Alors, gĂ©nĂ©ralement, cela produit un conflit, une sorte de bataille intĂ©rieure. Les gens ont des crises, quelquefois mĂȘme des crises nerveuses, maladives. Pour essayer de rĂ©sister, les deux parties de lĂȘtre sont constamment en conflit, et cela produit de grands dĂ©sĂ©quilibres, mĂȘme des dĂ©sĂ©quilibres physiques. Mais si on ne sait pas rĂ©sister, et si on narrive pas Ă  secouer cette emprise, alors, petit Ă  petit, lĂȘtre qui sest saisi dune partie de vous-mĂȘme agit comme une pieuvre, et rĂ©pand ses tentacules, comme ça, lentement et partout ; et Ă  la fin, cest une possession totale. Au moment de la possession totale, ou lĂȘtre qui est possĂ©dĂ© devient tout Ă  fait dĂ©sĂ©quilibrĂ©, ou bien il devient une espĂšce de monstre et son ĂȘtre psychique le quitte. 

Ce sont des cas extrĂȘmement rares, heureusement. GĂ©nĂ©ralement, dans lĂȘtre humain, le psychique est assez fort pour pouvoir rĂ©sister, et le cas le plus frĂ©quent est un cas de constant conflit entre les deux parties, jusquĂ  ce que — si lĂȘtre psychique est assez fort et sil sait sappuyer sur une force plus grande que la sienne — il soit capable de rejeter cette influence et de se libĂ©rer. Ce nest que dans le cas extrĂȘme dune possession totale que lĂȘtre psychique sen va. Mais ça, ce sont des cas extrĂȘmement rares, extrĂȘmement rares. 

Il arrive quelquefois quun enfant est mort-nĂ©, cest-Ă -dire que, juste au moment de la naissance, il meurt, ou quelques minutes aprĂšs, ou une ou deux heures aprĂšs, nest-ce pas, juste Ă  ce moment-lĂ . Ça, dans ces cas-lĂ , il est arrivĂ© que ce soit lĂȘtre psychique qui a dĂ©cidĂ© de ne pas se servir de ce corps. Mais si, par exemple, le docteur qui soigne est un homme habile, ou linfirmiĂšre qui est lĂ  est une personne habile, et quils peuvent ramener la vie dans le corps par des respirations artificielles ou nimporte quoi, le plus souvent, cest un ĂȘtre hostile qui sempare de ce corps-lĂ . Il y a eu des cas comme ça, denfants qui paraissaient ĂȘtre morts, cest-Ă -dire que lĂȘtre psychique avait quittĂ© le corps, et avant quils ne meurent tout Ă  fait, un ĂȘtre vital Ă©tait entrĂ©, et avait pris la place. Il y a eu des cas comme ça. Et ce sont des ĂȘtres qui sont des dĂ©mons. Dans la vie, ils deviennent de vĂ©ritables dĂ©mons. Il ny en a pas beaucoup. 

Il y a des ĂȘtres du vital, mais alors dun degrĂ© supĂ©rieur, des Ă©manations dasoura par exemple, qui ont dĂ©cidĂ©, pour une raison ou une autre, quils allaient essayer de se convertir, de ne plus ĂȘtre antidivins, et darriver Ă  rentrer en relation avec le Divin. Ils savent que la meilleure façon est de sidentifier Ă  un corps humain pour ĂȘtre sous le contrĂŽle dun ĂȘtre psychique. Et ils sincarnent dans des corps humains, mais non pas avec lintention de chasser lĂȘtre psychique, au contraire : pour essayer de se mettre sous linfluence de lĂȘtre psychique et dĂȘtre convertis par lui. Ce sont des cas qui ne sont pas frĂ©quents non plus, mais enfin qui se sont vus ; et dans ces cas-lĂ , ces ĂȘtres humains sont douĂ©s de capacitĂ©s trĂšs exceptionnelles; mais ils ont aussi gĂ©nĂ©ralement des difficultĂ©s trĂšs exceptionnelles, parce que la puissance qui est incarnĂ©e en eux est une puissance qui au moins a Ă©tĂ©, si elle nest pas encore, une puissance hostile, et que tous ces mouvements de rĂ©volte, nest-ce pas, cest difficile de les guĂ©rir immĂ©diatement et cela prend quelquefois toute une vie pour arriver Ă  le faire. . Il y a de ces ĂȘtres asouriques qui ont essayĂ© de se convertir, et qui nont pas rĂ©ussi. Ils ont dĂ» quitter le corps quils avaient choisi, parce quils navaient pas pu se convertir. CĂ©tait une tĂąche trop difficile pour eux, qui demandait des efforts trop grands. 

Mais tous ces cas-là, dont je viens de vous parler, sont des cas trÚs rares, nest-ce pas. Il ne faut pas dire que ce soit des choses qui se passent et que lon rencontre à tout bout de champ : un monsieur qui est une incarnation dune force adverse, ou un autre qui est possédé. Ce sont des cas trÚs rares, trÚs rares. 

Tandis que le cas dinfluence — dĂȘtre sous une influence, et dexprimer cette influence —, ça, cest malheureusement trĂšs frĂ©quent. Surtout chez les gens qui entreprennent le yoga sans ĂȘtre suffisamment purifiĂ©s auparavant, ou, alors, avec des intentions Ă©goĂŻstes ; les gens qui commencent Ă  faire le yoga avec des raisons dambition ou de vanitĂ©, ça, ça leur arrive trĂšs souvent quils se mettent sous linfluence de certaines forces adverses. 

Et il y a beaucoup de gens aussi qui sont sous certaines influences dune façon... comment dire... on ne peut appeler cela accidentel, mais... Par exemple, il y a des ĂȘtres psychiques qui choisissent un certain milieu pour sincarner, parce quils pensent quils auront lĂ  les expĂ©riences quils veulent avoir et que, par suite des circonstances dans ce milieu-lĂ , il y a une influence hostile qui sexerce ; alors, le corps dont ils se revĂȘtent est dans une certaine mesure sous cette influence hostile et ils ont Ă  lutter contre cela dune façon terrible pendant toute leur vie. Ils peuvent Ă  un moment donnĂ©, comme jai dit — sils savent sappuyer sur des forces plus grandes que les leurs —, ils peuvent vaincre et remporter une grande victoire. Cest une grande victoire de se dĂ©barrasser de linfluence dune force adverse. Cest vraiment une victoire qui dĂ©passe la personnalitĂ© de lindividu, qui a une rĂ©percussion sur lĂ©tat terrestre tout entier. Chaque victoire remportĂ©e comme cela par un individu sur une force hostile qui linfluence, est un grand pas de fait vers le moment oĂč la terre sera dĂ©barrassĂ©e complĂštement de cette prĂ©sence des forces hostiles. Cela reprĂ©sente un grand progrĂšs terrestre. 
  
[Question] Douce MĂšre, comment les forces hostiles peuvent-elles se convertir? 
  
[MĂšre] Mais si elles le veulent, pourquoi ne pourraient-elles pas ? Il ny a rien dans lunivers qui nait une origine unique, cest-Ă -dire une origine suprĂȘme, les forces hostiles comme le reste ; et si elles renoncent Ă  leur rĂ©volte et Ă  leur sĂ©paration, et quelles aspirent vers le retour Ă  leur origine, elles peuvent se convertir trĂšs bien. Cela peut leur demander plus defforts quil nest nĂ©cessaire Ă  un ĂȘtre humain pour changer ses dĂ©fauts, ça, cest Ă©vident. Cest un effort beaucoup plus considĂ©rable et surtout beaucoup plus profond, parce que lorigine de leur rĂ©volte est trĂšs profonde, elle nest pas superficielle. Mais enfin, ils peuvent y arriver. Ils ont le pouvoir aussi ; ce sont des ĂȘtres trĂšs puissants qui... sils prennent la rĂ©solution de se convertir, ils peuvent le faire ; et alors ils deviennent parmi les plus merveilleux instruments de lƒuvre divine. Ceux-lĂ  mĂȘmes qui Ă©taient parmi les plus grands adversaires. 

Je suis en train de chercher quelquun qui ma dit quil me poserait une question. Cest Sujata. OĂč est-ce quelle perche? Au bout du monde ! Je nentendrai jamais. Quest-ce que tu voulais demander ? 
  
[Sujata] Est-ce quil y a une autre question que je peux vous poser ? Est-ce que le dĂ©sĂ©quilibre mental est dĂ» Ă  la mĂȘme cause, Douce MĂšre ? 
  
(Pavitra rĂ©pĂšte) Est-ce que le dĂ©sĂ©quilibre mental est dĂ» Ă  la mĂȘme cause ? 

[MĂšre] TrĂšs souvent, mais pas toujours. Le dĂ©sĂ©quilibre mental peut ĂȘtre dĂ» Ă  beaucoup de causes diffĂ©rentes. Il y en a une qui peut ĂȘtre simplement une fabrication physique qui est dĂ©fectueuse, une insuffisance cĂ©rĂ©brale. Maintenant, on peut dire que cette insuffisance cĂ©rĂ©brale est probablement lexpression dun dĂ©sĂ©quilibre vital intĂ©rieur. Mais dans le cas dinsuffisance cĂ©rĂ©brale, cest gĂ©nĂ©ralement une chose hĂ©rĂ©ditaire ou organique, enfin... cest-Ă -dire qui a Ă©tĂ© produite Ă  la conception. Alors on ne peut pas dire que cest dĂ» Ă  une influence qui sajoute : cĂ©tait une influence qui agissait avant la naissance, et celui qui souffre de ce dĂ©sĂ©quilibre mental nest pas forcĂ©ment sous une influence adverse directe. Cela peut ĂȘtre une consĂ©quence de malformation. 

Maintenant, quand il y a des gens qui sont divisĂ©s dans leur mental et qui, dans une partie de leur mental aspirent Ă  la vĂ©ritĂ© et Ă  la transformation, et dans une autre nen veulent pas, et non seulement rĂ©sistent mais se rĂ©voltent — ce qui arrive souvent —, ça, ça crĂ©e une terrible lutte cĂ©rĂ©brale intĂ©rieure, mentale dabord et cĂ©rĂ©brale aprĂšs, et cela peut produire un dĂ©sĂ©quilibre mental sĂ©rieux. 

Maintenant, il y a des cas oĂč cest justement louverture Ă  une suggestion, Ă  une influence adverse, une ouverture qui est le rĂ©sultat dun mouvement faux — un mouvement de rĂ©volte, ou un mouvement de haine, ou un mouvement de dĂ©sir violent. On peut, dans un mauvais mouvement, souvrir — dans une fureur par exemple —, on peut souvrir Ă  une force adverse et commencer une influence qui pourra se terminer par une possession. Au dĂ©but, ces choses-lĂ  sont relativement faciles Ă  guĂ©rir, sil y a une partie consciente de lĂȘtre et une trĂšs forte volontĂ© de se dĂ©barrasser de ce mauvais mouvement et de cette influence. On y rĂ©ussit relativement assez facilement si laspiration est sincĂšre ; mais si on regarde cela avec complaisance, et puis quon se dise : Ah, cest comme ça, ça ne peut pas ĂȘtre autrement, alors, cela devient dangereux. Il ne faut pas tolĂ©rer lennemi dans la place. DĂšs que lon saperçoit de sa prĂ©sence, il faut le rejeter bien loin, aussi loin que lon peut, sans pitiĂ©. 

MÚre, Entretiens, 22 décembre 1954

8 mois auparavant

Auroville m'appelle

- Douce MĂšre, est‑ce que dans les ĂȘtres les plus vilains quelque chose aspire ?

- Dans les ĂȘtres les plus vilains ? Oui, mon petit. MĂȘme dans les asuras, mĂȘme dans les Adversaires, mĂȘme dans les monstres, il y a quelque chose. Il y a toujours un coin, une sorte de faille, un point sensible, que gĂ©nĂ©ralement on appelle une faiblesse. Mais celle-lĂ  c’est la force de l’ĂȘtre, le point par lequel ils peuvent ĂȘtre touchĂ©s.

Parce que mĂȘme dans l’ĂȘtre le plus obscur et le plus dĂ©voyĂ©, mĂȘme dans celui dont la volontĂ© consciente est de lutter contre le Divin, malgrĂ© eux, malgrĂ© tout, leur origine est divine. Et ils ont beau faire, beau essayer de se couper de leur origine, ils ne le peuvent pas. Volontairement, consciemment, ils essayent tout ce qu’ils peuvent ; mais ils savent trĂšs bien qu’ils ne le peuvent pas. MĂȘme l’ĂȘtre le plus monstrueux, il y a toujours un moyen de le toucher.

Le Divin, l’action du Divin dans le monde agit toujours comme une limite Ă  l’excĂšs du mal, et en mĂȘme temps donne une puissance illimitĂ©e au bien. Et c’est cette puissance illimitĂ©e du bien qui, extĂ©rieurement, dans la manifestation, sert de limite Ă  l’expansion du mal. Naturellement, pour la vision trĂšs limitĂ©e des ĂȘtres humains, il paraĂźt quelquefois que le mal n’a pas de limites, et qu’il va jusqu’à son maximum. Mais ce maximum lui-mĂȘme est une limite. Il y a toujours un arrĂȘt, parce qu’il y a un point oĂč le Divin se dresse et dit : « T u n’iras pas plus loin. » Que ce soient les grandes destructions de la Nature, ou les monstruositĂ©s des hommes, il y a toujours un moment oĂč le Divin intervient et empĂȘche que ça aille plus loin.

La MÚre, Entretiens 1955, le 28 décembre 1955
... Voir plusVoir moins

8 mois auparavant

Auroville m'appelle

Pour un yoga intégral, les méthodes spécialisées du Rùdja-yoga et du Hatha-yoga sont parfois utiles à certains stades du développement, mais elles ne sont pa... ... Voir plusVoir moins

Video image

 

Commenter sur Facebook

10 mois auparavant

Auroville m'appelle

Un nouveau documentaire sur AurovilleThis is "Teaser subtitled Fred Cebron" by Fred Cebron on Vimeo, the home for high quality videos and the people who love them. ... Voir plusVoir moins

Video image

 

Commenter sur Facebook

C'est celui dont je parlais,j'ai eu la chance de le voir, il est vraiment trÚs bien. Le meilleur que j'ai vu jusqu'à présent.

10 mois auparavant

Auroville m'appelle

Ce film à été réalisé et financé par Magic Bus Films avec le soutiens des participants de l'APM. ... Voir plusVoir moins

Video image

 

Commenter sur Facebook

Juste.

Fatigant d'entendre parler la langue du conquérant anglais en Inde!

Je veut y aller! 😀

Ulyces
Cette Française a créé une ville utopique écologique en Inde
... Voir plusVoir moins

 

Commenter sur Facebook

Quelle vision rĂ©ductrice d’Auroville et surtout de La MĂšre devenue « Ă©crivaine spĂ©cialisĂ©e en spiritualitĂ© »!!

Olivier

Il y a effectivement des approximations pas normales, par exemple l'affirmation de l'aide financiĂšre de l'Unesco, pas que je sache, c'est surtout une caution morale.

10 mois auparavant

Auroville m'appelle

How would a city engage with the needs of the future? Would it only look at buildings, technology or the environment? Or would it start with humanity, educat... ... Voir plusVoir moins

Video image

 

Commenter sur Facebook

11 mois auparavant

Auroville m'appelle

« Une grande conscience lumineuse plane au-dessus de la terre et produit une sorte de remous dans son atmosphÚre. Tous ceux qui sont ouverts reçoivent une vague de ce remous, un rayon de cette lumiÚre et, selon leurs capacités, ils essayent de lui donner une forme. » La MÚre, Education ... Voir plusVoir moins

« Une grande conscience lumineuse plane au-dessus de la terre et produit une sorte de remous dans son atmosphÚre. Tous ceux qui sont ouverts reçoivent une vague de ce remous, un rayon de cette lumiÚre et, selon leurs capacités, ils essayent de lui donner une forme. » La MÚre, Education

11 mois auparavant

Auroville m'appelle

On a suggĂ©rĂ© pertinemment que si pareil sommet Ă©volutif [l‘ĂȘtre supramental] est prĂ©vu et que l'homme doive ĂȘtre son instrument, seul un petit nombre d'ĂȘtres humains spĂ©cialement Ă©voluĂ©s formeront le nouveau type et s'achemineront vers la vie nouvelle; ceci fait, le reste de l'humanitĂ© se laissera retomber de son aspiration spirituelle, qui ne sera plus nĂ©cessaire pour le but de la Nature, et restera tranquillement Ă  son Ă©tat normal. On peut aussi soutenir que l'Ă©chelon humain doit ĂȘtre maintenu si, par la rĂ©incarnation, il y a vraiment une ascension de l'Ăąme Ă  travers les divers degrĂ©s de l'Ă©volution jusqu'au sommet spirituel ; sinon, le plus nĂ©cessaire des Ă©chelons intermĂ©diaires manquerait. Convenons tout de suite qu'il n'y a pas la moindre probabilitĂ©, ni mĂȘme la moindre possibilitĂ©, que l'espĂšce humaine tout entiĂšre s'Ă©lĂšve en bloc jusqu'au niveau supramental. Nous ne suggĂ©rons rien d'aussi Ă©tonnant ni d'aussi rĂ©volutionnaire, mais seulement la possibilitĂ© pour la mentalitĂ© humaine, quand elle a atteint un certain niveau ou un certain point de tension dans son Ă©lan Ă©volutif, de pousser en avant vers un plan supĂ©rieur de conscience et de l'incarner dans son ĂȘtre.

La MĂšre, Entretiens 1957-58, 16 mars 1958, Sri Aurobindo Ashram, Pondicherry, 2009, p. 336
... Voir plusVoir moins

On a suggĂ©rĂ© pertinemment que si pareil sommet Ă©volutif [l‘ĂȘtre supramental] est prĂ©vu et que lhomme doive ĂȘtre son instrument, seul un petit nombre dĂȘtres humains spĂ©cialement Ă©voluĂ©s formeront le nouveau type et sachemineront vers la vie nouvelle; ceci fait, le reste de lhumanitĂ© se laissera retomber de son aspiration spirituelle, qui ne sera plus nĂ©cessaire pour le but de la Nature, et restera tranquillement Ă  son Ă©tat normal. On peut aussi soutenir que lĂ©chelon humain doit ĂȘtre maintenu si, par la rĂ©incarnation, il y a vraiment une ascension de lĂąme Ă  travers les divers degrĂ©s de lĂ©volution jusquau sommet spirituel ; sinon, le plus nĂ©cessaire des Ă©chelons intermĂ©diaires manquerait. Convenons tout de suite quil ny a pas la moindre probabilitĂ©, ni mĂȘme la moindre possibilitĂ©, que lespĂšce humaine tout entiĂšre sĂ©lĂšve en bloc jusquau niveau supramental. Nous ne suggĂ©rons rien daussi Ă©tonnant ni daussi rĂ©volutionnaire, mais seulement la possibilitĂ© pour la mentalitĂ© humaine, quand elle a atteint un certain niveau ou un certain point de tension dans son Ă©lan Ă©volutif, de pousser en avant vers un plan supĂ©rieur de conscience et de lincarner dans son ĂȘtre.

 La MĂšre, Entretiens 1957-58, 16 mars 1958, Sri Aurobindo Ashram, Pondicherry, 2009, p. 336

11 mois auparavant

Auroville m'appelle

Car le problĂšme est fondamental. Il ne s’agit pas d’apporter une philosophie nouvelle au monde ni de nouvelles idĂ©es ni des illuminations soi-disant. Il ne s’agit pas de rendre la Prison plus habitable ni de doter l’homme de pouvoirs toujours plus fantastiques – armĂ© de ses microscopes et tĂ©lescopes, le gnome humain reste gnome, douloureux et impuissant; nous envoyons des fusĂ©es sur la lune, mais nous ne connaissons pas notre propre cƓur. Il s’agit, dit Sri Aurobindo, de «crĂ©er une nouvelle nature physique qui sera l’habitation d’un ĂȘtre supramental au sein d’une nouvelle Ă©volution.»[3] Car, en vĂ©ritĂ©, dit-il, «l’imperfection de l’homme n’est pas le dernier mot de la Nature, mais sa perfection non plus n’est pas le dernier pic de l’Esprit.»[4] Par-delĂ  l’homme mental que nous sommes, s’ouvre la possibilitĂ© d’un autre ĂȘtre qui prendra la tĂȘte de l’évolution, comme un jour l’homme a pris la tĂȘte de l’évolution parmi les singes. «Si l’animal, dit Sri Aurobindo, est un laboratoire vivant au sein duquel la Nature a, dit-on, façonnĂ© l’homme, l’homme lui-mĂȘme est peut-ĂȘtre bien aussi un laboratoire vivant et pensant au sein duquel, et avec la coopĂ©ration consciente duquel, la Nature façonnera le surhomme, le dieu.»[5] Et Sri Aurobindo vient nous dire comment faire cet autre ĂȘtre, cet ĂȘtre supramental – et non seulement nous le dire, mais le faire, ouvrir le chemin de l’avenir, prĂ©cipiter sur la terre le rythme de l’évolution, la vibration nouvelle qui remplacera la vibration mentale, comme une pensĂ©e, un jour, est venue troubler la lente routine des bĂȘtes, et nous donnera le pouvoir de briser les murs de notre prison humaine.

Satprem, Sri Aurobindo et l’Avenir de la Terre: Agenda de Mùre – 1971, tome XII, pages 331-336
... Voir plusVoir moins

Car le problĂšme est fondamental. Il ne s’agit pas d’apporter une philosophie nouvelle au monde ni de nouvelles idĂ©es ni des illuminations soi-disant. Il ne s’agit pas de rendre la Prison plus habitable ni de doter l’homme de pouvoirs toujours plus fantastiques – armĂ© de ses microscopes et tĂ©lescopes, le gnome humain reste gnome, douloureux et impuissant; nous envoyons des fusĂ©es sur la lune, mais nous ne connaissons pas notre propre cƓur. Il s’agit, dit Sri Aurobindo, de «crĂ©er une nouvelle nature physique qui sera l’habitation d’un ĂȘtre supramental au sein d’une nouvelle Ă©volution.»[3] Car, en vĂ©ritĂ©, dit-il, «l’imperfection de l’homme n’est pas le dernier mot de la Nature, mais sa perfection non plus n’est pas le dernier pic de l’Esprit.»[4] Par-delĂ  l’homme mental que nous sommes, s’ouvre la possibilitĂ© d’un autre ĂȘtre qui prendra la tĂȘte de l’évolution, comme un jour l’homme a pris la tĂȘte de l’évolution parmi les singes. «Si l’animal, dit Sri Aurobindo, est un laboratoire vivant au sein duquel la Nature a, dit-on, façonnĂ© l’homme, l’homme lui-mĂȘme est peut-ĂȘtre bien aussi un laboratoire vivant et pensant au sein duquel, et avec la coopĂ©ration consciente duquel, la Nature façonnera le surhomme, le dieu.»[5] Et Sri Aurobindo vient nous dire comment faire cet autre ĂȘtre, cet ĂȘtre supramental – et non seulement nous le dire, mais le faire, ouvrir le chemin de l’avenir, prĂ©cipiter sur la terre le rythme de l’évolution, la vibration nouvelle qui remplacera la vibration mentale, comme une pensĂ©e, un jour, est venue troubler la lente routine des bĂȘtes, et nous donnera le pouvoir de briser les murs de notre prison humaine.

Satprem, Sri Aurobindo et l’Avenir de la Terre: Agenda de Mùre – 1971, tome XII, pages 331-336

 

Commenter sur Facebook

Cela fait tellement plaisir et aussi du bien de relire Satprem... Merci

11 mois auparavant

Auroville m'appelle

Mais mĂȘme parmi les ĂȘtres Ă©veillĂ©s, il y a aussi d’énormes diffĂ©rences de degrĂ©s; il est des Ăąmes, des consciences-forces tout juste nĂ©es, et d’autres qui ont une individualitĂ© dĂ©jĂ  formĂ©e; des Ăąmes qui sont dans le premier Ă©clatement radieux de leur dĂ©couverte, mais qui ne savent pas grand-chose en dehors de leur joie rayonnante, qui n’ont mĂȘme pas de souvenirs prĂ©cis de leur passĂ©, mĂȘme pas conscience des mondes qu’elles portent en elles; et d’autres, rares, qui semblent lourdes d’une conscience aussi vaste que la terre. Car on peut ĂȘtre un yogi lumineux ou un saint qui vit dans son Ăąme, et avoir un mental frustre, un vital refoulĂ©, un physique que l’on mĂ©prise et traite comme un baudet, et un supraconscienct complĂštement vierge. Le « salut » est peut-ĂȘtre rĂ©alisĂ©, mais non la plĂ©nitude d’une vie intĂ©grale.
A la dĂ©couverte psychique doit donc succĂ©der ce que nous pourrions appeler, d’une façon imagĂ©e, « la colonisation psychique », ou, plus sobrement, l’intĂ©gration psychique. La psychologie contemporaine aussi parle d’intĂ©gration, mais on se demande autour de quoi elle veut intĂ©grer? Pour intĂ©grer, il faut un centre. IntĂ©grer autour des soubresauts de l’ego mental ou vital? Autant amarrĂ© un bateau Ă  la queue d’une anguille. Patiemment, lentement, aprĂšs avoir dĂ©couvert le royaume intĂ©rieur, psychique, il faudra coloniser et y adjoindre le royaume extĂ©rieur, il faudra coloniser et y adjoindre le royaume extĂ©rieur, il faudra que toutes nos activitĂ©s mentales, vitales et mĂȘme, nous le verrons, toute notre nature physique si nous voulons une rĂ©alisation terrestre, viennent s’intĂ©grer autour de ce nouveau centre. C’est Ă  cette condition seulement qu’elles survivront: seules les activitĂ©s qui se sont « psychiques », si l’on ose dire, participent Ă  l’immortalitĂ© psychique.

Satprem, Sri Aurobindo ou l’Aventure de la Conscience, Buchet Chastel, Paris, 1995, pp. 118-119
... Voir plusVoir moins

Mais mĂȘme parmi les ĂȘtres Ă©veillĂ©s, il y a aussi d’énormes diffĂ©rences de degrĂ©s; il est des Ăąmes, des consciences-forces tout juste nĂ©es, et d’autres qui ont une individualitĂ© dĂ©jĂ  formĂ©e; des Ăąmes qui sont dans le premier Ă©clatement radieux de leur dĂ©couverte, mais qui ne savent pas grand-chose en dehors de leur joie rayonnante, qui n’ont mĂȘme pas de souvenirs prĂ©cis de leur passĂ©, mĂȘme pas conscience des mondes qu’elles portent en elles; et d’autres, rares, qui semblent lourdes d’une conscience aussi vaste que la terre. Car on peut ĂȘtre un yogi lumineux ou un saint qui vit dans son Ăąme, et avoir un mental frustre, un vital refoulĂ©, un physique que l’on mĂ©prise et traite comme un baudet, et un supraconscienct complĂštement vierge. Le « salut » est peut-ĂȘtre rĂ©alisĂ©, mais non la plĂ©nitude d’une vie intĂ©grale.
 A la dĂ©couverte psychique doit donc succĂ©der ce que nous pourrions appeler, d’une façon imagĂ©e, « la colonisation psychique », ou, plus sobrement, l’intĂ©gration psychique. La psychologie contemporaine aussi parle d’intĂ©gration, mais on se demande autour de quoi elle veut intĂ©grer? Pour intĂ©grer, il faut un centre. IntĂ©grer autour des soubresauts de l’ego mental ou vital? Autant amarrĂ© un bateau Ă  la queue d’une anguille. Patiemment, lentement, aprĂšs avoir dĂ©couvert le royaume intĂ©rieur, psychique, il faudra coloniser et y adjoindre le royaume extĂ©rieur, il faudra coloniser et y adjoindre le royaume extĂ©rieur, il faudra que toutes nos activitĂ©s mentales, vitales et mĂȘme, nous le verrons, toute notre nature physique si nous voulons une rĂ©alisation terrestre, viennent s’intĂ©grer autour de ce nouveau centre. C’est Ă  cette condition seulement qu’elles survivront: seules les activitĂ©s qui se sont « psychiques », si l’on ose dire, participent Ă  l’immortalitĂ© psychique. 

Satprem, Sri Aurobindo ou l’Aventure de la Conscience, Buchet Chastel, Paris, 1995, pp. 118-119

11 mois auparavant

Auroville m'appelle

Pendant des vies et des vies, le psychique grandit silencieusement derriĂšre la personnalitĂ© frontale, il grandit Ă  travers les mille sensations de notre corps, les mille chocs de nos sentiments, les innombrables pensĂ©es que nous remuons, il pousse Ă  travers nos Ă©lans et nos chutes, nos souffrances et nos joies, notre bien et notre mal: ce sont ses antennes pour palper le monde; et quand cet amalgame extĂ©rieur se dissout, il emmĂšne seulement l’essence de toutes ses expĂ©riences, certaines tendances gĂ©nĂ©rales qui se sont accusĂ©es davantage et qui sont le premier embryon de la personnalitĂ© psychique derriĂšre la personnalitĂ© frontale.

Satprem, Sri Aurobindo ou l’Aventure de la Conscience, Buchet Chastel, Paris, 1995, p. 116

Et plus il [le psychique] grandira, plus la conscience-force s’individualisera en nous, plus la tension psychique croĂźtra, poussera, jusqu’au jour oĂč il n’aura plus besoin de sa chrysalide frontale et jaillira au grand jour. Alors il pourra prendre conscience directement du monde autour; il sera le maĂźtre de la nature au lieu d’ĂȘtre son prisonnier endormi; la conscience sera maĂźtresse de sa force au lieu d’ĂȘtre engluĂ©e dans la force.

Satprem, Sri Aurobindo ou l’Aventure de la Conscience, Buchet Chastel, Paris, 1995, p. 117
... Voir plusVoir moins

Pendant des vies et des vies, le psychique grandit silencieusement derriĂšre la personnalitĂ© frontale, il grandit Ă  travers les mille sensations de notre corps, les mille chocs de nos sentiments, les innombrables pensĂ©es que nous remuons, il pousse Ă  travers nos Ă©lans et nos chutes, nos souffrances et nos joies, notre bien et notre mal: ce sont ses antennes pour palper le monde; et quand cet amalgame extĂ©rieur se dissout, il emmĂšne seulement l’essence de toutes ses expĂ©riences, certaines tendances gĂ©nĂ©rales qui se sont accusĂ©es davantage et qui sont le premier embryon de la personnalitĂ© psychique derriĂšre la personnalitĂ© frontale.

Satprem, Sri Aurobindo ou l’Aventure de la Conscience, Buchet Chastel, Paris, 1995, p. 116

Et plus il [le psychique] grandira, plus la conscience-force s’individualisera en nous, plus la tension psychique croĂźtra, poussera, jusqu’au jour oĂč il n’aura plus besoin de sa chrysalide frontale et jaillira au grand jour. Alors il pourra prendre conscience directement du monde autour; il sera le maĂźtre de la nature au lieu d’ĂȘtre son prisonnier endormi; la conscience sera maĂźtresse de sa force au lieu d’ĂȘtre engluĂ©e dans la force. 

Satprem, Sri Aurobindo ou l’Aventure de la Conscience, Buchet Chastel, Paris, 1995, p. 117

11 mois auparavant

Auroville m'appelle

Un monde humain parfait ne peut ĂȘtre crĂ©Ă© par des hommes imparfaits ni composĂ© d'hommes qui sont eux-mĂȘmes imparfaits. MĂȘme si toutes nos activitĂ©s sont scrupuleusement rĂ©glĂ©es par l'Ă©ducation, la loi, ou par un mĂ©canisme social ou politique, il n'en rĂ©sultera qu'un type de mentalitĂ© rĂ©glementĂ©, un type de vie fabriquĂ©, un type de conduite artificiellement cultivĂ©; mais un conformisme de cette sorte ne peut pas changer, ne peut pas recrĂ©er l'homme du dedans, il ne peut pas tailler ou sculpter une Ăąme parfaite, un penseur parfait, un ĂȘtre vivant et croissant parfait.

Sri Aurobindo, La Vie Divine
... Voir plusVoir moins

Un monde humain parfait ne peut ĂȘtre crĂ©Ă© par des hommes imparfaits ni composĂ© dhommes qui sont eux-mĂȘmes imparfaits. MĂȘme si toutes nos activitĂ©s sont scrupuleusement rĂ©glĂ©es par lĂ©ducation, la loi, ou par un mĂ©canisme social ou politique, il nen rĂ©sultera quun type de mentalitĂ© rĂ©glementĂ©, un type de vie fabriquĂ©, un type de conduite artificiellement cultivĂ©; mais un conformisme de cette sorte ne peut pas changer, ne peut pas recrĂ©er lhomme du dedans, il ne peut pas tailler ou sculpter une Ăąme parfaite, un penseur parfait, un ĂȘtre vivant et croissant parfait.

Sri Aurobindo, La Vie Divine

 

Commenter sur Facebook

Brice vous connaissez son travail ? 😉

Oui magnifique !!!!! Il faut que L Homme Ă©volue grandisse L HumanitĂ© !!!! Se transforme que le cƓur se dilate !!!

Pour ca la fameuse phrase: Cette voie commence LÀ ou s' arrĂȘte celle de Ramana Maharshi .... A mĂ©diter.

Merci ...

11 mois auparavant

Auroville m'appelle

Chaque fois le Mage en nous retourne son kaléidoscope, et tout est inattendu, plus vaste, plus vrai, plus beau. Il ne tient qu'à nous de voir, la joie du monde est à nos portes, si seulement nous la voulons :
"La douleur de la terre est la rançon de sa joie emprisonnée
Pour la joie, non la souffrance cette terre fut faite " (Savitri)
C'est le Secret. Elle est lĂ  partout, au cƓur du monde ; c'est le "puits de miel sous le roc", le "rire d'enfant de l'Infini" que nous sommes, le fond de l'Avenir lumineux qui pousse notre passĂ©. L'Ă©volution n'est pas finie ; ce n'est pas une absurde ronde, pas une chute, pas une foire aux vains plaisirs, c'est :
L'aventure de la conscience et de la joie
Satprem, Sri Aurobindo ou l'aventure de la conscience 🌞🕉🌞 OM Namo BhagavatĂ©.... 🌞
... Voir plusVoir moins

Load more