1 mois auparavant

Auroville m'appelle

Enseignement de Sri Aurobindo - la libération du mental Aurobindo ghose dit Sri Aurobindo (15 août 1872 à Calcutta – 5 décembre 1950 à Pondichéry) est un des... ... Voir plusVoir moins

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2 mois auparavant

Auroville m'appelle

Did you know the Esalen Institute, California Institute of Integral Studies and Auroville were all founded on the basis of Sri Aurobindo’s Integral Yoga?

Pictured here: Michael Murphy, founder of Esalen and former member of the Auroville International Advisory Council, and Robert McDermott, former director of the California Institute of Integral Studies discuss the past, present and future of these progressive institutions, their nature, strengths and challenges.

#1968Revisited #SriAurobindo #IntegralYoga #Esalen #CIIS #Auroville #Auroville50th
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2 mois auparavant

Auroville m'appelle

Auroville, ville de progrès matériel et d'industries de pointe dans la vision de la Mère.

Charte d'Auroville:

1. Auroville n'appartient à personne en particulier. Auroville appartient à toute l'humanité dans son ensemble. Mais pour séjourner à Auroville, il faut être le serviteur volontaire de la Conscience Divine.
2. Auroville sera le lieu de l'éducation perpétuelle, du progrès constant, et d'une jeunesse qui ne vieillit point.
3. Auroville veut être le pont entre le passé et l'avenir. Profitant de toutes les découvertes extérieures et intérieures, elle veut hardiment s'élancer vers les réalisations futures.
4. Auroville sera le lieu des recherches matérielles et spirituelles pour donner un corps vivant à une unité humaine concrète.

*******

Agenda, 30 août 1969
Il y a au Nord de Pondichéry, au bord de la mer, des endroits dont on n'a jamais rien pu faire (c'est constamment inondé) et on a le moyen d'utiliser cela, alors je suis en train d'essayer d'avoir du gouvernement la permission d'occuper tout cela. Si l'on peut avoir tout cela, alors on aura un port libre, un aéroport libre, un aérodrome (mais plus à l'intérieur), et puis des cultures selon les méthodes nouvelles avec arrosage à l'eau de mer, et naturellement la transformation de l'eau de mer – mais on a trouvé quelque chose pour transformer l'eau de mer en eau potable (Mère prend une brochure à côté d'elle). C'est français je crois, une méthode économique, c'est très intéressant. C'est en route, si l'on attend encore quelques années, on aura trouvé tout à fait bien.

*******

La Mère, 4 octobre 1958
Il y a, dans l’univers, une source inépuisable d’énergies qui ne demandent qu’à se récupérer; si vous savez faire les choses comme il faut, elles se récupèrent. Au lieu de drainer la vie et les énergies de votre terre et d’en faire quelque chose de desséché et d’inerte, il faut savoir faire l’exercice nécessaire pour que l’énergie se récupère, tout le temps. Et ce ne sont pas des mots: je sais comment il faut que ce soit fait, et la science est en train de le trouver parfaitement – elle l’a trouvé admirablement. Mais au lieu d’utiliser cela pour satisfaire les passions humaines, au lieu d’utiliser ce que la science a trouvé pour que les hommes puissent se détruire un petit peu mieux qu’ils ne le font, il faut utiliser cela pour enrichir la terre: enrichir la terre, rendre la terre de plus en plus riche, active, généreuse, productrice et que toute la vie aille croissant vers son maximum d’efficacité.

*******

30 décembre 1967
«Auroville subsistera par ses propres moyens. Tous ceux qui vivront là participeront à la vie de la ville et à son développement. Cette participation peut être active ou passive. Il n'y aura pas d'impôts comme tels, mais chacun contribuera au bien-être collectif par son travail, en nature ou en espèces. Les secteurs comme les industries, qui participent activement, feront contribution d'une partie de leurs revenus pour le développement de la cité. Ou bien s'ils produisent des articles ayant une utilité pour les habitants de la ville (comme les produits alimentaires), ils apporteront leur contribution en nature à la ville, laquelle est responsable de la nourriture des habitants. »

*******

30 décembre 1967
Oui... Auroville sera une cité qui essaiera d'être, ou qui tendra vers ou qui voudra être «self-supporting», c'est-à-dire...

Autonome?

«Autonome», on le comprend comme une sorte d'indépendance qui coupe les relations avec le dehors, ce n'est pas cela que je veux dire.
Par exemple, ceux qui produisent de la nourriture, une usine comme «Aurofood» (naturellement, quand on sera cinquante mille, ce sera difficile de suffire aux besoins, mais pour le moment nous ne serons que quelques milliers tout au plus), eh bien, une usine produit toujours beaucoup trop... Alors elle vendra au-dehors et recevra de l'argent. Et «Aurofood», par exemple, veut avoir une relation spéciale avec les ouvriers, pas du tout le vieux système – quelque chose qui soit une amélioration du système communiste, une organisation plus équilibrée que le soviétisme ou le communisme, c'est-à-dire qui ne pèse pas trop d'un côté par rapport à l'autre.
L'idée d'Aurofood est bonne et ils essayent de faire de la propagande parmi les industriels.
Et il y a une chose que je voulais dire. La participation au bien-être et à l'existence de la ville tout entière n'est pas une chose calculée individuellement: tel individu doit donner tant. Ce n'est pas comme cela. C'est calculé d'après les moyens, l'activité, les possibilités de production; ce n'est pas l'idée démocratique qui découpe tout en petits morceaux égaux, qui est une machine absurde – c'est calculé d'après les moyens: celui qui a beaucoup donne beaucoup, celui qui a peu donne peu; celui qui est fort travaille beaucoup, celui qui n'est pas fort fait autre chose. N'est-ce pa
Autonome?

«Autonome», on le comprend comme une sorte d'indépendance qui coupe les relations avec le dehors, ce n'est pas cela que je veux dire.
Par exemple, ceux qui produisent de la nourriture, une usine comme «Aurofood» (naturellement, quand on sera cinquante mille, ce sera difficile de suffire aux besoins, mais pour le moment nous ne serons que quelques milliers tout au plus), eh bien, une usine produit toujours beaucoup trop... Alors elle vendra au-dehors et recevra de l'argent. Et «Aurofood», par exemple, veut avoir une relation spéciale avec les ouvriers, pas du tout le vieux système – quelque chose qui soit une amélioration du système communiste, une organisation plus équilibrée que le soviétisme ou le communisme, c'est-à-dire qui ne pèse pas trop d'un côté par rapport à l'autre.
L'idée d'Aurofood est bonne et ils essayent de faire de la propagande parmi les industriels.
Et il y a une chose que je voulais dire. La participation au bien-être et à l'existence de la ville tout entière n'est pas une chose calculée individuellement: tel individu doit donner tant. Ce n'est pas comme cela. C'est calculé d'après les moyens, l'activité, les possibilités de production; ce n'est pas l'idée démocratique qui découpe tout en petits morceaux égaux, qui est une machine absurde – c'est calculé d'après les moyens: celui qui a beaucoup donne beaucoup, celui qui a peu donne peu; celui qui est fort travaille beaucoup, celui qui n'est pas fort fait autre chose. N'est-ce pas, c'est quelque chose de plus vrai, de plus profond. Et c'est pour cela que je n'essaye pas d'expliquer tout de suite parce que les gens vont se mettre à faire toutes sortes de protestations. Il faut que ça se crée automatiquement pour ainsi dire, avec la croissance de la ville, dans 1e vrai esprit. C'est pour cela que cette note est tout à fait succincte.
Par exemple, cette phrase:
«Tous ceux qui vivront là participeront à la vie de la ville et à son développement...»
... selon leurs capacités et leurs moyens, non pas mécaniquement: tant par unité. C'est cela. Il faut que ce soit une chose vivante et vraie, pas une chose mécanique. Et «selon les capacités», c'est-à-dire que celui qui a des moyens matériels comme ceux que donne une usine, devra fournir proportionnellement à sa production: pas tant par individu et par tête.

*******

23 juin 1965
Nous avons quatre grandes sections: la section culturelle au Nord, c'est-à-dire en allant vers Madras; à l'Est, section industrielle; au Sud, section internationale; et à l'Ouest, c'est-à-dire vers le lac, section résidentielle.
(…)
Puis la section industrielle... Déjà beaucoup de gens, y compris le gouvernement de Madras (le gouvernement de Madras prête de l'argent) veulent ouvrir des industries, qui seront sur une base spéciale. Et cette section industrielle est à l'Est, et elle est très grande: il y a beaucoup de place; et elle doit descendre vers la mer. En effet, au Nord de Pondichéry, il y a un espace assez grand qui est tout à fait inhabité et inculte; c'est au bord de la mer en remontant la côte vers le Nord. Alors cette section industrielle descendrait vers la mer et, si c'est possible, il y aurait une espèce de débarcadère (pas exactement un port, mais un endroit où les bateaux peuvent accoster), et toutes ces industries avec les moyens de transports intérieurs nécessaires auraient une possibilité d'exportation directe.
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Auroville, ville de progrès matériel et dindustries de pointe dans la vision de la Mère.

Charte dAuroville: 

1. Auroville nappartient à personne en particulier. Auroville appartient à toute lhumanité dans son ensemble. Mais pour séjourner à Auroville, il faut être le serviteur volontaire de la Conscience Divine.
2. Auroville sera le lieu de léducation perpétuelle, du progrès constant, et dune jeunesse qui ne vieillit point.
3. Auroville veut être le pont entre le passé et lavenir. Profitant de toutes les découvertes extérieures et intérieures, elle veut hardiment sélancer vers les réalisations futures.
4. Auroville sera le lieu des recherches matérielles et spirituelles pour donner un corps vivant à une unité humaine concrète.

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Agenda, 30 août 1969
Il y a au Nord de Pondichéry, au bord de la mer, des endroits dont on na jamais rien pu faire (cest constamment inondé) et on a le moyen dutiliser cela, alors je suis en train dessayer davoir du gouvernement la permission doccuper tout cela. Si lon peut avoir tout cela, alors on aura un port libre, un aéroport libre, un aérodrome (mais plus à lintérieur), et puis des cultures selon les méthodes nouvelles avec arrosage à leau de mer, et naturellement la transformation de leau de mer – mais on a trouvé quelque chose pour transformer leau de mer en eau potable (Mère prend une brochure à côté delle). Cest français je crois, une méthode économique, cest très intéressant. Cest en route, si lon attend encore quelques années, on aura trouvé tout à fait bien.

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La Mère, 4 octobre 1958
Il y a, dans l’univers, une source inépuisable d’énergies qui ne demandent qu’à se récupérer; si vous savez faire les choses comme il faut, elles se récupèrent. Au lieu de drainer la vie et les énergies de votre terre et d’en faire quelque chose de desséché et d’inerte, il faut savoir faire l’exercice nécessaire pour que l’énergie se récupère, tout le temps. Et ce ne sont pas des mots: je sais comment il faut que ce soit fait, et la science est en train de le trouver parfaitement – elle l’a trouvé admirablement. Mais au lieu d’utiliser cela pour satisfaire les passions humaines, au lieu d’utiliser ce que la science a trouvé pour que les hommes puissent se détruire un petit peu mieux qu’ils ne le font, il faut utiliser cela pour enrichir la terre: enrichir la terre, rendre la terre de plus en plus riche, active, généreuse, productrice et que toute la vie aille croissant vers son maximum d’efficacité.

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30 décembre 1967
«Auroville subsistera par ses propres moyens. Tous ceux qui vivront là participeront à la vie de la ville et à son développement. Cette participation peut être active ou passive. Il ny aura pas dimpôts comme tels, mais chacun contribuera au bien-être collectif par son travail, en nature ou en espèces. Les secteurs comme les industries, qui participent activement, feront contribution dune partie de leurs revenus pour le développement de la cité. Ou bien sils produisent des articles ayant une utilité pour les habitants de la ville (comme les produits alimentaires), ils apporteront leur contribution en nature à la ville, laquelle est responsable de la nourriture des habitants. »

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30 décembre 1967
Oui... Auroville sera une cité qui essaiera dêtre, ou qui tendra vers ou qui voudra être «self-supporting», cest-à-dire...

Autonome?

«Autonome», on le comprend comme une sorte dindépendance qui coupe les relations avec le dehors, ce nest pas cela que je veux dire.
Par exemple, ceux qui produisent de la nourriture, une usine comme «Aurofood» (naturellement, quand on sera cinquante mille, ce sera difficile de suffire aux besoins, mais pour le moment nous ne serons que quelques milliers tout au plus), eh bien, une usine produit toujours beaucoup trop... Alors elle vendra au-dehors et recevra de largent. Et «Aurofood», par exemple, veut avoir une relation spéciale avec les ouvriers, pas du tout le vieux système – quelque chose qui soit une amélioration du système communiste, une organisation plus équilibrée que le soviétisme ou le communisme, cest-à-dire qui ne pèse pas trop dun côté par rapport à lautre.
Lidée dAurofood est bonne et ils essayent de faire de la propagande parmi les industriels.
Et il y a une chose que je voulais dire. La participation au bien-être et à lexistence de la ville tout entière nest pas une chose calculée individuellement: tel individu doit donner tant. Ce nest pas comme cela. Cest calculé daprès les moyens, lactivité, les possibilités de production; ce nest pas lidée démocratique qui découpe tout en petits morceaux égaux, qui est une machine absurde – cest calculé daprès les moyens: celui qui a beaucoup donne beaucoup, celui qui a peu donne peu; celui qui est fort travaille beaucoup, celui qui nest pas fort fait autre chose. Nest-ce pa
Autonome?

«Autonome», on le comprend comme une sorte dindépendance qui coupe les relations avec le dehors, ce nest pas cela que je veux dire.
Par exemple, ceux qui produisent de la nourriture, une usine comme «Aurofood» (naturellement, quand on sera cinquante mille, ce sera difficile de suffire aux besoins, mais pour le moment nous ne serons que quelques milliers tout au plus), eh bien, une usine produit toujours beaucoup trop... Alors elle vendra au-dehors et recevra de largent. Et «Aurofood», par exemple, veut avoir une relation spéciale avec les ouvriers, pas du tout le vieux système – quelque chose qui soit une amélioration du système communiste, une organisation plus équilibrée que le soviétisme ou le communisme, cest-à-dire qui ne pèse pas trop dun côté par rapport à lautre.
Lidée dAurofood est bonne et ils essayent de faire de la propagande parmi les industriels.
Et il y a une chose que je voulais dire. La participation au bien-être et à lexistence de la ville tout entière nest pas une chose calculée individuellement: tel individu doit donner tant. Ce nest pas comme cela. Cest calculé daprès les moyens, lactivité, les possibilités de production; ce nest pas lidée démocratique qui découpe tout en petits morceaux égaux, qui est une machine absurde – cest calculé daprès les moyens: celui qui a beaucoup donne beaucoup, celui qui a peu donne peu; celui qui est fort travaille beaucoup, celui qui nest pas fort fait autre chose. Nest-ce pas, cest quelque chose de plus vrai, de plus profond. Et cest pour cela que je nessaye pas dexpliquer tout de suite parce que les gens vont se mettre à faire toutes sortes de protestations. Il faut que ça se crée automatiquement pour ainsi dire, avec la croissance de la ville, dans 1e vrai esprit. Cest pour cela que cette note est tout à fait succincte.
Par exemple, cette phrase:
«Tous ceux qui vivront là participeront à la vie de la ville et à son développement...»
... selon leurs capacités et leurs moyens, non pas mécaniquement: tant par unité. Cest cela. Il faut que ce soit une chose vivante et vraie, pas une chose mécanique. Et «selon les capacités», cest-à-dire que celui qui a des moyens matériels comme ceux que donne une usine, devra fournir proportionnellement à sa production: pas tant par individu et par tête.

*******

23 juin 1965
Nous avons quatre grandes sections: la section culturelle au Nord, cest-à-dire en allant vers Madras; à lEst, section industrielle; au Sud, section internationale; et à lOuest, cest-à-dire vers le lac, section résidentielle.
(…) 
Puis la section industrielle... Déjà beaucoup de gens, y compris le gouvernement de Madras (le gouvernement de Madras prête de largent) veulent ouvrir des industries, qui seront sur une base spéciale. Et cette section industrielle est à lEst, et elle est très grande: il y a beaucoup de place; et elle doit descendre vers la mer. En effet, au Nord de Pondichéry, il y a un espace assez grand qui est tout à fait inhabité et inculte; cest au bord de la mer en remontant la côte vers le Nord. Alors cette section industrielle descendrait vers la mer et, si cest possible, il y aurait une espèce de débarcadère (pas exactement un port, mais un endroit où les bateaux peuvent accoster), et toutes ces industries avec les moyens de transports intérieurs nécessaires auraient une possibilité dexportation directe.

 

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j aime bien cette idée de non appartenabce cela libere

2 mois auparavant

Auroville m'appelle

Lu par Jean Naroun créateur de la chaine Mes Livres Audio Donation possible via paypal à l'ordre de: chaine.meslivresaudio@gmail.com ... Voir plusVoir moins

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En plein dedans 👍🕉

5 mois auparavant

Auroville m'appelle

The Mother
Mother's Darshan~7
Love You Maa... 🙂
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6 mois auparavant

Auroville m'appelle

The Mother
Mother's Darshan~2
Love You Maa... 🙂
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6 mois auparavant

Auroville m'appelle

The Mother
Mother's Darshan~4
Love You Maa... 🙂
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j'aurais bien aimer y etre à cette époque!!

6 mois auparavant

Auroville m'appelle

La transformation et l’harmonisation terrestres peuvent s’accomplir à l’aide de deux procédés, opposés en apparence, qui doivent se combiner, c’est-à-dire réagir l’un sur l’autre et se compléter l’un par l’autre :

1) La transformation individuelle, le développement intérieur menant à l’union avec la divine Présence.

2) La transformation sociale, l’établissement d’un milieu d’ordre favorable à l’éclosion et au développement des individus.

Comme le milieu réagit sur l’individu et que, d’autre part, de la valeur de l’individu dépend la valeur du milieu, les deux œuvres doivent être menées de front.

(…)

Pour chaque individu aussi, le travail est double et doit être fait simultanément, l’un favorisant et complétant l’autre :

1) Le développement intérieur, l’union progressive avec la lumière divine, seul état qui permette à l’homme d’être toujours en harmonie avec le grand courant de vie universelle.

2) L’action extérieure que chacun doit choisir selon ses capacités et ses préférences personnelles. Il doit trouver sa propre place, celle qu’il est seul à pouvoir remplir, dans le concert général et s’y donner tout entier, sans ignorer pourtant qu’il ne joue qu’une note dans la symphonie terrestre, mais que sa note est indispensable à l’harmonie du tout, et que toute sa valeur réside dans sa justesse. »

La Mère, Paroles d’autrefois, Volume 2, 7 mai 1912
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La transformation et l’harmonisation terrestres peuvent s’accomplir à l’aide de deux procédés, opposés en apparence, qui doivent se combiner, c’est-à-dire réagir l’un sur l’autre et se compléter l’un par l’autre : 

1) La transformation individuelle, le développement intérieur menant à l’union avec la divine Présence. 

2) La transformation sociale, l’établissement d’un milieu d’ordre favorable à l’éclosion et au développement des individus. 

Comme le milieu réagit sur l’individu et que, d’autre part, de la valeur de l’individu dépend la valeur du milieu, les deux œuvres doivent être menées de front. 

(…)

Pour chaque individu aussi, le travail est double et doit être fait simultanément, l’un favorisant et complétant l’autre : 

1) Le développement intérieur, l’union progressive avec la lumière divine, seul état qui permette à l’homme d’être toujours en harmonie avec le grand courant de vie universelle. 

2) L’action extérieure que chacun doit choisir selon ses capacités et ses préférences personnelles. Il doit trouver sa propre place, celle qu’il est seul à pouvoir remplir, dans le concert général et s’y donner tout entier, sans ignorer pourtant qu’il ne joue qu’une note dans la symphonie terrestre, mais que sa note est indispensable à l’harmonie du tout, et que toute sa valeur réside dans sa justesse. »

La Mère, Paroles d’autrefois, Volume 2, 7 mai 1912

9 mois auparavant

Auroville m'appelle

J’ai eu la chance d’avoir François Chenet comme professeur de philosophie indienne à La Sorbonne et c’est un grand pédagogue qui sait introduire nos esprits d’occidentaux dans la jungle conceptuelle indienne avec une clarté et une exigence qui le caractérisent. 🙏Les Nouveaux chemins de la connaissance avec François Chenet Après les Upanishads, lundi dernier, présenté par Michel Hulin, la Bhagabad-Gita, mardi, . Philo... ... Voir plusVoir moins

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Merci Isabelle. Comment as-tu commencé le yoga intégral, le yoga de Sri Aurobindo et Douce Mère?

Pas de son dans la vidéo Dommage, ,,

9 mois auparavant

Auroville m'appelle

Une lettre de Sri Aurobindo à son jeune frère Barin
Le 7 avril 1920

Mon cher Barin,

J'ai reçu ta lettre, mais je n'ai pas réussi à y répondre jusqu'à aujourd'hui. C'est même un miracle qu'en ce moment je sois assis pour t'écrire – écrire une lettre est pour moi un événement qui se produit tous les trente-six du mois; surtout en bengali, cela ne m'est pas arrivé depuis cinq ou six ans. Si j'arrive à terminer cette lettre et à la mettre à la poste, le miracle sera complet !
Parlons d'abord de ton yoga. Tu voudrais m'en remettre le soin. Je ne demande pas mieux, mais cela veut dire le remettre à Celui qui nous meut tous les deux, toi et moi, ouvertement ou secrètement, par sa divine Shakti [Énergie]. Et tu dois savoir que l'inévitable conséquence est qu'il te faudra marcher sur la voie particulière qu'il m'a ordonné de suivre et que j'appelle la voie du «Yoga Intégral». Ce avec quoi j'ai commencé – ce que Lélé (1) m'a donné – n'était qu'une recherche du Chemin, un tour d'horizon – un premier contact, une mise en route, une manipulation ou un examen rigoureux de tel ou tel point des anciens yogas partiels, une expérience complète (si l'on peut dire) de l'un d'eux, puis la poursuite d'un autre.
Plus tard, après mon arrivée à Pondichéry, cet état d'instabilité a pris fin. Le Gourou du monde, qui est en nous, me donna alors toutes les instructions nécessaires à mon chemin: sa théorie complète, les dix membres du corps de ce yoga. Ces dix dernières années, Il m'a fait défricher le chemin par l'expérience, et ce n'est pas encore terminé. Cela peut prendre encore deux ans et tant que ce n'est pas fini, je doute que je puisse retourner au Bengale. Pondichéry est le lieu qui m'a été désigné pour la siddhi [réalisation] de mon yoga, sauf en fait pour une partie, qui est l'action. Le centre de mon travail est le Bengale mais, je l'espère, sa circonférence s'étendra à toute l'Inde et à la terre entière.
Je t'écrirai plus tard ce qu'est cette voie de yoga. Ou, si tu viens ici, je te l'expliquerai de vive voix. Dans ce domaine, parler vaut mieux qu'écrire. Pour le moment, je ne puis dire qu'une chose: son principe fondamental est d'harmoniser et d'unifier la connaissance complète, les œuvres complètes et la bhakti [amour] complète, en les haussant au-dessus du mental et en leur donnant une perfection complète sur le plan supramental ou Vijnâna. Le défaut des anciens yogas était que, ayant la connaissance du mental et la connaissance de l'Esprit, ils se satisfaisaient de l'expérience de l'Esprit dans le mental. Mais le mental ne peut saisir que ce qui est divisé et partiel; il ne peut pas capter absolument l'infini, l'indivisible. Les moyens dont il dispose pour atteindre l'infini sont le Sannyâsa [renoncement], le Moksha [libération] et le Nirvana, et rien d'autre. En fait, n'importe qui peut parvenir au Moksha sans forme, mais quel est l'avantage ? Le Brahman, le Moi, Dieu, sont toujours là. Ce que Dieu veut dans l'homme, c'est s'incarner ici-bas dans l'individu et dans la collectivité, réaliser Dieu dans la vie.
Les anciennes voies de yoga n'ont pas réussi à harmoniser ni a unifier l'Esprit et la vie: au contraire, elles ont renié le monde, le considérant comme Mâyâ [illusion] ou comme un Jeu transitoire. Le résultat a été la perte de la puissance de vie et la dégénérescence de l'Inde. Selon la parole de la Guîtâ, « Ces peuples périront si je ne fais pas les œuvres. » Les peuples de l'Inde sont réellement tombés en ruine. Quelques sannyâsins et bairâguis [renonçants] devenus des saints parfaits et libérés, quelques bhaktas [amants de Dieu] qui dansent dans la folle extase de l'amour et dans l'émotion douce de l'Ananda [félicité], et puis une race tout entière devenue amorphe, vide d'intelligence, enfoncée dans un profond tamas [inertie] – est-ce là l'effet d'une spiritualité véritable ? Non. Certes, nous devons d'abord obtenir toutes les expériences partielles possibles sur le plan mental, et inonder, illuminer le mental par la lumière spirituelle; mais ensuite, il faut passer au-dessus. Si nous ne passons pas au-dessus, c'est-à-dire sur le plan supramental, nous ne pouvons pas connaître l'ultime secret du monde – le problème qu'il pose n'est pas résolu. Dans le Supramental, l'ignorance qui crée la dualité de l'Esprit et de la Matière, la contradiction de la vérité de l'Esprit et de la vérité de la vie, disparaît. Là, il n'est plus nécessaire de dire que le monde est Maya [une illusion]. Le monde est le Jeu éternel de Dieu, la manifestation éternelle du Moi. Alors il devient possible de connaître Dieu entièrement et de Le posséder entièrement – de faire comme dit la Guîtâ: « Me connaître intégralement. » Le corps physique, la vie, le mental et l'entendement, le Supramental, l'Ananda, tels sont les cinq plans de l'Esprit. Plus l'homme s'élève sur cette voie ascendante, plus il s'approche de l'état de perfection suprême qui s'offre à son évolution spirituelle.
Le Supramental trouvé, il devient facile de s'élever jusqu'à l'Ananda. Alors on acquiert la base solide, l'état de l'Ananda indivisible et infini non seulement dans le Parabrahman [Absolu] hors du temps, mais dans le corps même, dans la vie, dans le monde. L'être intégral, la conscience intégrale, la Joie intégrale s'épanouissent et prennent forme dans la vie. Telle est la clef centrale de mon yoga, son principe fondamental.
Ce changement n'est pas facile à effectuer. Au bout de quinze ans, je n'en suis encore qu'au plus bas des trois échelons du Supramental et j'essaye d'y hisser toutes les activités inférieures. Mais lorsque cette siddhi [réalisation] sera complète, je suis absolument certain que Dieu, à travers moi, donnera aux autres, avec moins d'efforts, la siddhi du Supramental. À ce moment-là, mon vrai travail commencera.
Je ne suis pas impatient du succès dans mon travail. Ce qui doit arriver arrivera au moment voulu par Dieu. Je ne suis pas porté à me hâter d'une façon désordonnée ni à me ruer dans le champ de l'action par la force du petit ego. Même si je n'avais aucun succès dans mon travail, je n'en serais pas troublé. Ce travail n'est pas le mien, c'est celui de Dieu. Je n'écouterai aucun autre appel. Quand Dieu me fait bouger, je bouge.
Je sais très bien que le Bengale n'est pas réellement prêt. Le flot spirituel qui est venu est en grande partie une forme nouvelle du vieux courant. Ce n'est pas la vraie transformation. Cependant, cela aussi était nécessaire. Le Bengale a retrouvé les anciens yogas et épuisé leurs sanskâras [vieilles tendances], extrayant leur essence et fertilisant ainsi le terrain. Ce fut d'abord le tour du Védanta: l'Advaïta, le Sannyâsa, la Mâyâ de Shankara, etc. Actuellement, c'est le tour du dharma vichnouite: la Lîlâ, l'amour, l'ivresse de l'expérience émotive. Tout cela est très vieux, inadapté à l'âge nouveau et ne durera pas – une excitation de ce genre est incapable de durer. Mais le mérite du bhâva [élan] vichnouite est qu'il garde un certain lien entre Dieu et le monde et qu'il donne un sens à la vie; cependant, comme c'est un bhâva partiel, il y manque le lien complet, le sens complet. La tendance à créer des sectes, comme tu l'as remarqué, était inévitable. Il est de la nature du mental de se saisir d'une partie et de l'appeler le tout, puis d'exclure tout le reste. Le Siddha [illuminé] qui apporte l'élan (bhâva), bien que s'appuyant sur un aspect partiel, garde tout de même une certaine connaissance de l'intégral, encore qu'il soit incapable de lui donner une forme. Mais ses disciples sont incapables d'avoir cette connaissance intégrale, justement parce qu'elle est sans forme – ils sont en train de lier leurs petites gerbes, laissons-les. Les gerbes se déferont d'elles-mêmes quand Dieu se manifestera Lui-même pleinement. Toutes ces choses sont le signe d'un manque d'intégralité et de maturité. Cela ne me trouble pas. Laissons la force spirituelle jouer librement dans le pays, sous n'importe quelle forme et en autant de sectes qu'on veut. Plus tard, nous verrons. C'est l'état infantile et embryonnaire de l'âge nouveau. Ce n'est qu'un premier aperçu, pas même un commencement.
La particularité de ce yoga est ainsi: tant que l'on n'a pas obtenu la siddhi [réalisation] au-dessus, la fondation ne peut pas être parfaite. Ceux qui m'ont suivi ont gardé beaucoup de vieilles empreintes (sanskâras) ; quelques-unes ont disparu mais certaines s'accrochent encore. Il y avait le sanskâra du Sannyâsa, et même le désir de créer un Aravinda Math [monastère de Sri Aurobindo]. Maintenant l'intellect a reconnu que le Sannyâsa [renoncement] n'est pas ce qu'il faut, mais l'empreinte de l'ancienne idée n'a pas encore été effacée du prâna [souffle]. Puis on parlait de rester au milieu du monde comme des hommes d'action mondaine, tout en pratiquant le renoncement. La nécessité de renoncer au désir a été comprise, mais le mental n'a pas réussi à harmoniser correctement la renonciation au désir et la joie de l'Ananda. On a accepté mon yoga parce qu'il s'accordait tout naturellement au tempérament bengali, mais moins sous l'angle de la connaissance que sous l'angle du karma [des œuvres] et de la bhakti [amour]. Un peu de connaissance est entrée, mais la plus grande partie a échappé; les brumes de la sentimentalité ne se sont pas dissipées; la routine du bhâva sattvique [esprit religieux] n'a pas été brisée. L'ego est encore là – en un mot, la connaissance n'a pas fleuri. Je ne suis pas pressé; je laisse chacun se développer selon sa nature. Je ne veux pas façonner tout le monde dans un moule unique. Ce qui est fondamental sera identique en tous, certes, mais s'exprimera en de multiples formes. Tout être se développe et se forme de l'intérieur. Je ne veux pas bâtir de l'extérieur. La base est là, le reste viendra.
Le but que je poursuis n'est pas une société enracinée dans la division, comme l'est la nôtre. Ce que j'ai en vue, c'est un Sangha [communauté] ayant sa base dans l'esprit et à l'image de son unité. C'est avec cette idée que le nom de Déva Sangha m'est venu, c'est-à-dire la communauté de ceux qui veulent la vie divine. Un Sangha de ce genre doit commencer par s'établir en un point, puis se répandre dans tout le pays. Mais si la moindre ombre d'égoïsme vient à s'abattre sur l'entreprise, le Sangha se changera en une secte. L'idée peut se glisser tout naturellement que telle ou telle organisation est le seul vrai Sangha et l'unique centre futur, que tout le reste doit être sa circonférence, et que tous ceux qui demeurent à l'extérieur de ses limites sont hors du bercail, ou même s'ils sont dedans, qu'ils se sont écartés du droit chemin parce qu'ils pensent différemment.
Tu peux dire: « Quel besoin avons-nous d'un Sangha ? L'important est que je sois libre et que je vive dans toutes les formes; devenons tous l'Un sans forme, et arrive ce qui peut au sein de cette immensité sans forme !» Il y a là une vérité, mais ce n'est qu'un aspect de la vérité. Nous n'avons pas seulement affaire à l'Esprit sans forme; nous devons aussi gouverner le mouvement de la vie. Et il ne peut y avoir aucun mouvement effectif de vie sans une forme. C'est le Sans-Forme qui a pris forme, et s'il s'est revêtu du nom et de la forme, ce n'est pas par un caprice de Mâyâ [l'Illusion]. La forme est là parce qu'elle est indispensable. Nous ne voulons exclure de notre domaine aucune des activités du monde. Politique, industrie, société, poésie, littérature, art – tout restera –, mais à chacune nous devons donner une âme nouvelle et une forme nouvelle.
Pourquoi ai-je abandonné la politique ? Parce que notre politique n'est pas quelque chose qui appartienne authentiquement à l'Inde; c'est une importation et une imitation européennes. Elle a été nécessaire à un certain moment. Nous aussi, nous avons fait une politique de type européen. Si nous ne l'avions pas faite, le pays ne se serait pas relevé et nous n'aurions pas acquis l'expérience qu'il faut pour nous développer complètement. Cette politique est encore nécessaire dans une certaine mesure, pas tellement au Bengale mais dans les autres États de l'Inde. Cependant, il est temps d'empêcher l'ombre de grandir et de s'emparer de la réalité. Nous devons trouver l'âme véritable de l'Inde et façonner toutes les œuvres à son image.
Les gens parlent maintenant de « spiritualiser la politique », mais en admettant que l'on arrive à quelque résultat durable, il en sortira une sorte de bolchevisme indianisé. Je n'ai aucune objection même à ce genre de travail – que chacun agisse selon son inspiration. Mais ce n'est pas la vraie chose. Si l'on verse la force spirituelle dans tous ces récipients impurs – les eaux de l'Océan originel dans des vases d'argile brute –, ou bien les vases seront brisés et l'eau gaspillée, ou bien le pouvoir spirituel s'évaporera et seule la forme impure restera. Il en est ainsi dans tous les domaines. Je puis donner le pouvoir spirituel, mais ce pouvoir sera utilisé à sculpter une statue de singe et à l'asseoir sur le trône dans le temple de Shiva. Si le singe est doué de vie et de puissance, il pourra jouer le rôle du fervent Hanoumân et accomplir de grandes œuvres pour Râma (2), aussi longtemps que la vie et le pouvoir demeureront en lui. Mais ce que nous voulons dans le temple de l'Inde, ce n'est pas un singe, Hanoumân, c'est le dieu, l'avatar, Râma lui-même.
Nous pouvons nous mêler aux autres, mais pour les attirer tous dans le vrai chemin et en gardant intacts l'esprit et la forme de notre idéal, sinon nous perdrons notre direction et le vrai travail ne sera pas fait. Si partout nous restons comme des individus séparés, quelque chose peut être accompli, c'est vrai; mais si partout nous restons comme les membres d'un même Sangha, nous pouvons accomplir cent fois plus. Cependant, le temps n'est pas encore venu pour cela. Si nous essayons trop tôt de donner une forme à notre communauté, cela risque de ne pas être la chose exacte que nous voulons. Au début, le Sangha n'aura pas une forme concentrée: ceux qui ont accepté l'idéal seront unis mais ils travailleront en différents endroits. Plus tard, ils pourront former une sorte de communauté spirituelle et constituer un Sangha compact. Ils donneront alors à toutes leurs œuvres une forme répondant à l'exigence de l'Esprit et au besoin de l'époque; non pas une forme ligotée et rigide, un achalâyatana [une prison3], mais une forme libre qui se répandra comme la mer, se modelant en vagues innombrables, ici englobant une chose, là inondant une autre, et finalement embrassant tout. Si nous procédons ainsi, une communauté spirituelle s'établira progressivement. Telle est mon idée actuelle. Jusqu'à présent, elle ne s'est pas complètement développée. Tout est entre les mains de Dieu; quoi qu'il nous fasse faire, c'est cela que nous ferons.
Relevons maintenant quelques points particuliers de ta lettre. Je ne veux pas m'étendre ici sur ce que tu as dit de ton yoga. Nous aurons une meilleure occasion de le faire quand nous nous rencontrerons. Considérer le corps comme une carcasse est la marque du Sannyâsa, de la voie du Nirvana. On ne peut pas vivre la vie du monde avec cette idée. On doit avoir la félicité en toutes choses – aussi bien dans le corps que dans l'Esprit. Le corps possède une conscience, il est la forme de Dieu. Lorsqu'on voit Dieu dans tout ce qui est au monde, lorsqu'on a cette vision:
« Tout ceci est Brahman, sarvam idam brahma ; Vâsoudeva est tout ceci, vâsoudeva sarva-miti », alors on a la félicité universelle. Le flot de cette félicité se précipite et se répand même à travers le corps. Lorsqu'on est dans cet état et rempli de la conscience spirituelle, on peut mener la vie conjugale et vivre dans le monde. Dans toutes les œuvres, on trouve l'expression de la félicité de Dieu. Jusqu'à présent, j'ai travaillé à transformer tous les objets et toutes les perceptions du mental et des sens en félicité sur le plan mental. Maintenant, ils prennent la forme de la félicité supramentale. Dans cet état, se trouvent la vision et la perception parfaites de Satchidânanda.
À propos du Déva Sangha, tu dis: « Je ne suis pas un dieu, je ne suis qu'un morceau de fer bien martelé et passé à la trempe. » Personne n'est un Dieu, mais en tout homme un Dieu réside, et Le manifester est le but de la vie divine. Cela, nous pouvons tous le faire. Je reconnais qu'il y a de grands et de petits âdhârs [récipients]. Je ne crois pas vraie cependant la description que tu fais de toi. Quelle que soit la nature du récipient, dès que le toucher de Dieu est là, dès que l'esprit est éveillé, grand ou petit, cela ne fait pas beaucoup de différence. Il peut y avoir davantage de difficultés, il peut falloir plus de temps, ou il peut y avoir une différence dans la manifestation – mais ce n'est même pas sûr. Le Dieu intérieur ne tient aucun compte de ces obstacles et de ces insuffisances. Il se fraye un passage malgré tout. N'avais-je moi-même que peu d'imperfections ? Dans mon mental, mon cœur, ma vie et mon corps, y avait-il moins d'obstacles ? Cela n'a-t-il pas pris du temps ? Dieu m'a-t-il moins martelé ? Jour après jour, minute après minute, j'ai été façonné en je ne sais quoi, dieu ou autre chose. Mais je suis devenu ou suis en train de devenir quelque chose. C'est suffisant, puisque c'est cela que Dieu a voulu bâtir. C'est la même chose pour tout le monde. Ce n'est pas notre force mais la Shakti [l'Énergie] de Dieu qui est le sâdhaka [l'ouvrier] de ce yoga.
Je vais te dire rapidement une ou deux choses que j'ai vues depuis longtemps. À mon avis, la principale cause de la faiblesse de l'Inde n'est pas la sujétion ni la pauvreté ni le manque de spiritualité ou de dharma [morale], mais le déclin de la puissance de pensée, la croissance de l'ignorance dans la patrie de la Connaissance. Partout, je vois l'incapacité ou la paresse de penser – l'impuissance de la pensée ou la phobie de la pensée. Quels que soient les mérites du Moyen âge, cet état de choses est à présent le signe d'une terrible dégénérescence. Le Moyen âge était la nuit, l'époque de la victoire de l'ignorance. Le monde moderne est l'époque de la victoire de la connaissance. Celui qui pense le plus, qui cherche le plus, qui travaille le plus, celui-là peut sonder et apprendre la vérité du monde et acquérir d'autant plus de Shakti [force]. Si tu regardes l'Europe, tu verras deux choses: un vaste océan de pensée et le jeu d'une force énorme, rapide, et pourtant disciplinée. Toute la Shakti de l'Europe tient à cela. Et par la force de cette Shakti, elle a dévoré le monde, comme nos tapaswins [ascètes] de jadis dont le pouvoir terrifiait même les dieux et les tenait dans l'inquiétude et la soumission. On dit que l'Europe court à sa perte. Je ne le pense pas. Toutes ces révolutions et ces bouleversements sont les conditions préliminaires d'une création nouvelle.
Maintenant, regarde l'Inde. À part quelques géants solitaires, on trouve partout notre « homme simple », c'est-à-dire l'homme moyen qui ne veut pas et ne peut pas penser, qui n'a pas la moindre Shakti sauf une excitation temporaire. Dans l'Inde, on veut la pensée simple, le mot facile. En Europe, on veut la pensée profonde, le mot profond. Là-bas, même l'ouvrier ordinaire ou l'artisan pense, veut savoir, ne se satisfait pas de choses superficielles, il veut aller derrière les choses. Pourtant, il y a une différence: la force et la pensée de l'Europe recèlent une limitation fatale. Quand elle pénètre dans le domaine spirituel, son pouvoir de pensée ne peut plus se mouvoir. Là, l'Europe ne voit que des énigmes, des métaphysiques nébuleuses, des hallucinations yoguiques. Ils se frottent les yeux comme dans un nuage de fumée et n'arrivent pas à voir clair. Cependant, en Europe, on commence à faire quelque effort pour surmonter même cette limitation. Nous, nous avons déjà le sens spirituel – nous le devons à nos ancêtres – et quiconque possède ce sens tient à sa disposition une telle Connaissance et une telle Shakti que d'un souffle il pourrait balayer toute cette force prodigieuse de l'Europe comme un fétu de paille. Mais pour obtenir cette Shakti, il faut être un adorateur de la Shakti. Nous ne sommes pas des adorateurs de la Shakti: nous sommes des adorateurs de la voie facile. Mais la Shakti ne peut s'obtenir par la voie facile. Nos ancêtres ont plongé dans un océan de vastes pensées, ils ont acquis une immense Connaissance et édifié une puissante civilisation. Chemin faisant, la fatigue et la lassitude se sont abattues sur eux. La force de pensée a diminué; avec elle, le puissant courant de la Shakti. Notre civilisation est devenue un achalâyatan [une prison], notre religion une bigoterie de pratiques extérieures, notre spiritualité une lueur confuse ou une vague passagère d'ivresse religieuse. Tant que cela dure, toute résurrection permanente de l'Inde est improbable.
Au Bengale, cette faiblesse atteint son paroxysme. Le Bengali a une intelligence vive, de la sensibilité et de l'intuition. Ces qualités se sont davantage développées chez lui que dans le reste de l'Inde. Toutes sont nécessaires, mais elles ne sont pas suffisantes. Si, à cela, on ajoutait la profondeur de pensée, la force tranquille, le courage héroïque, la capacité et la joie d'un travail régulier, le Bengali pourrait être un chef, non seulement de l'Inde mais de l'humanité. Mais il ne le désire pas, il veut tout obtenir facilement: la connaissance sans l'effort de penser, les fruits sans le labeur, la siddhi [réalisation] après une sâdhanâ [pratique] facile. Sa ressource, c'est l'excitation du mental émotif. Mais l'excès d'émotion sans la connaissance est le symptôme même de la maladie. Cela aboutit finalement à la fatigue et à l'inertie. Le pays a constamment et progressivement décliné. Le pouvoir de vie a décru. À quoi le Bengali est-il arrivé dans son propre pays ? Il ne gagne pas assez pour se nourrir et s'habiller, ce ne sont que lamentations de tous côtés; sa richesse, ses affaires, son commerce, ses terres, son agriculture même passent aux mains des autres. Nous avons abandonné la sâdhanâ de la Shakti, et la Shakti nous a abandonnés. Nous faisons la sâdhanâ de l'Amour, mais quand il n'y a ni Connaissance ni Shakti, l'amour ne peut pas demeurer, l'étroitesse et la mesquinerie prennent la place, et dans un mental étroit et mesquin il n'y a pas de place pour l'amour. Où est l'amour au Bengale ? Il y a plus de querelles, de jalousies, d'antipathies mutuelles, d'incompréhensions et de factions que partout ailleurs, même en cette Inde si affligée par la division.
À l'époque héroïque et noble du peuple aryen (4), il n'y avait pas tant de bruit, de cris et de gesticulations, mais leurs entreprises restaient inébranlables pendant des siècles. Les entreprises des Bengalis ne durent qu'un jour ou deux.
Tu dis qu'il faut un fol enthousiasme et remplir le pays d'excitation émotive. Au temps du Swadeshi [lutte pour l'indépendance, boycott des produits anglais], nous avons eu tout cela dans le domaine politique, mais ce que nous avons fait est maintenant tombé en poussière. Y aura-t-il un meilleur résultat dans le domaine spirituel ? Je ne dis pas qu'il n'y ait pas eu de résultat. Il y en a eu. Tout mouvement produit un résultat, mais c'est surtout de l'ordre d'un accroissement des potentialités. Mais ce n'est pas la bonne méthode pour réaliser la chose stablement. Par conséquent je ne veux plus prendre pour base l'excitation émotive ni quelque ivresse du mental. Je veux fonder le yoga sur une vaste et puissante équanimité. Sur cette égalité, je veux que s'établisse une Shakti complète, ferme, inébranlable, dans l'organisme et dans tous ses mouvements. Je veux une large manifestation de la lumière de la Connaissance au sein d'un océan de Shakti. Et je veux, dans cette lumineuse immensité, la tranquille extase de l'amour, de la félicité et de l'unité infinis. Je ne veux pas avoir des centaines de milliers de disciples. Si je puis trouver une centaine d'hommes complets, purifiés du petit égoïsme, et qui seront les instruments de Dieu, ce sera suffisant. Je n'ai aucune foi en le vieux métier de gourou. Je ne veux pas être un gourou. Si quelqu'un éveille et manifeste de l'intérieur sa divinité endormie et s'il arrive à la vie divine, que ce soit par mon contact ou celui de quiconque, c'est tout ce que je veux. Ce sont ces hommes-là qui relèveront le pays.
Ne t'imagine pas, d'après ce discours, que je désespère de l'avenir du Bengale. Moi aussi, comme ils le disent, j'ai l'espoir qu'une grande lumière se manifestera cette fois au Bengale. Mais j'ai essayé de montrer le revers de la médaille, où est la faille, l'erreur, la déficience. Si cela persiste, la lumière ne sera pas une grande lumière et elle ne sera pas permanente.
La raison de cette lettre extraordinairement longue est que, moi aussi, je boucle mon sac. Mais je crois que ce sac-là sera comme le filet de Saint-Pierre, plein à craquer des seules captures de l'Infini. Je ne vais pas ouvrir mon sac maintenant. Si je le faisais avant le temps, tout s'échapperait. Je n'ai pas non plus l'intention d'aller au Bengale pour le moment, non pas parce que le Bengale n'est pas prêt mais parce que moi, je ne suis pas prêt. Un homme insuffisamment mûr parmi des hommes insuffisamment mûrs, quel travail peut-il faire ?

Ton Sejdâ

Sri Aurobindo

1.Vishnu Bhaskar Lélé, un gourou tantrique rencontré par Sri Aurobindo en 1908 et qui lui donna la réalisation du silence mental et du Nirvana.
2. Râma, l'avatar divin qui a tué le démon Râvana avec l'aide des singes, dont Hanoumân.
3. Achalâyatana: lieu où tout est réglementé dans les moindres détails.
4. Aux temps védiques.
5. Sejdâ: frère aîné.
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Une lettre de Sri Aurobindo à son jeune frère Barin
Le 7 avril 1920

Mon cher Barin,

Jai reçu ta lettre, mais je nai pas réussi à y répondre jusquà aujourdhui. Cest même un miracle quen ce moment je sois assis pour técrire – écrire une lettre est pour moi un événement qui se produit tous les trente-six du mois; surtout en bengali, cela ne mest pas arrivé depuis cinq ou six ans. Si jarrive à terminer cette lettre et à la mettre à la poste, le miracle sera complet !
Parlons dabord de ton yoga. Tu voudrais men remettre le soin. Je ne demande pas mieux, mais cela veut dire le remettre à Celui qui nous meut tous les deux, toi et moi, ouvertement ou secrètement, par sa divine Shakti [Énergie]. Et tu dois savoir que linévitable conséquence est quil te faudra marcher sur la voie particulière quil ma ordonné de suivre et que jappelle la voie du «Yoga Intégral». Ce avec quoi jai commencé – ce que Lélé (1) ma donné – nétait quune recherche du Chemin, un tour dhorizon – un premier contact, une mise en route, une manipulation ou un examen rigoureux de tel ou tel point des anciens yogas partiels, une expérience complète (si lon peut dire) de lun deux, puis la poursuite dun autre.
Plus tard, après mon arrivée à Pondichéry, cet état dinstabilité a pris fin. Le Gourou du monde, qui est en nous, me donna alors toutes les instructions nécessaires à mon chemin: sa théorie complète, les dix membres du corps de ce yoga. Ces dix dernières années, Il ma fait défricher le chemin par lexpérience, et ce nest pas encore terminé. Cela peut prendre encore deux ans et tant que ce nest pas fini, je doute que je puisse retourner au Bengale. Pondichéry est le lieu qui ma été désigné pour la siddhi [réalisation] de mon yoga, sauf en fait pour une partie, qui est laction. Le centre de mon travail est le Bengale mais, je lespère, sa circonférence sétendra à toute lInde et à la terre entière.
Je técrirai plus tard ce quest cette voie de yoga. Ou, si tu viens ici, je te lexpliquerai de vive voix. Dans ce domaine, parler vaut mieux quécrire. Pour le moment, je ne puis dire quune chose: son principe fondamental est dharmoniser et dunifier la connaissance complète, les œuvres complètes et la bhakti [amour] complète, en les haussant au-dessus du mental et en leur donnant une perfection complète sur le plan supramental ou Vijnâna. Le défaut des anciens yogas était que, ayant la connaissance du mental et la connaissance de lEsprit, ils se satisfaisaient de lexpérience de lEsprit dans le mental. Mais le mental ne peut saisir que ce qui est divisé et partiel; il ne peut pas capter absolument linfini, lindivisible. Les moyens dont il dispose pour atteindre linfini sont le Sannyâsa [renoncement], le Moksha [libération] et le Nirvana, et rien dautre. En fait, nimporte qui peut parvenir au Moksha sans forme, mais quel est lavantage ? Le Brahman, le Moi, Dieu, sont toujours là. Ce que Dieu veut dans lhomme, cest sincarner ici-bas dans lindividu et dans la collectivité, réaliser Dieu dans la vie.
Les anciennes voies de yoga nont pas réussi à harmoniser ni a unifier lEsprit et la vie: au contraire, elles ont renié le monde, le considérant comme Mâyâ [illusion] ou comme un Jeu transitoire. Le résultat a été la perte de la puissance de vie et la dégénérescence de lInde. Selon la parole de la Guîtâ, « Ces peuples périront si je ne fais pas les œuvres. » Les peuples de lInde sont réellement tombés en ruine. Quelques sannyâsins et bairâguis [renonçants] devenus des saints parfaits et libérés, quelques bhaktas [amants de Dieu] qui dansent dans la folle extase de lamour et dans lémotion douce de lAnanda [félicité], et puis une race tout entière devenue amorphe, vide dintelligence, enfoncée dans un profond tamas [inertie] – est-ce là leffet dune spiritualité véritable ? Non. Certes, nous devons dabord obtenir toutes les expériences partielles possibles sur le plan mental, et inonder, illuminer le mental par la lumière spirituelle; mais ensuite, il faut passer au-dessus. Si nous ne passons pas au-dessus, cest-à-dire sur le plan supramental, nous ne pouvons pas connaître lultime secret du monde – le problème quil pose nest pas résolu. Dans le Supramental, lignorance qui crée la dualité de lEsprit et de la Matière, la contradiction de la vérité de lEsprit et de la vérité de la vie, disparaît. Là, il nest plus nécessaire de dire que le monde est Maya [une illusion]. Le monde est le Jeu éternel de Dieu, la manifestation éternelle du Moi. Alors il devient possible de connaître Dieu entièrement et de Le posséder entièrement – de faire comme dit la Guîtâ: « Me connaître intégralement. » Le corps physique, la vie, le mental et lentendement, le Supramental, lAnanda, tels sont les cinq plans de lEsprit. Plus lhomme sélève sur cette voie ascendante, plus il sapproche de létat de perfection suprême qui soffre à son évolution spirituelle.
Le Supramental trouvé, il devient facile de sélever jusquà lAnanda. Alors on acquiert la base solide, létat de lAnanda indivisible et infini non seulement dans le Parabrahman [Absolu] hors du temps, mais dans le corps même, dans la vie, dans le monde. Lêtre intégral, la conscience intégrale, la Joie intégrale sépanouissent et prennent forme dans la vie. Telle est la clef centrale de mon yoga, son principe fondamental.
Ce changement nest pas facile à effectuer. Au bout de quinze ans, je nen suis encore quau plus bas des trois échelons du Supramental et jessaye dy hisser toutes les activités inférieures. Mais lorsque cette siddhi [réalisation] sera complète, je suis absolument certain que Dieu, à travers moi, donnera aux autres, avec moins defforts, la siddhi du Supramental. À ce moment-là, mon vrai travail commencera.
Je ne suis pas impatient du succès dans mon travail. Ce qui doit arriver arrivera au moment voulu par Dieu. Je ne suis pas porté à me hâter dune façon désordonnée ni à me ruer dans le champ de laction par la force du petit ego. Même si je navais aucun succès dans mon travail, je nen serais pas troublé. Ce travail nest pas le mien, cest celui de Dieu. Je nécouterai aucun autre appel. Quand Dieu me fait bouger, je bouge.
Je sais très bien que le Bengale nest pas réellement prêt. Le flot spirituel qui est venu est en grande partie une forme nouvelle du vieux courant. Ce nest pas la vraie transformation. Cependant, cela aussi était nécessaire. Le Bengale a retrouvé les anciens yogas et épuisé leurs sanskâras [vieilles tendances], extrayant leur essence et fertilisant ainsi le terrain. Ce fut dabord le tour du Védanta: lAdvaïta, le Sannyâsa, la Mâyâ de Shankara, etc. Actuellement, cest le tour du dharma vichnouite: la Lîlâ, lamour, livresse de lexpérience émotive. Tout cela est très vieux, inadapté à lâge nouveau et ne durera pas – une excitation de ce genre est incapable de durer. Mais le mérite du bhâva [élan] vichnouite est quil garde un certain lien entre Dieu et le monde et quil donne un sens à la vie; cependant, comme cest un bhâva partiel, il y manque le lien complet, le sens complet. La tendance à créer des sectes, comme tu las remarqué, était inévitable. Il est de la nature du mental de se saisir dune partie et de lappeler le tout, puis dexclure tout le reste. Le Siddha [illuminé] qui apporte lélan (bhâva), bien que sappuyant sur un aspect partiel, garde tout de même une certaine connaissance de lintégral, encore quil soit incapable de lui donner une forme. Mais ses disciples sont incapables davoir cette connaissance intégrale, justement parce quelle est sans forme – ils sont en train de lier leurs petites gerbes, laissons-les. Les gerbes se déferont delles-mêmes quand Dieu se manifestera Lui-même pleinement. Toutes ces choses sont le signe dun manque dintégralité et de maturité. Cela ne me trouble pas. Laissons la force spirituelle jouer librement dans le pays, sous nimporte quelle forme et en autant de sectes quon veut. Plus tard, nous verrons. Cest létat infantile et embryonnaire de lâge nouveau. Ce nest quun premier aperçu, pas même un commencement.
La particularité de ce yoga est ainsi: tant que lon na pas obtenu la siddhi [réalisation] au-dessus, la fondation ne peut pas être parfaite. Ceux qui mont suivi ont gardé beaucoup de vieilles empreintes (sanskâras) ; quelques-unes ont disparu mais certaines saccrochent encore. Il y avait le sanskâra du Sannyâsa, et même le désir de créer un Aravinda Math [monastère de Sri Aurobindo]. Maintenant lintellect a reconnu que le Sannyâsa [renoncement] nest pas ce quil faut, mais lempreinte de lancienne idée na pas encore été effacée du prâna [souffle]. Puis on parlait de rester au milieu du monde comme des hommes daction mondaine, tout en pratiquant le renoncement. La nécessité de renoncer au désir a été comprise, mais le mental na pas réussi à harmoniser correctement la renonciation au désir et la joie de lAnanda. On a accepté mon yoga parce quil saccordait tout naturellement au tempérament bengali, mais moins sous langle de la connaissance que sous langle du karma [des œuvres] et de la bhakti [amour]. Un peu de connaissance est entrée, mais la plus grande partie a échappé; les brumes de la sentimentalité ne se sont pas dissipées; la routine du bhâva sattvique [esprit religieux] na pas été brisée. Lego est encore là – en un mot, la connaissance na pas fleuri. Je ne suis pas pressé; je laisse chacun se développer selon sa nature. Je ne veux pas façonner tout le monde dans un moule unique. Ce qui est fondamental sera identique en tous, certes, mais sexprimera en de multiples formes. Tout être se développe et se forme de lintérieur. Je ne veux pas bâtir de lextérieur. La base est là, le reste viendra.
Le but que je poursuis nest pas une société enracinée dans la division, comme lest la nôtre. Ce que jai en vue, cest un Sangha [communauté] ayant sa base dans lesprit et à limage de son unité. Cest avec cette idée que le nom de Déva Sangha mest venu, cest-à-dire la communauté de ceux qui veulent la vie divine. Un Sangha de ce genre doit commencer par sétablir en un point, puis se répandre dans tout le pays. Mais si la moindre ombre dégoïsme vient à sabattre sur lentreprise, le Sangha se changera en une secte. Lidée peut se glisser tout naturellement que telle ou telle organisation est le seul vrai Sangha et lunique centre futur, que tout le reste doit être sa circonférence, et que tous ceux qui demeurent à lextérieur de ses limites sont hors du bercail, ou même sils sont dedans, quils se sont écartés du droit chemin parce quils pensent différemment.
Tu peux dire: « Quel besoin avons-nous dun Sangha ? Limportant est que je sois libre et que je vive dans toutes les formes; devenons tous lUn sans forme, et arrive ce qui peut au sein de cette immensité sans forme !» Il y a là une vérité, mais ce nest quun aspect de la vérité. Nous navons pas seulement affaire à lEsprit sans forme; nous devons aussi gouverner le mouvement de la vie. Et il ne peut y avoir aucun mouvement effectif de vie sans une forme. Cest le Sans-Forme qui a pris forme, et sil sest revêtu du nom et de la forme, ce nest pas par un caprice de Mâyâ [lIllusion]. La forme est là parce quelle est indispensable. Nous ne voulons exclure de notre domaine aucune des activités du monde. Politique, industrie, société, poésie, littérature, art – tout restera –, mais à chacune nous devons donner une âme nouvelle et une forme nouvelle.
Pourquoi ai-je abandonné la politique ? Parce que notre politique nest pas quelque chose qui appartienne authentiquement à lInde; cest une importation et une imitation européennes. Elle a été nécessaire à un certain moment. Nous aussi, nous avons fait une politique de type européen. Si nous ne lavions pas faite, le pays ne se serait pas relevé et nous naurions pas acquis lexpérience quil faut pour nous développer complètement. Cette politique est encore nécessaire dans une certaine mesure, pas tellement au Bengale mais dans les autres États de lInde. Cependant, il est temps dempêcher lombre de grandir et de semparer de la réalité. Nous devons trouver lâme véritable de lInde et façonner toutes les œuvres à son image.
Les gens parlent maintenant de « spiritualiser la politique », mais en admettant que lon arrive à quelque résultat durable, il en sortira une sorte de bolchevisme indianisé. Je nai aucune objection même à ce genre de travail – que chacun agisse selon son inspiration. Mais ce nest pas la vraie chose. Si lon verse la force spirituelle dans tous ces récipients impurs – les eaux de lOcéan originel dans des vases dargile brute –, ou bien les vases seront brisés et leau gaspillée, ou bien le pouvoir spirituel sévaporera et seule la forme impure restera. Il en est ainsi dans tous les domaines. Je puis donner le pouvoir spirituel, mais ce pouvoir sera utilisé à sculpter une statue de singe et à lasseoir sur le trône dans le temple de Shiva. Si le singe est doué de vie et de puissance, il pourra jouer le rôle du fervent Hanoumân et accomplir de grandes œuvres pour Râma (2), aussi longtemps que la vie et le pouvoir demeureront en lui. Mais ce que nous voulons dans le temple de lInde, ce nest pas un singe, Hanoumân, cest le dieu, lavatar, Râma lui-même.
Nous pouvons nous mêler aux autres, mais pour les attirer tous dans le vrai chemin et en gardant intacts lesprit et la forme de notre idéal, sinon nous perdrons notre direction et le vrai travail ne sera pas fait. Si partout nous restons comme des individus séparés, quelque chose peut être accompli, cest vrai; mais si partout nous restons comme les membres dun même Sangha, nous pouvons accomplir cent fois plus. Cependant, le temps nest pas encore venu pour cela. Si nous essayons trop tôt de donner une forme à notre communauté, cela risque de ne pas être la chose exacte que nous voulons. Au début, le Sangha naura pas une forme concentrée: ceux qui ont accepté lidéal seront unis mais ils travailleront en différents endroits. Plus tard, ils pourront former une sorte de communauté spirituelle et constituer un Sangha compact. Ils donneront alors à toutes leurs œuvres une forme répondant à lexigence de lEsprit et au besoin de lépoque; non pas une forme ligotée et rigide, un achalâyatana [une prison3], mais une forme libre qui se répandra comme la mer, se modelant en vagues innombrables, ici englobant une chose, là inondant une autre, et finalement embrassant tout. Si nous procédons ainsi, une communauté spirituelle sétablira progressivement. Telle est mon idée actuelle. Jusquà présent, elle ne sest pas complètement développée. Tout est entre les mains de Dieu; quoi quil nous fasse faire, cest cela que nous ferons.
Relevons maintenant quelques points particuliers de ta lettre. Je ne veux pas métendre ici sur ce que tu as dit de ton yoga. Nous aurons une meilleure occasion de le faire quand nous nous rencontrerons. Considérer le corps comme une carcasse est la marque du Sannyâsa, de la voie du Nirvana. On ne peut pas vivre la vie du monde avec cette idée. On doit avoir la félicité en toutes choses – aussi bien dans le corps que dans lEsprit. Le corps possède une conscience, il est la forme de Dieu. Lorsquon voit Dieu dans tout ce qui est au monde, lorsquon a cette vision:
« Tout ceci est Brahman, sarvam idam brahma ; Vâsoudeva est tout ceci, vâsoudeva sarva-miti », alors on a la félicité universelle. Le flot de cette félicité se précipite et se répand même à travers le corps. Lorsquon est dans cet état et rempli de la conscience spirituelle, on peut mener la vie conjugale et vivre dans le monde. Dans toutes les œuvres, on trouve lexpression de la félicité de Dieu. Jusquà présent, jai travaillé à transformer tous les objets et toutes les perceptions du mental et des sens en félicité sur le plan mental. Maintenant, ils prennent la forme de la félicité supramentale. Dans cet état, se trouvent la vision et la perception parfaites de Satchidânanda.
À propos du Déva Sangha, tu dis: « Je ne suis pas un dieu, je ne suis quun morceau de fer bien martelé et passé à la trempe. » Personne nest un Dieu, mais en tout homme un Dieu réside, et Le manifester est le but de la vie divine. Cela, nous pouvons tous le faire. Je reconnais quil y a de grands et de petits âdhârs [récipients]. Je ne crois pas vraie cependant la description que tu fais de toi. Quelle que soit la nature du récipient, dès que le toucher de Dieu est là, dès que lesprit est éveillé, grand ou petit, cela ne fait pas beaucoup de différence. Il peut y avoir davantage de difficultés, il peut falloir plus de temps, ou il peut y avoir une différence dans la manifestation – mais ce nest même pas sûr. Le Dieu intérieur ne tient aucun compte de ces obstacles et de ces insuffisances. Il se fraye un passage malgré tout. Navais-je moi-même que peu dimperfections ? Dans mon mental, mon cœur, ma vie et mon corps, y avait-il moins dobstacles ? Cela na-t-il pas pris du temps ? Dieu ma-t-il moins martelé ? Jour après jour, minute après minute, jai été façonné en je ne sais quoi, dieu ou autre chose. Mais je suis devenu ou suis en train de devenir quelque chose. Cest suffisant, puisque cest cela que Dieu a voulu bâtir. Cest la même chose pour tout le monde. Ce nest pas notre force mais la Shakti [lÉnergie] de Dieu qui est le sâdhaka [louvrier] de ce yoga.
Je vais te dire rapidement une ou deux choses que jai vues depuis longtemps. À mon avis, la principale cause de la faiblesse de lInde nest pas la sujétion ni la pauvreté ni le manque de spiritualité ou de dharma [morale], mais le déclin de la puissance de pensée, la croissance de lignorance dans la patrie de la Connaissance. Partout, je vois lincapacité ou la paresse de penser – limpuissance de la pensée ou la phobie de la pensée. Quels que soient les mérites du Moyen âge, cet état de choses est à présent le signe dune terrible dégénérescence. Le Moyen âge était la nuit, lépoque de la victoire de lignorance. Le monde moderne est lépoque de la victoire de la connaissance. Celui qui pense le plus, qui cherche le plus, qui travaille le plus, celui-là peut sonder et apprendre la vérité du monde et acquérir dautant plus de Shakti [force]. Si tu regardes lEurope, tu verras deux choses: un vaste océan de pensée et le jeu dune force énorme, rapide, et pourtant disciplinée. Toute la Shakti de lEurope tient à cela. Et par la force de cette Shakti, elle a dévoré le monde, comme nos tapaswins [ascètes] de jadis dont le pouvoir terrifiait même les dieux et les tenait dans linquiétude et la soumission. On dit que lEurope court à sa perte. Je ne le pense pas. Toutes ces révolutions et ces bouleversements sont les conditions préliminaires dune création nouvelle.
Maintenant, regarde lInde. À part quelques géants solitaires, on trouve partout notre « homme simple », cest-à-dire lhomme moyen qui ne veut pas et ne peut pas penser, qui na pas la moindre Shakti sauf une excitation temporaire. Dans lInde, on veut la pensée simple, le mot facile. En Europe, on veut la pensée profonde, le mot profond. Là-bas, même louvrier ordinaire ou lartisan pense, veut savoir, ne se satisfait pas de choses superficielles, il veut aller derrière les choses. Pourtant, il y a une différence: la force et la pensée de lEurope recèlent une limitation fatale. Quand elle pénètre dans le domaine spirituel, son pouvoir de pensée ne peut plus se mouvoir. Là, lEurope ne voit que des énigmes, des métaphysiques nébuleuses, des hallucinations yoguiques. Ils se frottent les yeux comme dans un nuage de fumée et narrivent pas à voir clair. Cependant, en Europe, on commence à faire quelque effort pour surmonter même cette limitation. Nous, nous avons déjà le sens spirituel – nous le devons à nos ancêtres – et quiconque possède ce sens tient à sa disposition une telle Connaissance et une telle Shakti que dun souffle il pourrait balayer toute cette force prodigieuse de lEurope comme un fétu de paille. Mais pour obtenir cette Shakti, il faut être un adorateur de la Shakti. Nous ne sommes pas des adorateurs de la Shakti: nous sommes des adorateurs de la voie facile. Mais la Shakti ne peut sobtenir par la voie facile. Nos ancêtres ont plongé dans un océan de vastes pensées, ils ont acquis une immense Connaissance et édifié une puissante civilisation. Chemin faisant, la fatigue et la lassitude se sont abattues sur eux. La force de pensée a diminué; avec elle, le puissant courant de la Shakti. Notre civilisation est devenue un achalâyatan [une prison], notre religion une bigoterie de pratiques extérieures, notre spiritualité une lueur confuse ou une vague passagère divresse religieuse. Tant que cela dure, toute résurrection permanente de lInde est improbable.
Au Bengale, cette faiblesse atteint son paroxysme. Le Bengali a une intelligence vive, de la sensibilité et de lintuition. Ces qualités se sont davantage développées chez lui que dans le reste de lInde. Toutes sont nécessaires, mais elles ne sont pas suffisantes. Si, à cela, on ajoutait la profondeur de pensée, la force tranquille, le courage héroïque, la capacité et la joie dun travail régulier, le Bengali pourrait être un chef, non seulement de lInde mais de lhumanité. Mais il ne le désire pas, il veut tout obtenir facilement: la connaissance sans leffort de penser, les fruits sans le labeur, la siddhi [réalisation] après une sâdhanâ [pratique] facile. Sa ressource, cest lexcitation du mental émotif. Mais lexcès démotion sans la connaissance est le symptôme même de la maladie. Cela aboutit finalement à la fatigue et à linertie. Le pays a constamment et progressivement décliné. Le pouvoir de vie a décru. À quoi le Bengali est-il arrivé dans son propre pays ? Il ne gagne pas assez pour se nourrir et shabiller, ce ne sont que lamentations de tous côtés; sa richesse, ses affaires, son commerce, ses terres, son agriculture même passent aux mains des autres. Nous avons abandonné la sâdhanâ de la Shakti, et la Shakti nous a abandonnés. Nous faisons la sâdhanâ de lAmour, mais quand il ny a ni Connaissance ni Shakti, lamour ne peut pas demeurer, létroitesse et la mesquinerie prennent la place, et dans un mental étroit et mesquin il ny a pas de place pour lamour. Où est lamour au Bengale ? Il y a plus de querelles, de jalousies, dantipathies mutuelles, dincompréhensions et de factions que partout ailleurs, même en cette Inde si affligée par la division.
À lépoque héroïque et noble du peuple aryen (4), il ny avait pas tant de bruit, de cris et de gesticulations, mais leurs entreprises restaient inébranlables pendant des siècles. Les entreprises des Bengalis ne durent quun jour ou deux.
Tu dis quil faut un fol enthousiasme et remplir le pays dexcitation émotive. Au temps du Swadeshi [lutte pour lindépendance, boycott des produits anglais], nous avons eu tout cela dans le domaine politique, mais ce que nous avons fait est maintenant tombé en poussière. Y aura-t-il un meilleur résultat dans le domaine spirituel ? Je ne dis pas quil ny ait pas eu de résultat. Il y en a eu. Tout mouvement produit un résultat, mais cest surtout de lordre dun accroissement des potentialités. Mais ce nest pas la bonne méthode pour réaliser la chose stablement. Par conséquent je ne veux plus prendre pour base lexcitation émotive ni quelque ivresse du mental. Je veux fonder le yoga sur une vaste et puissante équanimité. Sur cette égalité, je veux que sétablisse une Shakti complète, ferme, inébranlable, dans lorganisme et dans tous ses mouvements. Je veux une large manifestation de la lumière de la Connaissance au sein dun océan de Shakti. Et je veux, dans cette lumineuse immensité, la tranquille extase de lamour, de la félicité et de lunité infinis. Je ne veux pas avoir des centaines de milliers de disciples. Si je puis trouver une centaine dhommes complets, purifiés du petit égoïsme, et qui seront les instruments de Dieu, ce sera suffisant. Je nai aucune foi en le vieux métier de gourou. Je ne veux pas être un gourou. Si quelquun éveille et manifeste de lintérieur sa divinité endormie et sil arrive à la vie divine, que ce soit par mon contact ou celui de quiconque, cest tout ce que je veux. Ce sont ces hommes-là qui relèveront le pays.
Ne timagine pas, daprès ce discours, que je désespère de lavenir du Bengale. Moi aussi, comme ils le disent, jai lespoir quune grande lumière se manifestera cette fois au Bengale. Mais jai essayé de montrer le revers de la médaille, où est la faille, lerreur, la déficience. Si cela persiste, la lumière ne sera pas une grande lumière et elle ne sera pas permanente.
La raison de cette lettre extraordinairement longue est que, moi aussi, je boucle mon sac. Mais je crois que ce sac-là sera comme le filet de Saint-Pierre, plein à craquer des seules captures de lInfini. Je ne vais pas ouvrir mon sac maintenant. Si je le faisais avant le temps, tout séchapperait. Je nai pas non plus lintention daller au Bengale pour le moment, non pas parce que le Bengale nest pas prêt mais parce que moi, je ne suis pas prêt. Un homme insuffisamment mûr parmi des hommes insuffisamment mûrs, quel travail peut-il faire ?

Ton Sejdâ

Sri Aurobindo

1.Vishnu Bhaskar Lélé, un gourou tantrique rencontré par Sri Aurobindo en 1908 et qui lui donna la réalisation du silence mental et du Nirvana.
2. Râma, lavatar divin qui a tué le démon Râvana avec laide des singes, dont Hanoumân.
3. Achalâyatana: lieu où tout est réglementé dans les moindres détails.
4. Aux temps védiques.
5. Sejdâ: frère aîné.

 

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Quelques passages que je relève : « Les anciennes voies de yoga n'ont pas réussi à harmoniser ni a unifier l'Esprit et la vie: au contraire, elles ont renié le monde, le considérant comme Mâyâ [illusion] ou comme un Jeu transitoire. Le résultat a été la perte de la puissance de vie et la dégénérescence de l'Inde. Selon la parole de la Guîtâ, « Ces peuples périront si je ne fais pas les œuvres. » Les peuples de l'Inde sont réellement tombés en ruine. Quelques sannyâsins et bairâguis [renonçants] devenus des saints parfaits et libérés, quelques bhaktas [amants de Dieu] qui dansent dans la folle extase de l'amour et dans l'émotion douce de l'Ananda [félicité], et puis une race tout entière devenue amorphe, vide d'intelligence, enfoncée dans un profond tamas [inertie] – est-ce là l'effet d'une spiritualité véritable ? Non. » « Par conséquent je ne veux plus prendre pour base l'excitation émotive ni quelque ivresse du mental. Je veux fonder le yoga sur une vaste et puissante équanimité. Sur cette égalité, je veux que s'établisse une Shakti complète, ferme, inébranlable, dans l'organisme et dans tous ses mouvements. Je veux une large manifestation de la lumière de la Connaissance au sein d'un océan de Shakti. Et je veux, dans cette lumineuse immensité, la tranquille extase de l'amour, de la félicité et de l'unité infinis. Je ne veux pas avoir des centaines de milliers de disciples. Si je puis trouver une centaine d'hommes complets, purifiés du petit égoïsme, et qui seront les instruments de Dieu, ce sera suffisant. Je n'ai aucune foi en le vieux métier de gourou. Je ne veux pas être un gourou. Si quelqu'un éveille et manifeste de l'intérieur sa divinité endormie et s'il arrive à la vie divine, que ce soit par mon contact ou celui de quiconque, c'est tout ce que je veux. Ce sont ces hommes-là qui relèveront le pays. » « Maintenant, regarde l'Inde. À part quelques géants solitaires, on trouve partout notre « homme simple », c'est-à-dire l'homme moyen qui ne veut pas et ne peut pas penser, qui n'a pas la moindre Shakti sauf une excitation temporaire. Dans l'Inde, on veut la pensée simple, le mot facile. En Europe, on veut la pensée profonde, le mot profond. Là-bas, même l'ouvrier ordinaire ou l'artisan pense, veut savoir, ne se satisfait pas de choses superficielles, il veut aller derrière les choses. Pourtant, il y a une différence: la force et la pensée de l'Europe recèlent une limitation fatale. Quand elle pénètre dans le domaine spirituel, son pouvoir de pensée ne peut plus se mouvoir. Là, l'Europe ne voit que des énigmes, des métaphysiques nébuleuses, des hallucinations yoguiques. Ils se frottent les yeux comme dans un nuage de fumée et n'arrivent pas à voir clair. Cependant, en Europe, on commence à faire quelque effort pour surmonter même cette limitation. Nous, nous avons déjà le sens spirituel – nous le devons à nos ancêtres – et quiconque possède ce sens tient à sa disposition une telle Connaissance et une telle Shakti que d'un souffle il pourrait balayer toute cette force prodigieuse de l'Europe comme un fétu de paille. Mais pour obtenir cette Shakti, il faut être un adorateur de la Shakti. Nous ne sommes pas des adorateurs de la Shakti: nous sommes des adorateurs de la voie facile. Mais la Shakti ne peut s'obtenir par la voie facile. Nos ancêtres ont plongé dans un océan de vastes pensées, ils ont acquis une immense Connaissance et édifié une puissante civilisation. Chemin faisant, la fatigue et la lassitude se sont abattues sur eux. La force de pensée a diminué; avec elle, le puissant courant de la Shakti. Notre civilisation est devenue un achalâyatan [une prison], notre religion une bigoterie de pratiques extérieures, notre spiritualité une lueur confuse ou une vague passagère d'ivresse religieuse. Tant que cela dure, toute résurrection permanente de l'Inde est improbable. » « Nous ne voulons exclure de notre domaine aucune des activités du monde. Politique, industrie, société, poésie, littérature, art – tout restera –, mais à chacune nous devons donner une âme nouvelle et une forme nouvelle. » « Considérer le corps comme une carcasse est la marque du Sannyâsa, de la voie du Nirvana. On ne peut pas vivre la vie du monde avec cette idée. On doit avoir la félicité en toutes choses – aussi bien dans le corps que dans l'Esprit. Le corps possède une conscience, il est la forme de Dieu. Lorsqu'on voit Dieu dans tout ce qui est au monde, lorsqu'on a cette vision: « Tout ceci est Brahman, sarvam idam brahma ; Vâsoudeva est tout ceci, vâsoudeva sarva-miti », alors on a la félicité universelle. Le flot de cette félicité se précipite et se répand même à travers le corps. Lorsqu'on est dans cet état et rempli de la conscience spirituelle, on peut mener la vie conjugale et vivre dans le monde. Dans toutes les œuvres, on trouve l'expression de la félicité de Dieu. »

De l’air dans ce vieux pays malmené !

J aimerais votre avis par rapport à Shri Ramana Maharshi ?son travail sa réalisation n est t elle pas une de celles dont Shri Aurobindo parle... réaliser le Soi sans forme ect..j espère m être fais comprendre je ne sais pas trop comment dire, comparer, Satprem allais quelques fois voir Ramana si j ai bien compris et s il voulait comparer le travail de Shri Aurobindo et le sien il lui disait de retourner voir Shri Aurobindo... merci

9 mois auparavant

Auroville m'appelle

Quelquefois, vous avez fait de beaux projets et si cela avait réussi, vous seriez de plus en plus encroûté dans votre ignorance extérieure, dans votre petite ambition imbécile et votre activité sans but. Tandis que si vous recevez un bon choc et que le poste que vous convoitiez vous soit refusé, que le projet que vous aviez fait soit brisé, et que vous vous trouviez tout à fait contrarié, alors, quelquefois, cette contrariété vous ouvre une porte sur quelque chose de plus vrai et de plus profond. Et quand vous êtes un peu éveillé et que vous regardez en arrière, si vous êtes le moins du monde sincère, vous dites : "Ah ! ce n’était pas moi qui avais raison – c’était la Nature, ou la Grâce divine, ou mon être psychique qui l’ont fait." C’est l’être psychique qui a organisé cela.

La Mère, Entretiens 1953
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Quelquefois, vous avez fait de beaux projets et si cela avait réussi, vous seriez de plus en plus encroûté dans votre ignorance extérieure, dans votre petite ambition imbécile et votre activité sans but. Tandis que si vous recevez un bon choc et que le poste que vous convoitiez vous soit refusé, que le projet que vous aviez fait soit brisé, et que vous vous trouviez tout à fait contrarié, alors, quelquefois, cette contrariété vous ouvre une porte sur quelque chose de plus vrai et de plus profond. Et quand vous êtes un peu éveillé et que vous regardez en arrière, si vous êtes le moins du monde sincère, vous dites : Ah ! ce n’était pas moi qui avais raison – c’était la Nature, ou la Grâce divine, ou mon être psychique qui l’ont fait. C’est l’être psychique qui a organisé cela.

La Mère, Entretiens 1953

 

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C'est tellement vrai...merci Mère.

Alyson Drevet

9 mois auparavant

Auroville m'appelle

Le 7 mai 1912

[Question] Quelle est l’œuvre la plus utile à faire actuellement ?

[Mère] Le but général à atteindre est l’avènement de l’harmonie universelle progressive. En ce qui concerne la terre, le moyen d’atteindre ce but est dans la réalisation de l’unité humaine par l’éveil en tous et la manifestation par tous de la Divinité intérieure qui est une.En d’autres mots : créer l’unité en établissant le royaume de Dieu qui est en tous.

Par suite, l’œuvre la plus utile à faire est :

1) Pour chacun individuellement la prise de conscience en soi de la divine Présence et son identification avec elle.

2) L’individualisation d’états d’être qui ne furent encore jamais conscients dans l’homme et, par suite, la mise en rapport de la terre avec une ou plusieurs sources de force universelle qui sont encore scellées pour elle.

3) Redire au monde, sous une forme nouvelle adaptée à l’état actuel de sa mentalité, la parole éternelle.Ce sera la synthèse de toutes les connaissances humaines.

4) Collectivement, fonder la société idéale dans le lieu pro-pice à l’éclosion de la nouvelle race, celle des « Fils de Dieu ».

**************

La transformation et l’harmonisation terrestres peuvent s’accomplir à l’aide de deux procédés, opposés en apparence, qui doivent se combiner, c’est-à-dire réagir l’un sur l’autre et se compléter l’un par l’autre :

1) La transformation individuelle, le développement intérieur menant à l’union avec la divine Présence.

2) La transformation sociale, l’établissement d’un milieu d’ordre favorable à l’éclosion et au développement des individus.Comme le milieu réagit sur l’individu et que, d’autre part, de la valeur de l’individu dépend la valeur du milieu, les deux œuvres doivent être menées de front. Mais cela ne peut se faire que grâce à la division du travail, ce qui nécessite la formation d’un groupement, hiérarchisé si possible.L’action des membres du groupement serait triple :

- 1) Réalisation en soi de l’idéal à atteindre : devenir de parfaits représentants terrestres de la première manifestation de l’Impensable dans ses trois modes, ses sept attributs et ses douze qualités.

- 2) Prédication de cet idéal par la parole et surtout par l’exemple, afin de trouver ceux qui sont à même de le réaliser à leur tour et de devenir aussi des annonciateurs de la délivrance.

- 3) Fondation d’une société type ou réorganisation de celles déjà existantes.

***************

Pour chaque individu aussi, le travail est double et doit être fait simultanément, l’un favorisant et complétant l’autre :

1) Le développement intérieur, l’union progressive avec la lumière divine, seul état qui permette à l’homme d’être toujours en harmonie avec le grand courant de vie universelle.

2) L’action extérieure que chacun doit choisir selon ses capacités et ses préférences personnelles. Il doit trouver sa propre place, celle qu’il est seul à pouvoir remplir, dans le concert général, et s’y donner tout entier, sans ignorer pourtant qu’il ne joue qu’une note dans la symphonie terrestre, mais que sa note est indispensable à l’harmonie du tout, et que toute sa valeur réside dans sa justesse.

La Mère, Paroles d'Autrefois, Le 7 mai 1912
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Le 7 mai 1912

[Question] Quelle est l’œuvre la plus utile à faire actuellement ?

[Mère] Le but général à atteindre est l’avènement de l’harmonie universelle progressive. En ce qui concerne la terre, le moyen d’atteindre ce but est dans la réalisation de l’unité humaine par l’éveil en tous et la manifestation par tous de la Divinité intérieure qui est une.En d’autres mots : créer l’unité en établissant le royaume de Dieu qui est en tous.

Par suite, l’œuvre la plus utile à faire est :

1) Pour chacun individuellement la prise de conscience en soi de la divine Présence et son identification avec elle.

2) L’individualisation d’états d’être qui ne furent encore jamais conscients dans l’homme et, par suite, la mise en rapport de la terre avec une ou plusieurs sources de force universelle qui sont encore scellées pour elle.

3) Redire au monde, sous une forme nouvelle adaptée à l’état actuel de sa mentalité, la parole éternelle.Ce sera la synthèse de toutes les connaissances humaines.

4) Collectivement, fonder la société idéale dans le lieu pro-pice à l’éclosion de la nouvelle race, celle des « Fils de Dieu ».

**************

La transformation et l’harmonisation terrestres peuvent s’accomplir à l’aide de deux procédés, opposés en apparence, qui doivent se combiner, c’est-à-dire réagir l’un sur l’autre et se compléter l’un par l’autre :

1) La transformation individuelle, le développement intérieur menant à l’union avec la divine Présence.

2) La transformation sociale, l’établissement d’un milieu d’ordre favorable à l’éclosion et au développement des individus.Comme le milieu réagit sur l’individu et que, d’autre part, de la valeur de l’individu dépend la valeur du milieu, les deux œuvres doivent être menées de front. Mais cela ne peut se faire que grâce à la division du travail, ce qui nécessite la formation d’un groupement, hiérarchisé si possible.L’action des membres du groupement serait triple :

      - 1) Réalisation en soi de l’idéal à atteindre : devenir de parfaits représentants terrestres de la première manifestation de l’Impensable dans ses trois modes, ses sept attributs et ses douze qualités.

      - 2) Prédication de cet idéal par la parole et surtout par l’exemple, afin de trouver ceux qui sont à même de le réaliser à leur tour et de devenir aussi des annonciateurs de la délivrance.

      - 3) Fondation d’une société type ou réorganisation de celles déjà existantes.

***************

Pour chaque individu aussi, le travail est double et doit être fait simultanément, l’un favorisant et complétant l’autre :

1) Le développement intérieur, l’union progressive avec la lumière divine, seul état qui permette à l’homme d’être toujours en harmonie avec le grand courant de vie universelle.

2) L’action extérieure que chacun doit choisir selon ses capacités et ses préférences personnelles. Il doit trouver sa propre place, celle qu’il est seul à pouvoir remplir, dans le concert général, et s’y donner tout entier, sans ignorer pourtant qu’il ne joue qu’une note dans la symphonie terrestre, mais que sa note est indispensable à l’harmonie du tout, et que toute sa valeur réside dans sa justesse.

La Mère, Paroles dAutrefois, Le 7 mai 1912

 

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Oh Mère , bienvenue dans tous les coeurs aimants.

Ho Mère soit la bienvenue dans tous les coeurs aimants.

9 mois auparavant

Auroville m'appelle

"On ne peut rien faire dans les circonstances actuelles et avec la politique telle qu’elle est pratiquée actuellement. (…) Le monde est organisé de telle façon qu’on ne peut pas être autrement. si on était un homme qui n’acceptait aucune espèce de compromis, on ne pourrait pas rester dans la politique ; on serait tout simple-ment poussé dehors par la force même des choses. il y aura un moment où tout cela changera, mais pas encore. La politique, c’est peut-être la dernière chose qui changera. il y en a beau-coup d’autres qui doivent changer avant. C’est certainement une des choses les plus récalcitrantes.il y a deux choses qui sont très difficiles à changer : c’est la finance et la politique ; le domaine de l’argent et le domaine du gouvernement sont les deux points où l’homme est le plus faible et le plus attaché au mensonge. Alors, probablement, la transformation viendra là en dernier. On peut espérer une transformation sociale, une transformation économique, une transformation de l’éducation ; on peut espérer tout ça long-temps avant la transformation politique et la transformation financière. J’ai écrit ça justement pour montrer aux gens quel est l’état véritable du monde, et pour donner une indication de la porte de sortie. Mais quand nous en serons à la porte de sortie, vous verrez que ce n’est pas si facile. Peut-être que la première chose qui se transformera, ce sera le monde scientifique, c’est possible ; parce que là on exige une sincérité très grande et un effort très persévérant, et que ce sont déjà des qualités qui vous ouvrent la porte vers une vie supérieure..."

La Mère, Entretiens, 14 septembre 1955
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On ne peut rien faire dans les circonstances actuelles et avec la politique telle qu’elle est pratiquée actuellement. (…) Le monde est organisé de telle façon qu’on ne peut pas être autrement. si on était un homme qui n’acceptait aucune espèce de compromis, on ne pourrait pas rester dans la politique ; on serait tout simple-ment poussé dehors par la force même des choses. il y aura un moment où tout cela changera, mais pas encore. La politique, c’est peut-être la dernière chose qui changera. il y en a beau-coup d’autres qui doivent changer avant. C’est certainement une des choses les plus récalcitrantes.il y a deux choses qui sont très difficiles à changer : c’est la finance et la politique ; le domaine de l’argent et le domaine du gouvernement sont les deux points où l’homme est le plus faible et le plus attaché au mensonge. Alors, probablement, la transformation viendra là en dernier. On peut espérer une transformation sociale, une transformation économique, une transformation de l’éducation ; on peut espérer tout ça long-temps avant la transformation politique et la transformation financière. J’ai écrit ça justement pour montrer aux gens quel est l’état véritable du monde, et pour donner une indication de la porte de sortie. Mais quand nous en serons à la porte de sortie, vous verrez que ce n’est pas si facile. Peut-être que la première chose qui se transformera, ce sera le monde scientifique, c’est possible ; parce que là on exige une sincérité très grande et un effort très persévérant, et que ce sont déjà des qualités qui vous ouvrent la porte vers une vie supérieure... 

La Mère, Entretiens, 14 septembre 1955

 

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Le monde de la Finance et celui du Gouvernement: les plus difficiles a changer; liés au mensonge - et a l’avidité- CONFIRMED...!

9 mois auparavant

Auroville m'appelle

"Les traditions du passé sont très grandes à leur place, dans le passé, mais je ne vois pas pourquoi nous devrions simplement les répéter sans aller plus loin. Dans le développement spirituel de la conscience sur terre le grand passé devrait être suivi par un plus grand futur." Sri Aurobindo ... Voir plusVoir moins

Les traditions du passé sont très grandes à leur place, dans le passé, mais je ne vois pas pourquoi nous devrions simplement les répéter sans aller plus loin. Dans le développement spirituel de la conscience sur terre le grand passé devrait être suivi par un plus grand futur. Sri Aurobindo

 

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A

À lire; L, AVENTURE DE LA CONSCIENCE.

10 mois auparavant

Auroville m'appelle

"Dans cet endroit, les enfants pourraient croître et se développer intégralement sans perdre le contact avec leur âme; l'instruction serait donnée, non en vue de passer des examens ou d'obtenir des certificats et des postes, mais pour enrichir les facultés existantes et en faire naître de nouvelles. Dans ce lieu, les titres et les situations seraient remplacés par des occasions de servir et d'organiser ; il y serait pourvu aux besoins du corps également pour tous, et la supériorité intellectuelle, morale et spirituelle se traduirait dans l'organisation générale, non par une augmentation des plaisirs et des pouvoirs de la vie, mais par un accroissement des devoirs et des responsabilités. La beauté sous toutes ses formes artistiques: peinture, sculpture, musique, littérature, serait accessible à tous également, la faculté de participer aux joies qu'elle donne étant limitée uniquement par la capacité de chacun et non par la position sociale ou financière.
Car dans ce lieu idéal, l'argent ne serait plus le souverain seigneur ; la valeur individuelle aurait une importance très supérieure à celle des richesses matérielles et de la position sociale. Le travail n'y serait pas le moyen de gagner sa vie, mais le moyen de s'exprimer et de développer ses capacités et ses possibilités, tout en rendant service à l'ensemble du groupe qui, de son côté, pourvoirait aux besoins de l'existence et au cadre d'action de chacun.
En résumé, ce serait un endroit où les relations entre êtres humains, qui sont d'ordinaire presque exclusivement basées sur la concurrence et la lutte, seraient remplacées par des relations d'émulation pour bien faire, de collaboration et de réelle fraternité."

La Mère, Un rêve
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Dans cet endroit, les enfants pourraient croître et se développer intégralement sans perdre le contact avec leur âme; linstruction serait donnée, non en vue de passer des examens ou dobtenir des certificats et des postes, mais pour enrichir les facultés existantes et en faire naître de nouvelles. Dans ce lieu, les titres et les situations seraient remplacés par des occasions de servir et dorganiser ; il y serait pourvu aux besoins du corps également pour tous, et la supériorité intellectuelle, morale et spirituelle se traduirait dans lorganisation générale, non par une augmentation des plaisirs et des pouvoirs de la vie, mais par un accroissement des devoirs et des responsabilités. La beauté sous toutes ses formes artistiques: peinture, sculpture, musique, littérature, serait accessible à tous également, la faculté de participer aux joies quelle donne étant limitée uniquement par la capacité de chacun et non par la position sociale ou financière.
 Car dans ce lieu idéal, largent ne serait plus le souverain seigneur ; la valeur individuelle aurait une importance très supérieure à celle des richesses matérielles et de la position sociale. Le travail ny serait pas le moyen de gagner sa vie, mais le moyen de sexprimer et de développer ses capacités et ses possibilités, tout en rendant service à lensemble du groupe qui, de son côté, pourvoirait aux besoins de lexistence et au cadre daction de chacun.
 En résumé, ce serait un endroit où les relations entre êtres humains, qui sont dordinaire presque exclusivement basées sur la concurrence et la lutte, seraient remplacées par des relations démulation pour bien faire, de collaboration et de réelle fraternité.

La Mère, Un rêve

 

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Un endroit comme celui-là se répandra à la surface de la terre, et l humanité redeviendra SAINE.

Fny ça serait bien....

10 mois auparavant

Auroville m'appelle

22 mai 1968

(Satprem) Douce Mère, et ce qui se passe en France en ce moment, qu'est-ce que cela veut dire?

(Mère) C'est clairement l'avenir qui s'éveille et qui veut chasser le passé.

Tu as lu les lettres des enfants de S? Ils sont là-bas. Par exemple, tous les étudiants et toute la classe ouvrière se sont unis. Il y a naturellement, mentalement, tout le mélange de toutes sortes d'idées, mais la Force derrière... Par exemple, les étudiants veulent changer complètement le mode d'instruction: ils réclament violemment la suppression de tous les examens. Et ils ne le savent pas eux-mêmes, mais ils sont poussés par une force qui veut la manifestation d'une vérité plus vraie.

Eux-mêmes ne voudraient pas de violence – il paraît que ce ne sont pas eux qui ont commencé la violence, mais la police. Et ça, c'est très intéressant, parce que la police représente la défense du passé. Et quand j'ai lu les lettres de ces enfants, puis que l'on m'a donné les nouvelles, alors est venu en moi (cela a été dit très-très clairement, une vision très claire): l'avenir. C'est la Puissance supérieure qui contraint les gens à faire ce qu'ils doivent faire. Entre maintenant et ça (qui est très en avant), ce doit être la puissance d'un nombre immobile. Et alors la vision était claire: si des millions – pas des milliers: des millions – de gens s'assemblent, occupent, absolument pacifiques (simplement s'assemblent et occupent, avec des représentants naturellement qui diront ce qu'ils veulent), alors ça aura le pouvoir. Mais il ne faut pas de violence; dès que l'on se laisse aller à la violence, c'est le retour au passé, c'est l'ouverture à tous les conflits... À ce moment-là, je ne savais pas que c'était la police qui avait commencé la violence; je ne savais pas, je ne connaissais pas les détails de l'histoire. Mais c'était une vision très claire: une occupation par la masse, mais une masse toute-puissante dans son immobilité, qui impose sa volonté par le nombre, avec des représentants intellectuels pour les négociations.

Je ne sais pas... De Gaulle est ouvert à quelque chose de plus que la force purement matérielle. Est-il de taille? Je ne sais pas. Mais en tout cas, il est parmi les meilleurs instruments.
C'est clairement (pas dans le détail, mais dans la direction du mouvement), c'est clairement la volonté d'en avoir fini du passé, de laisser la porte à l'avenir.

C'est comme une sorte d'écœurement de la stagnation. Voilà. Soif de quelque chose qui est en avant, qui paraît plus lumineux et meilleur. Et en effet, il Y A quelque chose – ce n'est pas seulement une imagination: il Y A quelque chose. C'est cela, la beauté, c'est qu'IL Y A quelque chose. Il Y A une Réponse. Il Y A une Force qui veut... qui veut s'exprimer.
La France est dans une situation privilégiée: l'Inde d'abord, la France après, pour des raisons... simplement de réceptivité. La France a toujours essayé d'être en avant – c'est d'ailleurs pour cela que ce corps est né là.
(silence)
Les journaux parlent d'une grève de plusieurs millions là-bas (ces enfants ont écrit). Ça n'a pas du tout le caractère d'une grève, ça a le caractère d'une révolution.

Je connais cela. Je ne sais pas si je te l'ai jamais dit, mais il y a eu – il y a toujours eu – identification de la conscience de ce corps avec tous les mouvements de révolution. Je les ai toujours connus et guidés avant même que les nouvelles ne viennent: en Russie, en Italie, en Espagne et ailleurs – toujours, partout –, et c'était essentiellement, toujours, cette même Force qui veut hâter la venue de l'avenir – toujours –, mais qui est obligée d'adapter ses moyens d'action suivant l'état dans lequel se trouve la masse.

Et maintenant, justement, il semblerait que l'état de la terre soit tel que tout au moins se prépare (si ce n'est pas encore comme cela), se prépare la manifestation de la masse dans une espèce de volonté silencieuse et immobile... Et ça, c'est une période intermédiaire pour arriver à l'état où cette masse sera tenue sous contrôle et mise en mouvement directement par la Puissance d'en haut.

C'est vers cela que l'on marche.

1. Une sorte de grève générale de quelque huit millions d'individus, qui a commencé par une révolte des étudiants et l'occupation de la Sorbonne.

Agenda de Mère, 22 mai 1968
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Mais les masses non violentes?

C'est ce qui se passe avec les gilets jaunes?

C'est très dangereux de faire cette comparaison !

Ce que Mère prédit, la nouvelle vie, elle existe, je lai expérimentée, l ai vécu afin de témoigner de sa véracité .

10 mois auparavant

Auroville m'appelle

La liberté, l'égalité et la fraternité sont trois divinités de l'âme ; elles ne peuvent pas vraiment se réaliser par les mécanismes extérieurs de la société, ni par l'homme tant qu'il vit seulement dans l'égo individuel et dans celui de la communauté .

Quand l'égo réclame la liberté, il arrive à un individualisme compétitif. Quand il revendique l'égalité, il arrive d'abord au conflit, puis il tente de fermer les yeux sur les variations de la Nature et ne connait d'autre moyen que de bâtir une société artificielle et mécanique .

Une société qui cherche la liberté comme idéal, est incapable d'arriver à l'égalité ; une société qui cherche l'égalité sera obligée de sacrifier la liberté . Et parler de fraternité à l'égo, c'est parler d'une chose contraire à sa nature. Tout ce qu'il connait, c'est une association à la poursuite de fins égoïstes communes ; tout ce qu'il est capable de réaliser, c'est une organisation plus rigoureuse afin de répartir également le travail, la production, la consommation et les plaisirs .

Et pourtant, la fraternité est la clef du triple évangile de l'idée d'humanité. L'union de la liberté et de l'égalité ne peut s'accomplir que par le pouvoir de la fraternité humaine ; elle ne peut se fonder sur rien d'autre. Mais la fraternité n'existe que dans l'âme et par l'âme ; elle ne peut exister par rien d'autre . Car cette fraternité n'est pas affaire de parenté physique ni d'association vitale ni d'accord intellectuel .

Quand l'âme réclame la liberté, c'est la liberté de se développer, de développer le divin dans l'homme et dans tout son être. Quand elle réclame l'égalité, ce qu'elle veut, c'est cette même liberté également pour tous, et la reconnaissance d'une même âme , une même divinité dans tous les êtres humains. Quand elle cherche la fraternité, elle fonde cette égale liberté de développement sur un but commun, une vie commune, une unité de pensée et de sentiment, elle-même fondée sur la reconnaissance de l'unité spirituelle intérieure .

En fait, cette trinité constitue la nature même de l'âme ; car la liberté, l'égalité et l'unité sont les attributs éternels de l'Esprit . Reconnaître pratiquement cette vérité, éveiller l'âme dans l'homme et tenter de le faire vivre dans son âme et non dans son égo, tel est le sens intérieur de la religion, et c'est à cela que la religion de l'humanité doit parvenir également si elle veut se réaliser dans la vie de l'espèce.''

Sri Aurobindo, L'idéal de l'Unité humaine, 1919
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Et laintenant les gilets jaunes

10 mois auparavant

Auroville m'appelle

Jamais, en vérité, sans la richesse de sa vitalité et de son intellect, l’Inde n’aurait pu, comme elle l’a fait, développer à ce point ses tendances spirituelles. C’est une grande erreur de croire que la fleur de la spiritualité s’épanouit d’autant mieux que le sol est appauvri, la vie à moitié morte, l’intellect découragé et intimidé. Cette spiritualité-là a quelque chose de morbide, de fiévreux, et s’expose à de périlleuses réactions. C’est quand la vie d’un peuple a été des plus intense et sa pensée des plus profonde, que sa spiritualité révèle sa hauteur et sa profondeur, et donne ses fruits les plus divers et les plus durables. L’Europe actuelle a dû attendre une longue explosion de ses forces vitales, une activité stupéfiante de son intellect, pour que la spiritualité consente vraiment à émerger, promettant de n’être plus, comme naguère, le triste médecin de la maladie de la vie, mais les prémices d’une vaste et profonde lumière.

Ce qui frappe le plus les Européens dans la pensée spirituelle de l’Inde, c’est la négation de la vie, propre au bouddhisme et à l’illusionnisme. Il ne faut pourtant pas oublier que c’est là un aspect seulement de sa philosophie, qui ne s’exagéra qu’à l’heure du déclin.

Sri Aurobindo, Les Fondements de la Culture Indienne, p. 18-19
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Jamais, en vérité, sans la richesse de sa vitalité et de son intellect, l’Inde n’aurait pu, comme elle l’a fait, développer à ce point ses tendances spirituelles. C’est une grande erreur de croire que la fleur de la spiritualité s’épanouit d’autant mieux que le sol est appauvri, la vie à moitié morte, l’intellect découragé et intimidé. Cette spiritualité-là a quelque chose de morbide, de fiévreux, et s’expose à de périlleuses réactions. C’est quand la vie d’un peuple a été des plus intense et sa pensée des plus profonde, que sa spiritualité révèle sa hauteur et sa profondeur, et donne ses fruits les plus divers et les plus durables. L’Europe actuelle a dû attendre une longue explosion de ses forces vitales, une activité stupéfiante de son intellect, pour que la spiritualité consente vraiment à émerger, promettant de n’être plus, comme naguère, le triste médecin de la maladie de la vie, mais les prémices d’une vaste et profonde lumière.

Ce qui frappe le plus les Européens dans la pensée spirituelle de l’Inde, c’est la négation de la vie, propre au bouddhisme et à l’illusionnisme. Il ne faut pourtant pas oublier que c’est là un aspect seulement de sa philosophie, qui ne s’exagéra qu’à l’heure du déclin.

Sri Aurobindo, Les Fondements de la Culture Indienne, p. 18-19

 

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Vous savez qui était Sri Aurobindo, moi OUI.

11 mois auparavant

Auroville m'appelle

AuroMaa
Sri Aurobindo and the Evolution of the Human Species
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1 années auparavant

Auroville m'appelle

Le cœur de la consécration intérieure est la confiance en le Divin et le sentiment de certitude qui l'accompagne. L'attitude à prendre est: "Je veux le Divin et rien d'autre. Je veux me donner entièrement à lui et puisque c'est ce que veut mon âme, je le rencontrerai et le réaliserai: il ne peut en être autrement. Je ne demande rien de plus sinon qu'il agisse en moi pour m'amener à lui par une action cachée ou visible, voilée ou manifeste. Je n'insiste pas pour que cela arrive à mon heure et à ma manière; qu'il fasse tout à sa manière et à son heure; je croirai en lui, j'accepterai sa volonté, j'aspirerai sans relâche à sa lumière, à sa présence, à sa joie, j'irai à travers toutes les difficultés, tous les retards, m'en remettant à Lui, n'abandonnant jamais. Que mon mental soit calme, qu'il fasse confiance au Divin et lui permette de l'ouvrir à sa lumière; que mon vital soit tranquille et se tourne vers lui seul, qu'il lui permette de l'ouvrir à son calme et à sa joie. Tout pour lui et moi pour lui. Quoi qu'il arrive, je me tiendrai à cette aspiration et à ce don de moi-même et je continuerai, m'en remettant à lui, parfaitement confiant que tout sera fait. Sri Aurobindo, Lettres sur le Yoga, II, 2 ... Voir plusVoir moins

Le cœur de la consécration intérieure est la confiance en le Divin et le sentiment de certitude qui laccompagne. Lattitude à prendre est: Je veux le Divin et rien dautre. Je veux me donner entièrement à lui et puisque cest ce que veut mon âme, je le rencontrerai et le réaliserai: il ne peut en être autrement. Je ne demande rien de plus sinon quil agisse en moi pour mamener à lui par une action cachée ou visible, voilée ou manifeste. Je ninsiste pas pour que cela arrive à mon heure et à ma manière; quil fasse tout à sa manière et à son heure; je croirai en lui, jaccepterai sa volonté, jaspirerai sans relâche à sa lumière, à sa présence, à sa joie, jirai à travers toutes les difficultés, tous les retards, men remettant à Lui, nabandonnant jamais. Que mon mental soit calme, quil fasse confiance au Divin et lui permette de louvrir à sa lumière; que mon vital soit tranquille et se tourne vers lui seul, quil lui permette de louvrir à son calme et à sa joie. Tout pour lui et moi pour lui. Quoi quil arrive, je me tiendrai à cette aspiration et à ce don de moi-même et je continuerai, men remettant à lui, parfaitement confiant que tout sera fait. Sri Aurobindo, Lettres sur le Yoga, II, 2

 

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Réalité Suprème pour en avoir vécu l,espérience

De qui est la peinture?

1 années auparavant

Auroville m'appelle

"Sri Aurobindo a fait tout un tableau de la Manifestation dans le livre The Hour of God[2]: il y a d’abord ceci qui vient, puis ça, puis ça, puis ça, etc. – toute une série. Je dois dire qu’ils ont imprimé cela très sérieusement dans le livre, mais il l’a fait (je l’ai vu le faire) comme un amusement. Quelqu’un lui avait parlé justement des différentes religions, des différentes méthodes philosophiques, et puis de la Théosophie, Mme Blavatski, tous ces gens (il y avait aussi l’histoire de Théon: chacun a fait son tableau). Alors Sri Aurobindo a dit: «Moi aussi, je peux faire un tableau! et mon tableau sera beaucoup plus complet!» Et quand cela a été fini, il a ri et il a dit: «Mais ce n’est qu’un tableau, c’est pour s’amuser.» On l’a mis très sérieusement dans le livre comme s’il l’avait déclaré comme une chose très sérieuse. Oh! c’est très compliqué!" La Mère, Agenda, 28 juillet 1961

Note: Les images ci-dessous sont tirées du livre The Hour of God, de Sri Aurobindo
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Jai en ma possession le TOME 2 de MERE ou L,ESPÈCE NOUVELLE et je ne cesse de le lire et relire et encore.Tout le travail est là, dans notre corps. Merci MERE, Merci au Maitre Sri Aurobindo

1 années auparavant

Auroville m'appelle

[Question] Quand un être est possédé par la force hostile, que devient son psychique ?

[Mère] Cela dépend du degré de la possession. Généralement, c'est une chose progressive. Il y a d'abord une influence que l'on subit, et que l'on subit de façon fragmentaire, même pas totalement dans son être, dans certains morceaux, et pour un temps. Ça, c'est le premier stade. Le second, l'influence devient permanente et il y a une partie de l'être qui est détériorée, qui subit constamment cette influence et l'exprime. Après, l'être qui a mis cette influence essaye d'entrer dans cette partie. Alors, généralement, cela produit un conflit, une sorte de bataille intérieure. Les gens ont des crises, quelquefois même des crises nerveuses, maladives. Pour essayer de résister, les deux parties de l'être sont constamment en conflit, et cela produit de grands déséquilibres, même des déséquilibres physiques. Mais si on ne sait pas résister, et si on n'arrive pas à secouer cette emprise, alors, petit à petit, l'être qui s'est saisi d'une partie de vous-même agit comme une pieuvre, et répand ses tentacules, comme ça, lentement et partout ; et à la fin, c'est une possession totale. Au moment de la possession totale, ou l'être qui est possédé devient tout à fait déséquilibré, ou bien il devient une espèce de monstre et son être psychique le quitte.

Ce sont des cas extrêmement rares, heureusement. Généralement, dans l'être humain, le psychique est assez fort pour pouvoir résister, et le cas le plus fréquent est un cas de constant conflit entre les deux parties, jusqu'à ce que — si l'être psychique est assez fort et s'il sait s'appuyer sur une force plus grande que la sienne — il soit capable de rejeter cette influence et de se libérer. Ce n'est que dans le cas extrême d'une possession totale que l'être psychique s'en va. Mais ça, ce sont des cas extrêmement rares, extrêmement rares.

Il arrive quelquefois qu'un enfant est mort-né, c'est-à-dire que, juste au moment de la naissance, il meurt, ou quelques minutes après, ou une ou deux heures après, n'est-ce pas, juste à ce moment-là. Ça, dans ces cas-là, il est arrivé que ce soit l'être psychique qui a décidé de ne pas se servir de ce corps. Mais si, par exemple, le docteur qui soigne est un homme habile, ou l'infirmière qui est là est une personne habile, et qu'ils peuvent ramener la vie dans le corps par des respirations artificielles ou n'importe quoi, le plus souvent, c'est un être hostile qui s'empare de ce corps-là. Il y a eu des cas comme ça, d'enfants qui paraissaient être morts, c'est-à-dire que l'être psychique avait quitté le corps, et avant qu'ils ne meurent tout à fait, un être vital était entré, et avait pris la place. Il y a eu des cas comme ça. Et ce sont des êtres qui sont des démons. Dans la vie, ils deviennent de véritables démons. Il n'y en a pas beaucoup.

Il y a des êtres du vital, mais alors d'un degré supérieur, des émanations d'asoura par exemple, qui ont décidé, pour une raison ou une autre, qu'ils allaient essayer de se convertir, de ne plus être antidivins, et d'arriver à rentrer en relation avec le Divin. Ils savent que la meilleure façon est de s'identifier à un corps humain pour être sous le contrôle d'un être psychique. Et ils s'incarnent dans des corps humains, mais non pas avec l'intention de chasser l'être psychique, au contraire : pour essayer de se mettre sous l'influence de l'être psychique et d'être convertis par lui. Ce sont des cas qui ne sont pas fréquents non plus, mais enfin qui se sont vus ; et dans ces cas-là, ces êtres humains sont doués de capacités très exceptionnelles; mais ils ont aussi généralement des difficultés très exceptionnelles, parce que la puissance qui est incarnée en eux est une puissance qui au moins a été, si elle n'est pas encore, une puissance hostile, et que tous ces mouvements de révolte, n'est-ce pas, c'est difficile de les guérir immédiatement et cela prend quelquefois toute une vie pour arriver à le faire. . Il y a de ces êtres asouriques qui ont essayé de se convertir, et qui n'ont pas réussi. Ils ont dû quitter le corps qu'ils avaient choisi, parce qu'ils n'avaient pas pu se convertir. C'était une tâche trop difficile pour eux, qui demandait des efforts trop grands.

Mais tous ces cas-là, dont je viens de vous parler, sont des cas très rares, n'est-ce pas. Il ne faut pas dire que ce soit des choses qui se passent et que l'on rencontre à tout bout de champ : un monsieur qui est une incarnation d'une force adverse, ou un autre qui est possédé. Ce sont des cas très rares, très rares.

Tandis que le cas d'influence — d'être sous une influence, et d'exprimer cette influence —, ça, c'est malheureusement très fréquent. Surtout chez les gens qui entreprennent le yoga sans être suffisamment purifiés auparavant, ou, alors, avec des intentions égoïstes ; les gens qui commencent à faire le yoga avec des raisons d'ambition ou de vanité, ça, ça leur arrive très souvent qu'ils se mettent sous l'influence de certaines forces adverses.

Et il y a beaucoup de gens aussi qui sont sous certaines influences d'une façon... comment dire... on ne peut appeler cela accidentel, mais... Par exemple, il y a des êtres psychiques qui choisissent un certain milieu pour s'incarner, parce qu'ils pensent qu'ils auront là les expériences qu'ils veulent avoir et que, par suite des circonstances dans ce milieu-là, il y a une influence hostile qui s'exerce ; alors, le corps dont ils se revêtent est dans une certaine mesure sous cette influence hostile et ils ont à lutter contre cela d'une façon terrible pendant toute leur vie. Ils peuvent à un moment donné, comme j'ai dit — s'ils savent s'appuyer sur des forces plus grandes que les leurs —, ils peuvent vaincre et remporter une grande victoire. C'est une grande victoire de se débarrasser de l'influence d'une force adverse. C'est vraiment une victoire qui dépasse la personnalité de l'individu, qui a une répercussion sur l'état terrestre tout entier. Chaque victoire remportée comme cela par un individu sur une force hostile qui l'influence, est un grand pas de fait vers le moment où la terre sera débarrassée complètement de cette présence des forces hostiles. Cela représente un grand progrès terrestre.

[Question] Douce Mère, comment les forces hostiles peuvent-elles se convertir?

[Mère] Mais si elles le veulent, pourquoi ne pourraient-elles pas ? Il n'y a rien dans l'univers qui n'ait une origine unique, c'est-à-dire une origine suprême, les forces hostiles comme le reste ; et si elles renoncent à leur révolte et à leur séparation, et qu'elles aspirent vers le retour à leur origine, elles peuvent se convertir très bien. Cela peut leur demander plus d'efforts qu'il n'est nécessaire à un être humain pour changer ses défauts, ça, c'est évident. C'est un effort beaucoup plus considérable et surtout beaucoup plus profond, parce que l'origine de leur révolte est très profonde, elle n'est pas superficielle. Mais enfin, ils peuvent y arriver. Ils ont le pouvoir aussi ; ce sont des êtres très puissants qui... s'ils prennent la résolution de se convertir, ils peuvent le faire ; et alors ils deviennent parmi les plus merveilleux instruments de l'Œuvre divine. Ceux-là mêmes qui étaient parmi les plus grands adversaires.

Je suis en train de chercher quelqu'un qui m'a dit qu'il me poserait une question. C'est Sujata. Où est-ce qu'elle perche? Au bout du monde ! Je n'entendrai jamais. Qu'est-ce que tu voulais demander ?

[Sujata] Est-ce qu'il y a une autre question que je peux vous poser ? Est-ce que le déséquilibre mental est dû à la même cause, Douce Mère ?

(Pavitra répète) Est-ce que le déséquilibre mental est dû à la même cause ?

[Mère] Très souvent, mais pas toujours. Le déséquilibre mental peut être dû à beaucoup de causes différentes. Il y en a une qui peut être simplement une fabrication physique qui est défectueuse, une insuffisance cérébrale. Maintenant, on peut dire que cette insuffisance cérébrale est probablement l'expression d'un déséquilibre vital intérieur. Mais dans le cas d'insuffisance cérébrale, c'est généralement une chose héréditaire ou organique, enfin... c'est-à-dire qui a été produite à la conception. Alors on ne peut pas dire que c'est dû à une influence qui s'ajoute : c'était une influence qui agissait avant la naissance, et celui qui souffre de ce déséquilibre mental n'est pas forcément sous une influence adverse directe. Cela peut être une conséquence de malformation.

Maintenant, quand il y a des gens qui sont divisés dans leur mental et qui, dans une partie de leur mental aspirent à la vérité et à la transformation, et dans une autre n'en veulent pas, et non seulement résistent mais se révoltent — ce qui arrive souvent —, ça, ça crée une terrible lutte cérébrale intérieure, mentale d'abord et cérébrale après, et cela peut produire un déséquilibre mental sérieux.

Maintenant, il y a des cas où c'est justement l'ouverture à une suggestion, à une influence adverse, une ouverture qui est le résultat d'un mouvement faux — un mouvement de révolte, ou un mouvement de haine, ou un mouvement de désir violent. On peut, dans un mauvais mouvement, s'ouvrir — dans une fureur par exemple —, on peut s'ouvrir à une force adverse et commencer une influence qui pourra se terminer par une possession. Au début, ces choses-là sont relativement faciles à guérir, s'il y a une partie consciente de l'être et une très forte volonté de se débarrasser de ce mauvais mouvement et de cette influence. On y réussit relativement assez facilement si l'aspiration est sincère ; mais si on regarde cela avec complaisance, et puis qu'on se dise : "Ah, c'est comme ça, ça ne peut pas être autrement", alors, cela devient dangereux. Il ne faut pas tolérer l'ennemi dans la place. Dès que l'on s'aperçoit de sa présence, il faut le rejeter bien loin, aussi loin que l'on peut, sans pitié.

Mère, Entretiens, 22 décembre 1954
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[Question] Quand un être est possédé par la force hostile, que devient son psychique ? 
  
[Mère] Cela dépend du degré de la possession. Généralement, cest une chose progressive. Il y a dabord une influence que lon subit, et que lon subit de façon fragmentaire, même pas totalement dans son être, dans certains morceaux, et pour un temps. Ça, cest le premier stade. Le second, linfluence devient permanente et il y a une partie de lêtre qui est détériorée, qui subit constamment cette influence et lexprime. Après, lêtre qui a mis cette influence essaye dentrer dans cette partie. Alors, généralement, cela produit un conflit, une sorte de bataille intérieure. Les gens ont des crises, quelquefois même des crises nerveuses, maladives. Pour essayer de résister, les deux parties de lêtre sont constamment en conflit, et cela produit de grands déséquilibres, même des déséquilibres physiques. Mais si on ne sait pas résister, et si on narrive pas à secouer cette emprise, alors, petit à petit, lêtre qui sest saisi dune partie de vous-même agit comme une pieuvre, et répand ses tentacules, comme ça, lentement et partout ; et à la fin, cest une possession totale. Au moment de la possession totale, ou lêtre qui est possédé devient tout à fait déséquilibré, ou bien il devient une espèce de monstre et son être psychique le quitte. 

Ce sont des cas extrêmement rares, heureusement. Généralement, dans lêtre humain, le psychique est assez fort pour pouvoir résister, et le cas le plus fréquent est un cas de constant conflit entre les deux parties, jusquà ce que — si lêtre psychique est assez fort et sil sait sappuyer sur une force plus grande que la sienne — il soit capable de rejeter cette influence et de se libérer. Ce nest que dans le cas extrême dune possession totale que lêtre psychique sen va. Mais ça, ce sont des cas extrêmement rares, extrêmement rares. 

Il arrive quelquefois quun enfant est mort-né, cest-à-dire que, juste au moment de la naissance, il meurt, ou quelques minutes après, ou une ou deux heures après, nest-ce pas, juste à ce moment-là. Ça, dans ces cas-là, il est arrivé que ce soit lêtre psychique qui a décidé de ne pas se servir de ce corps. Mais si, par exemple, le docteur qui soigne est un homme habile, ou linfirmière qui est là est une personne habile, et quils peuvent ramener la vie dans le corps par des respirations artificielles ou nimporte quoi, le plus souvent, cest un être hostile qui sempare de ce corps-là. Il y a eu des cas comme ça, denfants qui paraissaient être morts, cest-à-dire que lêtre psychique avait quitté le corps, et avant quils ne meurent tout à fait, un être vital était entré, et avait pris la place. Il y a eu des cas comme ça. Et ce sont des êtres qui sont des démons. Dans la vie, ils deviennent de véritables démons. Il ny en a pas beaucoup. 

Il y a des êtres du vital, mais alors dun degré supérieur, des émanations dasoura par exemple, qui ont décidé, pour une raison ou une autre, quils allaient essayer de se convertir, de ne plus être antidivins, et darriver à rentrer en relation avec le Divin. Ils savent que la meilleure façon est de sidentifier à un corps humain pour être sous le contrôle dun être psychique. Et ils sincarnent dans des corps humains, mais non pas avec lintention de chasser lêtre psychique, au contraire : pour essayer de se mettre sous linfluence de lêtre psychique et dêtre convertis par lui. Ce sont des cas qui ne sont pas fréquents non plus, mais enfin qui se sont vus ; et dans ces cas-là, ces êtres humains sont doués de capacités très exceptionnelles; mais ils ont aussi généralement des difficultés très exceptionnelles, parce que la puissance qui est incarnée en eux est une puissance qui au moins a été, si elle nest pas encore, une puissance hostile, et que tous ces mouvements de révolte, nest-ce pas, cest difficile de les guérir immédiatement et cela prend quelquefois toute une vie pour arriver à le faire. . Il y a de ces êtres asouriques qui ont essayé de se convertir, et qui nont pas réussi. Ils ont dû quitter le corps quils avaient choisi, parce quils navaient pas pu se convertir. Cétait une tâche trop difficile pour eux, qui demandait des efforts trop grands. 

Mais tous ces cas-là, dont je viens de vous parler, sont des cas très rares, nest-ce pas. Il ne faut pas dire que ce soit des choses qui se passent et que lon rencontre à tout bout de champ : un monsieur qui est une incarnation dune force adverse, ou un autre qui est possédé. Ce sont des cas très rares, très rares. 

Tandis que le cas dinfluence — dêtre sous une influence, et dexprimer cette influence —, ça, cest malheureusement très fréquent. Surtout chez les gens qui entreprennent le yoga sans être suffisamment purifiés auparavant, ou, alors, avec des intentions égoïstes ; les gens qui commencent à faire le yoga avec des raisons dambition ou de vanité, ça, ça leur arrive très souvent quils se mettent sous linfluence de certaines forces adverses. 

Et il y a beaucoup de gens aussi qui sont sous certaines influences dune façon... comment dire... on ne peut appeler cela accidentel, mais... Par exemple, il y a des êtres psychiques qui choisissent un certain milieu pour sincarner, parce quils pensent quils auront là les expériences quils veulent avoir et que, par suite des circonstances dans ce milieu-là, il y a une influence hostile qui sexerce ; alors, le corps dont ils se revêtent est dans une certaine mesure sous cette influence hostile et ils ont à lutter contre cela dune façon terrible pendant toute leur vie. Ils peuvent à un moment donné, comme jai dit — sils savent sappuyer sur des forces plus grandes que les leurs —, ils peuvent vaincre et remporter une grande victoire. Cest une grande victoire de se débarrasser de linfluence dune force adverse. Cest vraiment une victoire qui dépasse la personnalité de lindividu, qui a une répercussion sur létat terrestre tout entier. Chaque victoire remportée comme cela par un individu sur une force hostile qui linfluence, est un grand pas de fait vers le moment où la terre sera débarrassée complètement de cette présence des forces hostiles. Cela représente un grand progrès terrestre. 
  
[Question] Douce Mère, comment les forces hostiles peuvent-elles se convertir? 
  
[Mère] Mais si elles le veulent, pourquoi ne pourraient-elles pas ? Il ny a rien dans lunivers qui nait une origine unique, cest-à-dire une origine suprême, les forces hostiles comme le reste ; et si elles renoncent à leur révolte et à leur séparation, et quelles aspirent vers le retour à leur origine, elles peuvent se convertir très bien. Cela peut leur demander plus defforts quil nest nécessaire à un être humain pour changer ses défauts, ça, cest évident. Cest un effort beaucoup plus considérable et surtout beaucoup plus profond, parce que lorigine de leur révolte est très profonde, elle nest pas superficielle. Mais enfin, ils peuvent y arriver. Ils ont le pouvoir aussi ; ce sont des êtres très puissants qui... sils prennent la résolution de se convertir, ils peuvent le faire ; et alors ils deviennent parmi les plus merveilleux instruments de lŒuvre divine. Ceux-là mêmes qui étaient parmi les plus grands adversaires. 

Je suis en train de chercher quelquun qui ma dit quil me poserait une question. Cest Sujata. Où est-ce quelle perche? Au bout du monde ! Je nentendrai jamais. Quest-ce que tu voulais demander ? 
  
[Sujata] Est-ce quil y a une autre question que je peux vous poser ? Est-ce que le déséquilibre mental est dû à la même cause, Douce Mère ? 
  
(Pavitra répète) Est-ce que le déséquilibre mental est dû à la même cause ? 

[Mère] Très souvent, mais pas toujours. Le déséquilibre mental peut être dû à beaucoup de causes différentes. Il y en a une qui peut être simplement une fabrication physique qui est défectueuse, une insuffisance cérébrale. Maintenant, on peut dire que cette insuffisance cérébrale est probablement lexpression dun déséquilibre vital intérieur. Mais dans le cas dinsuffisance cérébrale, cest généralement une chose héréditaire ou organique, enfin... cest-à-dire qui a été produite à la conception. Alors on ne peut pas dire que cest dû à une influence qui sajoute : cétait une influence qui agissait avant la naissance, et celui qui souffre de ce déséquilibre mental nest pas forcément sous une influence adverse directe. Cela peut être une conséquence de malformation. 

Maintenant, quand il y a des gens qui sont divisés dans leur mental et qui, dans une partie de leur mental aspirent à la vérité et à la transformation, et dans une autre nen veulent pas, et non seulement résistent mais se révoltent — ce qui arrive souvent —, ça, ça crée une terrible lutte cérébrale intérieure, mentale dabord et cérébrale après, et cela peut produire un déséquilibre mental sérieux. 

Maintenant, il y a des cas où cest justement louverture à une suggestion, à une influence adverse, une ouverture qui est le résultat dun mouvement faux — un mouvement de révolte, ou un mouvement de haine, ou un mouvement de désir violent. On peut, dans un mauvais mouvement, souvrir — dans une fureur par exemple —, on peut souvrir à une force adverse et commencer une influence qui pourra se terminer par une possession. Au début, ces choses-là sont relativement faciles à guérir, sil y a une partie consciente de lêtre et une très forte volonté de se débarrasser de ce mauvais mouvement et de cette influence. On y réussit relativement assez facilement si laspiration est sincère ; mais si on regarde cela avec complaisance, et puis quon se dise : Ah, cest comme ça, ça ne peut pas être autrement, alors, cela devient dangereux. Il ne faut pas tolérer lennemi dans la place. Dès que lon saperçoit de sa présence, il faut le rejeter bien loin, aussi loin que lon peut, sans pitié. 

Mère, Entretiens, 22 décembre 1954

1 années auparavant

Auroville m'appelle

- Douce Mère, est‑ce que dans les êtres les plus vilains quelque chose aspire ?

- Dans les êtres les plus vilains ? Oui, mon petit. Même dans les asuras, même dans les Adversaires, même dans les monstres, il y a quelque chose. Il y a toujours un coin, une sorte de faille, un point sensible, que généralement on appelle une faiblesse. Mais celle-là c’est la force de l’être, le point par lequel ils peuvent être touchés.

Parce que même dans l’être le plus obscur et le plus dévoyé, même dans celui dont la volonté consciente est de lutter contre le Divin, malgré eux, malgré tout, leur origine est divine. Et ils ont beau faire, beau essayer de se couper de leur origine, ils ne le peuvent pas. Volontairement, consciemment, ils essayent tout ce qu’ils peuvent ; mais ils savent très bien qu’ils ne le peuvent pas. Même l’être le plus monstrueux, il y a toujours un moyen de le toucher.

Le Divin, l’action du Divin dans le monde agit toujours comme une limite à l’excès du mal, et en même temps donne une puissance illimitée au bien. Et c’est cette puissance illimitée du bien qui, extérieurement, dans la manifestation, sert de limite à l’expansion du mal. Naturellement, pour la vision très limitée des êtres humains, il paraît quelquefois que le mal n’a pas de limites, et qu’il va jusqu’à son maximum. Mais ce maximum lui-même est une limite. Il y a toujours un arrêt, parce qu’il y a un point où le Divin se dresse et dit : « T u n’iras pas plus loin. » Que ce soient les grandes destructions de la Nature, ou les monstruosités des hommes, il y a toujours un moment où le Divin intervient et empêche que ça aille plus loin.

La Mère, Entretiens 1955, le 28 décembre 1955
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1 années auparavant

Auroville m'appelle

Pour un yoga intégral, les méthodes spécialisées du Râdja-yoga et du Hatha-yoga sont parfois utiles à certains stades du développement, mais elles ne sont pa... ... Voir plusVoir moins

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1 années auparavant

Auroville m'appelle

Un nouveau documentaire sur AurovilleThis is "Teaser subtitled Fred Cebron" by Fred Cebron on Vimeo, the home for high quality videos and the people who love them. ... Voir plusVoir moins

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1 années auparavant

Auroville m'appelle

Ce film à été réalisé et financé par Magic Bus Films avec le soutiens des participants de l'APM. ... Voir plusVoir moins

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Juste.

Fatigant d'entendre parler la langue du conquérant anglais en Inde!

Je veut y aller! 😀

Ulyces
Cette Française a créé une ville utopique écologique en Inde
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Quelle vision réductrice d’Auroville et surtout de La Mère devenue « écrivaine spécialisée en spiritualité »!!

Olivier

1 années auparavant

Auroville m'appelle

How would a city engage with the needs of the future? Would it only look at buildings, technology or the environment? Or would it start with humanity, educat... ... Voir plusVoir moins

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1 années auparavant

Auroville m'appelle

« Une grande conscience lumineuse plane au-dessus de la terre et produit une sorte de remous dans son atmosphère. Tous ceux qui sont ouverts reçoivent une vague de ce remous, un rayon de cette lumière et, selon leurs capacités, ils essayent de lui donner une forme. » La Mère, Education ... Voir plusVoir moins

« Une grande conscience lumineuse plane au-dessus de la terre et produit une sorte de remous dans son atmosphère. Tous ceux qui sont ouverts reçoivent une vague de ce remous, un rayon de cette lumière et, selon leurs capacités, ils essayent de lui donner une forme. » La Mère, Education
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